Et si les objectifs de type 24-105/4 (ou 24-120/4) étaient une meilleure option pour nombre d’entre nous ? Au fond, choisir ce zoom ne serait-il pas un meilleur choix que le bon vieux 24-70 ?
L’omniprésence du 24-70 à ouverture f/2.8
Cela fait des années, des dizaines d’années, que les objectifs 24-70/2.8 dominent le marché du zoom qualitatif. Et ce n’est pas un hasard, car que nous prenions des clichés en extérieur ou en intérieur, il s’avère presque parfait. Le 24-70 f/2.8 est un zoom polyvalent, lumineux, souvent haut de gamme et qui couvre pas loin de 80 % des besoins photographiques classiques. Bref, un indispensable ! Je mets de côté volontairement les pratiques nécessitant de longues focales.
Ces propos valent également pour les 28-70/2.8, souvent un ton en dessous en termes de qualité (ce qui ne les empêche pas d’être excellents) et les 28-70/2 qui sont des monstres en termes de qualité… et de poids, malgré la perte de 4 mm sur le bas de la focale, ce qui est très important pour les petites focales ! Il est toujours plus facile de recadrer une image trop large, que d’utiliser l’IA pour « inventer » ce qui n’existe pas.
Même si certains campent sur le dogme émis par Cartier-Bresson pour qui le recadrage était hors de question (« il faut impérativement respecter ce que l’œil a vu dans le viseur« ), ce choix doit être propre à chacun.
Des atouts importants
Côté polyvalence de la plage focale, il n’y a pas grand-chose à lui reprocher. Il commence sa course à 24 mm (qui est à la limite entre les grand-angles et les ultras grand-angles), ce qui est parfait pour les paysages, l’architecture, les photos de groupe. À l’opposé, il termine sa course à 70 mm, soit un petit téléobjectif. Ce qui est déjà très bien pour les portraits serrés ou pour isoler un sujet. Entre les deux, c’est la plage 35-50 mm, soit des focales standards grandement prisées pour la photographie de rue, le reportage, les portraits, les paysages.

Deuxième point en sa faveur, l’ouverture constante à f/2.8, proposant ainsi une excellente luminosité à toutes les focales. L’ouverture f/2.8 est parfaite pour les photos en basse lumière, sans trop compenser avec une faible vitesse et/ou une montée en ISO. Cette grande ouverture offre également une profondeur de champ intéressante, avec des flous d’arrière-plan (le fameux bokeh) agréables pour les portraits.

Le 24-70/2.8 conserve une réputation d’objectif professionnel, proposant une qualité optique, une qualité de fabrication et une fiabilité exemplaires. C’est une Rolls matinée de Ferrari. Le piqué est très élevé, les aberrations sont quasi inexistantes, l’autofocus bénéficie d’un moteur ultra rapide et précis et la construction est souvent tropicalisée. Cet ensemble de qualités en fait un objectif de confiance dans toutes les conditions exigeantes (concerts, mariages, voyages, sport en salle). Disposer d’un 24-70/2.8 dans une gamme « pro », et, pendant longtemps, ils l’étaient tous, c’est avoir la certitude d’obtenir d’excellents clichés d’un point de vue technique.
À noter
Depuis de nombreuses années, des constructeurs ont décidé de produire cet objectif dans une version intermédiaire, c’est-à-dire moins chère. Afin de conserver l’ouverture constante à f/2.8, ils ont légèrement rogné sur la qualité de construction et souvent sur la plage de focale. Chez Tamron, ce sont les 28-75/2.8 Di III VXD G2 et 24-70/2.8 Di VC G2. Pour Canon, c’est le RF 28-70/2.8 IS STM et pour Nikon, le Z 28-75/2.8… Cette catégorie doit être envisagée, tout en gardant à l’esprit que 4 mm en moins, c’est très visible pour les UGA/GA.


Revers de la médaille
Les 24-70 estampillés « pro », sont souvent lourds et chers. Les lentilles, pour permettre cette grande ouverture constante sur toute la longueur de la plage focale, sont plus grandes. Donc plus massives. Et le prix s’en ressent obligatoirement.
| Pentax DFA 24-70/2.8 | Canon RF 24-70/2.8 | Canon RF 28-70/2 | Sony FE 24-70/2.8 GM II | Canon 24-105/4 | Sony 24-105 G OSS/4 | Panasonic S 24-105/4 |
| 1299 € | 2749 € | 3549 € | 2299 € | 1499 € | 1179 € | 1299 € |
Pourquoi les 24-105/4 ont-ils le vent en poupe ?
Pour plusieurs raisons. Que je pourrais résumer en quelques mots : le 24-105/4 dispose d’une flexibilité difficile à ignorer, presque inégalée.

