Editing. C’est quoi ce terme angliciste ? En version française, cela donne édition. On pense alors aux journaux ou aux livres, pas forcément à la photographie. Si on cherche dans le Larousse, il n’y a pas grand-chose s’y rapportant d’ailleurs. Voici donc ma définition générale : l’éditing, c’est le processus de sélection et de préparation qui va vous permettre de choisir vos meilleurs clichés parmi les centaines que vous avez pris, dans le but de les présenter.
Note : Ce sujet a déjà été abordé il y a quelques années.
L’éditing, je le pratique depuis fort longtemps. Quasiment depuis mon passage au numérique (ma production argentique ayant été faible, et les cartons de chaussures perdus). Contrairement à ce que la plupart des déclencheurs sur smartphone pensent, la photographie ce n’est pas appuyer sur un bouton et envoyer le résultat sur un réseau social, quel qu’il soit. Souvent après application d’un « filtre Instagram » qui uniformise le style des images.
Tout ce qu’on prend n’est pas montrable. Il faut trier, traiter et faire un choix.
Un paradoxe
On va commencer par un paradoxe. Si on s’en tient à une stricte signification du terme editing, il y aurait de quoi être surpris, car cela ne correspond guère à la définition proposée. En effet, l’édition ne devrait concerner que la retouche d’image. Ce qui n’est pas le cas puisque derrière ce terme se cache la notion de tri et de classement.
Pourquoi l’éditing ?
À partir du moment où un chasseur d’images, amateur ou pro, souhaite montrer et partager son travail de manière propre, il doit se lancer dans diverses tâches nécessaires, indispensables. Ce qu’on appelle le processus photographique, lequel peut être décomposé en 4 étapes :
- la prise de vue
- l’éditing (le travail de tri et de sélection)
- le post-traitement (ou développement)
- le tirage ou l’impression des images

Il est évident que si on prend 3 photos à chaque sortie, il y a peu de chances que vous soyez concernés par l’éditing. Mais dès lors qu’on a une activité régulière, engrangeant des centaines/milliers de clichés, il est fort probable que tous ne soient pas intéressants. Ce qui nécessite de faire du ménage, du tri, afin de décider de ce qu’on pourra exploiter et montrer.
Changement de paradigme
Deux facteurs ont complètement changé la donne en matière de prise de vue. Avec une conséquence.
Tout d’abord, les appareils photo numériques (APN)
Si on n’était pas photographe pro ou amateur très éclairé, l’achat des pellicules argentiques et leur développement grevaient fortement le budget loisir. Avec le numérique, tout a changé. On stocke les images sur le cloud ou sur un DD/SSD (un SSD externe de 2 To, c’est moins de 130 € pour des milliers d’images conservées). Le coût du stockage est dérisoire. Seul le prix d’un APN peut paraitre excessif, mais le smartphone a changé la donne. L’objet capable de téléphoner, jouer de la musique, et bien d’autres encore, permet aussi de prendre des photos. Le coût est donc mutualisé !
Les réseaux sociaux
Le smartphone a vulgarisé ces derniers. La plupart des utilisateurs sont présents sur au moins un réseau social, que ce soit Facebook, Instagram, TikTok, WhatsApp et j’en passe. Ils ont changé complètement la donne. Nous prenons, tous ensemble, énormément de photos. Trop sans doute, quand on pense que ces milliards de scènes finiront au fin fond de disques durs, de clouds, sans jamais les regarder à nouveau. Des millions sont publiées sur les réseaux sociaux immédiatement, sans réflexion. Mais à peine vues, elles sont déjà oubliées, remplacées par d’autres.
Le tirage papier a disparu
Une fois les clichés pris, peu nombreux seront les photographes qui vont post-traiter leurs images, les améliorer, les personnaliser, les peaufiner. Beaucoup se contenteront de les publier sur le net plus ou moins en l’état, très rares sont ceux qui les imprimeront. C’est pourtant la meilleure façon de profiter des photos. Mais cette façon de penser se perd.
Première mission de l’editing
Il s’agit d’identifier les images fortes, de décider entre plusieurs clichés similaires. Lesquels seront développés, post-traités. Et pas les autres, qui seront, au mieux mis en réserve pour des usages différents, au pire oubliés à jamais.
