Depuis le début 2024, nous recevons régulièrement des questions sur l’avenir de Pentax et du lancement d’un futur K-1 mk III. À ces interrogations légitimes, à PentaxKlub, nous n’avons strictement aucun élément de réponse officielle. Tout d’abord parce que la communication est verrouillée par le groupe Ricoh, ce qui fait que si des informations existaient, elles ne nous parviendraient pas. Ensuite, parce que nous n’avons aucun rapport avec la firme. Bref, nous n’en savons rien !
Les informations, nous les recherchons donc comme vous. Parfois, certains acteurs acceptent de nous apporter des éléments de réponses. Mais pas toujours…
Il y a quelques semaines, une personne a posté sur le site pentaxforums une rumeur d’un lancement imminent d’un K-1 mk III, en donnant des spécifications. Nombre d’entre elles étaient techniquement plausibles, réalistes même. D’autres, franchement moins. À l’époque, nous l’avons rapporté dans une brève dans laquelle des doutes étaient exprimés. Presque deux mois après le post, rien ne permet de dire que c’est une réalité.
À force de regarder, de questionner certains, nous sommes arrivés à penser que l’avenir numérique de Pentax est sombre. Ou inexistant.
Il s'agit d'une suite à l'article sur le devenir de la photographie, avec un prisme Pentax.
Un constat amer
Quand l’hybride a montré son nez, Ricoh n’a pas souhaité engager Pentax vers ce chemin. Cette décision qui pouvait paraître sage et mesurée a été maintes fois renouvelée. La dernière, c’était quand Canon et Nikon ont annoncé la fin des reflex pour leur marque. Dans leur langage, cela voulait dire qu’ils ne feraient pas de nouveaux reflex, et non qu’ils arrêtaient la production de l’existant. Sur le moment, Ricoh avait décidé de devenir le leader incontesté du segment reflex. Sur le papier, cela ressemblait à une bonne idée.
Avoir les moyens de ses ambitions
Pour essayer de gagner le pari de se maintenir et accroitre ses parts de marché, il fallait être en mesure de proposer du matériel récent, tout en alimentant une dynamique de la marque. Or, vu depuis l’Europe et l’Amérique, le sentiment dominant est que ce qui a été réalisé est le contraire de ce qui aurait dû être fait. La situation et le perçu japonais sont sans doute différents. Malgré quelques sorties, il y a eu trop d’arrêts pour espérer un renouveau. Tout va à vau-l’eau.
- Quelques objectifs SMC ont été remplacés par une version HD (avec un remplacement du traitement SMC de la lentille de surface par un traitement HD). Mais au-delà, combien de vrais nouveaux objectifs ces 4 dernières années ? J’ai trouvé seulement le DA★ 16-50 f/2.8 HD ED PLM AW. C’était en novembre 2021.
- Au contraire, depuis 2 ans, nous avons appris un nombre très important d’arrêts de fabrication d’objectifs. Ce qui reste permet de proposer un semblant de gamme. Tout tient dans le semblant.
- Le KF, sorti en janvier 2023 n’a pas changé le « game » en entrée/milieu de gamme puisque c’était un K-70 renommé… qui lui-même était un K-50 recarrossé ! Il n’a rien apporté d’intéressant, même pas un portage de l’AF du K-3 II ou du KP. Le KF partage, peu ou prou, l’AF du K10-D ! Ce fut clairement une occasion manquée pour moderniser ce segment vieillissant.
- Le K-3 III, un excellent reflex APS-C, a disparu des radars. Décision a été prise par la direction d’arrêter la production et d’écouler le stock restant. Seule la version Monochrome (avril 2023) semble encore faire l’objet d’une petite fabrication. Pour combien de temps encore ?
- Le full frame K-1 mk II accuse désormais son âge. Le concept K-1 est apparu il y a plus de 8 ans. Le mk II lui a rapidement succédé, faisant évoluer un peu l’électronique. Mais si un boîtier argentique peut rester des dizaines d’années sans amélioration, ce n’est pas le cas pour l’électronique. Bientôt 9 années, ce qui fait long. Trop. Et on a beau scruter la toile, écouter les dirigeants, il faut se rendre à l’évidence qu’il n’y a aucun projet de successeur en discussion. Pire, tout semble indiquer que l’idée d’envisager un mark III n’existe pas.
