Toute chose étant supposée pouvoir être photographiée, ne sont indésirables que les objets ou les êtres vivants que l’on souhaite ne pas voir sur la photo que l’on s’apprête à réaliser. Ils ne sont pas indésirables par nature, mais seulement pour la prise de vue envisagée.
Que sont des éléments indésirables
Ils sont de toutes sortes : êtres vivants, objets. Mais pas toujours les mêmes selon le domaine photographique pratiqué. Qu’ils se situent en premier plan ou en arrière-plan, essayons de les envisager dans 3 domaines particuliers, parmi les plus pratiqués :
- en photo de paysage,
- en photo de rue,
- et enfin en photo proxi ou macro.
Photo de paysage
Généralement, quand on veut faire des photos de paysages, on essaie de prendre seulement le paysage, rien d’autre. Sauf que parfois, pour le rendre plus « vivant », on y ajoute une présence, humaine ou animale.
Cependant, tout dépend de ce que l’on veut réellement montrer. La capture de ce que l’on a devant soi peut s’en trouver complexifiée. De fait, certains éléments peuvent s’avérer inesthétiques. Il en est ainsi, notamment, d’éléments d’origine humaine n’ayant rien à voir avec la nature « brute ». Quelques exemples : lignes électriques, pylônes, antennes, bâtiments industriels, panneaux routiers de signalisation, véhicules, déchets.
Si certains d’entre eux (déchets) peuvent parfois être facilement évités, voire déplacés, il n’en va pas de même pour les autres cités !
D’autres fois, il pourra s’agir d’éléments naturels gênants : des rochers ou des arbres mal placés qui perturbent la composition.
Il suffit parfois de se déplacer légèrement pour éviter qu’ils n’entrent dans le cadre de la photo. Même attitude si l’on constate des ombres portées du photographe ou d’éléments hors champ.
Il n’est pas toujours aisé d’éviter ces éléments perturbateurs. Cela dit, ils ne sont perturbateurs que si l’on a décidé qu’on n’en veut pas sur la photo ! Sinon, on en tient compte dans le cadrage et la composition, et tout va pour le mieux… du moins selon les goûts du photographe !
Un premier exemple
Sur cette photo, le premier regard se porte irrémédiablement sur cette « masse sombre » que constituent les personnes assises contre la barrière, au premier plan. Or, ce n’est pas le sujet de la photo.
Dans un premier temps, on les a fait disparaître en post-traitement pour ne garder que la barrière qui, elle, guide le regard. Enfin, dans un deuxième temps, on a aussi éliminé cette barrière, le regard restant guidé par le bord du quai. Laquelle choisir ? A chacun ses préférences !
Un deuxième

Photo de rue
Le photographe de rue n’est pas à l’abri d’éléments indésirables. Parmi d’autres, citons : poubelles et déchets de toutes sortes, graffitis ou tags disgracieux qui perturbent la composition, câbles et fils électriques, ouvrages ou équipements de chantiers qui ne font pas partie du sujet, véhicules divers perturbant la scène photographiée. On pourrait en citer d’autres, comme les éléments qui semblent « pousser » sur la tête des personnes, les reflets non désirés, etc.
En fait, tout ce qui vient perturber ou gâcher la composition envisagée peut être considéré comme indésirable.
Mais, en photo de rue, il est parfois difficile, voire impossible, de s’en abstraire. Se déplacer ne sert parfois à rien. Dans ce cas, il faut soit attendre des moments meilleurs, soit passer son chemin et espérer une situation plus adéquate ailleurs.
En outre, il faudra être attentif à ce qui pourrait perturber la prise de vue de façon inattendue : par exemple des mouvements de personnes s’interposant entre l’objectif et la scène photographiée.
En photo de rue, l’anticipation et la patience sont essentielles pour saisir le moment où ces éléments perturbateurs sont absents ou minimisés.
Ci-dessus, la photo d’une manifestation parisienne. En pareil cas, il est difficile d’éviter les éléments indésirables à la prise de vue, tellement ça « grouille » dans tous les sens. Dans la photo initiale (à gauche) la tête (coupée !) d’un manifestant et le dos (coupé, lui aussi !) d’un autre, à droite, ont conduit à un double post-traitement. Dans un premier temps, on a effacé la tête au premier plan, puis, comme cela ne donnait pas satisfaction, on a recadré de façon à éliminer le manifestant positionné à droite. Cela ne retire rien, au contraire, la photo apparaissant moins « brouillonne ».
En photo macro
Même les adeptes de ce domaine peuvent rencontrer des éléments indésirables. On parle, là, de photo macro ou proxi dans la nature. En studio, c’est complètement différent, le photographe composant lui-même son décor la plupart du temps.
Parmi les choses qui gâchent une telle photo, on pourra citer un fond trop net, ou trop coloré ou trop détaillé atténuant fortement la visibilité du sujet lui-même, ou un élément trop proche du sujet pour être noyé dans le bokeh.
