Quelles focales utiliser pour la photographie de rue ? Comme il s’agit d’une de mes pratiques préférées, je vais vous apporter mon point de vue.
Avant de commencer, quelques rappels et précisions
Nous avons déjà consacré des articles à la photographie de rue dans le passé. Je vais juste rappeler ici quelques aspects de cette pratique :
- La photo de rue nécessite, à défaut d’une présence humaine, au moins des éléments d’origine humaine comme un décor plus ou moins urbain (bâtiment, rue, voiture, silo à grain, vitrine de magasin, etc.). Il peut même être le sujet principal. Il faut interpréter la rue au sens large, un lieu public où il est possible de trouver des gens.
- La photographie de rue n’est pas de la traque. Celle-ci est interdite. En France, il est possible de photographier des inconnus sur des lieux publics. Quand je prends ma photo, c’est que j’estime qu’elle a un potentiel, une présence possédant des caractéristiques qui la rendent intéressante au moment du déclenchement. Ce sont ces instants fugaces, en particulier, que je cherche à capturer, à immortaliser dans un cliché, avant que le monde et moi passions à autre chose…
- La photographie de rue n’est pas toujours simple à pratiquer en dehors de la France. Dans certains pays, on peut risquer des amendes et parfois la prison. Renseignez-vous avant !
Tous les modèles d’APN conviennent à la pratique de la photographie de rue. Que ce soit un smartphone ou un Moyen-Format. Et si vous préférez l’argentique, même la chambre s’y prête ! Bien que ce soit un peu plus délicat à gérer.
Les focales pour photographie de rue à oublier
Le catalogue des objectifs par marque peut parfois s’avérer maigre ou, au contraire, très fourni. Mais chaque marque dispose de ce qui est nécessaire à la pratique de la photographie de rue. Par contre, dans le catalogue, il y a des focales que j’estime plus adaptées à cette pratique que d’autres.
Suivant la photo que je vais prendre, mes réglages peuvent s’avérer différents. Parfois je vais souhaiter une grande profondeur de champ, tandis qu’il m’arrivera de préférer du flou avant et en deçà du sujet choisi. Par défaut, je vais privilégier l’ouverture. Impossible de savoir à l’avance si la photo va nécessiter une grande profondeur de champ ou, au contraire, l’inverse. Il convient donc d’être prêt à toutes les situations. En accord avec cette vision, j’ai mis de côté les objectifs dont la plus grande ouverture est supérieure à f/4.
Deuxième catégorie d’objectifs « oubliés », ce sont les télézooms. Je les ai bannis ! Pour la street, il faudra m’expliquer l’intérêt d’utiliser une focale supérieure à 200 mm. Même si je ne suis pas toujours en phase avec l’adage de Capa, « Si ta photo n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près », à force d’être trop loin, on perd le contexte, l’authenticité.
Autre catégorie d’objectif que j’ai mise de côté, ce sont les UGA dont la focale est inférieure à 16mm. Alors, artistiquement, graphiquement parlant, cela peut être très bien. Mais, en raison des inévitables déformations des structures ou des personnes, je ne les trouve absolument pas intéressantes pour cette pratique. La distorsion me parait trop importante.
Mes focales privilégiées pour la photographie de rue
Suite à un changement partiel de marque, je dispose de moins d’objectifs qu’auparavant, devant reconstruire peu à peu un parc acceptable. Mais entre le Canon R5, le Pentax K-1 mk II et le Ricoh GR IIIx, il y a déjà de quoi faire. Et puis, avec le temps, j’ai eu tendance à restreindre mon choix. Voici donc mes types de lentilles préférées, celle que j’utilise dans mes histoires urbaines ou extra-urbaines.
Un 24-70 f/2.8
Cet objectif est ce que je considère comme le roi des zooms. Il est incontournable à mon sens. Premier zoom acheté pour le K-1 et en prévision d’acquisition pour le R5. Il permet de prendre des clichés à des focales différents, changeant les cadrages tout en restant à la même place. On peut faire du plan large au sujet plus cadré. Il est adapté à tout, y compris à la capture des humeurs. C’est un vrai objectif polyvalent, très utile. Le tout avec du piqué. Un vrai « must have » ! Son seul défaut ? Un poids parfois excessif !
L’idéal serait qu’il ouvre à f/2, mais c’est plus cher quand il existe… et quelques centaines de grammes en plus sur la balance !
Pour l’équivalent en APS-C, il conviendra de s’orienter vers des 17-50/2.8… même si le dernier Sigma 17-40/1.8 semble être un compromis idéal. Sans doute l’objectif que j’achèterais si je possédais encore un boitier dans ce format.
Pour les micro 4/3, ce sera plutôt un 12-25…
Une focale fixe entre 28 et 35

Un objectif avec une focale dans ce range est l’arme parfaite à mes yeux. Il est souvent peu encombrant tout en restant, selon le modèle choisi, accessible financièrement. Parfait pour les vagabonds, les explorateurs. Chez Pentax j’ai choisi le FA 31. Côté Canon, j’hésite encore entre le 24/1.8 et le 28/2.8 pancake. Mais je suis certain qu’un des deux atterrira dans mon sac un jour prochain… À moins que j’attende inconsciemment un objectif similaire à mon FA 31 fétiche.
Aujourd’hui, le 31 est monté presque en permanence sur le K-1.
Une focale fixe entre 43 et 50
Pour les puristes, il n’y a pas mieux que le 50, le Graal de Cartier-Bresson. Selon le modèle choisi, il offre une image plus ou moins crémeuse, et un bokeh souvent excellent. Bref, il est parfait pour des portraits de rue ou pour isoler un sujet. Chez Pentax, j’ai failli acheter le FA 43… avant de me décider pour le GR IIIx, un APS-C doté d’un 26,1mm, soit l’équivalent d’un 40 mm. Pourquoi ce choix ? D’abord parce qu’une focale de 40/43 mm convient mieux à ma vision, aux histoires que je souhaite raconter. Ensuite, parce que cet APN est assez génial (taille, poids, qualité) et qu’il se glisse dans une poche. Bref, toutes les qualités d’un 43 sans l’inconvénient de sortir avec un gros boitier.
Mon idéal n’est pas le vôtre. Quand je me décide pour un objectif, c’est parce que le rendu me plait, me convient. Acheter pour faire comme les autres est une grave erreur, car vous allez prendre en grippe votre achat. Mes goûts me sont propres. Il est impossible de se mettre à votre place. C’est à vous de décider. Alors, quand c’est possible, essayer avant d’acheter. Ça change les perspectives.












3 réponses
Bonjour, j’ ai personnellement choisi un K3 monochrome sur lequel est greffé un DA 21 mm, équivalent à un K1 équipe d’un 31 mm…
Selon les dernières rumeurs un Ricoh GR IV sortirait en monochrome, l’ arme idéale pour sa discrétion..
un Ricoh GR IV monochrome serait une alternative intéressante, mon combo actuel est un K3 mono et un DA 21 mm, ce qui me convient parfaitement..
Cela pourrait être un choix possible, à étudier… quand il daignera sortir (c’est vrai que je ne porte plus d’espoir sur Ricoh/Pentax désormais).