- Un compact argentique, le Pentax 17, prenant des clichés au demi-format vertical qui laisse perplexe un certain nombre de photographes traditionnels. Mais au final, qui ravit la cible, celle des instagrameurs. On reste sur notre faim d’un vrai reflex.
Avec à la clé un constat amer : Pentax ne vend plus. Ces derniers mois, le constat était sans appel sur le marché français. Rares étaient les jours où l’ancien magasin Ricoh Imaging Square Paris écoulait un boîtier ou un objectif de la marque. Au niveau mondial, si j’ai bien interprété les chiffres CIPA, Ricoh Imaging a commercialisé 60 000 appareils photo en 2023. Environ 50 000 GR, WG (mais pas trop) et Theta (en nette perte de vitesse). Et donc seulement 10 000 reflex !
Pour une marque, comment rester attractif sans renouvellement significatif de ses boîtiers et sans actualités ? Si elle n’attire pas assez de nouveaux acheteurs, les pertes financières sont garanties, les ventes ne compensant pas suffisamment les investissements. Un groupe peut accepter de perdre de l’argent deux ou trois ans d’affilée. Au-delà, cela devient un non-sens économique.
Les raisons sont multiples

- La faute tout d’abord à une absence de nouveauté qui entraine une perte de confiance. Une marque qui ne propose plus de nouveaux boîtiers ou qui arrête du matériel existant sans remplacement, devient source d’interrogations.
- La population pentaxiste est bien vieillissante et ne se renouvelle pas. L’ancien gérant du magasin était aux premières loges pour constater ce déclin. Malheureusement, la politique de Ricoh Imaging a été le fossoyeur du volume des ventes. En même temps, cette branche étant, semble-t-il, déficitaire dans les années 2019-2022, difficile de trouver de l’argent pour relancer la machine.
- La position obstinée de nombreux pentaxistes à conserver le vieux matériel. Ainsi, nombre d’acheteurs des K-10D, K-5 ou autre K-3 n’ont jamais voulu renouveler leur matériel sous le prétexte qu’ils l’avaient payé fort cher à l’époque. Ou qu’ils le trouvaient encore excellent. Selon certains, leur K-10D serait même supérieur au K-3, y compris d’un point de vue électronique. Il y a aussi l’histoire d’une personne qui a acheté un K100D en 2007, avant de le remplacer en 2023 par un K-20D.
Combien sont-ils à n’avoir jamais remplacé leur boîtier ? Sans vouloir pousser à la consommation, si la moitié des pentaxistes avaient accepté de renouveler leur appareil photo au moins une fois entre 2010 et 2020, la situation aurait été différente. Pentax a conçu d’excellents boîtiers, durables et dotés de fonctionnalités abouties, et en paye le prix. - L’absence d’influenceurs dans le giron de la marque. Aujourd’hui, les créateurs de contenus ont remplacé les journalistes. Les séquences vidéo pullulent sur YouTube, Instagram, TikTok et autre Facebook. Et aucune ne mentionne Pentax. Sauf exception une fois tous les 29 février.
- Le manque d’argent pour en finir. La R&D coûte très cher. Surtout si on a plusieurs chevaux à mener de front. Les fonds ne sont pas extensibles. Même si Ricoh Imaging a renoué avec les bénéfices, cela s’est fait au détriment de l’humain (importante réduction de personnel à travers le monde) et de la R&D. Depuis 2 ans environ, Ricoh a choisi de miser quelques rares fonds sur un boîtier argentique. Le Pentax 17 est sorti en milieu d’année. Maintenant que le produit est en vente et rencontre son succès (pour combien de temps au vu du net fléchissement des ventes au cours de l’été ?), les fonds octroyés peuvent être redirigés. Mais vers quoi ?
Les orientations possibles de la R&D
Les possibilités ne sont pas nombreuses. Je n’en recense que 5 :
- Rien.
