Avoir dans les mains un Pentax 17 et une pellicule argentique m’a ramené des années en arrière. Avec un parfum de retour dans le passé forcément nostalgique. Mais pas tant que cela. Si je continue à apprécier le grain presque inimitable de la pellicule, les odeurs et le développement manuel ne me manquent pas vraiment. Néanmoins, c’est avec une certaine émotion que j’ai pris la boîte pour récupérer ce compact.
Un poil d’histoire
Avant d’aller plus loin, quelques mots sur cette mouvance de retour en arrière, de revival en anglais. Pentax semble décidé à surfer sur cette tendance. La naissance d’un appareil photo argentique permet de profiter d’un marché en recherche d’appareil. Car, il faut le reconnaitre, de nombreuses personnes souhaitent utiliser des pellicules. Il suffit de se rendre dans certains magasins dédiés pour constater l’engouement.
Mais ces photographes ne disposent que de vieux équipements, souvent achetés en occasion. Aucun grand constructeur n’a proposé depuis le début des années 2000 de nouveaux modèles. Et depuis, les ingénieurs capables de produire certains éléments spécifiques sont partis à la retraite. Ou alors ils en sont très proches. Ricoh Imaging / Pentax, en lançant son « film projet » a dû surmonter un sacré challenge. Comment en 2022-2024 produire un appareil argentique ? Cela a été long et complexe.
Bizarrement, pour une firme qui a largement contribué au succès de la cage reflex, Pentax a fait le choix d’un modèle compact. Peut-être pour tâter le terrain ou, plus certainement, pour des questions de coûts. Ce qui laisse des doutes sur un possible reflex à l’avenir. Cela dépendra surtout du succès rencontré par ce 17.
Ne boudons pas le plaisir de tester ce qui semble être la seule nouveauté de l’année de la firme, le Pentax 17.
Présentation
Le Pentax 17 est un appareil photo argentique de type compact, utilisant des films argentiques 35 mm. Pour ceux qui ne savent pas ou qui ne s’en souviennent pas, les appareils photo argentiques créent des images en exposant la couche photosensible de la pellicule à la lumière. Le numérique n’a fait « que » remplacer le film par un capteur.
D’après Ricoh Imaging, le design est plein de symbolismes, avec des éléments empruntés au LX, au 67, au KP et bien d’autres modèles.
Je ne suis pas certain que tout le monde puisse comprendre, à moins d’avoir une pleine connaissance de l’histoire de Pentax que nous avons aussi traitée ici et là. Heureusement que Ricoh Imaging a fourni un mode d’emploi qui aide grandement à la compréhension.
Le 17 n’est pas gros, mais si on le compare à un GR III ou un Q, l’écart est important. Il rappelle quelque peu le Pentax ME. Il n’est pas possible de le mettre dans une poche raisonnable de pantalon. Par contre, il entrera dans une poche de veste. Il n’est pas discret sans être voyant. On pourrait le prendre pour un jouet.
Un sentiment aggravé par l’utilisation du plastique… et l’aspect clairement rétro du design. Les inscriptions sont claires et suffisantes, évitant d’avoir recours au mode d’emploi. Sous le plastique, le châssis et les parties mécaniques sont en aluminium et en magnésium.
La prise en main s’avère suffisamment confortable pour une utilisation soutenue. La petite poignée, abritant la pile, y est pour beaucoup. Le poids est très raisonnable. Le bouton de déclenchement est ferme. Par contre, on peut oublier la prise de vue sans regarder par le viseur. Le format vertical rend complexe la visée à l’aveugle. Et quand on tourne l’appareil de 90° pour prendre la photo en mode horizontal, c’est le déclencheur qui n’est pas simple à actionner.
Caractéristiques techniques du Pentax 17
Pour rappel, le film argentique est disponible dans de nombreux formats, mais le plus populaire est le 35 mm (taille d’image de 36 mm x 24 mm), le fameux Plein Format (Full Frame en anglais) du monde numérique ! Le reflex est basé sur le film 35 mm.
Points généraux
Avec son 17, Pentax propose un appareil de type Compact, utilisant des films argentiques au format 35 mm, mais en faisant le choix étrange d’adopter un format demi-taille. À l’instar du Kodak Ektar h35, un appareil compact semi-jetable.