Pour réduire les prix, les constructeurs ont décidé de proposer des produits ouvrant à f/4, y compris pour des 24-70 (comme le Sony 24-70/4 OSS SEL). Ils permettent de conserver la qualité d’une ouverture constante, en proposant souvent un range de focale plus important.
Une portée plus intéressante
Ce qui sépare les 24-70 des 24-105 ? 35 mm de focale supplémentaire. Un surcroit de portée qui permet d’obtenir, avec le même objectif, les fameux 85 mm et 105 mm très utiles pour le portrait. Sans changer d’objectif. Évidemment, ce surplus d’étirement ne vaut pas que pour cette pratique, même si cette dernière en profite beaucoup. Car, lors d’un shooting, changer régulièrement d’objectif porte atteinte à la fluidité de la séance. Cela vaut aussi pour la photographie de paysage, de rue, etc.
(les photos ci-dessus ont eu le même traitement sous LrC)
De manière plus générale, ce type de zoom a de multiples avantages, comme :
- Il permet de se poser à un endroit et changer de composition sans effort.
- En voyage, il réduit le nombre d’objectifs à emporter.
À noter
Certains constructeurs ont tablé plutôt sur des 24-120/4, qui proposent une qualité similaire que les 24-105/4, avec quelques millimètres de focale supplémentaire côté spectre haut. Mais la différence visuelle est suffisamment faible pour que cela ne porte pas à conséquence, surtout que les deuxièmes, couplé aux capteurs survitaminés en pixel, permettent un recadrage simple et efficace.


Une ouverture qui reste tout de même lumineuse
Certes, f/4, c’est moins lumineux qu’un f/2.8. Je ne peux pas prétendre le contraire. Mais, prenez-vous souvent des clichés à f/2.8 ? Utilisant Adobe LrC, toutes mes images sont cataloguées. Grâce aux métadonnées, je peux dire que, tous objectifs confondus, la part des clichés pris à f/2.8 est de 5 % environ. Si je restreins uniquement aux objectifs ouvrant au max à f/2.8, le ratio est de 2 % (presque toutes en studio, pour des portraits) ! Pour terminer avec ces chiffres, seuls 10 % de mes images ont été réalisés avec une ouverture inférieure à f/4 ! Et pour vous ?

Autre point de détail, si j’avais le besoin d’images avec des arrière-plans flous, un objectif ouvrant à f/2.8 ne suffirait sans doute pas. Il faudrait investir dans ceux ouvrant à f/1.4 ou f/1.2, les seuls à me garantir ce type d’effet presque à coup sûr.
Personnellement, j’utilise rarement ces grandes ouvertures. Les seuls vrais intérêts, c’est dans ces endroits où il y a peu de lumière, en studio ou quand je souhaite obtenir un effet particulier. En ce sens, le 24-105/4 correspond à un usage quotidien.
Le poids !
Voici le poids de 6 objectifs afin de se faire une idée objective.
| Pentax DFA 24-70/2.8 | Canon RF 24-70/2.8 | Canon RF 28-70/2 | Sony FE 24-70/2.8 GM II | Canon RF 24-105/4 | Sony 24-105 G OSS/4 | Panasonic S 24-105/4 |
| 812 g | 900 g | 1430 g | 695 g | 700 g | 663 g | 680 g |
Les 24-105/4 sont, au pire, aussi lourd que le plus léger des 24-70/2.8 (le Sony FE 24-70/2.8 GM II pesant le même poids que le Canon RF 24-105/4, à 5 gr près), alors que les distances focales proposées sont plus importantes.
La netteté et la douceur
Oui, les 24-105/4 proposent des images un peu plus douces que les 24-70/2.8 qui se montrent, eux, plus nets, plus rasoir. Ils sont nombreux à prendre ce comportement comme étant rédhibitoire. Souvent, il s’agit d’adeptes de la précision chirurgicale, qui pensent que les moindres détails doivent être vus. Pour eux, une image parfaite doit être exempte de douceur. Pourtant, si vous êtes adepte du portrait, la douceur est appréciable ! Cela permet d’éviter d’apercevoir tous les pores de la peau et de devoir appliquer des filtres diffuseurs au moment de la prise de vue, ou d’effectuer un travail important lors du développement.
Les micro-détails, même dans la photo de paysage, c’est parfois insupportable.
Certains sont même parfocale
Ce terme, vous ne l’avez peut-être jamais entendu. Un objectif parfocale conserve sa mise au point même si je modifie la distance focale. Certes le sujet peut bouger et donc induire une erreur de focus, mais celle-ci est trop petite pour être considérée comme significative. En mode de prise de vue Manuel, cela peut avoir un impact assez important. Surtout si vous travaillez avec un sujet susceptible de bouger, car chaque dixième de seconde peut compter. En mode autofocus, l’impact est assez faible, les moteurs permettant la mise au point étant souvent très rapides (tout dépendra de la gamme de l’objectif).
Lequel acheter ?
Les arguments en faveur des 24-105/4 sont nombreux, du prix au poids, de la polyvalence à la qualité des clichés proposés. Néanmoins, les 24-70/2.8 (ou 28-70/2) sont plus qualitatifs. Surtout les plus récents, comme le Nikkor Z 24-70/2.8 S II, conçu pour être une machine de guerre à conserver sur son appareil photo pour la plupart des situations, de la vidéo aux mariages en passant par les voyages. Il serait même tellement bon, selon certains spécialistes, qu’il pourrait aisément remplacer quelques focales fixes.
Alors, lequel acheter ? La réponse à la question ne va pas plaire. Idéalement, il faudrait pouvoir disposer des deux. Ce qui n’est évidemment pas possible pour tout le monde. Lors de mon passage à Canon il y a deux ans, je me suis assez longtemps interrogé sur ce que j’allais acheter. Sur le Pentax K-1 mk II, le 24-70/2.8 était monté presque en permanence, en alternance avec le FA 31/1.8. Passer à un f/4 ne m’a pas paru comme une évidence immédiate. C’est le tarif qui a pesé le plus dans la balance. L’argent, nerf de la guerre, a joué un rôle très important.
En acceptant de perdre en qualité ou en ouverture, j’ai gagné autrement. Aujourd’hui, bien que disposant d’un certain nombre d’optiques, au moment de préparer mon sac photo pour partir en voyage, c’est le premier à rejoindre mon bagage. Parce qu’il est léger, solide, flexible, tout en permettant d’excellentes prises de vue.

