Aujourd’hui, nous vous proposons un petit tutoriel sur le traitement rapide des fichiers RAW sous Lightroom Classic.
On entend trop souvent que le développement des RAW, c’est trop long. Ce qui en soi n’est pas faux, surtout si l’on souhaite faire ressortir des détails présents lors de la prise de vue, mais pas toujours visibles de prime abord. Néanmoins, il existe quelques astuces permettant de se simplifier grandement la vie. L’une d’entre elles offre un résultat très intéressant, sans être parfait, en moins de 30 secondes. Cela vous paraît incroyable ? Pourtant, il n’en est rien. En jouant sur quelques paramètres tout simples, un fichier peut être traité instantanément. Ce qui est très intéressant quand on doit fournir des résultats rapidement.
Et avant de commencer toutes opérations, nous vous conseillons bien entendu de trier les photos et ne développer que les images qui paraissent prometteuses.
Traitement rapide et malin
Voici un réglage basique pour obtenir un premier résultat en très peu de clics sur les curseurs. Il permet de disposer d’un cliché solide, soit pour exploiter directement la photo (pour une impression minute, pour la donner à des personnes ou même l’imprimer), soit pour bénéficier d’un point de départ pour un développement plus poussé. Dans ce cas, ce sera au prix de plus de temps derrière l’ordinateur ! Mais certaines images en valent la peine.


Entre les 2 clichés proposés ci-dessous, il s’est passé moins de 30 s, chronomètre en main. Un gain que l’on peut encore améliorer en transformant le preset en un paramètre prédéfini que l’on peut appliquer à toute une série d’images sélectionnées. Ce qui est appréciable si un évènement doit être traité rapidement, comme un mariage par exemple !
Un preset « magique » pour développer ?
Avant d’expliquer, il faut reconnaître que ce traitement n’est absolument pas magique. De plus, il n’est pas le seul possible. Il existe d’autres façons de procéder permettant d’arriver à un résultat similaire. C’est une façon de procéder, assez universelle, mais pas unique. Par contre, ce traitement rapide est simple, efficace et applicable à presque tous les clichés.
Tout le preset de ce traitement permettant d’obtenir un résultat en moins de 30 s tient dans les deux captures d’écran ci-dessous.
95 % de ce réglage primaire tient dans la modification des 6 curseurs du panneau « Tonalité » :

- Les hautes lumières sont abaissées à 0.
- Les ombres sont poussées à 100.
- Le curseur des blancs est forcé vers la droite, afin d’aviver les couleurs et faire ressortir le contraste. En pratique, il est souvent positionné entre 50 et 75.
- Le curseur d’exposition est corrigé à la baisse, afin d’équilibrer le cliché. Il arrive parfois que, pour des clichés très sombres, il faille au contraire augmenter la luminosité.
Les 5 % restant consistent à intervenir légèrement sur les curseurs « Présence« , afin d’affiner le rendu de l’image. Afin d’être efficace et obtenir un bon résultat, il convient de modifier la texture (à +4 ou +5) et diminuer la clarté (entre -2 et -4). On ne touche pas à « correction du voile ». Selon les images, on peut augmenter ou baisser la saturation et la vibrance. Mais, par défaut, autant s’en tenir à la valeur 0. Surtout si on veut automatiser ensuite.

Le pari est tenu, il est tout à fait possible de traiter très vite un ensemble de clichés en quelques secondes. Même si ce n’est pas toujours parfait, le résultat est exploitable, un peu supérieur en qualité que le au JPEG issu du boîtier (pour les styles d’images standard, éclatant ou paysage).
D’un traitement rapide à un preset prédéfini
Il est possible de transformer ce preset basique en un paramètre prédéfini. Pour cela il suffit de cliquer sur le sigle + à droite de Paramètre Prédéfini et choisir l’option « Créer un paramètre prédéfini…« .

Commencez par donner un nom à ce nouveau paramétrage automatique et cochez uniquement les cases indiquées (au nombre de 8).
Désormais, il suffira de choisir une série d’images et d’appliquer le paramètre. A charge pour vous ensuite de repasser les images traitées une par une, afin d’affiner le résultat si besoin.
Peut-on aller plus loin ?
Évidemment ! Après ce premier traitement effectué, l’image est propre et exploitable en un clic. Mais en examinant les clichés plus attentivement, des détails peuvent rendre le rendu pas aussi bien qu’il pourrait l’être. Il faut alors corriger les détails afin de rendre l’image encore meilleure. À condition que le cliché s’y prête. Or, tous n’ont pas le potentiel. Mais on sort du cadre de ce tutoriel.
Pour la photo proposée au début, des éléments de la façade sont trop « blancs », car les hautes lumières sont encore trop présentes. Il conviendra donc de les réduire.