Ce demi-format capture deux images dans un seul « cadre » 35 mm. Chaque cliché mesure donc 17 x 24 mm, ce qui signifie que le photographe va doubler le nombre d’images capturées par film. 72 images sur un rouleau de 36 expositions ! On notera que ce format est proche de l’APS-C numérique (15,7 x 23,6 mm), sans partager le rapport de 3:2 ! Ce qui change quelque peu le rendu final.
L’autre impact direct est le viseur qui est vertical, au format portrait. Assez déroutant comme impression quand on a l’habitude d’un viseur « classique ». Un des arguments avancés pour justifier ce choix étant qu’on pouvait faire plus de photos sur une même pellicule. Il y a d’autres hypothèses, on y reviendra.
Le Pentax 17 propose une focale fixe de 25 mm à ouverture f/3.5, un choix intéressant qui ouvre un champ d’utilisation assez important, allant du paysage à la photo de rue. Le bloc optique est composé de 3 lentilles en 3 groupes. Le revêtement de la lentille externe est de type HD, ce qu’on retrouve dans les optiques « modernes » de Pentax en numérique. C’est un gage de qualité pour la gestion des AC et du flare.
Le viseur optique est de type direct (pas de prisme). Il est très lumineux et intègre deux cadres visuels d’aide à la fois pour la composition (indique ce qui sera shooté) et pour la compensation de la parallaxe. Deux témoins lumineux d’assistance complètent le dispositif, à droite du viseur.
Un flash est intégré, déporté sur le bord gauche, en hauteur (sur la droite vue de face). À condition d’être dans la bonne fenêtre d’utilisation (au maximum 5 m), il permettra de déboucher suffisamment les ombres.
| Type | Appareil photo argentique Film 35 mm Objectif et obturateur de type demi-format (17 x 24 mm) |
|---|---|
| Objectif | Objectif 25 mm proposant un champ focale équivalent à 37 mm(pour le format 35 mm) 3 éléments en 3 groupes |
| Ouverture minimale | f/3.5 |
| Autofocus | Zone-focusing (choix manuel de la zone focus) |
| Zone de mise au point | 6 zones : 0.25m, 0.5m, 1.2m, 1.7m, 3m, ∞ |
| Sensibilité | ISO 50, ISO 100, ISO 125, ISO 160, ISO 200, ISO 400, ISO 800, ISO 1600, ISO 3200 |
| Viseur optique | Demi format en mode vertical Avec en surimpression un cadre de composition et un cadre de composition pour la macro-photographie Témoin de réglage de la zone de mise au point Témoin bleu : Affichage d'avertissement Témoin orange : Affichage du flash |
| Obturateur | Obturateur électronique Program AE |
| Exposition | 1/350 s à 4 s Pose B (Bulb) EV : 2.5 à 16.5 (ISO100) Compensation : ± 2EV (palier de 1/3 EV) |
| Modes de prise de vue | Automatique (Pan focus program AE, Auto flash Standard (Program AE, Flash off) Slow-speed shutter(Slow-speed program AE, Flash off), Maximum aperture priority(Maximum aperture priority program AE, Flash off Pose B(Bulb, Flash off) Daylight sync (Program AE, Flash on) Slow-speed sync(Slow-speed program AE, Flash on) |
| Flash | Intégré Nombre de guide : 6 Temps de charge : 9 s |
| Mécanisme film | Enroulement manuel à l'aide de la manivelle d'enroulement. Possibilité de rembobiner à mi-rouleau. |
| Alimentation | Pile Lithium |
| Dimension / Poids | Approx : 127 mm (L) × 78mm (H) × 52 mm (l) Approx : 290 g(sans film et pile) |
| Accessoires | Inclus : Dragonne de poignée, Bouchon d'objectif (Ø 40,5 mm), Pile lithium CR2 Optionnel : Télécommande filaire |
Exit les EXIFs !
Petit détail idiot qu’il convient de garder en tête. Nos boîtiers numériques offrent énormément d’informations avec les fichiers (les paramètres de prise de vue, les mots-clés, le copyright, la géolocalisation, etc.). Là, il faut oublier ! La pellicule 24×36 n’offre pas grand-chose (contrairement à feu le format APS).
Si vous souhaitez numériser vos images et avoir des métadonnées, il faudra les entrer vous-mêmes (comme la pellicule utilisée, l’objectif, la sensibilité ISO, le traitement utilisé dans le développement, autres). Bon courage !
