Pentax et les professionnels (II) : des raisons d’espérer

Dans un article précédent, nous avons fait le constat de la désaffection des professionnels de la photo à l’égard du matériel Pentax.

C’est un fait établi et, aujourd’hui, on n’ose pas entrevoir d’amélioration. Surtout dans un marché de la photo en crise, où la « prime aux puissants » est un argument de poids. Malheureusement, Pentax n’est plus un « puissant ».

Des professionnels, qu’est-ce que c’est ?

Sous le terme de « professionnel de la photo » , on peut mettre tout et n’importe quoi. Parfois, certains amateurs se proclament « professionnels » sous le fallacieux prétexte qu’ils ont publié des photos sur tel ou tel site ou réseau social. C’est, bien entendu, abusif ! Ce qui ne signifie pas qu’on ne trouve pas de professionnels sur ces mêmes sites ou réseaux sociaux.

Dans le cadre de cet article, nous considèrerons qu’est un(e) professionnel(le) de la photo toute personne physique qui vit principalement de la production de ses images, de la prise de vue à la commercialisation (directe ou indirecte), en passant par un éventuel post-traitement.

Les atouts professionnels de Pentax

Objectivement (sans jeu de mots !), ils sont nombreux. Rien n’est inéluctable et des raisons d’espérer existent. À la condition, cependant, de ne pas rester dans un immobilisme suicidaire. « Suicidaire » pour la marque elle-même, bien entendu !

Nous avons pointé les écueils :

  • gamme restreinte, tant pour les boîtiers que pour les objectifs,
  • relative « vétusté » de certains objectifs,
  • abandon de plusieurs types de matériel : boîtier moyen format, objectifs, flashes, accessoires divers,
  • partenariat très faible avec les fabricants d’optiques indépendants,

mais il faut aussi faire valoir les nombreux atouts dont dispose la marque

Qualité de fabrication

Que l’on parle de boîtiers ou d’objectifs, la qualité de fabrication chez Pentax n’est pas un vain mot. Bien entendu, comme chez les autres constructeurs, les soucis ne sont pas complètement absents. Nous en avons déjà parlé ICI et . Cela arrive ! Tout au plus peut-on reprocher à la marque de ne pas avoir toujours pris en compte les problèmes et, surtout, de n’avoir pas apporté de solution, au moins pour certains d’entre eux. On pense tout particulièrement au « problème des photos noires » affectant plusieurs boîtiers APS-C, particulièrement la série K-30, K-50, K-S2, mais d’autres aussi. Inévitablement, le problème des motorisations SDM de première génération entre également dans cette absence de solution.

Mais, globalement, les boîtiers et objectifs Pentax sont bien construits, avec des matériaux de qualité. On est loin de l’impression de « toc » ou de « plastoc » que peuvent donner certaines productions d’autres marques. Même quand des magazines les ont présumés fragiles, la preuve du contraire leur a été apportée.

Tropicalisation

Depuis longtemps, tous les boîtiers Pentax sont munis de joints d’étanchéité assurant une protection efficace contre l’eau et les poussières. Une large partie des objectifs est également « tropicalisée », ce qui permet de les utiliser en toutes circonstances, sauf, bien sûr, en immersion totale : pas de photo sous-marine ! Pour ce type de photo, il est nécessaire de disposer de matériels conçus pour cet usage.

HD D FA 100
Les joints d’étanchéité sur l’objectif HD D FA 100 mm f/2.8 macro (Image Ricoh Imaging)

Là encore, certains ont fait ce que vous n’oserez par faire.

Savoir-faire dans l’exploitation des capteurs

Ce savoir-faire de Pentax n’est plus à prouver. D’autres, avec les mêmes capteurs, n’obtiennent pas d’aussi bons résultats. On se plait généralement à souligner la qualité des traitements Pentax. « Généralement », car quelques commentateurs aux goûts différents parviennent tout de même à les critiquer. Et, parfois, ils ne donnent pas les raisons de leurs critiques.