- Développement d’un reflex argentique, basé sur la monture K, avec exploitation des quelques rares FA et DFA encore en vente.
- Développement d’un successeur au GR III. La dernière évolution était un simple cache-misère avec le remplacement du filtre ND par un filtre HDF. De quoi faire patienter les acheteurs ? Possible. Ce qui est sûr, c’est que le capteur utilisé dans les GR n’est plus fabriqué par Sony et qu’il ne doit plus rester beaucoup de stock. Ce qui pourrait expliquer l’arrêt de la production du K-3 III, afin de mieux employer les capteurs. Une hypothèse qui ne tient la route qu’à condition que les K-3 III et GR III partagent la même pièce.
Toujours est-il que Ricoh surfe sur le succès de la famille GR III, mais pour combien de temps encore ? La firme saura-t-elle renouveler son APN à temps ? Sans lui, l’écosystème de Ricoh Imaging peut sombrer corps et bien. Les GR III et IIIx sont des vaches à lait rentables, les seules ventes régulières. - Développer un successeur au K-3 III ou au K-1 mk II. Mais entre un parc d’optiques en vente de plus en plus réduit, une absence de nouveaux acheteurs et des pentaxistes ne voulant pas changer de boîtier, comment Ricoh Imaging peut-il se lancer dans cette voie qui paraît sans issue ? La réponse se trouve plus bas dans l’article.
- Adopter l’hybride et changer de monture. Cette direction reste dans le domaine du possible pour l’avenir, la porte ayant été récemment très légèrement entrouverte par Tomoki Tanaka (directeur général de Pentax). Néanmoins, il ne donne pas le sentiment que ce soit une piste sérieuse.
Il existe peut-être d’autres chemins.
Un avenir sombre, une conclusion en forme de clap de fin ?
Aujourd’hui, Pentax est une marque morte-vivante qui pourrait connaitre une fin de vie pénible, avec le « revival » de l’argentique au travers du Pentax 17. Seule devrait subsister la marque Ricoh, portée par les ventes du Ricoh GR III. Si ces petits marchés s’effondrent, c’en sera fini. Ricoh débranchera la prise définitivement. Si ce n’est pas déjà le cas.
Fin du magasin parisien
Ce constat, Richard Studient l’a tiré en fermant la Boutique Pentax fin juillet. Un magasin qu’il avait porté et soutenu pendant presque 10 ans. Il a fini par jeter l’éponge. Ses enfants ont décidé d’en faire un magasin digital photo-vidéo généraliste, IPLN Paris, proche en esprit du modèle lyonnais. Avec des créateurs de contenus qui porteront la bonne parole IPLN. À l’heure de cette forme de communication, ils ont raison. Le succès lyonnais le prouve et à Paris, ils ont un boulevard pour s’y faire une place.
Mais soyons réalistes, le coin dédié à Pentax dans ce magasin sera, s’il existe longtemps, très petit. Au mieux, on trouvera une petite vitrine Ricoh GR et ce qu’il reste en vente de Pentax, avec la possibilité de passer commande.
Quand Yazid douche les espoirs
Sur Phototrend.fr, le responsable des ventes pour la France et la Suisse chez Ricoh, Yazid Belmadi a été très clair et presque sans appel. A la question « Comment vendre le reflex en 2024 », il a répondu ceci :
Il n’y a rien à court ou moyen terme à attendre de la part de Pentax dans le domaine du reflex numérique. Si on comprend bien ses propos, Ricoh l’a enterré sans annoncer officiellement que c’était fini. Cet aveu d’un officiel sonne t-il le glas des reflex Pentax ? Cela en a tout l’air, même s’il convient de garder une certaine mesure (et donc un espoir). L’annonce vient en effet d’un cadre européen, et non de Tanaka lui même.
Une note d’espoir malgré tout ?
Ricoh Imaging a choisi d’avancer sur un chemin étroit. Le fait qu’il soit désormais le plus petit constructeur les oblige à des choix différents. D’où le K-3 III Monochrome, les GR III ou le Pentax 17. Ils ont sans doute des projets à terme, mais ils n’en disent rien. Et ce ne sera pas dans le monde du reflex numérique.