La pellicule
Le Pentax 17 dispose d’un mécanisme d’enroulement manuel du film. Selon le site de Pentax, il est basé sur les mécanismes des appareils SLR PENTAX. Le levier d’armement permet d’avancer la pellicule et de réarmer l’obturateur. Les ingénieurs ont simplifié le système de chargement du film afin d’éviter les erreurs lors de la mise en place de la pellicule. Les utilisateurs qui manipulent un appareil photo argentique pour la première fois apprécieront.
Un contrôle du nombre de vues restantes sur la pellicule est possible au travers d’un compteur analogique. Attention, le nombre de déclenchements est limité ! Le rembobinage du film est manuel, à l’aide d’une manivelle. Il existe également d’autres commandes telles que la compensation de l’exposition via une molette de correction ou le réglage de la sensibilité ISO via une molette de sélection correspondante.
Un point sur les ISO
Un détail. En argentique, les ISO sont portés par la pellicule qui est conçue pour une sensibilité. En l’absence de reconnaissance du codage DX, le photographe doit sélectionner manuellement la sensibilité ISO de 50 à 3200 par palier (50, 100, 125, 160, 200, 400, 800, 1600 et 3200). Soit la panoplie classique de ce qu’on peut trouver dans la gamme des films.
En théorie, on ne déroge pas à la sensibilité du film. En pratique, on peut forcer. Il y a quelques conséquences au développement, sauf à l’indiquer au technicien en charge du développement qui saura quoi faire (en principe).
La prise en main du Pentax 17
La prise en main du 17 est décevante. C’est du plastique, sans effort particulier pour le rendre agréable au toucher, ni donner confiance quant à la solidité. Je n’ai qu’une seule crainte, c’est de le casser si par malheur il tombait ou si je heurtais un mur. Dans la pratique, il se montre plus solide qu’on le suppose, et supporte les petits chocs sans difficulté.
Ergonomie et fonctionnalités
Il faut oublier tout ce qu’on connait du monde numérique. L’autofocus, l’écran tactile, des menus, les multiples modes d’image, la rafale ou la stabilisation (liste non exhaustive). Dans ce compact argentique, tout est réduit au strict minimum. C’est un appareil grandement manuel pour prendre des clichés sur un film argentique.
Molettes et bouton de contrôle
Ce compact n’offre pas beaucoup de fonctionnalités. On est très loin de la débauche de boutons, de molettes et de menus qu’on trouve dans le monde numérique. C’est dépouillé, mais en même temps, cela fait du bien de retrouver un appareil simple, facile d’utilisation et qui se concentre sur un seul sujet, la prise de vue ! C’est quelque chose que bien des utilisateurs avaient perdu de vue. Et qu’on retrouve en partie avec les smartphones !
Les commandes, situées sur le dessus de l’appareil, de gauche à droite, sont les suivantes :
- Bouton permettant le rebobinage du film (manivelle)
- Molette permettant de choisir la sensibilité du film (ISO)
- Bouton permettant de déverrouiller la molette des ISO
- Molette de compensation de l’exposition. Elle permet de modifier rapidement le niveau d’exposition dans les situations de contre-jour ou pour ajouter des touches créatives. La correction est de + ou – 2 EV.
- Molette permettant de choisir la profondeur de champ (voir la partie consacrée à l’autofocus)
- Sélecteur du mode de prise de vue
- Déclencheur
- Bouton On/Off
- Levier de réarmement du film
- Compteur des prises de vue effectuées
- Viseur optique
Les modes de prises de vue

- Le mode Auto. L’appareil photo s’occupe de tout. Le flash se déclenche automatiquement si la cellule détecte des espaces mal éclairés.
- Le mode P. Ce mode permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée. L’appareil photo règle l’exposition au niveau approprié. Le flash ne se déclenche pas, même si c’était nécessaire.
- Mode faible lumière. Ce mode permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, sans déclenchement du flash. Idéal pour la photographie au crépuscule.
- Mode Bokeh. Le mode pour avoir l’ouverture maximale. Il permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, sans que le flash ne se déclenche. L’appareil photo règle automatiquement la plus grande ouverture disponible pour une scène donnée.