Qualité des optiques

Là encore, il est difficile de prendre la marque en défaut. Bien sûr, dans une gamme d’objectifs, on trouve différents niveaux : la fabrication et le rendu d’un objectif de kit (par exemple le DA 18-55 mm f/3.5-5.6) à moins de 200 € ne sont pas du même niveau qualitatif qu’avec un D FA 24-70 mm f/2.8 qui coûte, neuf, 1299 €. On notera cependant que, dès sa sortie, le DA 18-55 donnait des résultats parmi les meilleurs de cette catégorie d’objectifs, toutes marques confondues. À la condition essentielle de l’utiliser comme il convient.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, pour satisfaire des possesseurs de boîtiers hybrides, certaines marques ont conçu des bagues d’adaptation pour les objectifs Pentax : ils ne l’auraient probablement pas fait si ces objectifs avaient été jugés faibles ou « ordinaires ».

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Bague d’adaptation Pentax K vers Sony E

La « politique de Pentax »

C’est, à n’en pas douter, sur ce point que devraient porter les efforts du constructeur pour attirer de nouveau les professionnels. Et pour conserver la clientèle des amateurs ! Le matériel est de qualité, malheureusement il est loin d’être pléthorique ! Les manques que nous avons notés pèsent lourd, si l’on peut s’exprimer ainsi s’agissant de manques. Dès lors, que faudrait-il faire ?

Convaincre les professionnels

À PentaxKlub, si nous sommes bien utilisateurs de matériel Pentax, nous ne prétendons pas faire la leçon au constructeur pour lui dire ce qu’il DOIT faire. Ce n’est pas notre rôle d’amateurs et nous émettons seulement des avis sur ce que nous pensons qu’il faudrait faire. Pas seulement pour les professionnels (même si c’est le sujet aujourd’hui), mais aussi pour les amateurs et adeptes fidèles de la marque.

Convaincre les professionnels de revenir, c’est une tâche immense, nous en avons pleinement conscience. Même si nous ne tenons pas les cordons de la bourse. Car il ne fait pas de doute qu’il faut de l’argent, beaucoup d’argent, pour pouvoir investir dans une politique dynamique seule susceptible de parvenir au but recherché. Il faudrait aussi :

  • que le marché de la photo cesse de dégringoler,
  • que les domaines privilégiés de la photo traditionnelle (studio, animalier par exemple) soient pratiqués par suffisamment de photographes pour justifier des investissements élevés dans la fabrication de matériel destiné à ces domaines.

Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

La fabrication « en atelier » (à la demande)

Il y a quelques mois, Ricoh a annoncé vouloir cesser la fabrication traditionnelle au profit d’une fabrication « en atelier », c’est-à-dire quasiment à la demande. Beaucoup a été dit sur ce changement de cap que, pour l’heure, on ne perçoit pas nettement. Peut-être a-t-on mal compris ou mal traduit ce concept. Il est possible qu’en réalité il s’agisse de produire en petites quantités afin de ne pas avoir de stock à gérer : quand la totalité de la série est vendue, on en produit une nouvelle. Apparemment, c’est ce qui se passe avec les GR III et le K-3 mark III monochrome.

Toutefois, si l’on comprend la nécessité d’éviter les pertes abyssales – comme une fabrication qui ne se vend pas – on ne voit pas très bien le dynamisme de la marque dans cette manière de procéder. L’avenir en dira peut-être davantage sur ce point. Cependant, l’absence de matériel « en vitrine » ne semble pas de nature à attirer les consommateurs, amateurs comme professionnels.

Et là, on touche un autre problème de notre société actuelle : il faudrait des nouveautés en permanence, quasiment tous les 2 ou 3 mois. Parce qu’il faut « faire le buzz ». Si un produit reste trop longtemps sur les rayons, c’est soit qu’il est jugé dépassé, soit jugé pas bon. Un renouvellement permanent s’impose, tout comme un évènement chasse l’autre.

Un exemple chez un concurrent

Si Canon est sur le devant de la scène photo, c’est parce qu’il produit en permanence de nouveaux matériels. Au moins un boîtier et six objectifs chaque année. Ainsi, après un zoom 10-24 mm f/4 le mois dernier, voilà qu’un autre zoom 10-18 mm f/4.5-6.3 pointe le bout de son nez en ce début novembre, accompagné de 2 télézooms. Cette firme semble avoir adopté la politique de Pentax de produire à moins grande échelle et en flux tendu. Sauf que les volumes sont évidemment très différents. On notera accessoirement que Canon a beaucoup repris de Pentax. Toutefois, si les pros vont vers Canon, c’est aussi lié aux partenariats que Canon noue avec les grands évènements mondiaux : Jeux Olympiques, Coupes du monde, par exemple. Et sur ce plan, Pentax ne peut pas combattre.