J’ai parfois le sentiment que Ricoh Imaging souhaite créer un sentiment de désir. Rendre désirable les marques Ricoh GR et Pentax, un peu à la manière de Leica. D’où un choix délibéré d’offrir des produits uniques, différents. Dans une interview, c’est ce qu’il en ressort en filigrane (surtout dans la partie sur le retour des anciens ingénieurs argentiques). Ils veulent vendre des objets qui ont du sens. On n’achète pas un appareil photo, mais un Pentax et l’histoire s’y rattachant.
Pentax ne cherche pas la course technologique, le meilleur autofocus, ce que la firme ne peut pas de toute manière. Par contre, proposer des objets à valeur ajoutée, c’est dans le domaine du possible. Des appareils photo qu’on veut avoir pour ce qu’ils représentent, pour l’histoire, la robustesse, la facilité d’emploi. Des appareils dédiés à la photographie, sans artifice et autres IA qui vont décider à votre place de ce que doit être une image. Des objets artisanaux, presque faits main. Et si on relit toute l’histoire du Pentax 17 ou celle des objectifs FA telles qu’elles ont été mises en scène au travers de ce prisme, cela tient la route.
Quitte à organiser des pénuries, comme pour les GR III et les Pentax 17. On attend pour avoir son appareil photo.
Cette stratégie est à contre-courant des grands constructeurs, mais peut s’avérer gagnante, comme le prouve Leica. Vendre peu, mais bien. Et pour l’instant, Ricoh Imaging renoue avec les bénéfices.
Et vous, et nous ?
L’avenir est brouillé, sombre ou inexistant selon les personnes. Une constatation que j’écris le cœur triste, Pentax ayant été ma marque depuis la fin des années 1970. Néanmoins, j’espère fortement me tromper.
Les pentaxistes
Pour les résistants, le choix est restreint :
- Continuer avec leur matériel actuel jusqu’à ce qu’il ne fonctionne plus.
- Continuer en espérant des jours meilleurs. Et se précipiter si un K-1 mk III sortait un jour (pour les amateurs de Plein Format).
- Basculer vers une autre marque. Sur ce point particulier, nous y reviendrons en début d’année prochaine. Sachez juste que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Elle est juste différente, avec peut-être un terrain plus fertile dans la durée, mais pas toujours.
- Arrêter la photo.

Si vous voyez d’autres choix, n’hésitez pas à les donner.
Puisqu’on parle d’avenir…
… Se pose la question de celui de PentaxKlub. Depuis septembre 2022, nous ne sommes plus que deux pour l’animer. Personne n’a réellement voulu nous rejoindre. Dans le même temps, le manque cruel d’actualités n’a pas aidé. La dernière année ayant été la pire pour Pentax, nous nous sommes tournés vers des sujets généralistes. L’inspiration pour de nouveaux articles est difficile. Nous avons l’impression d’avoir tant écrit depuis nos débuts !
Nous en profitons pour remercier le magasin Image Photo Pentax / la Boutique Pentax, aujourd’hui disparu. Grâce au soutien de Richard et de Hervé, qui nous ont prêté du matériel, nous avons pu vous proposer des tests facilement et rapidement. Hormis ce soutien sans faille, depuis nos débuts, nous avons assumé tous les frais financiers du site (y compris les pellicules pour le Pentax 17), sans aide et sans publicité. La question financière se pose, doit-on toujours investir alors que l’avenir de Pentax est sombre ?
PentaxKlub devra s’inventer un avenir… ou s’arrêter.
12 réponses
Merci pour cette article.
Il serait effectivement éclairant de comparer la fréquence de renouvellement de boitier (entre 2005 et 2020 par exemple) chez les Pentaxistes / Canonistes / Nikonistes. Quand ont-ils changé de boitiers ? Avec quel bond de génération (de K10 à K20, ou K10 à K7, etc…), ont-ils changé de marque ?