- B comme Bulb. Ce mode permet de prendre des clichés nécessitant un temps de pose plus ou moins long. Le flash ne se déclenche pas. Idéal pour les sujets nécessitant une exposition prolongée, tel que les traces lumineuses ou les feux d’artifice. Une télécommande (sous forme de câble) et un trépied sont fortement recommandés, sous peine de risque de bougé.
- Mode synchro lumière du jour. Ce mode est idéal pour les photos prises à contre-jour ou dans des endroits mal éclairés. Il permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, l’appareil photo sélectionnant les paramètres d’exposition optimaux. Le flash se déclenche automatiquement.
- Mode synchro lente. Très utile dans les situations où vous souhaitez éclairer fortement un sujet au premier plan tout en conservant l’ambiance d’un paysage nocturne ou d’un crépuscule à l’arrière-plan. Il permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée. Le flash se déclenche automatiquement.
Même s’il fait du minimalisme, le Pentax 17 dispose tout de même de nombreuses options permettant une importante créativité. Il ne se limite pas à un simple mode automatique, et c’est tant mieux.
Attention tout de même, le sélecteur de mode de prise de vue ne se verrouille pas. Quand on met l’appareil dans sa poche, il peut bouger. Et au lieu d’être en mode P, on se retrouve en mode Bokeh ou en mode Auto, ce qui n’est absolument pas la même chose.
Autofocus… ou pas ?
Peut-on parler d’autofocus ? Non, il n’y a pas d’AF. Pour autant, le photographe n’est pas laissé sans assistance. Le Pentax 17 offre en fait un système ingénieux, rappelant le Snap Focus proposé sur le GR III. Les bonnes idées se recyclent parfois. Ici, l’utilisateur détermine une zone de netteté, dans laquelle tout ce qui s’y trouvera sera… net ! Que le sujet soit fixe ou en mouvement. Certes, il faut espérer que la vitesse soit assez rapide et ne pas être pris de tremblote au moment de déclencher. Car il n’y a pas de stabilisation.
Le sélecteur autour de l’objectif permet de modifier cette zone de netteté en fonction de la distance du sujet.

Ce système offre six zones, indiquées par des repères correspondant à chacune d’entre elles. Pour faire la mise au point, il suffit de sélectionner le repère le mieux adapté à la distance du sujet. Il suffit de garder en mémoire cette échelle et appliquer lors des prises de vue. Attention de choisir le bon mode de prise de vue, celui où se trouve(nt) le (ou les) sujet(s) à photographier !
En adoptant ce système, Ricoh Imaging poursuit un double objectif :
- Proposer un système simple et très efficace pour la mise au point. C’est au photographe de choisir sa zone de mise au point. Tout ce qui se trouvera dans l’intervalle de distances sélectionné sera net. Cela permet aussi d’éviter les critiques d’un focus raté parce que l’AF n’est pas assez performant. J’utilise très souvent ce système avec le GR IIIx et j’ai du mal à m’en passer désormais quand je pratique la photo de rue.
- Faire des économies. Ce système coûtant moins cher qu’un vrai autofocus.
Point sur le mode Snap Focus
Dans la famille GR III, il s’agit d’un mode de mise au point dédié permettant de prendre des photos en utilisant l’une des six distances de mise au point prédéfinies (1 m, 1,5 m, 2 m, 2,5 m, 5 m ou Infinity). Évidemment, la zone de netteté n’est pas uniquement à 2,5 m (par exemple), mais s’étale de 2 à 3,5 m. Le photographe définit la distance de mise au point et le boîtier va s’occuper de tout le reste en fonction de l’ouverture choisie. Ce qui permet donc de ne pas perdre du temps lors de la mise au point. On peut ainsi se consacrer au cadrage, à la composition et au bon timing pour déclencher.
Dans la pratique
Ce système est une excellente idée. Mais il ne faut pas oublier de modifier le sélecteur suivant le sujet que l’on souhaite photographier. Typiquement, pour la street, il faut constamment jongler entre les distances proposées, tout en conservant en tête la correspondance pictogramme-distance. Pour le paysage, c’est plus simple.
Sur une journée de test, autant dire que je me suis souvent trompé, ce qui a produit des clichés ratés. Avec l’expérience, on devrait s’y faire. Après avoir gâché quelques pellicules !