Souvent, à ce stade, je préfère sélectionner les images similaires, afin de faire ensuite un choix.
À noter que certains sautent volontairement cette étape.
Deuxième mission de l’éditing
Celle-ci commence généralement après le post-traitement. Il s’agit alors de sélectionner les images qui constitueront une série ou un ensemble pour un projet spécifique. Une étape essentielle du processus visant à raconter une histoire au travers d’une ou de plusieurs photos choisies.
Cela peut aller d’une publication sur le Net à une préparation d’exposition, en passant par la création de cartes (postales, vœux) ou de livres ! Souvent on utilisera les fonctions de copies et de collections virtuelles offertes par certains logiciels de gestion/traitement.
Choisir les plus réussies, celles qui ont le plus de sens ou qui entrent dans les critères du thème décidé est loin d’être chose aisée. On doute en permanence.
Comment procéder à l’éditing ?
C’est un mantra très souvent entendu, l’éditing est très phagocytant en temps. C’est vrai. Pourtant, sans cette étape, on publie/imprime tout et n’importe quoi.
Chacun a sa propre manière de procéder. Et si j’ai bien conscience de ne pas détenir la vérité absolue, ma méthode a fait ses preuves. C’est sur elle que je m’appuie depuis très longtemps. Pour des raisons pratiques, j’ai choisi il y a longtemps d’utiliser un catalogueur d’images (Adobe Lightroom Classic en l’occurrence) afin de gérer ma photothèque. Ce sont les outils de LrC qui sont utilisés, mais que l’on retrouve dans la plupart des logiciels concurrents. « Ma » méthode est donc universelle !
Évidemment, cette méthode n’est pas la mienne. Elle est juste le fruit de mes lectures, du bon sens et de mon expérience.
Étape préalable : importer ses clichés
Il faut importer vos photos. Que vous transfériez vous-même le contenu de votre carte sur votre ordinateur ou que vous laissez le logiciel s’en occuper pour vous, cette étape est obligatoire. Le vrai travail commence juste après.
Editing étape 1 : on regarde et on supprime
Après l’importation, il convient de passer en revue toutes les images afin de supprimer les photos ratées, les floues, les franchement sur ou sous-exposées, celles où l’on voit ses pieds parce qu’on a déclenché sans se rendre compte, etc. Une simple vision en mode grille (avec des vignettes assez grandes) et le doigt sur la touche x du clavier permet d’effectuer ce premier tri très rapidement.

En éliminant les déchets, vous allez libérer de l’espace disque. Cette suppression peut se faire directement sur le boitier, sans attendre l’import. Tout dépend si vous vous sentez à l’aise sur un petit écran ou si vous préférez vérifier sur un grand écran. Certains choisissent l’une ou l’autre façon de procéder, tandis que d’autres feront les 2 !

Editing étape 2 : laisser décanter
Si je me suis bien imposé une règle, c’est de ne pas aller plus loin. Il vaut souvent mieux laisser décanter, oublier les images. Donner du temps au temps. Quelques jours, semaines, mois… Peu importe. On peut aussi patienter jusqu’à avoir un certain nombre de clichés similaires.
Avoir du recul permet de mieux juger les prises de vues que l’on a faites, avec un regard neuf. L’idée est de redécouvrir ce que vous avez pris. Autant que possible, il ne faut pas se précipiter vers l’étape suivante… Sauf s’il y a une urgence !
Editing étape 3 : Sélectionner avant de développer
Choisir les photos que l’on va développer. Toutes ne sont pas bonnes. Même si vous les aimez, vous devez être honnête avec vous-même. Il faut accepter de mettre de côté certaines, au profit de celles qui semblent sortir du lot.
À ce stade, il convient de tout regarder, examiner, en fonction de votre instinct. Tous les clichés qui ont un petit potentiel reçoivent une étoile ou un drapeau. Les autres iront dans le trou noir des oubliés. On peut alors passer au développement des photos retenues. Chaque image obtiendra une note finale, de 1 à 5 (plus le résultat est bon, plus elle est élevée). Différents systèmes de notation sont possibles.

Si certaines sont similaires, il ne faudra en garder qu’une ou deux maximum. Regardez-les, comparez-les. Au besoin, revenez-y quelques jours plus tard. La meilleure deviendra souvent évidente.