Pour l’heure, on a l’impression très nette – et ce n’est pas seulement une impression, semble-t-il – que de moins en moins d’amoureux de la photo utilisent des appareils traditionnels (qu’ils soient reflex ou hybrides) et se tournent vers les smartphones. Certes, c’est le fait des amateurs, pas des professionnels. Mais justement : pour pouvoir satisfaire les besoins des professionnels, il faut absolument des ressources que l’on ne peut obtenir qu’avec des ventes importantes en direction des amateurs, bien plus nombreux a priori que les professionnels. C’est exactement ce que dit, dans une interview au récent salon de la photo, un dirigeant de Leica.

L’exemple Leica

Depuis toujours, beaucoup d’utilisateurs de boîtiers de cette marque sont des professionnels. Mais si Leica a les ressources pour fabriquer et réussir à vendre quelques milliers de ses boîtiers de très haut de gamme, c’est pour la bonne et simple raison que la marque fabrique beaucoup d’objectifs pour… des smartphones. Et d’ailleurs, elle considère ces « photophones » comme des appareils photo à part entière et apporte donc beaucoup de soin dans la fabrication de ces objectifs. Il faut reconnaître d’ailleurs que les modules photo de ces appareils sont de plus en plus performants.

Pour la photo « de tous les jours », la photo « de consommation », celle qui ne mérite pas d’être conservée longtemps, ils conviennent tout à fait. Et n’oublions pas qu’une grande majorité de personnes possède un smartphone, toujours muni d’un module photo/vidéo. Le marché de ce type de matériel rapporte beaucoup d’argent !

Pentax et Leica, même combat ?

Bon, avouons-le : il est difficile de comparer Pentax et Leica. Leur point commun actuel est d’avoir mis sur le marché des boîtiers monochromes : un APS-C pour Pentax (le K-3 III Monochrome à 2 300 €), un boîtier plein format pour Leica (M11 Monochrom pour près de 9 500 €). Mais hors de cela, rien en commun. On a pensé, pendant très peu de temps, à vrai dire, que Pentax pourrait rejoindre le consortium de la monture L (où Leica est moteur), mais il n’en a rien été : Pentax reste dans le domaine du reflex et continuera d’ignorer le monde de l’hybride. Souhaitons que l’option choisie soit viable à long terme !

Les évolutions actuelles ne s’adressent quasiment qu’au monde amateur

Les profils

Nos lecteurs – et plus largement tous les utilisateurs de matériel Pentax – ont noté que, depuis quelques mois, le constructeur publie des profils d’image particuliers. Chacun le sait : ces profils ne concernent que les photos au format JPEG ; c’est un format privilégié par beaucoup d’amateurs, mais largement ignoré par les professionnels et les amateurs « éclairés » qui lui préfèrent le PEF ou le DNG (RAW). On sait que le JPEG limite les possibilités de traitement des photos. C’est d’ailleurs pour éviter du post-traitement que Pentax publie ces profils qui viennent s’intégrer dans les firmwares. Personnellement, je n’y vois aucun intérêt, je ne les utilise pas. Et, en plus, ils correspondent davantage aux goûts japonais qu’aux goûts européens.

Cependant, ceux qui font du JPEG ont tout intérêt à s’intéresser fortement aux profils intégrés. C’est nécessaire pour obtenir directement un type de rendu qu’ils auraient beaucoup de mal à réaliser en post-traitement.

Le marché japonais

On se demande pourquoi, mais c’est un fait : certaines « innovations » de Pentax sont réservées strictement au marché japonais. Un exemple très parlant : l’intégration, dans le firmware – donc dans les menus de l’appareil – d’un « substitut logiciel » de filtre gris. Voilà bien une innovation qui aurait pu intéresser des professionnels ou des amateurs un peu au fait de l’utilisation d’un filtre gris. Au lieu de cela, hors du Japon, il faudra toujours utiliser des filtres physiques avec tous les inconvénients que cela suppose (diamètres différents, etc.). À ce propos, il est intéressant de noter que Canon va adopter cette idée. Une de plus. Ce qui prouve que la firme (Pentax) sait proposer des choses intéressantes.