Le viseur optique
Le viseur optique est lumineux, suffisamment en tout cas pour permettre des prises de vue dans des conditions de faible luminosité. Il y a peu d’indicateurs visuels qui ne peuvent être modifiés. Il faut oublier toutes les assistances de type quadrillage, niveaux électroniques ou indicateurs de surexposition / sous-exposition.
Le viseur propose deux cadres pour le champ visuel dans lequel il faut inscrire les éléments à photographier. Il y a aussi, dans la zone du bas, un indicateur de la zone de netteté. C’est une reproduction visuelle des pictogrammes présents sur la bague autour de l’objectif.
Deux indicateurs lumineux complètent l’assistance visuelle. Ils se trouvent sur la droite du viseur et sont bien visibles par l’œil.
Point d’attention
Le viseur optique est de type Albada. Il s’agit d’un viseur optique simple, sans visée directe au travers de l’objectif comme on trouve sur les reflex. Pour permettre au photographe de composer correctement sa scène, ce type de viseur propose :
- Une image plus grande que celle qui sera photographiée;
- Des repères indiquant les limites à respecter pour le sujet soit correctement cadré.
Le Pentax 17 souffrant d’un problème de parallaxe quand on prend des clichés à courte distance, deux cadres sont proposés. Le cadre interne (surnommé « cadre de compensation du champ visuel en gros plan ») permet de composer avec une correction pour les courtes distances (< 0,54 m).
La parallaxe de visée est la différence de cadrage entre l’image donnée par un viseur et l’image passant dans l’objectif d’un appareil photographique. Avec un reflex, il n’y a pas ce problème puisque l’on voit « à travers » l’objectif (grâce au prisme). Mais quand le viseur est déporté, la parallaxe de visée se fait sentir. Avec comme résultat un sujet parfois aux limites, voire en dehors du cadre.
N’oubliez pas d’enlever le cache objectif avant la prise de vue. En l’absence de visée par l’objectif (reflex ou hybride), vous n’avez pas de moyen pour contrôler sa présence ou pas. Le viseur type Albada permet de toujours voir la scène devant vous !
La batterie
Une batterie ? Non, pas vraiment. Il s’agit plutôt d’une pile CR2 en charge de la cellule focus, quelques affichages du viseur optique et de l’alimentation du flash. Sa durée de vie sera donc fonction de votre utilisation… Les autres activités étant manuelles, la consommation électrique ne sera pas impactée.
Chargement du film
Pour ceux qui n’ont jamais pratiqué, cette étape est aussi essentielle que la charge de la batterie et le besoin d’une carte mémoire. Sans un film, vous ne pourrez rien faire !
Ricoh Imaging a bien facilité le chargement du film. On se souvient qu’à l’époque, il fallait mettre le rouleau dans l’emplacement à gauche, étirer un peu le film et mettre son extrémité dans une fente présente dans le système d’enroulement sur la droite. Puis il fallait armer et déclencher une à trois fois pour être certain que le système fonctionne bien.
Avec le Pentax 17, il suffit d’insérer le rouleau et de tirer l’amorce du film jusqu’à l’indicateur de fin de film, de fermer le dos de l’appareil et de continuer à enrouler manuellement le film jusqu’à ce que le compteur de vues atteigne 0 (zéro).
Plus classiquement, quand vous avez terminé les prises de vues, il faut rembobiner manuellement ! Pas d’assistance moteur. Évidemment, il est possible de rembobiner avant que le rouleau ne soit terminé. Ce qui permet de changer de type de pellicule (de couleur à NB, ou d’un film ISO 50 à un film ISO 3200) puis d’y revenir ultérieurement. À condition de noter le nombre de prises de vues déjà effectué et de tout redéclencher bouchon fermé. Une technique à l’ancienne qu’il faut maitriser avant de se lancer « pour de vrai ».
Un petit rappel. Les films argentiques sont sensibles à la chaleur et à la lumière (accessoirement aussi aux rayons X). Pour éviter que le film ne soit exposé à la lumière, il faut insérer et enlever le rouleau dans un endroit à l’abri de la lumière directe du soleil. Contre la chaleur, les films peuvent être conservés dans un endroit réfrigéré, comme le frigo.
Le Pentax 17 côté optique et image
Les photos de tests sont floues. J’en suis l’unique responsable. Ce sont les premières faites avec l’appareil et j’ai complètement raté les zones de mise au point. Soit j’ai oublié de choisir la zone avant de déclencher, soit les distances n’ont pas été respectées. Et cela se joue au centimètre près, surtout pour les clichés sur la distorsion. Malheureusement, les dégâts n’ont été constatés qu’après le développement de la pellicule, quand l’appareil photo n’était plus en ma possession.