La remarque est excellente : Pentax a produit des boitiers reflex solides et durables, avec une monture K compatible avec les anciens objectifs. Pourquoi changer ?
Et si on voulait changer (notamment d’objectif), le catalogue avait des trous : la gamme abordable était là en zoom mais pas en focale fixe. Elle est arrivée trop tard (les DA AL 35 et 50), Et même là Pentax a été trop bon : le DA 50 f1.8 est très (trop) bon pour son prix. Pourquoi le remplacer par un DA* 55 f1.4 ? Une focale fixe de 28mm n’est jamais sorti en APSC. Le manque de télé(zoom) lumineux a fait fuir les photographes animaliers qui n’avaient pas eu peur de l’AF et des ISO de l’époque chez Pentax (souvent compensés par la tropicalisation et la fiabilité). À défaut de nouveau range / focale, on a parfois eu droit à plein de versions du même objectif (WR, HD, AL), ou a du relooking de FA… Pourquoi changer mon FA 35 pour un FA-HD ?
Il y a eu plein de paramètres : la gestion par Hoya, le fait que Pentax a été moins / plus du tout vendu par les enseignes généralistes.
La faible évolution entre les boitiers de même générations (K-10 -> K-20 / K-7 -> K-5 -> K-5 II / etc.)
Sans gros marketing / portes bannières, c’est dur de porter l’innovation, de créer l’envie (comme l’article l’indique) quand le nouveau modèle est très proche du précédent, que le matériel est solide et durable.
Cela a toujours été l’ADN de Pentax : des boitiers fiables et durables, donc comment provoquer le remplacement ? Un nouveau capteur ? (Beaucoup ont boudé le K-5, voire Pentax à cause du capteur tacheté, si en plus ils avaient eu des soucis de SDM, ça faisait beaucoup), les ISO ? (oui), l’autofocus ? (l’amélioration a été faite seulement sur certains modèles, parfois pas assez pour provoquer l’achat).
Le pire est qu’à l’époque, la communauté française (et mondiale) de Pentax était vraiment en attente et en demande.
Et pour finir, Pentax a pris le train du plein format très tard. Le K-1 est une réussite mais beaucoup de personnes étaient déjà parties. Le boitier aurait pu être annoncé, même en rumeur bien plus tôt…
Pour finir, je pense que Pentax va réfléchir à un reflex argentique avec davantage d’électronique, notamment pour utiliser les DFA. Ou bien sortir un système d’objectif inter-changeable pour un boitier comme le 17.
Mais que ça soit ce boitier argentique ou un nouveau boitier numérique (ou une nouvelle évolution du K-1) se fera via un système de précommande. Même si c’est bizarre pour une entreprise si grande d’avoir recours à un système de kickstarter, cela limitera les risques tout en répondant à une demande. Cependant, les dernières sorties de mises à jour payantes du logiciel sont sûrement la réponse à une stratégie interne « faire avec ce qu’on, il n’y aura pas d’évolution matériel ». Et pour le Pentaxiste que je suis, j’ai l’impression d’un os à ronger (à 80€).
Je me dis que des sortis d’OVNI comme le KP et le DA Limited 20-40 sont également sortis un peu tard (j’aurais adoré les essayer), les potentiels acheteurs avaient déjà remplacé leur matériel (ou n’investissait plus que dans des objectifs plein format). Je me dis qu’on en verra plus cela mais remarquez, on a bien eu un K-3 III Monochrome.
Merci pour ce retour.
Difficile de comparer la fréquence de renouvellement de boitier (entre 2005 et 2020 par exemple) chez les Pentaxistes / Canonistes / Nikonistes. Je ne peux que parler de ce que j’ai vu ou entendu lors de discussions avec des pentaxistes à l’ancienne boutique Pentax. Sans compter quelques discussions avec Richard Studient qui avait une vision du marché Lyonnais (et parfois plus avec les casquettes qu’il avait et ses relations fournisseurs). Dans l’ensemble, les pentaxistes semblaient très conservateurs.
Sur le reste, on partage.