Envisager de refabriquer des produits abandonnés

Un des atouts de Pentax est la possibilité d’utiliser des objectifs anciens sur des boîtiers modernes. On pouvait même utiliser des objectifs de la gamme 645 sur des boîtiers APS-C ou FF. Terminé ! D’une part, la gamme 645 va s’éteindre par l’abandon du boîtier 645Z que la firme n’a, semble-t-il, pas prévu de remplacer, d’autre part, depuis de nombreuses années, la bague d’adaptation correspondante est introuvable. Bien que n’ayant pas tous les éléments pour juger, je vois là un certain gâchis.

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« Feu », le Pentax 645 Z

Il faudrait aussi refabriquer des matériels abandonnés, en les modernisant, bien sûr : des flashes, des longues focales avec une motorisation « à la hauteur ». Les professionnels utilisent bien plus ces matériels que les amateurs (surtout les flashes).

Rénover la gamme des objectifs existants

Un exemple : le DA * 300 mm f/4. C’est un objectif vraiment excellent en termes de rendu, de piqué et même de maniabilité. Utilisable dans bien des domaines : proxi-photographie, animalier (avec limites). Il forme avec le K-1 II (33 collimateurs seulement !) un « couple » très performant, mais il faut prendre des précautions. J’ai exposé dans un article comment je l’utilise pour photographier des oiseaux en vol, à condition qu’ils soient à une distance compatible avec cette focale. Connaissant maintenant assez bien ce 300 mm, j’arrive assez facilement à faire des photos correctes. Mais que de « déchets » aussi, au début et même parfois encore, à cause de la lenteur de la motorisation SDM de première génération ! Cet objectif mérite bien mieux : rien ne sert de disposer d’une centaine de collimateurs (K-3 III) si la motorisation ne suit pas ! Il lui faudrait une motorisation bien plus moderne et cela satisferait tout le monde !

L’excellent DA * 300 mm f/4

Et ce DA * 300/4 est loin d’être le seul à rénover ou réactualiser. Si on veut attirer les pros sur le matériel Pentax destiné à la photo animalière, il sera indispensable d’envisager (et de réaliser !) une longue focale type 600 mm, même ouvrant « seulement » à f/5.6, mais à un prix accessible. Car un prix similaire à celui du désormais « retraité » DA 560 serait très dissuasif. Pour l’encombrement, l’utilisation de lentilles de Fresnel pourrait être une solution. D’autres l’ont fait !

Oui, mais : développer une telle focale et avoir la certitude d’en vendre suffisamment, ce n’est financièrement pas simple.

Les limites du « retour à l’argentique »

On constate depuis plusieurs mois (voire plusieurs années) un retour vers l’argentique. C’est d’ailleurs davantage le fait de jeunes photographes que des anciens. On a récemment entendu que Ricoh/Pentax préparait des boîtiers (compacts ? Reflex ?) « à pellicules ». Pourquoi pas ? Mais quid si cela s’avérait n’être qu’une vague éphémère  ? Quoi qu’il en soit, il est probable que les professionnels n’y reviendront pas, sauf peut-être ceux qui ne pratiquent que la photo de studio, celle où « on a le temps » de peaufiner tant la prise de vue que le développement et le tirage. Aujourd’hui, en reportage, c’est inenvisageable ! Le monde va trop vite : une information chasse l’autre plusieurs fois par jour, une image aussi.

Vous aussi, vous aimez la lenteur ? Alors je vous propose d’envisager la technique du collodion humide. J’ai eu l’occasion d’assister à une démonstration de cette façon de procéder par une artiste photographe, celle-là même qu’on voit sans cette vidéo. Le résultat obtenu (N&B, bien sûr !) est tout simplement bluffant, d’une incroyable beauté (quelques exemples ICI). Je n’ai pas chronométré le temps passé pour réaliser une seule et simple photo (portrait), de la prise de vue à l’épreuve finale, mais cela se compte en dizaines de minutes. Il est vrai qu’on est là dans le domaine de la photo d’art pure, très loin des préoccupations des constructeurs d’APN actuels.

Les fabrications « étranges » pas indispensables

Cette dernière année, Pentax a mis sur le marché de nouveaux objectifs de 50 mm f/1.4. Une version HD venant remplacer la version FA vieillissante et, pour tout dire, pas extraordinaire, surtout comparée au HD D FA 50/1.4. Et une version dite « Classic », de même ouverture, mais dont on ne voit pas encore très bien la raison d’exister (sauf pour un éventuel futur reflex argentique ?). Ces deux 50 mm sont actuellement en cours de test sur PentaxKlub et nous aurons sans doute l’occasion de dire ce que nous en pensons. Mais, là encore, ce n’est pas ce qui va attirer les professionnels vers Pentax !