C’est à ce moment que l’on se rend compte que le traitement proposé permet des gains de temps appréciables, que l’on pourra utiliser pour rendre certaines images encore meilleures.
FAQ
Universel ?
Ce traitement ne convient pas à toutes les images. Même si les résultats peuvent sembler plaisants, il existe d’autres façons de procéder parfois plus adaptées. Ce n’est qu’une proposition, pas une solution universelle. Il faut vraiment avoir ce mantra dans la tête quand vous l’utiliserez.
Utile pour les images JPEG ?


Ce traitement peut s’appliquer aux images JPEG. Il permet parfois de rattraper des clichés un peu ternes, ou du moins sans tonicité. Attention tout de même, une image se construit en amont, lors de la composition. Une grande majorité du travail est réalisé à ce moment-là. Le développement / traitement ne sert à mettre en valeur, en avant les éléments présents dans l’image ! Le travail derrière un ordinateur, comme à la grande époque de l’argentique, ne sert qu’à réveler ce qui est présent. Certes, aujourd’hui l’IA permet beaucoup de modifications (comme animer des images), mais on n’est alors plus dans la photographie au sens noble, telle que je la conçois, pratique.
Il convient tout de même de conserver 2 bémols à l’esprit :
- L’image JPEG est déjà traitée par le boîtier. Ce qui a un impact direct sur le résultat. Cela peut améliorer, mais ce n’est pas toujours le cas. Il existe des cas où ce traitement est moins efficace et il conviendra alors d’avoir une main plus légère sur les curseurs.
- La balance des blancs étant déjà figée, on peut obtenir quelques aberrations colorimétriques, et donc des dérives vers le bleu, le vert, le magenta… Ces dérives ne sont pas rattrapables, même s’il est possible de les atténuer.


Et pour le Noir & Blanc ?
La réponse est encore une fois positive.


Ce traitement est efficace. Il conviendra malgré tout de travailler avec le mélangeur de couleurs afin d’obtenir une photo de qualité supérieure.
Il peut aussi s’appliquer à des images réellement monochromes, comme celles prises avec un K-3 III monochrome.


Un preset à utiliser lors des importations ?
Il convient de se méfier des process qui sont appliqués automatiquement à l’importation. Mieux vaut toujours appliquer après coup, sur les fichiers que vous allez réellement traiter.
Si vous en faites un, restez très sobre en se limitant à la correction optique (uniquement pour les fichiers RAW), une correction des AC et un peu de texture (+5).
À vous de jouer maintenant.
EDIT : Suite à un commentaire, je précise que ce développement s’adresse à une version récente de Lightroom Classic, postérieure à la version 9. Pour les versions antérieures, le processus de developpement est différent, avec potentiellement un résultat qui ne sera pas le même.

2 réponses
Bonjour .
Je suis sur LR5 mais cela ne doit pas être très différent.
On peut créer des paramètres prédéfinis et cocher sur » appliquer à l’importation » dans le panneau qui s’ouvre quand on importe à droite, dans paramètres de développement. De fait tous les fichiers venant du même boitier auront un traitement standardisé, quitte éventuellement à fignoler au cas par cas.
Mes paramètres sont : expo +0.07; contraste + 9; ombres -9; et dans corrections de l’objectif: basique, sont cochés: » activer le profil de correction » et « supprimer l’ AC » et profil » activer le profil de correction »
Dans la liste » paramètres prédéfinis par l’utilisateur, un + apparait sur le profil qui sera appliqué à l’importation.
Effectivement cela fait gagner beaucoup de temps, en général il n’y a que l’exposition à retoucher, et on peut prendre le temps de travailler le recadrage sur des séries homogènes
Bonjour
Lr5 comporte d’importantes différences avec les versions « modernes » de LrC, car le processus de développement a largement évolué. Actuellement, c’est la version 6 évolution 2024, alors que Lr5, cela doit être la version 4 (de 2014 il me semble). J’ai des doutes sur le résultat final.
Par contre, je déconseille fortement d’appliquer des paramètres de développement en automatique dès l’importation. Cela a tendance à fixer ce paramétrage sans pouvoir entièrement le modifier si on veut réinitialiser. Faut faire attention avec cette fonctionnalité.