« Tu as fait une photo descriptive !« . Cette affirmation péremptoire, et en forme de reproche, on la rencontre à longueur de séances de photo clubs (en deux mots et avec un C, pas un K !) et sur les forums de photo.
Que faut-il en penser ? Ceux qui la prononcent ont-ils raison ?
Les manières de raconter le réel en photo
Il existe principalement deux manières de procéder. D’un côté, la photographie descriptive : celle qui observe, documente, restitue avec précision un sujet, une scène (c’est-à-dire un lieu), une texture. Elle privilégie le détail, la composition rigoureuse et l’exactitude visuelle, cherchant moins à raconter une histoire qu’à donner à voir avec justesse. De l’autre, la photographie narrative, qui suggère un récit, une tension, un avant et un après.
Essayons, pour l’heure, d’explorer la photographie descriptive, ses codes, ses exigences techniques et sa capacité à faire d’un simple regard une véritable écriture du visible.
Il sera temps ensuite d’examiner les solutions qui peuvent conduire à des productions photographiques moins « neutres », où le photographe s’engage dans une démarche et où il implique davantage ses sujets.
Photographie descriptive : avantages, inconvénients et comment les éviter
Une constatation s’impose : toute photographie comporte une part de description dans la mesure où elle montre quelque chose. C’est inévitable, factuel, implacable. Reste à déterminer l’importance que l’on donne à la « description » de ce que l’on montre.
La photographie descriptive est une image qui montre un objet, un lieu ou une personne de façon neutre et informative, sans mise en scène ni recherche esthétique particulière. L’objectif est de donner une information claire plutôt que de susciter une émotion. C’est le style typique des catalogues, fiches produits e-commerce, inventaires, documentations techniques, ou photos d’identité/passeport.
Cela, c’est la théorie. En pratique, les détracteurs de la photo descriptive considèrent qu’est descriptif tout ce qui n’est pas narratif.

Ce qui est positif
Pour la plupart de nos lecteurs et pour nous-mêmes, la photo est un loisir. Nous sommes des « amateurs ». Nous n’avons pas les mêmes contraintes que les photographes professionnels et particulièrement ceux qui opèrent en entreprise. Ce qui suit concerne plus spécifiquement les préoccupations de ces milieux professionnels, mais, sous certains aspects, pas seulement eux.
- Clarté et objectivité. Le sujet est montré tel qu’il est, sans artifice. L’utilisateur ou l’acheteur doit voir exactement (mais en photo) ce qu’il veut obtenir : couleur, forme, dimensions, texture.
- Reproductibilité. Un protocole de prise de vue standardisé (i.e. fond blanc, éclairage fixe, angle constant) permettra de photographier des centaines de produits de façon cohérente, ce qui facilite la comparaison visuelle dans un catalogue.
- Rapidité de production. Moins de créativité à mobiliser, moins de post-traitement complexe, ce qui conduit à un flux de travail (« workflow » pour les anglophones) plus rapide et plus économique, important pour les grands volumes (e-commerce, inventaires).
- Adaptation à un usage fonctionnel. Utile pour la documentation, les manuels d’utilisation, l’archivage, le juridique (photos de sinistre, expertise), ou l’identification (CNI, passeport).
Ce qui est négatif
Et c’est sans nul doute valable pour TOUS les photographes !
Manque d’impact émotionnel
Une image purement descriptive ne raconte pas d’histoire, ne suscite pas d’envie. Elle montre ! En marketing, cela peut amener à réduire – voire annihiler – toute envie d’achat par rapport à une photo qui met le produit en contexte d’usage.
Prenons un exemple, un parmi beaucoup d’autres possibles. Je comprends les philatélistes qui aiment photographier leurs timbres. Certes, le but est avant tout utilitaire : garder une image de leurs « précieux ». Généralement, toutefois, ils n’exposent pas leurs photos à la vue de tous. Non, le but est de conserver ces timbres sur support numérique et pas uniquement « naturellement ». Une sorte de sauvegarde, en somme.