Qualité Image
En argentique, la qualité de l’image dépend pour beaucoup de facteurs sur lesquels un photographe n’a pas forcément d’influence. Son choix va se limiter aux films utilisés et l’espoir de tomber sur un bon technicien côté développement (même si souvent ce sont des machines pour les labos grand public).
Pour toutes les photos de tests et la galerie, la pellicule utilisée a été une Kodak ColorPlus de 200 ISO. Un film de la gamme amateur, loin d’être le meilleur, juste suffisant pour avoir une idée du compact. D’autres clichés ont été réalisés avec une pellicule Kodak Ektar 100. Les rendus couleurs ne sont pas excellents pour les deux pellicules. Est-ce parce que je me serais trompé sur les quelques réglages disponibles ? Où bien est-ce un problème lié au développement, voire de la numérisation réalisée. Il faudrait un tirage papier pour le déterminer.
Les pellicules ont été développées dans un des labos parisiens (le même pour les 2). Les clichés ont été numérisés, mais pas retouchés (pas de traitement correctif, sauf précision).
Aberrations chromatiques, flare et vignettage
Il y a eu de multiples prises de vue, dans des conditions parfois compliquées, pour tenter de provoquer du flare ou des AC. Dont mon traditionnel cliché d’une pointe de toit qui est mon juge de paix. Surtout quand le soleil est de face ou en biais par rapport à l’objectif. Pour des raisons de distance du sujet, ce sont essentiellement les zones 2,1 – 5,3 m et 5,1 – ∞ qui ont été utilisées. Après de multiples tentatives, aucun flare n’a été constaté.
Cela veut-il dire que l’objectif est très bon et qu’il n’y en aura jamais ? Non. Juste que, dans les conditions de tests, il y en a pas eu. Le traitement HD semble, comme souvent avec les optiques Pentax, suffisamment efficace pour empêcher une majorité des problèmes classiques.
Du vignettage est visible à grande ouverture (les deux premières zones de netteté). Dès la troisième (1 à 1,4 m), cela s’estompe. Après numérisation, votre logiciel habituel saura réduire l’effet.
Distorsions
Quand le sujet est très proche, on distingue (et ce malgré le flou des clichés) une petite distorsion de type coussinet. Il faut mettre le nez dessus pour la constater, car elle n’est pas flagrante.


Par contre, dès que le sujet est éloigné, la conclusion n’est pas la même. Quand on voit certaines images, on peut s’interroger sur cette aberration géométrique qui est beaucoup plus accentuée. Pour exemple, les deux clichés ci-dessous. Sur la première photo prise à l’horizontale, la Tour Eiffel penche à gauche, alors que les sommets de l’église orthodoxe penchent vers la droite ! Sur le deuxième cliché, pris à la verticale, la statue de la République donne l’impression de pencher aussi vers la gauche. Certes, les conditions ne sont pas optimales, il n’empêche que c’est une constante. Ce qui était une légère distorsion à courte distance devient plus problématique avec l’éloignement des sujets !
Homogénéité et netteté de l’image
Difficile de juger des clichés argentiques comme on jugerait des clichés numériques. D’autant plus que le système choisi pour la mise au point ne laisse guère de choix. Peu de possibilités s’offrent au photographe pour décider de la vitesse par exemple. Ce qu’on peut juger, c’est que sur le plan de la zone de netteté, tous les éléments sont visibles de manière relativement nette.
Bokeh
Le bokeh proposé est… moyen, quelle que soit la distance de mise au point choisie (sauf pour la zone 5,1 – ∞). Il y a du bokeh, quand le cliché n’est pas flou parce que le photographe a raté ses premiers clichés. Mais il n’est pas extraordinaire. Il est présent, c’est tout.
On ne pourra pas compter sur ce Pentax 17 pour faire des portraits où le bokeh règne en maitre. Par contre, il sera suffisant pour estomper l’arrière-plan dans les prises de vue de type street photography afin de mettre en avant un élément en particulier.
La concurrence
La concurrence est importante puisqu’on ne compte plus les modèles argentiques d’occasion en circulation.
