L’impression par un prestataire externe

L’impression des photos est has-been, démodée, alors que pendant des dizaines d’années, c’était le seul moyen de diffuser des clichés. Néanmoins, il subsiste des dinosaures souhaitant la diffusion de leurs photos sur un support physique. Après l’impression à domicile, nous vous proposons de s’intéresser à à un autre moment d’obtenir des tirages photos. Soit par choix délibéré, soit parce qu’on ne dispose pas du matériel nécessaire. Tout le monde n’a pas le matériel permettant d’obtenir des images de grande taille.

Mais contrairement à l’impression à domicile où l’on maitrise les opérations de bout en bout et où on peut recommencer si besoin, le prestataire peut apporter une déception. Qu’on ne découvrira qu’à la réception ! Comment donc faire pour ne pas être déçu de ses tirages photo ? Il n’y a pas de miracle. Si on veut en réceptionner de qualité, il convient de bien choisir son prestataire… Et surtout préparer ses images avant de les envoyer. Il est donc impératif de relire très attentivement le premier article, car les phases de préparation sont presque identiques. Il y a juste quelques petites variantes. Restera ensuite à choisir le prestataire et le type de produit qu’on souhaite.

Un aspect qui a bien évolué ces dernières années, c’est que quasiment tous les professionnels font désormais du travail de qualité. Mis à part quelques références haut de gamme, comme Whitewall, les prix sont similaires. Ce qui va influer, ce sont les services ou les options proposés.

La préparation de l’image pour l’impression

Après avoir post-traiter votre/vos images et effectuer votre sélection, il ne restera qu’à les préparer afin de pourvoir les imprimer. Les préparer ? Si on souhaite obtenir le meilleur résultat possible, les images doivent subir parfois un petit traitement. À quelques exceptions près qui seront abordés ici, toute la procédure de préparation de l’image est identique à ce qui a été décrit dans L’impression photo à domicile.

La problématique liée à l’espace colorimétrique reste toujours présente.

Une imprimante couleur, surtout quand on s’en tient aux 4 couleurs de base, ne sait pas reproduire toutes les couleurs de l’espace RGB ou supérieures. L’impression a su progresser de son côté en ajoutant, par exemple, des encres supplémentaires, permettant ainsi d’obtenir des nuances de couleurs jusque là non disponibles. Malgré tout, il convient de vérifier que le ou les images qu’on va confier au prestataire externe pourront être imprimées le plus fidèlement possible.

Pour cela, il va falloir aller chercher les profils ICC auprès des fournisseurs. Certains en proposent, d’autres non. Chez Photoweb, un des leaders du marché, c’est pas moins de 5 profils qui sont adaptés, à choisir selon le produit final. Whitewall, l’une des sociétés des plus qualitatives, en propose plus de 25 ! Pour les trouver, il suffit de taper dans un moteur de recherche le nom de votre imprimeur et le terme ICC. Si ce dernier en propose, le moteur de recherche vous trouvera la page.

Attention, si vous préparez vos images et que vous choisissez ensuite les options de retouche automatique que les prestataires proposent souvent, votre travail n’aura servi à rien. Ce sont des algorithmes automatiques qui feront le travail à votre place.

Force est de constater que ces fonctionnalités sont de plus en plus efficaces et les résultats probants.

Quelques conseils

Si j’utilise Adobe Lightroom pour post-traiter mes clichés, je préfère transférer sous Photoshop les images afin de terminer les préparations avant l’envoi.

  • Autant que possible je privilégie le format TIFF, car il n’y a pas de perte d’information lors de l’enregistrement de l’image en local. Par contre, pour l’envoi sur le site de l’imprimeur, la plupart du temps il faudra utiliser le format JPEG. Tout simplement parce que la taille d’upload est limitée. Choisissez la plus haute qualité possible, celle avec le minimum de compression.
  • Il m’arrive parfois de retoucher localement certaines parties de l’image comme les nuages ou certaines taches à supprimer. Si vous utilisez les calques, n’oubliez pas d’aplatir l’image avant l’enregistrement pour alléger le poids.
  • Pour certains, il est essentiel et indispensable de régler la résolution de l’image (en PPP ou dpi). Dans la pratique, on s’en fiche un peu (du moins, je m’en fiche beaucoup), tant que ça ne change pas la taille du fichier. Qu’on parle de PPP ou de dpi, je rappelle qu’il s’agit uniquement d’un ratio et pas une unité de mesure. Ce qui compte que la photo ait suffisamment de pixels pour imprimer à la taille souhaitée. La plupart des sites de tirages en ligne indiquent si cette qualité est suffisante pour la taille voulue. Si ce n’est pas le cas, il faudra proposer une nouvelle version du cliché… ou choisir une taille inférieure !
  • Si vous désirez une marge blanche autour de votre cliché, vous devez le préparer directement dans votre fichier sous Photoshop ou le logiciel que vous utilisez habituellement (sous Photoshop : Image > Taille de la zone de travail).

fenêtre de modification de la taille de l'espace de travail

Le bon support pour la bonne photo

Quelques idées reçues

Une chose à garder en mémoire, c’est que toutes les photos sont imprimables, qu’il s’agisse d’une image extraordinaire ou d’un truc immonde et flou que vous adorez. Il faudra juste déterminer le bon support, et la taille adaptée.