Mais peut-on trouver dans ces images autre chose que la description d’un « morceau de papier » ? Rien de péjoratif dans ces propos ! Certes, la valeur de ce « morceau de papier » peut être inestimable, par sa rareté, éventuellement ses couleurs, voire d’autres critères encore. En tous cas pour son propriétaire. Et sa valeur financière peut être immense. Mais on ne peut pas dire que cette photo d’un tel objet, si rare soit-il, puisse provoquer une émotion pour qui n’est pas philatéliste. C’est une photo purement descriptive. Pour autant, elle peut être de qualité et son existence ne saurait être remise en question. Quant à ce qu’elle puisse raconter une histoire, c’est une autre … histoire !
Notez bien que je n’ai rien contre les philatélistes : j’ai moi aussi pendant longtemps cédé à cette « passion » et je conserve encore dans quelques albums des vestiges de cette activité.
Perception de froideur ou de banalité
Le rendu d’une photo purement descriptive peut sembler clinique, impersonnel, voire ennuyeux, surtout si le fond est toujours uniforme et l’éclairage plat.
De la même manière, on peut ressentir une absence d’identité : manque de vision personnelle du photographe et aussi manque de vision artistique.
Tout, ou presque, a déjà été photographié avec l’appareil dont chacun possède désormais un représentant dans sa poche : le smartphone. Dès lors l’image descriptive sortie d’un APN plus « classique », si elle peut paraître techniquement meilleure, ne présente aucune originalité et, au contraire, renforce la notion de « déjà vu ».

Autres aspects négatifs
- Perte de contexte. On ne voit pas toujours l’échelle réelle, l’usage concret, l’ambiance . Par exemple, un vêtement sur un fond neutre ne montre pas comment il tombe sur un corps en mouvement.
- Risque de trop simplifier. Certains détails importants (matière, relief, brillance) peuvent être écrasés par un éclairage trop uniforme destiné à « neutraliser » les ombres.
Par ailleurs, la différenciation avec des photos similaires émanant d’autres personnes peut s’avérer difficile. Quand on utilise le même standard de production des photos (i.e. fond blanc, angle 3/4), l’image ne permet pas de se démarquer visuellement.
Du descriptif au narratif
S’évader du descriptif pur conduit à ce type de photographie que plébiscitent les ennemis jurés du descriptif : la photo dite « narrative », celle qui, au delà de la représentation simple d’un « sujet » (plus souvent un objet, d’ailleurs) propose de raconter une « histoire ». Mais voilà : quelle histoire ?
Bien souvent c’est un peu comme lorsqu’on raconte une bonne « vanne » : on se base sur des concepts pour « faire rire » et, là, celle ou celui qui n’a pas « la référence », ne trouve aucun effet comique.
C’est un peu la même chose en matière de photo. S’il n’est pas judicieux de venir avec « ses gros sabots » (i.e. des évidences), il est au contraire recommandé de faire preuve d’une certaine subtilité. « L’histoire visuelle » doit pouvoir être bien saisie par tous les lecteurs de la photo, mais, en même temps, garder beaucoup de finesse. Plus facile à dire qu’à faire ! Et on n’y réussit pas toujours, malheureusement. Mais bon : c’est un but à se fixer, tout en essayant de ne pas perdre totalement la clarté descriptive.
De plus, ce narratif ne DOIT pas être là parce que c’est « recommandé ». Il se doit de coller à la photo. Ce ne sera pas le même pour une autre photo, qu’elle soit de même style ou non. Il doit être original, intéressant. Il doit refléter la personnalité du photographe, voire son état d’esprit du moment, et ne peut donc pas être banalisé. Cependant, il faut aussi qu’il soit compris du lecteur de la photo. Pas facile ! N’oublions pas, en effet, que la narration, c’est celle de l’auteur de la photo, l’expression de SA perception du réel et non le réel lui-même.
Éviter les inconvénients du descriptif
Dans un contexte commercial professionnel (catalogue).
Il est bon de combiner descriptif et contextuel. Tout dépend de ce que l’on souhaite montrer. Par exemple dans une série, on peut garder une ou deux photos strictement descriptives (fond neutre, mesures visibles) pour l’information factuelle, puis ajouter des photos en situation d’usage pour l’émotion et la projection.
- Soigner la lumière même en studio. Un éclairage descriptif ne veut pas dire plat : utiliser un éclairage directionnel doux (i.e. des soft-boxes à 45°, contre-jour léger) permet de révéler texture et volume sans sacrifier la neutralité.