Une communication à améliorer

Depuis très longtemps, la communication de la marque est, pour le moins, surprenante. Pour tout dire, que l’on soit professionnel ou simple amateur, il est difficile d’y déceler des certitudes. La feuille de route des objectifs est abandonnée : de toute façon, elle n’indiquait rien de précis et les « or later » pour « affiner » la date prévisible de sortie d’un objectif finissaient par faire rire tous les observateurs. C’est même souvent devenu un leitmotiv de moquerie quelque peu acerbe sur certains forums. Pour les non-anglicistes, rappelons que « or later » signifie « ou plus tard ».

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Un extrait d’une ancienne feuille de route

Ne subsiste désormais qu’une liste des optiques de la gamme en vigueur (« current line-up ») :

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Objectifs Pentax

Si la marque souhaite attirer dans son giron des photographes professionnels, il ne fait aucun doute que la communication doit être complètement réinventée et qu’elle donne des informations fiables et aussi précises que possible. Et que les délais annoncés soient tenus.

Retrouver du dynamisme

C’est indispensable, et pas seulement pour attirer des pros. Même les amateurs un tant soit peu « motivés » en ont besoin. Il ne faut plus rester dans ce qui ressemble à un immobilisme chronique. Même si ce n’est pas facile financièrement.

Un choix assumé d’ignorer les professionnels ?

Aujourd’hui, on a la très nette impression que le monde des photographes professionnels est complètement ignoré par la marque. Rien n’est fait dans leur direction. Le seul matériel pro (ou quasi) est à la dérive : plus de 645Z.

Il subsiste des boîtiers « Experts » un K-1 Mark II, seul FF, sur le marché depuis 2018, soit 5 ans et demi à la date de rédaction de cet article. Et le plus récent K-3 mark III (APS-C) avec aussi sa version monochrome), mais sont-ils vraiment prévus pour les pros ? Pentax n’a dans sa gamme aucun boîtier du niveau « pro » des Canon R1 ou Nikon Z9, et aucune structure (et pour cause !) apte à assister des professionnels (prêts, échanges, SAV dédié).

Les professionnels ne s’intéresseront à Pentax que si Pentax s’intéresse à eux et produit aussi pour eux. C’est loin d’être acquis.

En fin de compte

Bien sûr, les difficultés existent et ne sauraient être ignorées. Photographes amateurs comme professionnels ne sont pas les décideurs de Ricoh/Pentax et ne connaissent pas forcément toutes les difficultés de l’entreprise. De plus, on semble beaucoup accuser la marque, mais est-elle seule responsable de cette situation ? N’a-t-elle pas aussi subi les effets de campagnes de dénigrement ? La question mérite d’être posée et approfondie.

Malgré cela, si les professionnels trouvent dans la marque de quoi les intéresser à nouveau, sans doute cela aura-t-il aussi un impact sur le monde photo amateur. Et l’inverse est tout aussi vrai : si un amateur équipé en Pentax est satisfait de son matériel et que l’avenir de la marque lui semble assuré, alors il pourra dans certains cas envisager d’intégrer le monde professionnel. Sinon, il se tournera vers d’autres fabricants.

On souhaiterait que les évolutions positives évoquées ne restent pas dans le domaine du rêve. Le rêve, c’est pendant le sommeil, et on espère que Pentax se réveillera enfin !

12 réponses

  1. Mouai… ça sent un peu le sapin cette histoire.
    Le K1m2 qui n’a pas de remplaçant depuis plus de cinq ans, ce n’est pas normal, ni encourageant pour la suite.
    J’attends impatiemment son remplaçant, avec une mise au point type K-3 M3, mais comme rien n’arrive, je fais avec l’actuel, et étonnamment, ce K1M2 fait le boulot.
    Reste que ce n’est pas encourageant pour la suite, et surtout, comment attirer de nouveaux clients avec une tel politique.

