Si le premier volet a concerné les focales fixes pour Pentax, cette deuxième partie concernera les zooms à réhabiliter. Ils sont nombreux et il a bien fallu faire un choix parmi ceux qui étaient à notre disposition.
Les zooms à réhabiliter
Nous évoquerons ainsi les 6 zooms suivants :
- dans la série pour APS-C (des Pentax DA exclusivement) :
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- le 18-55 mm f/3,5-5,6 AL WR
- le 50-200 mm f/4-5,6 DA L ED WR (utilisé avec un K-3 III)
- le 55-300 mm f/4-5,8 ED (utilisé avec un K-1 – mais oui ! – et des boîtiers APS-C (K-5, K-3, K-3 II, KP)
- dans les zooms compatibles avec les capteurs plein format (FF)
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- Sigma 17-35 mm f/2,8-4 EX Aspherical
- Pentax FA 28-105 mm f/4-5,6
- Tamron SP AF 28-75 mm f/2,8 XR Di LD Macro
Pour les zooms compatibles FF, j’aurais pu choisir un Tamron 28-105 mm f/4-5,6 (plus ancien que le 28-75) mais il est optiquement identique au Pentax de mêmes focales. Avec cependant mise au point interne (IF). Toutefois, cela n’aurait rien apporté, ou peu de choses, en termes de différences. J’ai donc choisi son « frère » d’amplitude focale plus réduite, mais d’une ouverture maximale constante de f/2,8, alors que tous les autres zooms étudiés ici sont à ouverture glissante.
Pour connaître les caractéristiques détaillées de ces zooms, nos lecteurs les plus curieux pourront se rapprocher de la base entretenue par PentaxForums.
Bien entendu, ici encore, on aurait pu faire d’autres choix. Cependant, il était intéressant de prendre des objectifs que j’ai eus en mains et, pour ceux que j’ai encore, de mettre en images les raisons pour lesquelles que je les ai gardés. Sachant que j’en possède de plus performants et de bien plus anciens. Sachant aussi que le choix est si vaste qu’il n’est pas possible d’être exhaustif.
Les zooms pour APS-C
Tous ces zooms sont des Pentax, et réputés non compatibles (ou très partiellement) avec des capteurs plein format. On verra que, dans le détail, on peut parfois s’affranchir de cette incompatibilité. De toute manière, tous sont utilisables sur boîtier K-1 ou K-1 II configuré en « crop APS-C ». Il faudra toutefois accepter que seuls 15,9 mega-pixels soient alors disponibles, c’est-à-dire, grosso-modo, la résolution d’un capteur de K-5. Cela peut paraître peu, en effet, mais c’est suffisant si l’on ne cherche pas à faire ensuite des tirages de trop grandes dimensions.
La lecture (ou la relecture) de cet article pourrait s’avérer utile ! Sans compter qu’avec un K-1/K-1 II, on peut choisir de shooter en mode 1:1 (carré). avec une résolution bien plus élevée qu’en APS-C. C’est particulièrement agréable avec le DA* 50-135 mm f/2,8 qui, ainsi utilisé, ne produit aucun vignetage notable. Les autres zooms APS-C, en revanche, peuvent en produire dans ces mêmes conditions.
Bref, des solutions intéressantes existent, il suffit d’avoir la curiosité de les tester.
Le Pentax DA 18-55 mm f/3,5-5,6 AL WR
Il est toujours en production après avoir été mis sur le marché en 2009. Il correspond approximativement à un 27-83 mm sur un boîtier plein format.

Initialement fourni en kit avec les boîtiers APS-C, il se retrouve aujourd’hui sur les petites annonces ou les sites de vente de matériel d’occasion à un prix dérisoire (généralement moins de 25 € ; neuf, on le trouve à un peu moins de 200 €). Pourtant, parmi les objectifs de kit des différentes marques, il fait indéniablement partie des meilleurs.
C’est sur mon boîtier K-5 qu’il a été le plus utilisé, même si j’ai aussi aussi tenté quelques essais sur boîtier plein format. Remplacé ensuite par un smc DA* 16-50 mm f/2,8 qui, au passage, n’a jamais connu de panne de son moteur.
Voici quelques exemples d’images :
Ce que j’en pense :
| Qualités du Pentax DA 18-55 mm f/3.5-5.6 AL WR | Ses défauts |
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Le 50-200 mm f/4-5,6 DA L ED WR
Il est l’équivalent en plein format d’un 75-300 mm.

