Le test de l’objectif Samyang 20 mm f/1.8 AS ED UMC a été effectué avec un Pentax K-1.
Les focales fixes 18 mm, 20 mm et 24 mm, assez traditionnelles dans la photo argentique, semblent assez peu en vogue depuis l’avènement du numérique. Le Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC semble donc constituer un cas à part. Et nous remercions chaleureusement son importateur qui a bien voulu nous en confier un exemplaire aux fins d’un test « utilisateur ».
Présentation de l’objectif Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC
Le Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC est un objectif que l’on pourrait qualifier de « très grand-angle », intermédiaire entre les objectifs « grand-angles » (GA) et les objectifs « ultra grand-angle » (UGA). Dans les faits, la catégorie « très grand-angle » n’existe pas réellement.
L’utilisation normale de tels objectifs se situe dans le domaine du paysage et de l’architecture. Mais bien sûr, rien n’interdit de les utiliser dans d’autres domaines, à partir du moment où on en connaît les inconvénients. Et qu’on les accepte, bien entendu !
Notons, toutefois, que dans le domaine de l’architecture, le Samyang 24 mm T-S F3.5, à bascule et décentrement, serait plus indiqué.
S’agissant d’un objectif à mise au point manuelle, il n’est évidemment pas motorisé. On note toutefois, sur la monture à baïonnette (version Pentax), la présence d’un contact. Ce contact est destiné à la transmission de la valeur de diaphragme choisie sur le boîtier. Ce n’est bien entendu valable que lorsque la bague de diaphragme est verrouillée sur la position « A ».
Prise en main
Généralités
La bague de mise au point est large et présente une douceur de fonctionnement agréable, avec une fermeté suffisante pour éviter les modifications intempestives. Sa course est d’un peu plus d’un demi-tour. Elle peut être ressentie comme un peu longue sur un tel objectif. En effet, la zone de netteté est importante à cette focale, dans bien des circonstances. À l’usage, cependant, cet inconvénient est assez limité. Ce ne sera gênant que dans le cas où il faudrait passer rapidement de l’infini à la distance minimale de mise au point, ou vice versa.
Le pare-soleil, de forme de tulipe, s’enclenche sans la moindre difficulté. Son usage est très vivement recommandé pour un tel objectif. Il ne provoque bien sûr aucun vignetage.
Le poids de l’objectif (moins de 500 g) n’est jamais un inconvénient.
Côté esthétisme, un liseré rouge vif sépare la bague de diaphragme du reste du fût.
Nota
Une particularité curieuse est apparue en le montant sur le boîtier K-1. Alors qu’il est censé avoir une ouverture maximale de f/1.8, il est possible d’afficher, en plus, en position « A » de la bague de diaphragme, une valeur de f/1.7 choisie par molette sur le boîtier. Ce n’est pas une très grande différence, évidemment. Mais c’est suffisamment rare pour être souligné. Et, de fait, il a été possible de prendre des photos à cette ouverture de f/1.7 (voir les images de tests ci-après).

Prise en main et ergonomie : 7
Le Samyang 20 mm f/1.8 côté technique
| Couverture (capteur) | Plein format (24x36) |
| Ouverture maximale | f/1.8 |
| Ouverture minimale | f/22 |
| Construction | 13 éléments / 12 groupes |
| Distance minimale de mise au point | 0,20m |
| Angle de champ | 94,8° en FF 70,3° en APS-C |
| Diamètre de filtre | 77mm |
| Longueur | 86mm (environ) * |
| Diamètre total | 83mm * |
| Poids | 488g (environ) * |
| Présence de contacts | 1 (transmission de la valeur de diaphragme) |
| Accessoires fournis | Bouchons (avant et arrière) Pare-soleil Housse de transport |
(*) Nota : les dimensions et le poids varient légèrement en fonction des montures.
La formule optique comprend 13 éléments répartis en 12 groupes. Selon le constructeur lui-même, ce Samyang comprend « 2 lentilles asphériques pour minimiser les aberrations et offrir une haute résolution optique » (notées « AS » dans le nom de l’objectif). La mention « ED » indique la présence de lentilles à faible dispersion (Extra-low Dispersion) qui réduisent les aberrations chromatiques. Enfin, la mention « UMC » (Ultra Multi Coated) indique un traitement antireflet.
La construction de ce Samyang 20 mm est sérieuse et soignée. Les différentes indications (diaphragme, distance de mise au point) sont bien nettes.

