Une solution de sauvegarde avec cloud

Quelle solution de sauvegarde des données adopter ?

Il en existe de nombreuses, même si elles sont quasiment toutes basées sur la même logique de « plusieurs sauvegardes, sur différents supports et des lieux distants« . Comme nombre d’entre vous, j’ai dû faire face à cette problématique. Depuis mes débuts en photo numérique, j’ai accumulé presque 200 000 clichés (après le premier tri), soit environ 7 To de fichiers. C’est plus que beaucoup d’entre vous, mais moins que d’autres. Surtout que j’ai tendance à tout conserver, à partir du moment où le cliché n’est pas raté.

Depuis le début des années 2000, j’ai utilisé diverses solutions. Certaines se sont révélées désastreuses, d’autres performantes, mais coûteuses. Trouver un équilibre entre ma paranoïa, l’assurance de préserver mes fichiers dont le nombre est en constante augmentation, et mon porte-monnaie, rien n’a toujours été simple. Il y a eu des changements, des évolutions jusqu’à la version en place en 2026. Ce n’est pas la meilleure, mais elle me convient.

Voici donc une histoire de conservation des données.

Cet article fait suite à celui consacré à la pérennisation des données.

Ma stratégie de sauvegarde

Ayant été au contact d’ordinateurs depuis mes dix ans, j’ai vite compris que je pouvais tout perdre facilement. C’est ce qui s’est passé un jour, les clichés de ma période argentique et la majorité des photos numériques prises entre 2000 et 2001 ont disparu. Des CD et autres clés USB ont été cassés, perdus ou égarés, jamais retrouvés. Quand je m’en suis rendu compte, c’était trop tard, les fichiers n’existaient plus sur le disque principal. Depuis, j’ai fait en sorte que cela ne puisse plus se reproduire. Sachant que le risque zéro n’existe pas.

La situation d’avant

Je ne m’étendrai pas outre mesure. Les fichiers étaient disséminés sur le disque dur de l’ordinateur et sur des clés USB ou des CD/DVD ROM. Et quand cela s’est révélé être insuffisant, j’ai accumulé de manière empirique et désordonnée, des disques durs de 60 à 128 Go (à l’époque, c’était de grandes capacités).

 

Des disques durs de 120 Go à foison…

 

La remise à plat

Le COVID, et de la vie au ralenti durant cette période, m’ont permis de trouver du temps pour réviser mon système. Avec un choix à faire entre continuer à ajouter des disques, rendant toute gestion de plus en plus complexe, ou le remettre à plat. Le cœur a hésité, le portefeuille a protesté et la raison a décidé. C’est la deuxième option que j’ai choisie, avec à la clé, un transfert de fichiers important. Une activité plus longue qu’on aurait pu croire.

J’ai investi dans un boitier de 2 x 8 To en RAID 1 (écriture simultanée des données sur les deux disques) ainsi que dans deux modèles de 4 To :

  • Le stockage de travail en utilisation quotidienne a été installé sur une partition de 4 To (le boitier RAID 1 de 8 To ayant été divisé en trois partitions : 4 To pour la photo, 1,5 To pour du stockage non essentiel et 2,5 To pour une sauvegarde incrémentale quotidienne).
  • La première copie des photos a été faite sur un disque de 4 To. Je la mets à jour quand cela est nécessaire, via des scripts automatiques maison (je reste un flemmard). Cette copie se trouve à mon domicile.
  • Une deuxième copie se trouve sur l’autre DD de 4 To, entreposé hors de chez moi, avec une remise à jour tous les deux mois environ.

Le principe « 3-2-1 », évoqué précédemment, a donc été globalement respecté (les deux supports différents ayant évolué vers un système RAID et des disques isolés). Ma carte bancaire n’a pas apprécié, mais j’ai réduit les risques de perte.

Une solution moins amateur

Ce compromis a tenu quelques années.