    1. Bonsoir
      Si, comme vous le dites, « ça sent un peu le sapin », positivons : c’est normal à l’approche de Noël…
      Plaisanterie mise à part, il n’est pas nécessaire de dramatiser : c’est vrai que le K-1 II et le K-3 III « font le job » pour beaucoup de photographes. Mais quid des professionnels ? La question se pose, la réponse n’apparaît pas nettement ! Ce qui, personnellement, m’intrigue (m’inquiète ?) c’est la disparition de beaucoup d’objectifs et d’accessoires (dont les 2 flashes les plus puissants), et surtout l’absence de perspectives claires.

  2. Le renouvellement du K-1 II se fait attendre et c’est bien dommage. Un K-1 III à 50 millions serait le bienvenu pour offrir la même définition que ce qui se fait chez la concurrence, avec bien évidement un autofocus plus véloce pour les photographes animaliers, mais aussi sportifs.
    Je trouve vraiment regrettable que PENTAX ait cédé sa place à Fuji au niveau du moyen format, alors qu’une annonce avait été faite pour un nouveau 645 à 100 millions de pixels, le renouvellement de la gamme optique avec un SR sur chaque objectif. Tout ceci est vraiment dommage. Je connais un ancien ambassadeur PENTAX qui a laché son matériel pour courir chez Fuji. REGRÉTABLE, DOMMAGE, VRAIMENT DOMMAGE.
    Il y a les réalités commerciales, mais dans le cas de PENTAX, c’est RICOH qui gère, qui tient les rênes et les changements de direction ne sont pas faits pour améliorer la cohabitation. Plusieurs erreurs ont été commises, Samsung, Hoya. Tout cela a certainement perturbé l’entrée dans le monde numérique et les projets de développement.
    Restons patients et optimistes pour la marque, en naviguant sur la toile, on voit bien que PENTAX est présent dans de nombreux pays, mais aussi comme cette semaine, ce photographe américain qui revend son Sony 7 III pour revenir chez PENTAX. C’est peut-être rare, mais ça existe.

    1. Bonjour
      A vrai dire, beaucoup de choses sont regrettables mais TOUTES sont la conséquence directe d’un « tassement » (effondrement ?) du marché de la photo traditionnelle, grignoté d’abord, dévoré ensuite, par l’émergence et la généralisation des smartphones. Seuls les passionnés de photo restent équipés en matériels dédiés, qu’ils soient de type reflex ou hybride.
      S’agissant du moyen-format « accessible » (financièrement), la disparition probablement définitive du 645 Z est la conséquence d’une absence d’évolution. Pensez-donc : l’électronique et bien des éléments du 645 Z sont directement issus du … K-3 ! Fuji n’a eu aucun mal à s’engouffrer dans la brèche, avec sa gamme bien plus moderne. Mais vous aurez remarqué que cette firme ne court pas tous les lièvres à la fois : présente sur l’APS-C et le moyen-format, elle ignore totalement le format 24*36. Les autres grandes marques (Canon, Nikon, Sony, Panasonic,..) sont, elles, absentes du moyen-format. Comme quoi il n’est pas facile d’être présent partout.
      Pentax était partout… jusqu’à présent, sauf sur le marché de l’hybride. Espérons que cette stratégie soit de nature à maintenir la marque à flot. Pour l’heure, comme le dit notre lecteur dans son commentaire précédent, le matériel Pentax actuel, et particulièrement le K-1 II (mais aussi les 2 versions du K-3 III), « fait le boulot ». Pour quels photographes et jusqu’à quand ? Gardons notre confiance à Ricoh, mais ne soyons pas aveugles.

  3. Fuji à adopté la stratégie de PENTAX à l’entrée dans le numérique, à savoir le format Aps-C pour le reportage et le moyen format 645 pour le studio, le petit format étant suffisamment qualitatif pour de nombreux sujets. La pression des aficionados à conduit PENTAX à céder face à la demande du FF. C’est vrai que seul Leica est en mesure d’être présent sur les trois segments et d’assurer le renouvellement de ses gammes de produits. Restons confiants ou aveugles, en souhaitant que PENTAX trouve une raison d’exister encore longtemps.