On notera, sur l’image ci-dessus, la position « A » de la bague de diaphragme et l’inscription « KR » en rouge indiquant que c’est une version Pentax.
La baïonnette est métallique et s’adapte parfaitement, sans forcer, sur la platine du boîtier.

Construction & Finition : 4
Spécifications (techniques) : 3
Le Samyang 20 mm f/1.8 côté optique
PENtaxKlub ne disposant pas de laboratoire, nos tests ne sont pas mesurés par des outils. Nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique. Nos commentaires et note technique sont donc le fruit d’une analyse visuelle.
A noter que pour tout objectif, même le meilleur, il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.
Images de test
Toutes les photos utilisées pour les tests ont été prises en RAW (PEF ou DNG) et, sauf mention explicite, n’ont pas été développées (brut capteur) ou retouchées.
À noter : dès f/2.8, voire f/2, la netteté au centre est excellente (voir l’extrait 100 % correspondant).
Aberrations chromatiques et flare
En conditions normales de prise de vue, les aberrations sont très faibles, même à pleine ouverture. On voit seulement quelques légères franges pourpres qu’il est de toute manière extrêmement facile de faire disparaître en Post-Traitement. L’image ci-après en témoigne (c’est l’angle supérieur gauche agrandi à 100 % de la photo de test à f/1.8) :

Dès f/4, elles disparaissent quasi totalement, remplacées par endroits par d’aussi légères franges bleues beaucoup moins visibles et elles aussi très faciles à corriger.
En aucun cas ces aberrations ne constituent un handicap notable.

Cet objectif s’avère assez peu sensible au flare en conditions normales de prise de vue. Mais il est assez facile, en conditions propices, d’en générer. Ici, une tâche d’irisation mauve.

Distorsion
La même image que ci-dessus, avant correction :

Nous atteignons là un point important de ce test, voire le point le plus important. Quelques objectifs grand-angles sont parfaitement corrigés et présentent une distorsion négligeable (moins de 0,3 %). Ils sont souvent appelés « rectilinéaires » ou « orthoscopiques » par leur fabricant. Tel n’est pas le cas de ce Samyang 20 mm. Et, de fait, il présente une distorsion en barillet qu’on ne saurait qualifier de négligeable. Elle est parfois très sensible, selon les conditions de la prise de vue.
Il importe donc, avec cet objectif, de s’assurer de la parfaite horizontalité/verticalité du boîtier au moment de déclencher. Toute prise en plongée ou en contre-plongée sera sanctionnée par une distorsion bien visible.
Pour minimiser cette distorsion, une solution consiste à placer la ligne d’horizon an centre de l’image et de recadrer ensuite en post traitement. Mais ce n’est pas toujours possible.
Qu’on en juge par les exemples ci-dessous, dans lesquels la distorsion n’a pas été corrigée en Post-Traitement :

Les immeubles sur le côté ne sont absolument pas verticaux

Sur cette image, on notera, outre les déformations géométriques inhérentes à un objectif grand-angle, la distorsion en barillet, particulièrement sur l’immeuble de droite.
En Post-Traitement, corriger de telles images est bien sûr possible, mais demande un certain doigté. Cela conduira, en tout état de cause, à modifier le cadrage initial de la photo. À voir si cela s’avère préjudiciable, ou non, à l’équilibre et à la lecture de la photo.
Homogénéité de l’image
A la pleine ouverture (f/1.8), sur les images de test, on note une très légère perte d’homogénéité entre le centre de l’image et les bords, un peu plus visible sur le bord droit. Cette différence n’est pas gênante, même en agrandissant l’image à 100 %.
Elle s’atténue largement à f/2, et dès f/2.8 on retrouve un excellent équilibre centre/bords qui perdure aux ouvertures plus petites.
Netteté et piqué sont de très bon niveau. De ce point de vue, le Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC est une remarquable optique.

Bokeh
Le Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC est un très grand-angle. Ce n’est donc pas de ce type d’objectif, créé pour la photo de paysage ou d’architecture, qu’on va exiger le bokeh d’un objectif macro ! Dès que l’on ferme le diaphragme, la profondeur de champ augmente considérablement aux distances de prises de vues pour des sujets correspondant à ces domaines.
Pour autant, la distance minimale de mise au point est de 20 cm. À cette distance, et pour peu que le fond soit éloigné du sujet, on peut obtenir de très beaux flous d’arrière-plan.
Cette photo, pourtant prise à f/8, en est l’illustration.