Côté neuf, on ne peut pas dire par contre qu’il existe une pléthore d’offres. Il y a bien le Rollei 35AF qui devrait être disponible prochainement. Basé sur le modèle Rollei 35 sorti en 1966, Mint Camera propose une revisitation modernisée. On peut aussi trouver, ici et là, des appareils photo d’entrée de gamme, jetable ou semi-jetable.
Un avis particulier
Avoir un avis sur un produit est parfois délicat. Quand on fait un test, on essaye d’être le plus objectif possible, de ne pas laisser ses sentiments prendre le dessus. Pourtant, à un moment, il faut prendre parti et, quand on a décrypté un produit, on se doit de donner un avis plus personnel.
Je suis perdu
Pour de nombreuses raisons, je ne suis pas enthousiaste de ce Pentax 17. L’idée qui a servi de base à la conception me parait intéressante, d’autant plus que je suis en phase avec le fait que l’argentique regagne les faveurs d’un certain public. Sauf que je n’appartiens pas à la cible visée. Ce Pentax 17 est un jouet en plastique, un compact conçu pour un public jeune qui prend ses clichés en mode vertical (comme avec les smartphones) et qui en numérise aussitôt le résultat afin de publier sur le Web.

À aucun moment je n’ai apprécié prendre des photos avec lui. Certes, le laps de temps était court, puisqu’il s’agissait d’un prêt. Le nombre de clichés ratés a été énorme, pour 3 raisons :
- J’ai souvent oublié de vérifier la présence du cache objectif. L’habitude de la visée à travers l’objectif a joué. Abusé par le viseur, j’ai souvent shooté avec ce cache objectif toujours présent. J’ai sans doute mal compris ou pas vu le signal d’avertissement.
- La sélection de la zone de netteté n’est pas instinctive. Non seulement il faut vérifier qu’on a fait le bon choix, mais il faut aussi apprendre par cœur l’échelle des zones. Tout en ayant un compas dans l’œil pour savoir si on est à 22 cm au lieu de 24 ! Bref, pas si simple.
- La molette des modes de prises de vue qui ne se bloque pas. Elle peut changer de position assez facilement et souvent, j’ai changé de mode sans le vouloir. Avec des photos ratées à la clé.
Sans retrouver le plaisir d’avant
Au-delà de ces points, il y a l’argentique lui-même. Ayant connu cette époque et ayant commencé la photo avec la pellicule, je suis nostalgique des rendus proposés par les pellicules. Après, il faut trouver ses pellicules fétiches, avec les couleurs qu’on apprécie, le grain qu’on souhaite. Ainsi que le bon développeur, qui fera un boulot correct ! Ce que je n’ai pas trouvé.
Par contre, aucun regret concernant le développement, les produits chimiques… et l’impossibilité de savoir si la photo est ratée ou pas au moment de la prise de vue. Tant qu’on est sur un lieu, on peut encore y saisir des moments. Une fois parti, on ne retrouvera jamais la même atmosphère. Certes, cela remet en avant la nécessité de se montrer très soigneux dans l’aspect technique.
C’est là que le bât blesse avec le Pentax 17 ! Il n’y a pas beaucoup de possibilités d’influer sur ces aspects techniques comme la vitesse ou l’ouverture. Trop de temps perdu à s’interroger sur les quelques paramètres, au détriment de la prise de vue elle-même. Au point d’oublier de déclencher au bon moment.
Lors de prises de vue plus instinctives, j’ai raté des clichés. Sans vrai moyen pour gérer, j’ai été perdu. Mon expérience « Snap Focus » avec le GR III ne m’a pas beaucoup aidé, n’ayant pas imprimé dans ma mémoire l’échelle des zones en si peu de temps. La simplification de la prise de vue proposée par ce compact m’a finalement été préjudiciable, car elle ne correspond pas à MON mode de fonctionnement. Avec la seconde pellicule, j’ai résolu quelques-unes de mes difficultés de maitrise de la zone de mise au point… Pour les deux positions les plus lointaines. Pour les zones proches, cela reste toujours problématique. Et il n’y aura pas de troisième tentative.
Cet appareil est un choix de la part de Pentax et j’espérais autre chose. Un vrai reflex et pas un jouet pour ado attardé qui prend des images verticales parce qu’un smartphone se tient ainsi. Ce qui explique ma déception. Autant utiliser mon Spotmatic F !
