Les rédacteurs de PentaxKlub éprouveraient-ils une certaine aversion pour quelques thèmes ? Nos lecteurs peuvent légitimement se poser cette question. Même s’ils ne nous l’ont jamais formulée, je vais tenter d’y apporter quelques réponses, toujours, ou presque, en toute bonne foi…
Il est parfaitement exact que certains thèmes, souvent rencontrés sur d’autres sites ou blogs, sont complètement absents sur PentaxKlub. Quelles sont les raisons pour lesquelles on ne leur a pas consacré un article ? Quels sont ces thèmes dont la liste n’est pas exhaustive ?
Une aversion ? Vraiment ?
Établir le programme des articles à présenter n’est pas chose facile.
Aux débuts de PentaxKlub (18 mai 2015 – déjà 9 ans !), des réunions avaient régulièrement lieu entre les trois rédacteurs. C’était l’occasion pour chacun de présenter les thèmes qu’il se sentait en mesure de traiter, soit qu’il possédait les compétences pour le faire soit qu’il se proposait de les acquérir rapidement. Et, bien entendu, s’il disposait du matériel (photo, bien sûr, mais pas seulement) nécessaire pour effectuer le travail. Et l’occasion aussi d’élaborer des méthodes de test, et de notation, le cas échéant, des principes de rédaction et de présentation des articles. Pas de quoi s’ennuyer !
Des questions de programmation
Quand on débute un blog, c’est comme dans la vie : tout est à faire. Apprendre d’abord, pratiquer ensuite. Il est très facile de trouver « les sujets », et puis, à trois, on a plus d’idées que seul. Et aussi plus d’astuces ou de connaissances pour traiter le sujet. Bref, « tout roule » facilement : on est sur une autoroute, pas sur une route de montagne. Pour résumer : tout seul on va probablement plus vite, mais à plusieurs on va nettement plus loin.
La façon d’opérer
Et, la conséquence, c’est que l’on commence par ce que l’on connaît – ou que l’on croit connaître – le mieux. Le reste, on le met en réserve, pour les moments où les idées se font plus rares ou alors parce que l’actualité (ne riez pas : même chez Pentax, ça a pu exister) le nécessite. Ainsi, il y a parfois eu des annonces ou des nouvelles ou des sorties de matériel qui ont contraint à modifier le programme. J’évoque ici avec une certaine nostalgie les « sorties de matériel », car aujourd’hui, ce ne sont pas elles qui viennent perturber les programmes !
La réalité
Mais, quand un objectif ou un boîtier arrive sur les étagères, on se démène pour en avoir un exemplaire à tester : soit par un prêt, soit parce qu’on l’achète. Les prêts ne sont jamais de longue durée, il faut donc ajourner certains sujets pour pouvoir présenter aussi rapidement que possible un test « de terrain ». Il faut savoir, par exemple, qu’un test d’objectif nécessite de prendre plusieurs centaines de photos, surtout s’il s’agit d’un zoom. C’est long en prise de vue, et variable selon les conditions, et encore plus en traitement ensuite.
Ainsi, pendant plusieurs années, on a tenu une liste des « sujets futurs ». Certains en sont sortis soit qu’on les ait traités, soit qu’ils aient été abandonnés ; d’autres y figurent encore, mais pour combien de temps ?
Des questions de compétences et de temps
Pour la plupart des thèmes, acquérir des compétences ne pose pas de gros problème : la réflexion collégiale sur le thème à traiter conduit le plus souvent à trouver tous les éléments – ou une grande partie d’entre eux – nécessaires à une présentation sérieuse du sujet. Quand ça « coince » un peu, Internet, les encyclopédies, les livres en général peuvent aussi fournir de la matière. C’est suffisant dans la plupart de cas. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons conscience de ne pas nous adresser à des professionnels du thème, mais seulement à des amateurs de photo qui voudraient le découvrir ou s’y essayer. Nous l’avons souvent dit : nous-mêmes ne sommes pas des professionnels de la photo, mais des amateurs qui aiment partager leurs connaissances et/ou leur expérience.
Dès lors, nous ne sommes pas des experts en tout et c’est tant mieux ! J’ai coutume de dire qu’un expert, « c’est quelqu’un qui sait de plus en plus de choses sur de moins en moins de choses, jusqu’à tout savoir sur rien ». Nous ne sommes pas des spécialistes. Certains sujets (nous en listerons quelques-uns plus loin) nous sont complètement étrangers et nous ne pouvons pas – pour des raisons diverses – acquérir les compétences ou le matériel pour les traiter.