- Jouer sur les détails et macro. Par exemple, pour une photo d’un vêtement, ajouter des gros plans sur les finitions, coutures, matériaux : cela reste descriptif (informatif) tout en étant plus engageant visuellement.

Difficile de deviner de quoi il s’agit, non ? C’est, pris en très gros plan, un morceau de la bâche avec laquelle Christo et Jeanne-Claude ont enveloppé l’Arc de Triomphe de l’Étoile en 2021. C’est une image purement descriptive qui, a priori, ne raconte rien de l’usage qui en a été fait.
- Varier légèrement les angles. Plutôt qu’un unique angle frontal, proposer 3-4 angles (face, profil, dessus, détail) donne une meilleure compréhension du volume sans perdre en objectivité.
- Étalonnage colorimétrique rigoureux. Pour éviter le principal reproche du descriptif raté (couleurs infidèles), calibrer l’appareil et l’écran, utiliser une charte de gris/couleur en prise de vue.
- Ajouter du contexte minimal. Un accessoire discret pour donner l’échelle (une main, un objet du quotidien à côté) aide à la compréhension sans transformer la photo en mise en scène complexe.
- Cohérence de style globale. Même en restant factuel, définir une charte visuelle (cadrage, marge, format) donne une identité de marque reconnaissable malgré la sobriété.
Dans les photos de la vie courante
Nous n’allons pas traiter ici de tous les sujets possibles ! Sinon, il faudrait probablement rédiger une encyclopédie de la photo narrative : c’est mission impossible ! Nous nous limiterons à trois domaines couramment pratiqués :
- Macro/proxi,
- Photo de rue,
- Photo de paysage.
Macrophotographie et proxiphotographie
S’il est un domaine généralement considéré comme purement descriptif, c’est bien celui-là !
Dans ce domaine, la photo non descriptive est-elle possible ? La réponse est : Oui, absolument.
C’est même l’un des terrains où la bascule entre « descriptif » et « non descriptif » est la plus spectaculaire, car le rapprochement extrême transforme souvent la nature même du sujet.
Le principe
La macro/proxi descriptive cherche à documenter fidèlement : on reconnaît immédiatement le sujet (un insecte, une fleur, une pièce mécanique, …), les proportions et couleurs sont fidèles, la mise au point est rigoureuse, la profondeur de champ suffisante (éventuellement via focus stacking), l’éclairage est neutre et homogène.
La macro/proxi non descriptive exploite le même rapprochement optique mais dans un but expressif : le sujet devient prétexte à une composition abstraite, une texture, une émotion, parfois au point de devenir méconnaissable.
Montrer une araignée dans sa toile se dirigeant vers sa proie, ou commençant à s’en nourrir, va bien au delà de la simple photo d’une araignée seule. On ne décrit plus seulement l’arthropode, on le montre dans une situation, une « histoire ». Ce qui, d’ailleurs, peut aussi se faire dans une série d’images.
Une libellule se pavanait tranquillement sur une graminée…
quand surgit une guêpe qui, aussitôt, l’attaqua :
Comment s’extraire du pur descriptif
- L’abstraction par le cadrage. En zoomant à l’extrême sur un fragment (une seule écaille d’aile de papillon, une goutte d’eau isolée, la surface d’une pierre), on perd toute échelle de référence. L’œil ne reconnaît plus l’origine du sujet, l’image devient une composition de formes, couleurs, motifs.
- La profondeur de champ ultra-réduite. En macro, une ouverture large (i.e. f/2.8) réduit la zone nette à quelques millimètres voire beaucoup moins. Plutôt que de chercher la netteté totale (focus stacking descriptif), on assume un point net minuscule noyé dans un flou important : l’image devient alors comme impressionniste, onirique.
- La lumière dramatique ou colorée. Contre-jour, gélifs colorés, lumière rasante créant des ombres fortes : on abandonne l’éclairage neutre pour sculpter le sujet et créer une ambiance plutôt qu’une information.
- Le mouvement et le flou. Bougé volontaire, double exposition, focus stacking raté volontairement, vibrations : la netteté chirurgicale caractéristique du descriptif est remplacée par du flou expressif.
- La surexposition ou sous-exposition assumée. Une goutte d’eau totalement blanche (« high key« ) ou une texture presque noire (« low key« ) sacrifient l’information factuelle au profit de l’ambiance.
