Que celle ou celui qui n’a jamais fait d’erreurs dans sa vie lève la main ! Bizarre, on ne voit aucune main levée. Ah si ! je vois une main qui se lève et s’agite. Non, en fait c’est pour saluer, et pas pour se déclarer irréprochable.
Soyons clairs et modestes à la fois : tout le monde commet des erreurs, même quand on fait de la photo depuis des années. Bien sûr, l’expérience aidant, elles sont moins nombreuses (et c’est heureux !), mais jamais elles ne disparaissent totalement, personne n’étant parfait !
Et, parmi ces erreurs qui gâchent, ou peuvent gâcher, une photo, certaines existent dès la prise de vue, d’autres sont des erreurs de traitement des images. Essayons de voir grossièrement ce qui pèche !
Les erreurs à la prise de vue
Elles peuvent être de toutes sortes : techniques, conceptuelles, et pourraient être facilement évitées la plupart du temps. Certaines sont liées au domaine photographique abordé, d’autres sont plus générales et peuvent se rencontrer dans tous les domaines de la photo.
Ne pas être prêt(e)
C’est la toute première erreur. Quoi que l’on veuille faire, si l’on n’est pas prêt à le faire, rien ne se fera correctement. Si l’appareil et le photographe ne sont pas en situation de shooter, il n’y aura pas d’image ou alors des images de raccroc. Autrement dit, ratées ! Dès lors que l’on tient en main un appareil photo, il faut s’attendre à tout à tout moment. Un sujet peut surgir inopinément, qui ne se représentera peut-être jamais !
Alors, même si l’on est très éloigné de la scène, il est important de prendre la photo, quitte ensuite à travailler l’image (recadrage, retouches, etc.). Pour être prêt dans une situation donnée, avoir à sa disposition un mode « user » défini pour ce genre de situation est une précaution importante et un avantage indéniable. Nous y reviendrons.
Les erreurs liées à la composition
Nous en avons souvent parlé dans nos articles. C’est un sujet éternel. Il n’est pas évident – ni même utile – de lister toutes les erreurs possibles de composition. Sinon, cela reviendrait à dire qu’il faut absolument respecter telle ou telle règle (i.e. la règle des tiers) et, hors de ce respect, point de salut !
Ce n’est évidemment pas le but recherché. Différentes compositions sont admissibles, y compris dans un irrespect total des « principes de base incontournables ». À la condition, cependant, que cela serve le sujet et permette une lecture logique et dans le même temps plaisante de l’image réalisée.
Le sujet
Même si l’on en parle peu, c’est tout de même le point essentiel dans une photo. Il faut de façon impérative qu’il soit identifiable sans ambiguïté. Les moyens pour y parvenir ne manquent pas, ils sont juste liés à l’imagination et au savoir-faire du photographe. Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai envie de hurler quand je vois des touristes photographier une personne sur fond de monument, historique ou pas. C’est une manière de faire dire à cette personne : « vous voyez, j’y suis allé ! ». Et, bien sûr, avec une volonté de netteté tant sur la personne que sur le monument.
Mais réellement, quel est le sujet, en pareille situation ? On peut se le demander et, finalement, on s’y perd. Une image, c’est un sujet, pas plusieurs. Ou alors, il faut s’arranger pour que le sujet « principal » prenne nettement le pas sur l’environnement.
Et on rejoint là un autre « problème ».
La profondeur de champ inadaptée
Il n’est pas toujours bon, loin de là, que le sujet principal et le fond de l’image aient la même importance en termes de netteté. Celle-ci doit prioritairement porter sur le sujet principal et s’avérer alors irréprochable. Si l’on veut que le fond soit identifiable, on peut le faire sans lui donner la même importance. Un exemple : le Mont Saint-Michel, même assez flou, ne sera pas confondu avec Notre-Dame de Paris ! Inutile, donc, de lui donner la même importance que le petit dernier de la famille que l’on « immortalise » devant ce site admirable !
Un arrière-plan trop présent (et parfois disgracieux) est incontestablement un élément qui vient gâcher une photo ! En voici un exemple dans cette image du clocher de l’Église de Tende (Alpes-Maritimes).