Les améliorations fin 2024

À force d’engranger les clichés, la partition dédiée aux images était proche de la saturation. Je devais donc réviser certains éléments. J’en ai profité aussi pour apporter une évolution sur les accès aux données, faisant preuve ici d’impatience. Cette lenteur ressentie des disques durs est surtout intellectuelle, surtout en comparaison avec mes premiers ordinateurs qui recouraient à un magnétophone ! Un nouvel investissement pécuniaire a été réalisé avec l’achat de deux SSD de 4 To et de deux disques de 16 To :

  • Le stockage de travail en utilisation quotidienne est sur deux volumes SSD de 4 To chacun (installé dans un boitier double SSD). La rapidité d’accès est impressionnante.
  • La première copie se trouve sur une partition de 10 To (le boitier RAID 1 fonctionnant avec les deux nouveaux disques de 16 To, avec toujours trois partitions, de 10, 2 et 4 To). J’ai évidemment modifié mes scripts de synchronisation.
  • Une deuxième copie se trouve sur un disque dur traditionnel de 8 To, hors de chez moi, avec une remise à jour tous les deux mois.
La solution actuelle avec, en 2026, l’ajout du cloud

J’allais oublier un petit détail « important » à mes yeux. Les copies, une fois réalisées, sont « offline ». Cela veut dire que je débranche physiquement les disques durs de l’ordinateur. Si jamais je devais récupérer un virus, ces copies ne seront pas contaminées.

Et en 2026, le retour du cloud

Toutes les solutions se doivent d’être étudiées quand il s’agit de conservation des données, y compris le cloud ! D’autant plus que l’intégrer dans un système existant parait logique pour la copie distante. Sur le papier, l’idée est excellente. Mais qu’en est-il des frais supplémentaires ? Car les clouds ont un coût financier important. Depuis quelques mois, tous les tarifs augmentent, devenant prohibitifs. La faute en grande partie aux besoins des IA qui accaparent la production de plusieurs composants (des processeurs aux disques durs traditionnels, mémoires et SSD). La pénurie guette et d’autres secteurs devraient être bientôt impactés (besoins énergétiques et en eau pour le refroidissement). Mais c’est une autre histoire.

Dans mon cas personnel, l’espace nécessaire pour mes fichiers est un obstacle à l’intégration d’un cloud dans ma stratégie de sauvegarde. Investir dans une offre de 7 à 8 To, qu’elle soit à vie ou locative, est déraisonnable. De plus, ayant essayé diverses offres avec des succès divers, j’ai longtemps rencontré trop de freins pour espérer un bon fonctionnement, comme :

  • Accès pas compatible avec des solutions à faible débit comme l’ADSL, la 3G ou même certaines fibres ;
  • Une intégration dans l’OS peu simple et parfois handicapante (la palme me concernant ayant été la solution Hubic d’OVH) ;
  • Des coûts mensuels qui varient avec le temps.
Quelques mots sur les offres à vie

L’offre à vie est une solution intéressante, à condition d’en accepter les limites. Vous pouvez acheter un espace disque à une société qui le gèrera pour vous, via un paiement unique. La volumétrie vous appartient, tant que le prestataire ne disparait pas. Ce jour-là, les données sont perdues. C’est la première limite. Il en existe d’autres, comme :

  • Les modèles IA. Depuis son apparition, on a constaté une accélération de l’exploitation illégale des données. Surtout si l’hébergement se trouve aux États-Unis (là-bas, c’est pillage à volonté, la propriété intellectuelle étant une notion proche de l’inexistence).
  • La taille de l’espace, et donc son coût d’achat.
  • L’accessibilité. Si la fibre optique et les débits monstrueux sont devenus habituels, l’usager n’en profite pas toujours. Car les vannes doivent aussi être grandes ouvertes à l’autre bout de la chaine.
  • Les offres (de base ou complémentaire pour agrandir le volume initial) subissent d’importantes majorations depuis 12 mois. Une spirale qui pourrait ne pas s’arrêter prochainement.

Tarif avril 2026 de pCloud - En 2019, les 2 To ont été payés 245 €

L’usage est parfois spartiate et pas toujours efficace. On note régulièrement des améliorations avec une intégration plus simple. Désormais, le volume distant est disponible directement dans les interfaces utilisateurs standards de Windows, Apple (macOS, iOS, etc.) et sans doute Linux (non testé). C’est vu comme un volume distant.