Editing étape 4 : Que choisir ?
Tout va dépendre de ce que voulez faire. De la finalité envisagée. Votre stock de bons clichés constitué, vous pourrez piocher dedans afin de trouver ceux qui conviendront à vos différents projets. Vous ne choisirez pas forcément les mêmes images pour un livre consacré aux voyages que pour un consacré à la Street photographie.
Il n’y a pas de conseils possibles. Le thème, l’objectif, votre instinct et celui d’autres personnes vous guideront.
Et après ?
Et après ? Il y a exploitation de vos photos. Que ce soit sous forme de galeries virtuelles ou d’impressions.
Les livres photo
Il existe de nombreuses solutions sur internet. Cela va de sociétés grand public à des labos plus professionnels. Les prix et la qualité varient en fonction de vos choix et envies. Je n’aurai qu’un seul conseil à vous donner. Préparez une dizaine de clichés hétérogènes (neige, mer, plein soleil, temps gris, nuit, portrait, paysage, etc., selon vos pratiques) et commandez chez quelques prestataires, avec toujours la même présentation (photo en pleine page ou multiples images sur la même page). Puis, comparez le résultat pour prendre votre décision.
J’ai fait le choix de Photoweb pour mes livres personnels. Une entreprise française qui propose une gamme d’albums qui convient et une qualité plutôt bonne. Il m’arrive également d’utiliser les services de Blurb ou de Matisseo. Cewe ne m’a pas convaincu (au moment de mes tests), une grosse cavalerie bossant comme sous-traitant d’enseignes diverses (grande surface, etc.), capable du bon et du pire.
Pour un résultat plus exigeant, le laboratoire professionnel Saal-Digital est une référence.
Les tirages photo en ligne
L’impression papier. Si un écran permet à un maximum de personnes de visualiser vos images facilement, les impressions papier sont ce qu’il y a de mieux pour les apprécier pleinement. C’est un vrai plaisir, surtout si le tirage est maitrisé !
Si on ne peut (veut ?) acheter une imprimante dédiée, les laboratoires en ligne restent l’option incontournable. Préférant privilégier les circuits courts quand cela est possible, j’ai cherché autour de chez moi. Malheureusement les magasins photo qui proposent ce service ne sont pas très nombreux et leur matériel pas extraordinaire. Le recours aux sociétés citées précédemment reste incontournable.
Pour les tirages de qualité que je souhaite pérennes, le travail de Picto est une référence. Négatif+ effectue également de bonnes prestations.
Les tirages photo chez soi
Il s’agit là de la solution idéale à bien des égards. Par contre, l’option « tout faire » à la maison nécessite une importante implication. Il convient de maitriser la chaine graphique, de la prise de vue à l’impression en passant par la retouche d’image et le développement sur un matériel ajusté ! Et cela, ce n’est pas aussi simple que l’on voudrait.
Il faut acheter une imprimante dédiée, des cartouches d’encre de rechange, le ou les papiers photo qui vous siéent (il en existe de multiples !) et un calibrage en fonction de vos choix. Avec à la clé, un budget qui peut vite augmenter dans de grandes proportions. Mais l’avantage est que j’obtiens mes tirages en quelques minutes, quand je le souhaite.
J’ai sélectionné une Canon Pro 100 il y a quelques années. Avec le recul, je regrette un peu d’avoir acquis ce modèle et pas la version Pro 10. Le deuxième utilise des encres pigmentaires (et non à colorants), plus pérennes. Il n’est pas impossible que je change un jour. Mais vous n’êtes pas obligés d’investir autant. Il existe d’excellentes imprimantes photo A4 à des tarifs abordables pour se lancer.
Les autres objets
On peut désormais imprimer sur tout ou presque. Des calendriers, des tableaux, des mugs, des cartes postales, des serviettes, des coques de smartphones et bien d’autres encore. Il suffit de visiter les sites pour s’en rendre compte.
Là, c’est vous qui voyez !
Quand on fait de la photographie, le but reste de montrer son travail à un maximum de personnes. Pour atteindre ce but, l’étape de l’édition est obligatoire. C’est la seule façon de déterminer les photos qu’on va développer et ensuite permettre le ou les choix finaux. On ne peut pas s’en passer.
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