Le fond est trop présent (bâtiments) et la présence de véhicules, à droite, n’a aucun rapport avec le sujet et vient en perturber la lecture. Il aurait fallu soit recadrer, soit utiliser une ouverture plus grande afin de flouter davantage le fond, soit encore supprimer en post-traitement les éléments indésirables (voir point suivant).

Des éléments indésirables
Par manque d’attention, on laisse parfois dans la composition de la photo des « éléments » dont la présence perturbe (pour le moins), voire dégrade (au pire), une photo qui, sans eux, aurait une tout autre « saveur ». Cela peut être l’irruption dans le champ d’une personne étrangère au sujet à photographier, une tête, un pied, etc. Mais aussi des objets parfois incongrus, sans rapport avec le sujet, voire pire ! Un exemple : des conteneurs d’ordures à côté du sujet ou derrière lui sont rarement du meilleur effet, sauf s’ils sont LE sujet ou une partie de celui-ci ! Un autre exemple dans la photo ci-dessus : les véhicules à droite.
Éviter ces éléments indésirables est donc indispensable. Et ceci est vrai pour tout un tas d’autres éléments perturbateurs. Comme, par exemple, les objets qui semblent sortir de la tête d’un personnage dans la photo.

Que faire alors ?
Le meilleur moyen d’écarter ces erreurs de composition, c’est de bien réfléchir avant de déclencher. Il faut choisir avec soin le sujet, son environnement et s’assurer dans le viseur qu’on n’aura rien d’autre que ce qui fera la photo que l’on désire. Cela paraît évident, pourtant ces erreurs sont fréquentes.
Les erreurs liées à l’exposition
Hormis les cas où l’on veut pratiquer les techniques du High-Key ou du Low-Key (voir notre article sur le sujet), l’exposition est un critère essentiel pour la qualité des photos. Et une mauvaise exposition un bon moyen de gâcher ses images.
Une exposition équilibrée est généralement obtenue de façon automatique avec les appareils numériques modernes : ils sont programmés pour cela ! Ce qui n’interdit pas les erreurs d’appréciation de la lumière. Parfois c’est parce que la cellule de l’APN a été trompée : elle n’est pas infaillible ! D’autres fois, cela fait suite à des erreurs… du photographe lui-même.
Photographier en automatique (voire en « mode vert » chez Pentax) peut être considéré comme confortable. Rien d’autre à faire que cadrer et déclencher. Mais cela produit souvent des photos banales. Alors, mieux vaut influer sur les paramètres de la prise de vue. Et c’est là qu’il faut veiller à ne pas commettre d’erreurs rédhibitoires.
Ici, c’est manifestement la sensibilité trop élevée sur l’image de gauche qui a provoqué une surexposition dommageable. Les photos ont été prises à quelques secondes d’écart. Et pourtant, il aurait été facile d’éviter l’écueil : il suffisait de prendre la mesure de la lumière par un appui sur le bouton AEL et l’APN aurait retenu une meilleure exposition (selon le paramétrage retenu : priorité à l’exposition, ou priorité à la mise au point : voir le manuel de l’APN). Et si on est un peu plus expérimenté, on peut aussi en pareil cas appliquer une correction d’exposition. Tout cela en conservant la possibilité d’exposer correctement le sujet principal, même si l’arrière-plan est sur ou sous-exposé.
Adopter une ouverture inadéquate
On vous renvoie ici à tous les articles qui parlent du « triangle d’exposition », que ce soit sur PhotoKlub ou ailleurs ! Quand on choisit manuellement une ouverture sur son objectif, on choisit de faire entrer plus ou moins de lumière. Et, si on se trompe, ce n’est pas sans influence sur le résultat. Une ouverture trop grande (petit nombre d’ouverture ; f/1,7 – f/2,8…) et on aura probablement une surexposition involontaire et une profondeur de champ trop faible pour le sujet. Une ouverture trop petite (grand nombre d’ouverture : f/11 – f/16…) et ce sera le contraire : sous-exposition et trop grande profondeur de champ pour le sujet. Bien sûr, cela dépend aussi des autres paramètres (vitesse d’obturation, sensibilité) et du mode d’exposition choisi (voir plus loin).
Mais l’erreur n’est jamais sans conséquence !