Plus le tirage est grand, moins vous le regarderez de près. Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de mégapixels pour avoir d’immenses tirages. Une image 6 x 4 m nécessitera du recul pour la voir dans sa globalité. Et ce recul diminuera l’effet visuel de la pixelisation. Un doute ? Faites l’expérience avec une image de pub en format large dans le métro…

Sachez néanmoins que plus l’impression est de qualité, plus on voit les défauts de la photo : grain, bruit, flou, tout sera bien visible !

La qualité des tirages

Le facteur le plus important lors du développement photo est sans aucun doute la précision avec laquelle les photos reproduisent l’image que vous avez prise. La majorité des tirages révèlent une qualité d’image acceptable, mais il existe des différences notables dans la saturation et l’éclairage.

Le papier d’impression est également un autre critère à prendre en compte pour un tirage de meilleure qualité. Tout dépendra de votre budget. Il existe par exemple des services haut de gamme qui utilisent du papier qualitatif vraiment professionnel, plus épais et dont la durée de vie est plus longue.

Si vous prévoyez donc de faire développer plusieurs photos, mais que vous n’êtes pas sûr du type de papier qui convient le mieux, demandez à votre prestataire des bandelettes réactives. Utilisez le logiciel d’édition mis à votre disposition pour en regrouper plusieurs sur un seul gros tirage, puis faites-le faire sur différents papiers pour comparer l’aspect d’un même ensemble d’images sur chacun d’eux.

Si vous n’êtes pas non plus sûr du contraste ou de la luminosité qui convient le mieux au papier que vous avez choisi, envoyez un gros tirage identique avec cinq ou six variations de l’image sur une seule feuille de papier. Une fois que vous aurez déterminé ce qui fonctionne le mieux, passez votre commande.

Une liste non exhaustive de prestataire

Il existe plusieurs types d’impressions selon les prestataires. Cela va de l’impression de type argentique à partir d’un cliché numérique (comme le procédé Lambda de chez Picto) à l’impression numérique sur papiers spéciaux (de type Fine Art, Baryte ou Awagami). Il faudra choisir la société qui va s’occuper de vos clichés en fonction de leur destination ou de ceux que vous souhaitez. Une étude de votre part est donc nécessaire. Voici quelques sociétés qui font du bon travail.

Pictoonline. Sans doute l’un des meilleurs en France. Un vieux labo argentique qui s’est reconverti au numérique, tout en gardant un attrait pour les tirages plus traditionnels. Des photographes comme Salgado ont utilisé ou utilisent toujours leur service. Avantage, leur tarif qui reste compétitif pour de l’excellent travail.

Whitewall. Comme son confrère au-dessus, c’est un imprimeur haut de gamme, mais plus cher. Il se distingue par quelques produits comme l’impression directe sur Alu Dibond, alors que la plupart de ces concurrents impriment sur du papier qui sera ensuite encollé sur al plaque alu. Pour avoir vu quelques travaux, c’est très bon.

Labophoto. Spécialisé dans les produits de type tirage Alu, Plexi ou papier unitaire. Les tirages sont plutôt haut de gamme, de très bonnes qualités. Lui aussi propose des impressions directes sur Alu ou Plexi pour des résultats très intéressants.

Saal Digital. Si vous désirez des livres photos de qualité, c’est le bon endroit. Certes, Saal propose d’autres produits, mais pour les livres, ils sont excellents.

Photoweb. Ła société française qui propose de tout. Des livres au puzzle, du calendrier aux photos alu. Si à leur début la qualité n’était pas toujours au rendez-vous, un net bond a été réalisé et sauf problème spécifique, on n’est pas déçu du résultat. Mais on ne sera pas non plus emballé, Picto, Whitewall ou Labophotos étant au-dessus.

Ils existent évidemment d’autres comme negatif+, cewe, Photobox, Photoservices et bien d’autres. Même si en creusant, on s’aperçoit parfois qu’il existe qu’une seule société derrière de nombreuses appellations.

Quelques supports
Le poster photo traditionnel

Le support le moins cher. Le rendu est proche d’un rendu papier photo… avec une imprimante numérique. La finition peut être mat ou brillant. Si le second apporte un peps au cliché non négligeable, la finition mat apporte un rendu plus profond, moins tape-à-l’œil. Une fois le travail reçu, ce sera à vous de l’encadrer et le mettre en valeur.