Testé pour les besoins de cet article, il a été assez surprenant ! On en dit souvent le plus grand mal et ce n’est pourtant pas l’impression qu’il m’a laissée. Monté sur un K-3 III, il s’est avéré agréable à manipuler et m’a surpris par des résultats de très bon niveau. Le bokeh à 200 mm s’avère très agréable quand les conditions sont favorables (ouverture aussi grande que possible, sujet éloigné du fond, …), très bon piqué, bonne homogénéité. Comme le DA 18-55 mm, il a été mis sur le marché en 2009 et il est toujours en production.Nous l’avions testé plus en profondeur en décembre 2021.
Ne l’ayant jamais eu durablement dans ma besace, je ne l’ai jamais monté sur un boîtier plein format.
Ce que j’en pense :
Lui aussi nécessite de travailler un peu en post-traitement les images qu’il produit. A cette condition, on n’a pas à rougir des résultats obtenus, si toutefois on ne pousse pas trop les curseurs !
| Qualités du Pentax 50-200 mm f/4-5.6 DA L ED WR | Ses défauts |
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Le Pentax 55-300 mm f/4-5,8 ED
Produit de 2008 à 2013, voici encore un mal aimé à qui on a reproché beaucoup de choses. Certains exemplaires ont montré des faiblesses à la mise au point (voir cet article). Mais ce n’est pas une généralité.
J’ai acheté le mien neuf mais à 50 % de son prix initial dans un magasin d’une grande chaine (F..C) qui avait décidé de ne plus vendre de Pentax. J’ai tellement aimé les images qu’il m’a données que je l’ai gardé malgré la sortie de 2 successeurs (la version HD puis la version PLM). Certes, depuis mon passage au plein format en 2016, il sert beaucoup moins. Il était très souvent utilisé à la focale maximale (300 mm) ; or, j’utilise depuis maintenant plusieurs années un DA* 300 f/4, plus lourd et plus encombrant mais très supérieur en qualité d’image. Je le garde pour des raisons « sentimentales » mais aussi parce qu’il est aujourd’hui invendable.


Ce que j’en pense :
Malgré la présence de vignettage à certaines focales/ouvertures, facile par ailleurs à corriger, il se monte facilement sur boîtier FF
Il fournit des images de qualité, au piqué d’un excellent niveau : le goéland ci-dessus en est un exemple parfait. Cet autre également.
| Qualités du Pentax DA 55-300 f/4-5.8 ED | Ses défauts |
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Les zooms pour le plein format
Le Sigma 17-35 mm f/2,8-4 EX Aspherical
Je ne possédais aucun objectif de très courte focale (compatible FF) à la sortie du K-1. Un jour, je suis tombé sur un Vivitar 19-35 mm et je l’ai acheté. Et gardé moins de 24 heures ! Grosse déception, jusqu’au jour où un revendeur sur un boulevard parisien bien connu en matière de photo, présentait (et soldait, car en monture K) un Sigma 17-35 f/2,8-4. Hormis le Pentax 20-35 f/4, les ouvertures constantes sont peu fréquentes sur des zooms de ces focales.
J’ai donc profité de « l’aubaine » (30% de réduction). Prévu pour le plein format, ce zoom est bien entendu utilisable sur des boîtiers à capteur APS-C où il devient un équivalent d’un 25,5-52,5.
Un test express est disponible ICI.
Il est particulièrement recommandable, s’agissant du champ englobé, pour la photo de paysage ou pour les situations où on a peu de recul (en intérieur par exemple). Le Pentax 20-35/4 est très probablement meilleur, sauf … de 17 à 19,9 mm (!!), mais c’est précisément à ces focales que j’ai le plus utilisé le Sigma. Alors je me suis accomodé de ses défauts. et j’ai essayé d’exploiter les très bonnes images qu’il est capable parfois de donner.