Un temps d’obturation inadapté (vitesse d’obturation)
En mode de priorité à l’ouverture (A ou Av), si l’on n’y prend pas garde, le temps d’obturation (la vitesse) peut s’avérer catastrophique – car trop long – et engendrer un flou de bougé ou un flou de mouvement irrattrapable. Pour le flou de bougé, pas de souci, en principe, si l’APN est posé sur un trépied : la stabilité de l’ensemble sera sans grande conséquence, surtout avec un appareil hybride. Avec un reflex, il faudra toutefois se méfier des micro-vibrations engendrées par le mouvement du miroir. Des solutions existent (photo miroir levé, déclenchement par télécommande ou au moyen du retardateur), encore faut-il avoir pensé à les mettre en œuvre avant de déclencher. Il en va différemment pour le flou de mouvement : le temps d’obturation doit être adapté à la vitesse de déplacement du sujet. S’il est trop rapide, il « figera » le sujet, s’il est trop lent, mais maîtrisé, il donnera une impression de vitesse de déplacement du sujet.
Sur certains boîtiers (Sony, notamment), il est possible d’imposer une vitesse minimale à ne pas outrepasser. Par exemple, ne pas descendre en dessous de 1/50s. Ce qui est différent du mode « priorité vitesse » (selon les constructeurs, Tv, S,…) qui impose la vitesse choisie.
Pour la photo ci-dessous, le photographe voulait faire apparaître le mouvement de l’eau, mais, sur la première image, de mauvais paramétrages, notamment de la vitesse, ont « figé » le mouvement de l’eau. Au contraire, après une correction drastique de ces paramètres (2ème image), ce mouvement est nettement perceptible.
Quelques conseils
Si l’on souhaite imposer au boîtier une vitesse d’obturation, il faut avoir quelques idées de ce qui est considéré généralement comme « la norme » :
- Pour un sujet statique : entre 1 s et 1/100s
- Pour un sujet qui se déplace lentement : entre 1/80s et 1/200s
- Si le sujet se déplace plus rapidement, alors il faudra retenir, au-dessus de 1/200s, une vitesse adaptée à cette vitesse de déplacement : il est évident que le déplacement d’un cycliste est généralement plus lent que celui d’une voiture aux 24 h du Mans ! Bien sûr, il faudra aussi prendre en compte l’angle de la prise de vue : de face, de profil (à 90°), de trois quarts, ce qui influe grandement sur le paramétrage.
Mais, dans tous les cas, il faudra veiller à équilibrer avec la sensibilité pour assurer une exposition correcte.
Et un rappel
Parfois, un flou de bougé maîtrisé et recherché, créant une sensation de vitesse, peut être un choix créatif assumé, et ne doit donc pas être systématiquement rejeté.
Une zone de mise au point inadaptée
Il arrive assez souvent que l’on ne prête pas grande attention à la zone couverte par les collimateurs de mise au point. S’ils sont en nombre important, la MaP risque de se faire sur un point non désiré. Il est alors préférable de passer en collimateur unique que l’on déplacera sur le point de MaP souhaité, de façon à contrer un éventuel mauvais choix par le boîtier. Et si l’on shoote une zone large, on peut, sur certains boîtiers, utiliser la fonctionnalité de détection de sujets.
Utilisation du flash intégré
Il n’existe plus que sur des appareils d’entrée de gamme ou de gamme moyenne. Parce que, trop souvent, il vient gâcher l’exposition. Trop près du sujet, il va engendrer un effet « fromage blanc », c’est-à-dire une surexposition d’une partie ou de la totalité du sujet. Trop éloigné, il n’aura aucune efficacité sur le sujet lui-même. Bref, si l’on a besoin d’un flash, il est nettement préférable d’utiliser un autre type de flash… à condition de savoir s’en servir ! Nous avons déjà publié plusieurs articles sur ce sujet :
- sur les bases de la photo au flash
- sur la photo numérique au flash
- des conseils sur la photo au flash.
S’y reporter peut s’avérer utile !