Ici se pose aussi une autre question essentielle : le temps disponible. Sur les trois protagonistes du début, 2 étaient depuis peu en retraite, le 3e, initiateur principal de « l’aventure », encore en activité professionnelle. C’est toujours son cas aujourd’hui. Quand on sait le temps et la disponibilité qu’exige la tenue d’un blog (si on veut qu’il vive, en tout cas), on comprend mieux qu’il faille y consacrer une bonne partie de son temps libre. C’est parfois difficile !
Des questions « d’effectifs »
Contrairement aux 4 Bacheliers de Georges Brassens, nous n’étions donc que 3. Comme les Mousquetaires, sans D’Artagnan !
Hélas, l’un d’entre nous a quitté le navire pendant la croisière, il y a un peu plus de 2 ans, et, depuis, nous nous sommes donc comptés « deux » seulement : un retraité et un « travailleur » ! Dans tous les cas, maintenant, quand on doit prendre des décisions, on fait du « télétravail » et plus de réunions en présentiel. C’est frustrant, moins convivial, mais vu les circonstances, que faire d’autre ?
Un fait indéniable, c’est qu’on produit moins à 2 qu’à 3. Je l’écris en chiffres, car certains esprits railleurs auraient pu comprendre « on produit moins à Dreux qu’à Troyes » ! Quoique, au delà de la plaisanterie, vu l’actualité et les annonces de Pentax en ce moment (et ça dure !!), on peut se contenter de brèves comme nous vous l’avons expliqué il y a peu. Dans ces conditions, on va à l’essentiel.
Mais, direz-vous, le manque d’actualité laisse du temps à la recherche sur les sujets non traités. C’est vrai. Mais contrairement à la croyance très répandue, le temps, ce n’est pas de l’argent. Pas toujours, en tous cas. Or, certains thèmes exigent des investissements financiers qu’il est bien difficile d’assumer par des amateurs, retraités ou pas ! On y reviendra un peu plus loin.
Quelques thèmes non traités
La photo culinaire
J’ai été celui qui a proposé le thème, vite accepté par mes « complices ». Tout cela parce que j’aime bien cuisiner, sans pour autant me prendre pour un chef en la matière. Bien loin de là !
Les principes
Mais pratiquer la photo culinaire n’est pas aussi simple qu’il y paraît, surtout pour une personne seule. Cela implique de tout faire : la cuisine, la présentation des plats, la photo de ces plats ? Cela implique surtout de disposer de temps (pour cuisiner), du matériel photo nécessaire et d’accessoires qui bien souvent sont essentiels et parfois très onéreux. De plus, certaines réalisations culinaires ne peuvent pas attendre longtemps sans subir « les outrages du temps ». Par exemple, un soufflé retombe très rapidement après sa cuisson. Il faut être extrêmement rapide pour le photographier dans les conditions adéquates. Or, à moins d’être un dieu hindou (Vishnou, certaines représentations de Shiva, d’autres encore) un humain ne possède qu’une seule tête et deux bras.
Le matériel
L’appareil photo n’est pas un problème, objectif compris. Il n’en va pas de même de l’éclairage : (flashes, source de lumière en continu), ni des « accessoires » utiles (potences pour varier les angles de prise de vue, par exemple, ou pour un éclairage par le dessus)
Gérer seul toute cette logistique n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Il est préférable de s’y mettre à 2 ou 3. Et là, quand on n’a pas la disponibilité nécessaire, cela devient très compliqué. Cela n’a pas empêché mes collègues de me railler régulièrement à ce propos !
Le sujet de la photo culinaire est donc reporté « sine die ».
La photo aérienne
Voilà un autre sujet intéressant qui n’a pas encore pu être traité. Aucun de nous ne dispose d’un aéronef personnel ni n’a dans son entourage de connaissances pouvant assurer le pilotage d’un engin adapté. Quant à l’utilisation d’un drone, c’est certes intéressant dans une certaine mesure, mais cela ne répond pas complètement à la problématique. Outre qu’on ne peut pas avec des drones photographier tout et n’importe quoi, la règlementation sur leur utilisation est plutôt stricte (environnement, hauteur, etc.), ce qui complique encore les choses. Et on ne couvre donc pas – et de loin – tous les aspects de la photo aérienne.