Accès à pCloud depuis le Finder
Accès à pCloud depuis le Finder de macOS
Mon choix

En novembre 2019, j’ai craqué pour l’offre de « 2 To à vie » chez pCloud, me disant que, un jour, je l’utiliserai. Ce qui a pu être fait, après m’être intéressé au RAW compressé pour un futur article.

Cette société est l’un de ces acteurs que l’on pourrait qualifier d’incontournables pour nous, les Européens. Si le siège social est en Suisse, les serveurs sont quelque part sur le sol du Grand-Duché luxembourgeois… à condition d’avoir choisi l’option « sol européen ». De plus, la société a enrichi son offre d’origine. L’interface est devenue moins fruste, les possibilités d’utilisation et d’intégration plus étendues, proposant des prestations semblables à celles qu’offrent iCloud ou Azure/OneDrive.

D’autres prestataires peuvent proposer des offres similaires.

Mon intégration, une solution pratique, pas trop chère

Pratique certes, mais surtout une solution dégradée, parce que j’ai fait des choix qui sont assez drastiques. Elle est satisfaisante parce que, si je perds les trois copies parfaites, je pourrais reconstituer ma bibliothèque de photo en partie. Un pis-aller.

L’idée était de pouvoir utiliser mon espace « à vie », sans ugrader via un achat supplémentaire, la volumétrie. Je dispose de 2 To et je voulais que cela suffise pour maintenant et les années à venir. La seule manière a été de réduire les données, en nombre et en volumétrie. Usager de Lightroom, j’ai profité des fonctionnalités du logiciel afin de :

  • Conserver et exporter, dans un nouveau catalogue Lr, toutes les photos ayant été notées à au moins une étoile. Mon flux de travail est le suivant : j’importe mes photos et, après avoir supprimé les ratées, je les trie. Toutes celles qui reçoivent une étoile sont considérées (au moment du tri) comme suffisamment intéressantes pour être post-traitées. En ne conservant que les clichés étoilés, il ne restait plus qu’environ 60 000 images sur les 160 000 du catalogue principal. Soit une nette diminution de la volumétrie nécessaire, toutefois insuffisante, puisque cela représentait un peu plus de 2,5 To !
  • Convertir les fichiers RAW dans un format de DNG compressé. Cette fonctionnalité de Lightroom permet, via une opération légèrement destructive, de réduire le poids de chaque fichier.

Après le tri et la compression, le poids de tous les fichiers conservés est de l’ordre de 0,8 To. Ce qui me permet de remplir les objectifs fixés et donc de disposer d’une nouvelle copie. Cette solution est récente, je table sur une mise à jour tous les quatre mois environ.

Photo prise avec un K-1 II au format DNG
Photo prise avec un R5 au format CR3

Il reste un point important, la qualité du RAW compressé par Lightroom. Je reviendrai dans un prochain article sur ce sujet, mais je peux déjà indiquer qu’une petite perte de qualité se produit, surtout pour certains types de clichés. Toutefois, ce compromis permet de disposer, d’une solution autorisant de reconstituer une grande partie des images, quand le pire est arrivé. L’essentiel, même un peu dégradé, perdurera. Et c’est ce qui compte. On pleurera, mais moins.

 


 

La question est de savoir combien une telle solution pourrait coûter. En 2026, avec les bonds des tarifs à la hausse, donner un chiffre qui ne sera pas faux dans quelques jours ou semaines s’avère difficile. De plus, ce que j’ai mis en place, en termes de redondance ou de capacité, peut paraitre excessif à nombre d’entre vous. Ma solution n’est pas la vôtre.

Vous pouvez obtenir une sécurisation satisfaisante en déboursant moins. Si on considère que vos photos sont sur votre ordinateur, vous avez la première copie. En investissant dans une unité de type RAID 1 (dont la capacité est au moins 1,5 fois celle occupée par vos photos aujourd’hui), vous avez déjà paré aux problématiques les plus importantes.

La sécurité n’a pas d’autre prix que celui accordé aux biens.

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