Autre problème avec les flashes, quels qu’ils soient : ce sont les yeux fermés, involontairement, bien sûr, par le sujet. Un portrait où le sujet ferme les yeux, c’est un cliché qui, 99 fois sur 100, ira à la poubelle. Et cela arrive même sans utilisation de flash ! La centième fois, qui fera donc exception, c’est que l’on aura voulu que les yeux soient fermés et, alors, pas besoin de flash pour y parvenir.
Erreur de balance des blancs (BdB)
C’est une erreur très fréquente, mais, contrairement à d’autres erreurs, elle est facilement rattrapable en post-traitement, surtout si on a pris la précaution de shooter en RAW. Tous les logiciels de post-traitement savent corriger une BdB défectueuse. C’est nettement plus délicat sur une photo en JPEG, car on dispose de moins de latitude. Toutefois, même dans ce cas, on peut améliorer singulièrement le résultat. Donc, si l’on opère seulement en JPEG, il faut au préalable penser à vérifier le positionnement « Auto » ou, quand il existe, « Multi-auto » de la balance des blancs. Et, bien sûr, ce paramétrage ne doit pas être oublié si l’on crée des modes « User ».
Dans la photo ci-après, la balance des blancs fixée à « Tungstène » a entraîné la dominante bleue. Comme attendu, la correction du fichier RAW s’est avérée très facile en post-traitement.


L’oubli n’a eu pour conséquence qu’une opération supplémentaire rapide en post-traitement.
Une sensibilité ISO inadéquate
C’est quand on shoote dans un des modes automatiques priorité à l’ouverture (A ou Av) ou priorité à la vitesse (Tv ou S, selon les marques d’APN) que l’on s’expose à ce problème. Le boîtier choisit alors la sensibilité pour assurer une exposition correcte.
Mais, ce faisant, il est parfois amené à utiliser une sensibilité élevée. Ce qui introduit immanquablement beaucoup de bruit numérique sur la photo. Et ce n’est pas très beau, le plus souvent. Beaucoup de logiciels de post-traitement proposent des solutions correctives efficaces. La plus efficace, actuellement, a récemment été évoquée sur notre site (voir ICI).
En pareil cas, il ne faut pas oublier qu’on peut utiliser le mode « ISO Auto » qui permet d’imposer au boîtier une « fourchette » de sensibilités à ne pas dépasser, par exemple, de 200 à 3200 ISO. Évidemment c’est la valeur haute qui a le plus d’importance.
Les erreurs de cadrage
Un horizon… pas horizontal
Oublions la prise de vue à très longue distance ou dans des circonstances particulières qui font que l’on perçoit nettement la courbure de la Terre : ces conditions sont rares et n’entrent pas dans notre propos.
Il s’agit plutôt de photos, par exemple de plans d’eau (lacs, mers, etc.) où l’horizontalité doit être parfaite si l’on ne veut pas donner l’impression que l’étendue d’eau en question va se vider dans le sens de la pente. En photo argentique, cela gâchait irrémédiablement le cliché. En photo numérique, on a de la chance :
- à la prise de vue, on peut veiller à l’horizontalité grâce à la fonction « niveau » de l’APN… quand il en est doté !
- si l’APN ne le permet pas, ou si on a « oublié » de se servir de la fonctionnalité, il reste toujours la possibilité de corriger le problème en post-traitement.
Autre erreur avec la ligne d’horizon : la placer au centre de l’image. Cela fait un peu « amateur » dans certains cas. Le plus souvent, il est préférable de la placer sur un tiers de l’image : au tiers inférieur, si l’on veut donner la primauté au ciel, au tiers supérieur si l’on veut favoriser le bas de l’image.


Sur la photo avant correction (curseur positionné à droite), on a l’impression que l’océan se vide par la droite !
Un mauvais angle de prise de vue
Comme pour la composition, il faut être attentif à ce que l’on photographie, du premier plan à l’arrière-plan et en passant par le sujet lui-même. Parfois, par inattention, l’angle de prise de vue laisse apparaître des « choses » indésirables sur la photo, principalement en arrière-plan : objets, animaux, personnes non voulues, etc. La liste est infinie. Mais ces présences indésirables gâchent, elles aussi, le cliché (voir ci-dessus).
Bien sûr, parfois, on peut corriger le problème en post-traitement. À condition de savoir manipuler correctement les outils logiciels qui le permettent. Mais justement : ce n’est plus vraiment de la photographie, mais plutôt de la manipulation d’image.