Qualité image (homogénéité, netteté et distorsion) : 30
Qualité optique (AC, flare, vignettage) : 22
Comportement de l’objectif en mode APS-C sur un FF
Ce comportement n’est pas différent. Hormis, bien sûr, le fait que les déformations géométriques sont très atténuées, voire inexistantes. C’est normal dans la mesure où seul le centre de l’objectif est utilisé pour former l’image. Mais, on a alors l’équivalent, en termes de cadrage, d’un 30 mm.
Tarif et Concurrence
À la date de ce test, le Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC est vendu, chez un fournisseur bien connu, au prix de 449 €.
Nous n’étudions ici que la concurrence en ce qui concerne les objectifs compatibles avec la monture K. Il faudra distinguer les focales fixes et les zooms.
Les focales fixes
Il ne nous paraît pas judicieux d’utiliser cet objectif, construit pour le format 24×36, sur un boîtier APS-C. En effet, ce Samyang, monté sur APS-C, cadrerait comme un 30 mm, ce qui change grandement la donne ! Il faudrait donc un objectif cadrant réellement comme un 20 mm en plein format, un 14 mm par exemple. Cela tombe bien : Samyang dispose aussi d’un 14 mm, testé par ailleurs. Et Pentax dispose de l’excellent DA 15 mm f/4, d’un prix voisin et… autofocus.
Pour les objectifs construits pour le plein format, il n’existe rien actuellement chez Pentax. Chez Sigma, le 20 mm f/1.4 DG HSM Art, est affiché au prix de…. 949 € et n’est pas fabriqué en monture K.
Il n’existe donc aucune concurrence en objectifs fixes de focale 20 mm. Nous laissons volontairement de côté les anciens objectifs A, K et M, non prévus pour le numérique. Même si le SMC Pentax 20 mm f/4 ou le SMC Pentax-A 20 mm F2.8, jouissent d’une très bonne réputation.
Les zooms
Le premier qui vient à l’esprit, pour le plein format, est bien sûr le D FA 15-30 mm f.2.8. Il est excellent à toutes les focales et quasiment toutes les ouvertures. PentaxKlub lui a consacré un test auquel nous invitons les lecteurs à se reporter. Mais son prix – 1689 € hors promotions – le met complètement hors course par rapport au Samyang.
Tous les autres zooms Pentax englobant la focale de 20 mm sont de purs DA non compatibles avec le format 24×36. Ils ne sont donc pas des concurrents directs. À l’exception, mais sur une plage de focales très courte, du DA 12-24mm f/4 vieillissant, compatible avec le plein format à partir de 18 mm environ. Mais son prix hors promotions (859 €) est aussi notablement plus élevé que celui du Samyang. Sans compter l’écart des ouvertures maximales (plus de 2 valeurs de diaphragme).
Chez Sigma, il a existé un zoom 12-24 mm f/4.5-5.6 II DG HSM. Mais il n’existe plus en monture PENTAX et ne se trouve (rarement) que sur le marché de l’occasion.
Les autres constructeurs ne présentent rien à cette focale.
Le Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC doit donc, malgré ses défauts, être considéré comme sans concurrence sur la focale et le prix.
Conclusion
Le Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC est un très grand-angle qui ne manque ni d’atouts ni d’intérêt. Le principal reproche qu’on puisse formuler concerne la distorsion bien visible dès lors que toutes les précautions ne sont pas prises avant de déclencher. Ainsi, pour des paysages semi-urbains ou apparaissent de nombreuses verticales, il sera utile de placer l’horizon bien au centre de l’image pour recadrer ensuite. Dans la mesure du possible, bien entendu.
On évitera ainsi les prises de vue en plongée ou contre-plongée qui accentueront très nettement la distorsion. À cette nuance près, le Samyang 20 mm f/1.8 ED AS UMC peut constituer un très bon choix. D’autant que la mise au point, entièrement manuelle, n’est pas vraiment difficile avec un objectif de ce type. Il faut cependant faire abstraction de la longueur de la course de la bague de MaP.
| Ce qui est bien | Ce qui est moins bien |
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Note
| Prise en main et ergonomie | 7 | synthèse et explications |
| Construction et finition | 4 | synthèse et explications |
| Spécifications (technique) | 3 | synthèse et explications |
| Qualité image (homogénéité, netteté et distorsion) | 30 | synthèse et explications |
| Qualité optique (AC, flare, vignettage) | 22 | synthèse et explications |
| Note globale | 66/100 | |
Galerie
Les photos de la galerie peuvent avoir fait l’objet d’un développement.
Crédit photos : © Micaz – Les images sont la propriété de l’auteur (sauf précision) – Cliquez pour agrandir
PentaxKlub tient à remercier Samyang pour lui avoir très aimablement prêté cet objectif.





