Dans ce domaine encore, un appareil photo avec son objectif est loin d’être suffisant. C’est un domaine qui nécessite de l’entrainement et par conséquent une logistique de niveau élevé que nous ne possédons pas.

Ce sujet, éminemment intéressant, pourtant, reste donc sur la liste théorique des hypothétiques réalisations futures, sans grand espoir d’en sortir.
La photographie sous-marine
Pentax ne dispose d’aucun appareil adapté à ce type de photo. Pas plus d’ailleurs que de caisson étanche pour protéger l’appareil éventuellement utilisé. Et ce n’est pas la protection « AW » ou « WR » des APN de la marque qui permet de s’adonner à cette pratique.
Par ailleurs, nous ne sommes pas non plus des spécialistes de la plongée.
Les appareils de Ricoh/Pentax adaptés à la photo sous l’eau (à une profondeur limitée, cependant) sont peu nombreux et surtout destinés à un usage plutôt ludique. Il s’agit des compacts de la gamme WG. PentaxKlub a testé le WG-6, étanche jusqu’à une profondeur de 20 mètres et dotée d’un capteur CMOS 1/3 d’environ 20 Mpxl. Les autres WG de la gamme à 2 chiffres (Ricoh WG-80, et Pentax WG-90, par exemple) présentent de moindres performances. Côté GR, il n’existe pas non plus de vrai caisson, juste un sac étanche jusqu’à 10 m. Mieux vaut investir dans une GoPro !
Il faudrait disposer de tout autre chose pour de la photo sous-marine « sérieuse ». Et d’un bon plongeur-photographe. Il faut avoir conscience, par ailleurs, des difficultés qu’évoquent les spécialistes. Sous l’eau, prendre des photos est sans doute plus difficile qu’y tourner des vidéos, ne serait-ce qu’en raison des réglages. On ne peut pas accéder à tous les boutons et paramètres, alors qu’il faut souvent les modifier pour les adapter aux conditions changeantes. Et parfois, la visibilité réduite fait que l’on prend des photos à l’aveugle. Autant dire que les conditions ne sont pas réunies à PentaxKlub, et qu’on n’entrevoit pas un instant qu’elles le soient un jour.
Ce ne sont pas les seuls sujets abandonnés
Il y en a eu d’autres, comme des tutoriels sur le « virage Or et Sépia » ou le style cyanopé en numérique. On avait aussi envisagé :
- Filtres traditionnels et photographie numérique
- Comment photographier un mariage
- La photo astronomique
- Photographier le sport en général
- La création numérique à partir de photo
Des idées, on en a eu. La capacité de réaliser les articles, beaucoup moins.
L’avenir
C’est d’autant plus vrai que si l’avenir de la marque semble s’inscrire en pointillés, celui de PentaxKlub – dont Pentax est au départ la raison d’être – pourrait lui aussi suivre un itinéraire similaire. Le rythme de parution, qui s’est nettement ralenti, en est un témoignage.
Toutefois, si des lecteurs possédant les compétences suffisantes se montraient intéressés par la rédaction d’articles actuellement en suspens, qu’ils nous le fassent savoir (mail à contact[at]photoklub.com ou formulaire au bas de l’article). Nous avons toujours été ouverts à des collaborations de ce type. Malheureusement, malgré quelques très rares exceptions, les contacts à ce sujet se sont le plus souvent révélés infructueux, essentiellement par défection des candidats pressentis. Et nous le regrettons.
Crédit photos : © Fyve – © Micaz – Les images sont la propriété de leur auteur respectif (sauf précision) – Cliquer pour agrandir.







2 réponses
Bonjour à tous deux et bonne quête au troisième mousquetaire,
Vous effectuez un travail remarquable, bien souvent trop technique pour moi mais toujours bienveillant. Si mes capacités rédactionnelles étaient les vôtres et mes sujets de prédilections en conformité avec vos propos, peut-être aurais-je sauté le pas (petit pas car je n’ai plus vingt ans :-)))
Bien à vous,
L.
Merci pour ce message. Une précision : nous n’avons plus vingt ans, non plus ! 😉