Et le seul moyen d’éviter cela, c’est de faire preuve d’une grande rigueur au moment de la prise de vue… autant qu’il est possible, en tous cas. Parfois ce sera impossible parce que les circonstances du moment exigeront une prise de vue « réflexe ».
Autres erreurs
Bien d’autres erreurs peuvent venir gâcher irrémédiablement une photo. Il est difficile – voire impossible – d’en dresser une liste exhaustive. Parmi toutes ces erreurs, citons :
les erreurs « techniques »
- l’erreur de mise au point : même avec un autofocus performant, on peut se tromper de collimateur. Et que dire alors en mise au point manuelle ?
- le flou de bougé. Lui aussi est plus fréquent qu’on ne le croit. Et une photo involontairement floue, il n’y a rien de pire pour qui la regarde ! Des remèdes existent cependant : la stabilisation de l’objectif et/ou de l’APN, l’utilisation d’un trépied ou d’un monopode, l’appui contre un mur, un arbre, tout « dispositif » qui permet de se caler sans crainte, permettront d’assurer une prise de vue nette.
- le flare non désiré, qu’il survienne par oubli du pare-soleil ou du fait d’un objectif qui y est sensible. Cela provoque des images fantômes, des traces colorées, une atténuation forte de la netteté par zones. En pareil cas, il n’y a pas grand chose à faire !

Pentax K-1 + Sigma 17-35 mm f/2.8-4 à 35 mm – f/45 – 1/5s – ISO 100
- un paramétrage défectueux du matériel : chacun se reportera au manuel de son APN pour le paramétrer correctement afin d’éviter les erreurs qui peuvent l’être.
- le choix d’un mode de prise de vue inadapté au sujet : priorité ouverture alors qu’il faudrait priorité vitesse d’obturation, et vice versa, mauvais mode autofocus pour le sujet photographié.
les erreurs « humaines »
- ne shooter qu’en JPEG. Beaucoup vont s’offusquer qu’on invoque cet argument et pourtant ! Shooter UNIQUEMENT en JPEG est certes possible, si l’on est absolument certain qu’on n’a fait aucune erreur par ailleurs. Sinon, et nous le répéterons inlassablement, shooter en RAW (ou en RAW+, c’est-à-dire RAW + JPEG) laissera beaucoup plus de latitude de correction des images en post-traitement, et c’est, de notre point de vue, le mode à retenir en priorité. Notons cependant que les traitements intégrés aux boîtiers ont fait d’énormes progrès et produisent souvent désormais des images de qualité.
- Ne jamais vérifier ses clichés sur le terrain est aussi une erreur fréquente. Souvent on désactive l’affichage sur l’écran arrière afin d’économiser la batterie. Mais, ce faisant, même si l’écran est petit et ne permet pas de tout contrôler, on se prive de la possibilité de détecter une erreur manifeste. Et donc on se prive aussi de la possibilité de refaire le cliché et d’éventuellement corriger le paramétrage pour les prises de vues suivantes.
- être trop pressé : en photo, il est important de prendre son temps, de faire preuve de patience. C’est vrai pour tous les domaines photographiques et tout particulièrement en photo animalière. La bonne situation, le bon sujet, ne sont pas toujours là et il faut savoir les attendre.
Les erreurs au post-traitement (PT)
S’appliquer à la prise de vue et tout gâcher en post-traitement, non seulement c’est frustrant, mais c’est aussi inexcusable !
La production photographique est une chaîne en continu et tous les maillons de carte chaîne participent à la réussite. Le post-traitement en fait partie, sans le moindre doute !
Nous n’allons pas vous proposer ici un cours de post-traitement : c’est une opération beaucoup trop vaste pour être traitée en quelques lignes. Des formations spécifiques existent, que ce soit par Internet ou par des clubs ou des écoles de photo. Chacun pourra se diriger, si nécessaire, vers le moyen de son choix. Mais nous allons ici présupposer que nos lecteurs possèdent déjà sur ce sujet les connaissances de base.