Ces façons de faire, souvent en contradiction avec les « schémas » habituels, ont pour intérêt de créer un contexte selon l’imagination du photographe, orientant ainsi la lecture de la photo.
Quelques exemples concrets
- Rosée sur une toile d’araignée (on aime bien les araignées !) à contre-jour : chaque goutte devient une petite sphère lumineuse abstraite, on ne perçoit plus la structure de la toile, c’est de la photo de lumière, pas de la photo de documentation entomologique.
- Peinture à l’huile craquelée en gros plan : photographiée en macro, la texture ressemble à un paysage désertique vu du ciel : c’est un total détournement d’échelle, on n’obtient aucune valeur descriptive du tableau d’origine.
- Bulles de savon en macro avec flash coloré : les irisations créent des motifs psychédéliques totalement abstraits.
- Œil humain en extrême gros plan : l’iris devient un paysage de textures et de couleurs, davantage perçu comme une composition graphique que comme un œil identifiable.
Certains commerces utilisent cette technique pour vous offrir (mais pas gratuitement !) un tableau de votre œil.
- Givre sur une vitre : motifs cristallins qui ressemblent à des formations géologiques ou à des fractales : le sujet initial (de la glace) disparaît derrière l’abstraction visuelle.
- fleurs
- Une version descriptive : pleine netteté du pistil aux pétales (focus stacking éventuel), fond neutre, couleurs fidèles. Tout cela est utile pour un guide botanique.
- Une version non descriptive : un seul pétale flou en high key, rétroéclairé, dont seule la nervure centrale est nette, devient une image quasi abstraite, proche de la peinture, exposable en tirage d’art, sans plus aucune vocation informative.
C’est d’ailleurs tout l’esprit du travail de photographes comme Macoto Murayama ou, à l’inverse, Kim Keever, qui illustrent les deux extrêmes du spectre à partir d’un sujet naturel similaire.
Photo de rue
Si je suis loin d’être un spécialiste de ce domaine photographique, je m’y intéresse de plus en plus, raréfaction des sujets macro oblige !
Une photo de rue descriptive
C’est celle qui consisterait à montrer une rue déserte ou un quartier dans lequel il ne se passe rien. Par exemple, lors de la sinistre période des confinements. A cette époque, personne n’avait le choix : il fallait rester chez soi. Une très large majorité de citoyens a obéi à la consigne. Mais quelques autorisations de sortie ont aussi permis à certains photographes de fixer sur les capteurs de leurs APN ces villes sans voiture, désertes. Montrer ainsi un environnement désert est, en très grande partie, purement descriptif. On peut cependant y voir un aspect narratif, en ce sens que « l’absence de vie » était la conséquence d’un processus qui s’imposait à tout le monde. On avait quand même un peu « d’histoire » à raconter.

Photo de rue narrative
La situation précédente n’a toutefois rien à voir avec la photo de rue telle que l’ont pratiquée les plus grands photographes du passé (dont tout le monde connait les noms). Et comme la pratiquent les amateurs de photo de rue actuels.
Photographier un café ou un restaurant fermé, et lui seul, est un processus quasi exclusivement descriptif : il n’y a bien souvent rien d’intéressant à côté de l’esthétique du lieu. Surtout rideau baissé sans signe particulier ! En revanche, ce même établissement ouvert et où se pressent ou consomment des personnes, même une seule, raconte davantage la vie. Et parfois peut même la raconter de telle façon qu’on en oublie le lieu pour ne s’intéresser qu’aux personnes qui s’y trouvent.
Il est évident que tout n’est pas toujours intéressant en pareil cas. Il n’empêche que, selon les circonstances, les « histoires » que racontent les personnes – ou d’autres êtres vivants -peuvent alors être variées et présenter différents degrés d’intérêt. C’est alors tout l’art du photographe de savoir les saisir… et les partager !
Cette photo de rue n’aurait pas raconté grand-chose sans la présence du « molosse » et de son pendant sur le sac accroché à la porte.