Quel que soit vos choix/possibilité pour l’avenir de ce site, merci pour tout ce que vous avez fait jusqu’ici.
Votre article est, comme toujours, très intéressant.
J’apporterai peut-être un bémol sur le renouvèlement du matériel qui ne me parait pas seulement dû à la solidité du matériel ou au conservatisme des clients. D’une part, ces concurrents, Canon, Nikon Sony ou même Fuji, ont une clientèle professionnelle que Pentax n’a plus depuis longtemps et qui renouvèle sans doute plus souvent son matériel que les amateurs. Ces concurrents innovent aussi sans doute d’avantage, encourageant le renouvèlement de matériel quand Pentax se contente souvent de mise à jour un peu timide, comme entre le K3 et le K3II ou entre le K1 et le K1II, ou pire avec le GRIII HDF.
Au delà, la situation de Pentax est aussi dû à sont histoire mouvementée de ces dernières années. Le rachat par Hoya qui a peu, voir pas investit dans la branche photo et surtout en a séparé la branche médicale/industriel, privant ainsi Pentax de source de revenus nécessaire au investissement rendus nécessaire par l’évolution du marché à probablement été l’une de cause principal de la situation actuel.
Le maintient de plusieurs marques par Ricoh contribue à rendre confuse une identité de marque. A côté de cela, malgré les investissements conséquent de Ricoh, il était difficile de rattraper ce qui n’avait pas été fait auparavant.
L’alliance avec Samsung à aussi été une occasion manquée, d’une part de s’autonomiser en matière de capteur et d’autre part de passer à l’hybride. La gamme NX, malgré des défauts, était intéressante et innovante. Le NX1 était un très bon appareil et si Samsung avait pu bénéficier de l’image et de la notoriété de Pentax, il aurait pu constituer une porte d’entrée vers le marché des professionnels.
Aujourd’hui, l’avenir de Pentax est assez limité. Une conversion à l’hybride en rejoignant une monture existante permettrait peut-être se sauver la marque, mais je doute qu’elle est encore les moyens de l’investissement que cela nécessiterait. Devenir fabricant généraliste d’objectifs, à la manière de Tamron ou Sigma permettrait peut-être de rentabiliser plus facilement un tel investissement, mais je doute que Ricoh y soit prêt. Le marché du reflex est moribond et s’il y a un marché pour des appareils argentique comme le Pentax 17, je doute qu’il y en ait un suffisant pour des reflex argentiques.
bref, je ne suis pas optimiste quand à l’avenir de Pentax.
De mon côté, après avoir envisagé de rester chez Pentax et adjoignant un GRIII à mon réflex, j’ai finalement fait le choix, non sans regrets, de passer chez Nikon en monture Z. J’ai acquis un Z5 dont je suis assez satisfaite.
Je vous souhaite, avec un peu d’avance, de bonne fête de fin d’année.
Coré
Merci.
Effectivement, je n’ai pas abordé l’aspect professionnel qui a joué un rôle certain. Mais sans doute moins que celui des influenceurs qui font presque la pluie et le beau temps en terme de relais de produits.
Sur le reste on est raccord, même si je n’ai pas pris le temps d’approndir.
Quant à changer de cheval, vous n’êtes pas la seule personne à avoir fait le pas. Une de mes voisines a aussi quitté Pentax pour Nikon il y a 2 ans environ. Cela se comprends tellement l’avenir est sombre.
Bonjour,
Merci pour cet article très intéressant et clairvoyant, même si très pessimiste.
Effectivement, et ce que l’on peut ajouter, c’est une reconfiguration du secteur de la photo, ou plutôt des personnes qui font des photos.
Quelques remarques
On a la quasi disparition des APN entrée de gamme, remplacés par les photophones. Aujourd’hui, beaucoup de gens prennent des photos, et leur but est de les poster sur Instagram ou autres TikTok. Pour ce besoin, la qualité des photophones est amplement suffisante
Le marché des reflex argentiques a quasiment disparu depuis plusieurs dizaines d’années
Les reflex numériques se voient remplacés par les hybrides même chez les professionnels
Je ne suis effectivement pas revenu dans cet article sur certains éléments déjà évoqués dans le passé. Merci de les avoir rappelés.