Dès lors les erreurs que l’on rencontre le plus souvent sont les suivantes :
L’exagération
Cela signifie que l’on a trop « poussé » sur les curseurs, quels qu’ils soient : netteté, couleurs, accentuation, traitement du bruit, luminosité, saturation, vibrance (vivacité) (voir cet article), etc. Les effets de bord se manifestent dès que l’on va trop loin dans le traitement. Par exemple, avec une exagération de la netteté, on voit apparaître des halos autour des objets traités, des artefacts sur les à-plats (ciel, notamment), une montée du bruit numérique, etc. Bien sûr, des moyens existent pour traiter ces inconvénients, avec plus ou moins de réussite. Mais est-il bien nécessaire de se donner du travail supplémentaire en commettant des erreurs en amont ?
Les traitements inadaptés ou mal exécutés.
- Si l’on pratique le HDR, il faut faire attention à ne pas tomber dans l’excès
- Si l’on fait un panoramique, il faut faire bien attention aux jonctions entre les images, ce qui suppose donc aussi de les avoir soignées dès la prise de vue
- Appliquer des solutions globales dans l’image, au détriment de solutions locales, peut aussi conduire à des erreurs. Selon le logiciel de PT, l’utilisation de calques peut s’avérer utile, voire indispensable.
Là encore, de bonnes connaissances de base permettront d’éviter les erreurs les plus criantes.
Comment éviter les erreurs
Quelques solutions ont été évoquées dans les lignes précédentes. Les mettre en pratique, c’est juste du bon sens. Mais il en est d’autres !
Bien connaître son APN
La lecture du manuel, surtout si l’on manque d’expérience, est une nécessité absolue. Bien sûr, ce manuel ne se lit pas comme un roman. En général, on s’y reporte dans les seuls cas où on rencontre un problème. Bien souvent, on y trouve les raisons du problème en question et donc aussi les moyens d’y remédier.
Parfois aussi, c’est l’occasion d’y découvrir des possibilités cachées, peu fréquemment utilisées, mais qui, dans certains cas, permettront de surmonter telle ou telle difficulté. Impossible de les lister, les APN des différentes marques sont différents et souvent aussi ceux d’une même marque ! Tous ne possèdent pas les mêmes fonctionnalités.
Utiliser les modes utilisateur
Ce sont les fameux modes « User » en nombre variable selon les APN. Ils permettent de préprogrammer l’APN pour un type de photo en particulier en choisissant d’enregistrer les réglages qui conviennent pour ce type de photo. C’est pratique, cela peut être ponctuellement outrepassé si nécessaire et, si c’est correctement fait, cela évite un nombre considérable d’erreurs. À recommander sans réserve !
Choisir l’objectif adapté à l’utilisation envisagée
Nous l’avons souligné dans le passé : il est souvent possible d’utiliser les objectifs à contre-emploi. Dans une certaine mesure, cependant ! Car il sera difficile, pour ne pas dire impossible, de pratiquer dans tous les domaines photographiques avec un seul objectif. Il n’y a aucun doute à avoir : si les constructeurs fabriquent et proposent des objectifs aussi différents les uns des autres, c’est bien parce qu’ils sont tous plus ou moins dédiés à un domaine en particulier. Ils apportent le confort et les fonctionnalités nécessaires à ce domaine et qui ne sont pas obligatoirement les mêmes pour un autre domaine.
Il est donc hautement préférable d’utiliser l’objectif le plus adapté que l’on possède pour la prise de vue souhaitée.
Les perspectives
Tout le monde l’aura remarqué : à la date de cet article, l’intelligence artificielle (IA selon l’acronyme français, AI selon l’acronyme anglais) s’insinue de plus en plus dans les logiciels de post-traitement, facilitant (ou pas !) ainsi la tâche des photographes. Il est évident qu’elle se développera aussi de plus en plus dans les matériels (APN, notamment) par le biais de nouvelles puces dans leur électronique. Cette évolution évitera automatiquement les erreurs grossières de prise de vue.
Il reste toutefois à souhaiter que l’on ne devienne pas de simples « presse-boutons », que les choix personnels de chacun aient encore la possibilité de s’exprimer, quitte à commettre quelques erreurs : c’est l’expérience de chacun qui permettra alors de les gommer, et c’est bien plus gratifiant !