Je dois remercier Micaz qui m’a donné l’idée de cet article. Lors d’une de nos conversations, nous avons évoqué les 24-70 et j’avais osé dire que le 24-105/4 était une bonne alternative. Je ne sais pas si je l’avais convaincu. Toujours est-il que, pour alléger nos sacs et remonter un peu le niveau du portefeuille, un objectif de ce type est une excellente alternative qu’il convient de ne surtout pas négliger.





6 réponses
Bonjour F. Très, très bon article du PhotoKlub, merci !!! Ben, je ne trouve PAS dans le catalogue PENTAX ,ce fameux 24/105 que je me serais dépêché d’acheter…☺☺☺ Par contre il existe un 28/135 qui date, un peu, et un 35/105 3,5 qui date encore bien plus ! 35/105 M que j’utilisais depuis des années, sans aucun souci, puis est arrivé le fameux 24/70 2,8 qui lui ne quitte jamais mon K1-II. Bon, je le reconnais, je triche ! Sur le deuxième K1-II est monté un 70/200 qui me pèse, aussi, autour du cou, itou ! ALLEZ,PENTAX !!! JE SOUHAITE, JE VEUX, J’EXIGE un 24/105 2,8 (constant),
K-AF4, très vif, Ø 86m/m (pour garder mes filtres), et AW pour l’année 2026 !!! ☺☺☺ Longue vie au PhotoKlub et bon Noël à vous 2 ☼☼☼
Bonjour. Effectivement, cet objectif n’existe pas chez Pentax, et il n’existera sans doute jamais, sauf un revirement de situation extraordinaire. Et je n’y crois guère depuis déjà de long mois. Il existe bien un 28-105 f/3.5-5.6, mais la qualité est assez éloigné de ce qui se fait aujourd’hui en f/4 constant.
Au quotidien, c’est un 24-105 qui est monté 90% du temps sur mon boitier.
Bonjour,
Je partage totalement cette analyse, et je constate qu’elle est également partagée par beaucoup, en particulier mes amis Nikonistes qui équipent systématiquement leurs derniers boitiers hybrides d’un 24-120 F4.
Personnellement je continue à utiliser avec plaisir mon K1II avec le 24-70 F2,8, mais aussi le Tamron 28-75 F2,8 beaucoup plus compact en photo de rue et d’une qualité très correcte. Je me fais de moins en moins d’illusions sur l’avenir de la gamme Pentax et ai fait l’acquisition d’un Fuji XT5 comme second boitier pour remplacer mon antique K5.
Lorsque j’ai besoin de beaucoup de polyvalence, je l’utilise avec un 16-80 F4 qui me donne toute satisfaction.
Bonjour,
Vous faites partie de ceux qui tentent leur chance ailleurs. Malheureusement, vous n’êtes pas le seul.
Au départ, je pensais que le 24-105/4 serait excellent en voyage uniquement. C’est le cas, mais pas que, car au quotidien, cet objectif est un vrai outil, efficace et presque parfait.
Bref, je ne peux plus m’en passer !
Bonne année, et j’espère que vous continuerez à nous lire.
Salut. BONNE & HEUREUSE ANNÉE 2026 ! La santé et le moral doivent être présents toute cette année 2026 !!! ☼☼☼☼ Une once d’espoir à propos d’un 24/105 2,8 PENTAX, peut-on y croire ??? ☺☺☺ Juste mes meilleurs vœux en ce début d’année, pour vous 2, inutile de publier. AMITIÉS.
Hello et bonne année.
Tous les indicateurs convergent dans la même direction, pas de nouvelles optiques dans les cartons.
Ensuite, un 24-105 à ouverture 2.8, cela existe, mais c’est couteux et déjà assez lourd dans le monde hybride. Alors, pour un relfex, cela deviendrait assez rapidement pénible à utiliser au quotidien.