Quand vous achetez pour la première fois un boîtier ou que vous changez de marque, le vrai problème n’est pas de choisir un appareil photo en particulier. Non, celui qui se pose à vous, c’est choisir le bon objectif.
Sauf à disposer d’un budget illimité, ou presque, la plupart des photographes ne pourront en acheter quatre ou cinq d’un coup. Or, les marques proposent une gamme d’objectifs importante. Celle-ci permet de pratiquer la photographie de paysage au portrait, de l’animalier aux sports, en passant par l’univers du petit et bien d’autres que j’oublie. Dès lors, que choisir ? La question est vaste et dépendra des situations de chacun.
Un défi pour certains
Pour ceux qui connaissent déjà leurs besoins, soit parce qu’ils pratiquent depuis de nombreuses années (changement de marque), soit parce qu’ils se sont précédemment interrogés sur ce qu’ils aimeraient réaliser comme type de photo (premier achat), le véritable problème rencontré concernera le financement. Si les fonds ne sont pas suffisants, il leur faudra décider d’un ordre de priorité, afin d’étaler les acquisitions.
Pour les autres, le défi sera de déterminer le premier objectif. Et c’est finalement plus simple que l’on pourrait croire. Le meilleur objectif dépend de ce que vous prévoyez de photographier. Si vous le savez déjà, alors l’achat est évident. Si ce n’est pas le cas, il existe des objectifs de compromis.

Comme vous pouvez le constater sur ce schéma, certaines focales se prêtent mieux à des pratiques que d’autres. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible de faire du portrait à 8 mm ou du paysage avec un 400 mm, mais plutôt que ce n’est pas forcément l’objectif le mieux adapté.
Certains photographes découvriront un attrait pour la faune, la flore, tandis que d’autres s’intéresseront aux portraits, à la macro, aux paysages, aux voyages ou à la création de contenu. Une fois que vous savez ce qui vous excite le plus, les futurs achats d’objectifs deviennent beaucoup plus faciles et plus intentionnels.
Le compromis pour ceux qui ne savent pas
Vous avez droit à une bonne nouvelle, la solution est simple et consiste à commencer par un objectif polyvalent. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce dernier vous permettra de gérer différentes situations, tout en vous aidant à découvrir quel type de photographie vous intéresse le plus. Ce faisant, vous allez apprendre ce que vous aimez photographier. Et définir ainsi votre ou vos pratiques de prise de vue, sans dépenser beaucoup d’argent dans des équipements trop rarement utilisés.
En investissant dans un objectif polyvalent et en pratiquant pendant au moins une année, vous allez vous tester, comprendre vos besoins et envies. Vous vous donnez le temps d’identifier réellement vos besoins afin de construire par la suite votre parc d’objectifs. Sans doute en étalant vos achats sur quelques années !
Pourquoi une année ?
Pour deux raisons principalement :
- Une année, c’est quatre saisons, des couleurs et des thématiques différentes, ainsi que des évènements, familiaux ou non. Donc, de nombreuses possibilités pour vous de tester.
- 12 mois, c’est quelques centaines ou milliers de clichés qui permettront, à l’aide d’outils, de connaitre les focales les plus utilisées. Et ainsi mieux choisir par la suite.

Dans l’exemple ci-dessus, il est possible de se rendre compte que, sur 72815 clichés pris avec des boîtiers Plein Format, plus de 70 % sont dans la tranche 20-70 mm. Pour cette personne, un objectif avec une plage de focale plus réduite et à grande ouverture, un 24-70/2.8 typiquement, semble un bon deuxième achat. Ou une triplette de focales fixes (24, 35 et 60 mm).
Quel objectif multi-usage ?
Le plus solide, ce sera peut-être un objectif polyvalent de type 24-105 (ou 18-80 en APS-C). Ce dernier offre suffisamment de flexibilité pour explorer presque tous les genres de photographie, tout en vous aidant à découvrir où vos intérêts vous mènent en fin de compte. Il en existe plusieurs sur le marché, souvent à ouverture variable (pas toujours gage d’images bien définies), parfois à ouverture fixe f/4 (synonyme de qualité supérieure) et rarement à ouverture f/2.8 (le top, mais cher et lourd).
Si vous pensez être limité, alors le mieux est d’acheter un zoom doté d’une plage focale très large. Comme ces 20-200 mm F3.5-6.3, 25-200 mm F/2.8-5.6, 28-300 mm F/4-7.1, ou encore 28‑400 mm f/4‑8 VR pour des boîtiers Plein Format. Les modèles APS-C et autres micro 4/3 ont aussi des objectifs similaires (18-300 mm F/3.5-6.3,…).

N’oubliez pas le marché de l’occasion, qui est bien particulièrement bien fourni, surtout pour les boîtiers reflex, et souvent moins cher. On peut trouver, par exemple, des 18-270 F3.5-6.3, 16-85 F3.5-5.6 (ces deux exemples sont pour des APS-C) ou des 24-240 mm f/3.5-6.3 (FF). Le choix est large. Ce marché, surtout dans le cadre d’un premier objectif qui permettra de mieux comprendre vos besoins, ne doit surtout pas être négligé. C’est le meilleur moyen d’économiser facilement, surtout quand on hésite.
Maintenant que vous avez les cartes en main, bon achat !
4 réponses
Bonjour F. C’est vrai que choisir le « bon » objectif du premier coup est, très certainement, difficile ! J’ai directement commencé, à l’époque, il y a bien longtemps, avec un 35 / 105 3.5 fourni avec mon premier boîtier d’occasion. Impeccable pour débuter (à mon avis). Aujourd’hui, 24 / 70 et 70 /200, deux boîtiers et me voilà à l’abri de la plupart des galères courantes !!! Mais, deux boîtiers !!! Vivement un 24 / 200 PENTAX ☺☺☺
Maintenant que vous avez les cartes GOLD en main, bons achats ! ☺☺☺
Amitiés aux 2 du PhotoKlub.
Les 24-70 et 70-200, surtout en f/2.8 sont des valeurs sures. Mais pas les seuls
Chouette article. En effet, quand on veut un nouveau boîtier, le, ou les objectifs, est un critère vitale je trouve. Le petit amateur que je suis, c’est fait les dents, sur deux polyvalents, en kit. Un surtout, l’autre trop mauvais à mon goût. Pendant un an, j’ai fais avec ce zoom poly, j’ai après, acquis une focale fixe, qui offre une qualité d’image supérieur, mais cadrer est moins intuitif- La distance focale, et l’angle de vision. Le prochain appareil, que je veux, sera avec un kit polyvalent, et une focale fixe…
Par contre, je mettrais plus au bout, histoire d’avoir une bonne qualité optique. Avoir un objectif lumineux, assez ouvert (entre 60 et 80°), et offrant une bonne captation optique, c’est plus de 1000€- Certains à 700-800€, sont intéressant, une bonne focale fixe est moins cher qu’un zoom polyvalent.
On peut dire beaucoup de choses sur les optiques. Je n’ai pas évoqué, cette fois-ci, tout ce qui s’apparente aux ouvertures, aux différentes gammes et plein d’autres points. Après avoir acheté de nombreux objectifs, et revendus un nombre tout aussi conséquent, je peux dire qu’il existe de vrais bijoux peu chers, qui concurrencent souvent la grosse artillerie dont le tarif provoque des crises cardiaques à ma carte bancaire.
Un point important : mieux vaut une très bonne optique et un boitier moyen que l’inverse.