De la même manière, la photo suivante n’aurait pas eu la même portée narrative sans présence humaine :
Comment procéder
Donner de la vie à une photo, lui faire raconter une ou des histoires n’a d’autre but que d’intéresser davantage le lecteur. Pour y parvenir, quelques solutions de bon sens s’imposent, qu’il appartient à chacun de mettre en pratique… à sa manière. Car toute photo est le résultat d’une façon de procéder personnelle et ne répond pas à des critères strictement établis. Toutefois, on pourrait mettre l’accent sur différents points :
- La composition et le cadrage. Il ne faut pas les négliger, bien au contraire. Oser des cadrages audacieux, changer de perspective, isoler des détails, tout cela permet de se démarquer, mais aussi de donner vie à la photo.
- Utiliser la technique. De préférence à bon escient ! Par exemple, en utilisant une grande ouverture pour isoler le sujet : la faible profondeur de champ crée alors un fond flou artistique, ce qui apporte du mystère.
- Initier une vraie narration. Il est recommandé de capturer le mouvement, mais sans le figer : cela donne aussi de la vie. Les expressions des visages donnent aussi le sentiment « qu’il se passe quelque chose », parfois cocasse, parfois dramatique.
Autre point sur lequel jouer : la couleur. Mais aussi le monochrome. La photo de rue en monochrome tend à évoquer les grands photographes du passé. Il n’est pas question de se prendre pour eux, non, mais d’évoquer des ambiances particulières que la couleur n’évoque pas toujours.
Un exemple : la photo de la ville marocaine de Chefchaouen (par Shinihas Aboo), publiée sur ce site attire le regard, bien sûr, par sa couleur bleue. Mais, en l’imaginant sans la présence de l’homme conduisant son âne, elle présenterait beaucoup moins d’intérêt. Sur ce même site, bien d’autres photos de rue « racontent » la vie et « méritent le détour », comme disait un célèbre guide touristique.
Photo de paysage
Difficile, dans ce domaine, d’échapper au côté descriptif. Si la photo de paysage comporte inévitablement un aspect descriptif évident (on veut montrer quelque chose), il n’est pas pour autant interdit d’y ajouter de quoi raconter une « histoire ». Même si ce n’est pas toujours facile. Même si ce n’est pas obligatoire. Il est parfaitement respectable de ne vouloir montrer qu’une vue descriptive de ce que l’on photographie. Toutefois, la présence dans la photo de personnes, d’animaux (ou, plus généralement, de tout ce qui n’est pas strictement du paysage), leurs attitudes, leurs interactions, peuvent être de nature à mieux intéresser le lecteur que le paysage seul. Même des véhicules qui s’y trouvent peuvent « raconter une histoire ».

Si l’on ne s’y attarde pas, cette photo de paysage paraît plus que banale. Mais en y regardant de près, on remarque plusieurs « détails » :
- C’est un reflet dans un plan d’eau
- Des êtres humains le rendent un peu plus narratif (randonnée, promenade, …)
- À l’avant, de couleur bleue, il s’agit d’une étendue neigeuse à l’ombre : on note ainsi que la « couleur des ombres » est une réalité.
Des photos d’un paysage de montagne où s’accrochent à des parois rocheuses des chamois (pour moi, des isardsL'isard n'est autre que le chamois des Pyrénées) racontent plus de choses que la paroi rocheuse seule.
On pourrait aussi évoquer d’autres domaines, tels la photo de sport (où il est relativement facile de donner de la vie, de « raconter ») ou la photo d’architecture (là, c’est nettement plus difficile, selon moi !).
En fin de compte …
Pour ma part, je pense que l’opposition « photographie descriptive v/s photographie narrative » est un faux débat. C’est souvent une opposition artificielle.
Pourquoi ? Tout d’abord parce que toutes les photos ne peuvent pas être et ne sont pas des photos narratives alors que toutes les photos comportent une part, si petite soit-elle, de description. Et puis quoi ? En quoi une photographie descriptive bien faite serait-elle à bannir ? Au nom de quel principe ? L’intention du photographe est, pour moi, primordiale. C’est son droit le plus strict de réaliser et de montrer une photographie purement descriptive. Comme ce serait aussi son droit le plus strict de faire de même avec une photographie narrative. Après, cela se heurte (ou pas !) à la façon de penser du lecteur de la photo. Mais il n’appartient pas à ce dernier de dicter sa façon de voir à l’auteur d’une photo. Tout au plus peut-il lui donner un avis, son avis. A posteriori !
Crédit photos : © Micaz – Sauf indication contraire, les photos sont la propriété de l’auteur – Cliquez sur les images pour les agrandir.