Pentax en argentique depuis mon service militaire en 1970/1971? Je suis passé au K10 D que j’ai toujours, le K5, le K3 et le K1 MkII. Je les ai toujours et j’aime beaucoup le K1 MKII pour la photo de rue ou de nuit. J’ai la triplette limited 31 mm, 43 mm et 77 mm, un pentax 100 mm macro, un 24/70 mm 2,8, un sigma 70/200 monture pentax et un 20 mm samyang; bref tout la panoplie. J’adore le 31 mm avec le K1 MK2.
….Mais je suis passé chez Nikon Z car je ne voyais pas d’évolution de la gamme des objectifs, j’ai dû me procurer un ensemble d’objectifs Z ( rebelote…35 mm, 50 mm, 85 mm, 105 mm, 24/70 mm)…Bref tout cela m’a coûté beaucoup d’argent, tout cela car je ne voyais rien venir chez pentax….Et pourtant pour la photo ce sont d’excellents appareils comme pour le système de mesure propre à pentax ( programme quand on fixe la vitesse et l’ouverture et c’est la sensibilité qui varie…Vraiment pensé pour la photo ). Pentax pour moi, c’est vraiment dommage, l’idée de faire un boîtier argentique, très bien, mais pourquoi avoir rappelé les ingénieurs » argentique » et ne pas faire un reflex classique argentique !
Bref, c’est le b…del , décisions bizarres, qu’ils se dépêchent de lancer un réflex argentique pour les objectifs qui restent et pourquoi pas un K1 MK III…..Sinon ce sera la faillitte, la fin de l’histoire » Pentax « …
Vous appartenez malheureusement à la majorité des personnes qui ont déjà quitté, totalement ou partiellement, Pentax pour une autre marque.
Quant à un K-1 III, Yazid Belmadi, un responsable de Ricoh Europe, a douché les espoirs : rien dans les tuyaux. Ce qui veut dire que si jamais Ricoh se décidait maintenant, la sortie serait pour dans au moins une année. Bref…
Bonjour,
Heureux de voir que certains utilisent les fameux Modes spécifiques à Pentax (Sv et Tav).
Cette probable fin de Pentax est vraiment triste
Pentax a longtemps été en pointe des avancées technologiques : invention du Pentaprisme, premier Reflex Autofocus, premier reflex avec mesure TTL,…
Par ailleurs le mérite de Pentax pendant longtemps a été de penser à des petits détails qui sont vraiment orientés photographe, ou qui montrent un réel effort de réflexion. On peut citer par exemple :
L’ergonomie : Toutes les commandes tombent sous les doigts, et il est possible d’utiliser la majorité des fonctions de l’appareil, l’oeil au viseur, sans avoir besoin de regarder l’écran arrière pour naviguer dans les menus
La fonction MRC (rembobinage d’une pellicule non achevée pour changer de pellicule puis quand on remet la pellicule, elle se repositionne au même N° de vue)
La diode lumineuse pour changer l’objectif dans le noir (sur le MZS et le K3-Mk3)
Les modes Sv et Tav
le testeur de profondeur de champ au niveau du bouton ON/OFF
Il semble que tout cela appartienne au passé. Aujourd’hui, c’est le monde de la photo consommable
Et les impératifs de l’actionnariat prennent le pas sur le développement technique (même si je sais bien qu’une entreprise est faite pour faire du CA et du bénéfice)
Je suis Pentaxiste depuis une vingtaine d’années (Pentax ME, MZ-30, MZ-S, istD, K10D, K7, K5-II). Mon K5-II commence à donner des signes de faiblesse, et je me demande comment je vais faire pour le remplacer.
Heureusement, il y a le marché de l’occasion
Photo consommable ? Tout dépend de quoi vous parlez.
Oui si c’est l’utilisation de 95% des personnes qui prennent les clichés (on prend, on met sur les réseaux et 5 secondes plus tard, tout est oublié). Non pour les amateurs de la photographie.