Les images ci-dessous sont à rejeter : elles illustrent les principaux défauts du Sigma 17-35 mm f/2.8-4.
Sur les 2 premières, c’est le flare « monstrueux » qui est en cause. Sur la dernière, c’est le vignettage, malgré une ouverture à f/11.

Ce que j’en pense :
| Qualités du Sigma 17-35 mm f/2.8-4 EX Aspherical | Ses défauts |
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Le Pentax FA 28-105 mm f/4-5,6 « Powerzoom »
Encore un zoom de réputation pour le moins « mitigée ». Esthétiquement, on est obligé de considérer qu’il n’est pas beau. Mais, encore une fois, les belles photos ne sont pas obligatoirement issues de beaux matériels et, de toute manière, on ne voit pas sur l’image par quoi elle a été produite. Tout au plus voit-on les EXIF, où apparaît le nom de l’objectif.
Cependant, ce Pentax 28-105/4-5,6, à technologie « PowerZoom » et acheté lui aussi en brocante pour quelques euros, est capable de produire des images piquées, sans AC ou très peu, homogènes autant que le permettent les technologies mises en oeuvre lors de sa fabrication (de 1992 à 1999). Avec un minimum de soin à la prise de vue, on peut obtenir des résultats étonnants. Certes, il a aussi des défauts (voir ci-dessous), mais je l’ai conservé, contraitrement à son successeur DFA sorti en 2016 dont la revente m’a partiellement permis de financer un KP. Le FA, dont la cote se situe quelque part entre 50 et 100 euros, ne me l’aurait pas permis, en tous cas pas dans les mêmes proportions. Un comparatif est consultable sur notre site.

Pour illustrer la qualité du FA 28-105/4-5.6 « Powerzoom », voici à droite un extrait 100 % de la photo de gauche identique à celle ci-dessus (zone entourée de blanc). Le tapis était accroché à environ 5/6 mètres.
Ce que j’en pense :
| Qualités du Pentax FA 28-105 mm f/4-5.6 « PowerZoom » | Ses défauts |
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Le Tamron SP AF 28-75 mm f/2,8 XR Di LD Macro
Encore un zoom qui gagne à être connu. A la sortie du K-1 en 2016, il représentait une alternative crédible et économique au D FA 24-70/2,8 sorti l’année précédente. Un test unitaire est accessible ICI et un comparatif est disponible sous ce lien.
Lui aussi fournit des résultats de très bonne qualité. Entendons-nous bien en ce qui concerne la qualification « macro » dans son nom : AUCUN zoom n’est réellement « macro » puisqu’aucun n’offre le grandissement de 1:1. Le rapport de grandissement du Tamron 28-75 est de 0,256x soit environ 1:4. C’est dû, en grande partie, à sa distance minimale de mise au point plutôt courte (33 cm), Il a donc quelques possibilités en photo rapprochée, mais en aucun cas en macro vraie. Cela dit, ce n’est pas un zoom de gamme inférieure, bien au contraire. Il est simplement devenu assez rare depuis que Tamron a décidé de ne plus rien produire en monture K sous son nom. On sait qu’en fait ce constructeur a produit des optiques « rebadgées » Pentax (le D FA 24-70/2,8 en est un exemple, mais ce n’est pas le seul !).

Ce que j’en pense :
| Qualités du Tamron SP AF 28-75 mm f/2,8 XR Di LD Macro | Ses défauts |
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En guise de conclusion
Notre opinion est que Pentax n’a jamais produit de vrai « nanar » dans ses gammes d’objectifs. Certes, la diversité de ces gammes fait que certaines sont de plus haut niveau et offrent en conséquence des résultats de très haut niveau.
Mais il est aussi vrai que dans les gammes plus modestes, certains objectifs offrent aussi des performances de bon niveau, voire de très bon niveau, pour peu qu’on se donne un peu de peine à la prise de vue et/ou au post-traitement. Et ce qui est vrai pour Pentax est aussi vrai chez d’autres constructeurs, avec, peut-être, des fluctuations différentes. Et s’il faut vraiment tirer une leçon de tout cela, c’est qu’avant de jeter un objectif ou de s’en servir de presse-papier, il peut être judicieux d’essayer d’en tirer le meilleur et ne pas se contenter de l’ordinaire.
