    1. Bonjour
      Tous les formats de capteur ont leurs avantages et leur utilité… et leurs inconvénients aussi !
      S’agissant du FF, Pentax n’a pas cédé face à la demande puisqu’un APN plein format avait été mis en route dès le début des années 2000, avant même que sorte un FF chez Canon et Nikon.
      C’est le « fameux » APN au nom de code MR-52 qui n’a jamais été proposé à la vente, le capteur d’origine Philips s’étant avéré plus que décevant : il a d’ailleurs participé à la chute de Contax qui l’avais aussi retenu pour son propre FF (voir cet article). Ce projet a été abandonné en 2001.
      Si Pentax a pris du retard sur ce FF (et sur d’autres points aussi) c’est essentiellement dû à la politique de son propriétaire d’alors (qui, soit dit en passant, est toujours propriétaire du nom Pentax) et aux conséquences du « changement de mains » en 2011. On comprend que le nouveau propriétaire ait eu besoin de faire un sérieux état des lieux avant de se décider, puis de lancer l’étude avec une équipe d’ingénieurs qui s’était singulièrement réduite !
      Mais il y aurait beaucoup à dire sur tout cela.

  4. Bonsoir,
    Il y a longtemps que PENTAX a décroché…..ou peut-être que cette vénérable société n’a pas bien compris le virage numérique. Ainsi elle est resté sur un mode de production et d’innovation de type « plan, plan ». Une vision  » argentique » en quelque sorte. Qualitative mais décalée !
    Que faut t’il faire ? C’est à Ricoh de répondre et de proposer une vision, une Pentax Way, un chemin différent ! Mais qu’ils parlent, qu’ils parlent, qu’ils communiquent! Nom de Dieu !!!
    Que voulez vous qu’un professionnel aille faire dans cette impasse ?
    Amicalement,
    Bruno

    1. Bonjour
      Mon avis personnel est qu’il serait dommage de perdre tout ce savoir-faire accumulé depuis plus de 100 ans. Mais les décisions de Ricoh échappent complètement à ses clients, chose somme toute « normale ».

      1. Décidément ! Pentax n’aurait donc connu que des fossoyeurs dans ses « maisons mères » ? Ne pensez-vous pas que les photographes, y compris les amateurs, ont aussi leur part de responsabilité ? Dans un marché très (trop !) largement phagocyté par les photophones, chacun veut se tourner vers le dernier matériel à la mode et là, c’est vrai, Pentax n’est pas « à la mode » de l’hybride. Pour autant, fait-on de moins bonnes photos avec un reflex ? La réponse est évidemment « NON ».
        En fait, la technologie importe relativement peu. Ce qui est rédhibitoire chez Pentax, et qui semble aller en s’accentuant, c’est une gamme d’objectifs et d’accessoires bien trop modeste pour des professionnels de certains domaines de la photo (animalier, photo de sport). Si on y ajoute un AF (au sens large, c’est-à-dire avec les fonctionnalités prédictives et de suivi) nettement en retrait des meilleurs, surtout dans les domaines déjà cités, on a un début d’explication.
        Mais seul Ricoh Imaging sait avec précision ce qu’il est possible d’envisager et ce qui relève de l’utopie.

  5. Bonjour, je suis d’accord avec bon nombre de ces remarques, cela dit, je trouve, sans être un aussi fin connaisseur du dossier que certains·nes présents·tes ici, que la stratégie prise de viser des « niches », qui plus est en proposant des produits qui bénéficient d’une réelle demande (comme le K-3III monochrome), est plutôt intelligente. Le succès du GRIII et du GRIIIx est encourageant je trouve.
    Cibler des passionnés (et peut-être moins contenter des professionnels) peut s’avérer payant.
    Après, quand on voit le nombre de photographes de paysages qui ne jurent que par le(s) K-1, il y a de l’espoir.

    1. Bonjour
      Vos remarques sont justes et, quoi qu’il fasse, le constructeur ne réussira jamais à satisfaire tout le monde : les demandes sont parfois bien trop contradictoires.
      Un article sur la photo animalière a été publié sur le site pentax.eu : les photographes qui proposent des images les ont réalisées avec le DA 560 mm f/5.6 (désormais « discontinué » !) ou avec le D FA 150-450, monté sur K-3 III pour bénéficier du coefficient de conversion de x1.5.
      S’agissant de la photo de paysage, sachant qu’en 2017 (et ça s’est accentué depuis) 85 % des photos dans le monde étaient réalisées avec un smartphone, je serais curieux de savoir, sur les 10 % environ réalisées avec des « vrais » appareils photo, combien ont été réalisées avec des appareils reflex (désormais très largement minoritaires) et avec un Pentax en particulier… Impossible à savoir, bien sûr !

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