Le plexiglas (version

Le rendu est celui d’un tableau épais, couvert d’une plaque de plexiglas. C’est un tirage collé sous le plexi. Solide et qualitatif, ce type de tirage a deux défauts. Il est sujet aux rayures et aux reflets (ce qui rend d’autant plus visible la moindre rayure). Par contre le rendu est très lumineux, avec une belle profondeur donnée aux couleurs.

le plexi
Mauvais angle, manque de lumière, lumière mal dirigée et c’est le désastre. Bonjour les rayures, les reflets qu’une mauvaise bdb n’arrange pas

 

Cette photo imprimée ici fait partie de mes favorites même si elle est loin d’être la plus belle. Elle a été prise juste après une averse, dans le golfe du Morbihan. Le choix du plexi n’était pas le plus indiqué, le cliché manquant de luminosité profonde et de couleurs. Néanmoins la matière plastique a permis néanmoins de faire ressortir le ciel et la mer et les couleurs particulières.

Une vision plus

 

Le plexiglas est surtout recommandé pour les photos lumineuses et colorées et avec une source d’éclairage indirect 

La plaque d’alu Dibond (ou photo alu selon les enseignes)

Support très haut de gamme, apportant un rendu fin avec des couleurs fidèles et tout en nuances. Souvent le mat s’en sort le mieux avec une restitution plus élégante. Il arrive malgré tout qu’en tirage brillant, les couleurs soient mises en avant, surtout dans des espaces moins lumineux.

Mur de plaque Alu Dibond
Quelques tirages « grand format » en Alu Dibond

 

Pour le tirage de ces photos, il fallait à la fois un rendu sobre respectant les teintes sans les saturer plus que voulu et un support rigide. Malgré la faible épaisseur (environ 3 mm), l’alu Dibond est un des meilleurs choix surtout dans le temps. J’ai des « tableaux » imprimés il y a plus de 10 ans et qui n’ont pas bougé.

L’alu Dibond, parfait pour toutes les photos riches en détails !

La toile

Utiliser une toile similaire à celle pour les peintures peut paraitre étrange. Dans la pratique, une photo imprimée sur toile, pour peu qu’elle ait été travaillée pour ce type d’impression, va avoir une dimension picturale particulière. Il faut aimer.

Il existe d’autres supports à découvrir

Imprimer par une société dédiée, c’est aussi pouvoir obtenir des travaux que l’on ne pourrait pas produire soi-même. Certes, on pense aux grandes tailles ou aux photos plexi ou alu. Mais cela va au-delà. Certaines sociétés rivalisent d’idées. Au début, il y a eu la possibilité de faire ses propres calendriers. Puis sont arrivés les produits goodies comme les mugs personnalisées avec vos photos. Toujours à la recherche d’innovation, on peut maintenant trouver des puzzles, des impressions sur bois, des plateaux, etc.

Il y a donc de bonnes raisons à passer par eux, malgré le confort que peut proposer l’impression à domicile.

 

Prochainement, nous aborderons les autres moyens de diffuser ces clichés.

4 réponses

  1. Bonjour,
    En ce qui me concerne, très déçu de Saal Digital (livre photo, papier mat, rendu terne, fade et sans relief), pour les livres photos je retourne chez Cewe, le rendu est bien meilleur (et fidèle à mon écran)

  2. Pareil j’ai commandé chez SAAL le book de ma première expo : une couverture et dedans, du papier photo « relié ».

    Déjà en terme de conception ce ne sont pas des pages qui peuvent être tournées facilement, c’est un papier rigide, sans pliure… premier effet on passe sa vie à mettre les doigts dessus pour tourner et aplanir les pages…

    En dehors de ça, oui le papier est super, mais « Fujifilm » inscrit sur tous les verso ça fait un peu cheap, ce que ne reflète pas la facture.

    Après j’étais déçu mais bon le book a du plaire puisqu’il s’est fait voler le premier jour … question de goûts sans doute.


    Pour mes livres photos je reste sur CEWE, couteux dès qu’on prend des options quali mais jamais déçu; et pour mes grands formats, Zor fait des alu très abordables. Pour trouver mieux je pense qu’il faut se rendre directement chez le tireur et faire du sur mesure, c’est plus cher et ça nécessite un investissement conséquent en temps, et pour maîtriser son sujet.

    1. SAAL était, il y a certes 5 ans, une référence, avec du travail bien fait. Il est vrai que je n’ai plus fait appel à eux depuis quelques temps. Merci pour le ressenti (disons que 2 personnes disent la même chose, il y a de quoi s’interroger).

      Je ne connais pas Zor. A tester.

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