4 réponses
Excellent article Micaz, mais tu aurais pu ajouter le DA 16-45 que j’ai conservé du istDL au K-3. Très bonne optique à utiliser dans de nombreuses circonstances. Puis le DA 12-24 précieux et idéal pour se balader dans le souk à Marrakech. Alors c’est vrai ces deux vieilles optiques sont bruyantes et plus lentes que les dernières propositions du catalogue PENTAX mais il y a de la qualité avec ces deux cailloux.
Bonjour et merci pour ce message !
Dans cet article, j’ai voulu me concentrer sur les zooms quelque peu dénigrés mais qu’on pourrait « réhabiliter » : les DA 16-45 et 12-24 n’en font pas partie et sont plutôt très appréciés. Et c’est justifié !
De plus, je ne les ai jamais possédés (même si j’avais testé le DA 12-24 en avril 2016), et, au moment de la rédaction de cet article, il n’était plus possible de les obtenir en prêt. Il a même été difficile d’avoir un 50-200 en prêt, c’est dire ! Il a bien fallu faire des choix car, à PentaxKlub, on n’a pas de crédits pour en acheter neufs ou même d’occasion !
Sinon, j’avais envisagé de mettre le DA * 16-50 f/2.8 SDM (donc la version ancienne, pas l’actuelle version PLM) qui a été très critiqué pour ses pannes de SDM (j’en ai eu un qui ne m’a jamais fait ce « mauvais coup »). Mais il était très bon par ailleurs (c’est du moins mon avis) et j’ai fini par l’écarter.
Merci pour cet article.
Je suis dans le même cas avec le DA 55-300 (première version), acheté à l’époque neuf au prix de l’occasion (chez p*x m*ni*) à l’époque du K10. Je l’ai régulièrement utilisé puis un Sigma 50-150 l’a éclipsé (pour l’usage sur la plage commune évidemment). Il a encore bien servi sur K5 et je l’ai encore (sur K5 car j’aime bien l’ergonomie de l’ensemble mais la dynamique du capteur du K1 surpasse celle du K5).
Comme tu dis, il est invendable et vu son état impeccable ça me ferait mal de le brader aujourd’hui (même si j’ai essayé à une époque).
On parle souvent du « rapport qualité-prix » d’un object (comme de tout), mais il y a le « rapport qualité-prix-besoin » où le besoin correspond à la fréquence d’utilisation.
Aujourd’hui, je m’en sers 2 à 3 fois par an. Sa qualité est bonne sans être exceptionnelle. Il n’y a rien à redire.
Si j’avais besoin d’un télézoom très régulièrement avec des attentes plus hautes, j’aurais sûrement cassé la tirelire (et essayé de revendre) pour financer un DFA 150-450. Pour qui n’a pas tellement de besoin supérieur à 100mm, cet objectif ira très bien. Un Sigma 70-300 APO ferait sûrement aussi le travail, surtout qu’il est plein format. Mais je me demande ce que vaut les bords, et il n’y a pas de quick shift sur ce modèle. Les bagues du 55-300 sont agréables à utiliser.
J’ai eu le même cas avec le besoin de grand angle en plein format, cela coûte cher en plein format et j’étais tombé sur l’article de PentaxKlub sur le FAJ 18-35. Pour qui a un besoin occasionnel, il n’aura pas mieux pour 100€.
Au final je l’ai remplacé par un FA 20-35 car c’était une occasion que je ne pouvais laisser passer.
Et pour finir, je te rejoins totalement sur le 18-55. J’ai utilisé sa première version avec le K10, mais l’ensemble était vite sombre et un Sigma 18-50 a fait mon bonheur avec son ouverture à 2.8.
Mais au moment de passer au K5 j’ai eu le kit avec la version WR, que j’ai utilisé notamment au ski ou à la montagne en général. L’ensemble était très léger, et avec une bonne luminosité les résultats sont très bons.
Bonjour
et merci pour ce commentaire !