Parfois, en photographiant près du sol, on englobe par inadvertance des brins d’herbe ou de végétation qu’il serait souvent facile d’écarter avant la prise de vue.
En macro « d’intérieur », il faudra éviter de faire entrer dans le champ les éléments destinés à maintenir le sujet dans une position donnée, à moins que leur esthétique ne nuise pas au résultat.
Si l’on utilise des fonds artificiels, veiller à ce qu’ils ne soient pas identifiables. Attention aussi aux reflets dans les gouttes d’eau éventuelles
En macro, la patience, l’observation attentive de l’environnement et la préparation minutieuse de la scène sont cruciales pour éviter ces éléments perturbateurs. Et, peut-être plus encore que dans d’autres domaines, c’est une question de technique photographique et de maîtrise approfondie d’éléments, tels que la profondeur de champ.
Comment les éviter ou les éliminer
Avant et pendant la prise de vue
Les « solutions » envisageables ont été évoquées, mais insistons sur quelques nécessités.
- Bien observer la scène dans le cas de prise de vue statique : repérer ce qui va ou peut gêner la composition de l’image.
- Quand c’est possible, déplacer les objets indésirables.
- Changer d’angle et de position pour trouver un cadrage qui évite naturellement les éléments gênants. Parfois, quelques pas de côté ou se baisser/se lever suffisent.
- Utiliser la profondeur de champ : avec une grande ouverture (petit nombre f/), il est souvent possible de flouter l’arrière-plan pour masquer les éléments distrayants.
- Cadrer plus serré permettra d’exclure les éléments indésirables du cadre. À cet égard (mais pas en macro), utiliser un zoom peut s’avérer pratique. Nous disons « pas en macro » car aucun zoom ne permet de pratiquer la vraie macro (rapport de grandissement 1:1). C’est différent en proxi.
- Attendre le bon moment : si c’est une personne qui passe ou un véhicule, patienter le temps qu’il sorte du champ.
- Utiliser des éléments naturels : on peut parfois se positionner de telle façon que des arbres, colonnes ou autres éléments masquent ce qui dérange.
Après la prise de vue
Après la prise de vue, c’est le post-traitement qui, seul, pourra permettre d’éliminer ce qui est indésirable sur la photo. Parfois, mais pas toujours ! D’où la nécessité d’avoir pris le maximum de précautions AVANT.
Plusieurs possibilités s’offrent alors, à utiliser selon les circonstances, et … selon les possibilités du logiciel de post-traitement ou de retouche utilisé. Au passage, notons qu’une bonne maîtrise de ce logiciel s’avère indispensable afin de conduire, dans les meilleures conditions, les opérations de correction envisagées.
Dans tous les cas, un examen préalable très attentif de la photo, si possible visualisée à 100%, s’avère indispensable pour « traquer » les éléments indésirables, même très petits ou peu visibles.
Recadrage
Il permettra parfois de couper les parties de l’image contenant les éléments indésirables. Attention cependant à ne pas entamer le sujet lui-même ! Et, pour l’esthétique de la photo, penser à garder une composition correcte. Ce sera plus facile si l’on a anticipé cette opération à la prise de vue.
La photo ci-dessous, à gauche, a initialement été prise en plaçant la mouette au tiers de l’image. Mais cette image est grandement gâchée par la présence à droite d’une antenne peu esthétique. Il aurait été facile de l’éliminer en gardant le format 3:2. Toutefois, il a paru préférable de recadrer en format carré : cette photo s’y prête bien.
Retouche numérique
Utiliser des logiciels comme Photoshop, GIMP, ou même des applications mobiles – et parfois gratuites – pour :
- Cloner des zones « propres » sur les éléments à supprimer
- Utiliser l’outil « tampon de duplication »
- Employer la fonction « remplissage selon le contenu » si le logiciel le permet.
De nos jours, l’intelligence artificielle, bien utilisée, peut apporter une meilleure efficacité tout en gardant son naturel à l’image. Nul doute qu’à l’avenir elle sera encore plus largement utilisée pour le post-traitement.
Conversion en noir et blanc
Parfois, cela peut réduire l’impact visuel d’éléments colorés distrayants. Mais ce n’est qu’un pis aller, car, comme nous l’avons souvent dit, une photo en noir et blanc se construit comme telle DÈS LA PRISE DE VUE (voir ici et là). Donc en tenant compte, dès ce moment, du devenir des éléments colorés, entre autres. Garder à l’esprit que cette conversion en noir et blanc peut complètement changer la photo sans pour autant l’améliorer. C’est donc à utiliser aussi rarement que possible, mais toujours à bon escient !
Avec la photo de l’exemple 2 ci-dessus, on a fortement atténué la visibilité du morceau de parasol, sans pour autant l’éliminer totalement ; et on a aussi tamponné l’inscription pour la faire disparaître :
Ce qui est à retenir : l’idéal reste de bien composer sa photo dès la prise de vue, car cela évite un travail de retouche fastidieux par la suite et pas toujours couronné de succès.