Et si c’est le matériel que vous évoquez, alors il faudrait effectuer un gros stop sur l’évolution technologique.
Maintenant, que veulent les utilisateurs ? Une rafale à 120 images seconde ? Une IA qui va choisir à votre place la bonne photo parmi les 1200 prises pendant les 10 secondes d’appui sur le déclencheus ? Mis à part les quelques photographes de sports et les influenceurs, il n’y a pas beaucoup d’amateurs qui le souhaitent. La plupart aime la prise de vue, la composition, le développement « artisanal ». Tout en voulant des technologies qui parfois évoluent. Entre une rafale à 3 images/sec et une à 120 i/s, il y a un grand step. Une rafale à 8i/s auraient comblés de nombreux pentaxistes plein format. Un AF plus pêchu, plus véloce dans le suivi (de type 3D comme le faisait Canikon à l’époque) et c’était génial. Bref, Ricoh et avant eux Hoya ont fait des choix qui se sont révélés désastreux 10 ans plus tard.
Pentax n’est plus visible, n’a pas suffisamment évolué (le KF a quasiment l’AF du K10-D) et s’est positionné sur une niche sans produits. Donc il ne vendra plus. Donc, parce que Ricoh ne vend plus, il va plus en concevoir. Dans l’histoire, tous les acteurs sont fautifs, à des degrés différents.
Pour votre cas… le K-5 II est « vieux » (plus de 10 ans, c’est vieux pour de l’électronique) et si vous ne vous précipitez pas sur un K-3 III neuf (il en reste encore), à court terme vous n’aurez plus rien dans cette marque, mis à part l’occasion. Et votre cas reflète la situation de beaucoup : pourquoi changer si mon K-5 II fonctionne encore très bien ?
Bonjour
Pentax a perdu la partie des hybrides, l’affaire est entendue et ce n’est pas la sortie de boitiers argentiques qui relèvera la marque! Tous les possesseurs de réflex ont été bernés!
Dommage, le KR que j’utilise quasi quotidiennement en macro et surtout en stacking macro et micro me satisfait pleinement!
Prochaine étape: Canon ou Nikon ou autre marque? Je devrai changer tout mon parc d’objectifs et ça ne me fait pas rire! Les dirigeants de Ricoh sont vraiment mauvais! A une autre époque, ils se seraient fait hara-kiri!
Qui a été berné réellement ? Pentax en construisant des boitiers qui ne trouvaient pas preneur ou les acheteurs de KR qui restent sur un boitier vieux de 14 ans ?
A un moment donné, il ne faut pas accuser le constructeur systématiquement. Il n’est pas seul dans l’histoire. Nous, les pentaxistes, portons aussi une bonne part de responsabilité dans ce qui arrive.
Quand une société conçoit et met en vente des produits mais ne les vend pas, se pose la question de la rentabilité. Et quand on n’est pas rentable, ben on arrête. Le coup de grâce pour la firme a été sans nul doute le K-3 mk III qui s’est très mal vendu au niveau mondial, alors que c’est un excellent boitier=;
Ajout de Micaz :
Pour compléter la réponse de F., il n’est pas exact de dire, en évoquant les hybrides, que « les possesseurs de réflex ont été bernés » : Ricoh a TOUJOURS proclamé qu’il ne se lancerait pas dans la production de boîtiers hybrides. On a le droit de penser qu’ils ont eu tort, mais ils avaient clairement annoncé la couleur. Et disons les choses : le Pentax K-01 (une réminiscence de l’ère Hoya), sorti en 2012 – et arrêté en 2013 ! -, était un hybride… Vu le succès rencontré, on peut même dire, aujourd’hui, que ce fut un « hit-bide ».
Par ailleurs, c’est tout le domaine de la photo traditionnelle qui est en crise : plus de 85% des photos réalisées dans le monde sont issues de … smartphones (source) ! On pourrait disserter à l’infini sur le sujet, chercher et peut-être trouver des coupables. Il n’en reste pas moins que c’est aussi le consommateur qui doit s’interroger sur sa propre attitude… en fonction du budget dont il dispose.