Ce jugement un peu violent n’engage évidemment que moi.
Conclusion
Peut-on être sous le charme du Pentax 17 ? Il y a de nombreuses raisons pour l’être. Mais autant pour ne pas l’être. Cela dépendra de vos attentes, de ce que vous souhaitez. Est-ce un bon appareil photo ? Sans aucun doute. Avec un choix adéquat de pellicules et un peu d’adaptation, vous serez capable d’en tirer la quintessence.
| Ce qui est bien | Ce qui est moins bien |
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Galerie
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5 réponses
Merci pour ce test.
J’avoue être surpris par les choix de conception fait par Pentax. Il, est probable que Ricoh Pentax ont fait une étude de marcher pour sortir cet appareil singulier.
Cet appareil correspond peut-être aux attentes des générations qui n’ont pas connu l’argentique.
L’avenir nous le dira…
J’espère…
Bonjour, ha ben oui, un appareil argentique ??? Ben voyons !!! J’ai commencé, en PENTAX, en1984 avec un ME, super boîtier muni de son « moteur », équipé d’un 3,5/35/105 « macro » (toujours en état de fonctionnement) et cet équipement a fait de nombreux concerts et courses de motocross sans problème aucun ! Mais ça, c’était avant mon K10 !!! ☺☺☺ PLUS JAMAIS, je ne retournerai à la pellicule, sauf, peut-être dans les cheveux et encore … Maintenant je dispose de K1-II et là, PLUS JAMAIS je ne retournerai à la pellicule argentique, JAMAIS !!! Mêmes usages, manif’s, concerts, (plus de moto, trop vieux) efficacité, solidité (verifiée), facilité d’utilisation, dedans, dehors, par tous les temps, 36 pauses, naaaan, pardon, 360 par SD-Cards… Comment renoncer à un tel confort de travail ? I♥PENTAX numéric !
Mes amitiés aux 3 du PentaxKlub.
ÉRicoh.
Bonjour,
Bravo pour votre excellent travail….
Mais,
Concernant le Pentax 17 ( que je n’ai pas essayé ) je vous trouve un peu dur.
Au moins sur le papier, il est très intéressant.
J’ai bien envie de me laisser tenter…
Par contre .
Il manque une griffe flash ( incompréhensible) et un self timer .
Pour la prise en main, un déclenchement au niveau du logement de pile serait peut plus pratique en mode horizontal…
Et puis la réduction de format ne profite pas entièrement à la compacité, quel gâchis d’espace dans la chambre d’exposition… Il aurait gagné à être plus compact en largeur , non ?
Les clichés diffusés sont plutôt sympas je trouve.
J’aime bien cette initiative de Pentax.
Un peu dur dans mon avis personnel, c’est possible. En même temps, ce n’est que personnel. Pour tout le reste de l’article, j’ai essayé d’être neutre.
Pour les manques, ils s’expliquent par le fait que cet appareil s’adresse à une population qui n’en a pas besoin. Sans compter que cela aurait augmenté le tarif.
Un déclenchement au niveau de la pile pour un mode horizontal ? Non, car la philosophie du boitier est de prendre des images verticales. Tout est conçu en ce sens.
Pourriez-vous m’expliquer où se trouve le gâchis dans la chambre ? Pour rappel, voici les dimensions : 127 mm (L) × 78 mm (H) × 52 mm (l)
En longueur, c’est tout juste avec les 12,7 cm, car entre le logement de la pellicule sur la gauche, l’emplacement équivalent pour enrouler environ 1,5 m de film, la place pour les mécanismes, et la partie expo, il n’y a pas d’espace perdu.
La largeur est de 5,2 cm. Une fois qu’on retire 2 cm pour la pellicule et 0,5 pour la coque, il ne reste que de 2,5 cm pour le châssis et une partie des mécanismes. Sans compter le tirage entre l’objectif et le film.
Et puis, moins de 5 cm d’épaisseur, la tenue en main s’en ressent. Surtout si on a de grandes mains. Déjà que les miennes débordaient sur l’objectif sans que je m’en rende compte, sachant ainsi des prises de vue, si le boitier avait été plus petit, le tenir deviendrait un calvaire. Contrairement au GR III qui a un écran arrière et pour qui l’utilisation d’un viseur est galère), la seule visée du P17 est son viseur. Il faut en tenir compte.