Le test de l’objectif CANON RF 45 f/1.2 STM a été effectué avec un Canon R6 mark III
Résultat de l’ouverture amorcée au début 2025, nous testons pour la première fois un objectif non-K. Un évènement symbolique qui restera sans doute rarissime. Trop de marques, trop de modèles… Tout dépendra des opportunités qui seront offertes.
Avec ce RF 45 mm ouvrant à f/1.2, Canon met à son catalogue une focale fixe pour APN plein format ultra lumineuse, dotée d’un autofocus, au prix ultra abordable de 499 €. Ce positionnement est surprenant (et m’a surpris), Canon réservant traditionnellement les grandes ouvertures à la ligne L, celle des optiques allant du haut au très haut de gamme. Avec la tarification adéquate. Ainsi, le RF 50 f/1.2 L USM, l’objectif qui se rapproche le plus de celui testé de par son ouverture, est affiché à 2699 € (prix catalogue). Le fossé est assez colossal.
Un objectif f/1.2 vendu à « bon marché » ? La première question qui vient à l’esprit est : « Où est le piège ?« . Si cette optique est si accessible, cela induit forcément qu’elle est moins ambitieuse. Avant même de commencer le test, il parait évident qu’il n’aura pas la même qualité de construction ou la même netteté que le modèle haut de gamme. Afin de proposer un tarif si agressif, les ingénieurs de Canon ont dû rogner sur bien des postes. Mais jusqu’à quel point ? Je vous propose de passer en revue ce RF 45/1.2 qui pourrait nous surprendre à bien des égards.
Présentation de l’objectif Canon RF 45 f/1.2 STM
La focale de 45 mm est intéressante. Elle est tout à la fois proche de ce que propose le champ visuel d’un humain moyen et proche de la diagonale du format 24 x 36 (43,266 mm selon le théorème de Pythagore). En cadrant un peu plus grand que la traditionnelle focale de 50 mm, elle permet de photographier « serré » avec un champ un peu plus large. Ce qui offre, par la suite, la possibilité de recadrer, même fortement, pour peu que l’appareil photo utilisé soit généreux en pixels.
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De manière générale, cet objectif est, sur le papier, aussi bien adapté à la photographie de portrait qu’à la photographie urbaine… ou celle de paysage. L’ouverture f/1.2 est fantastique pour photographier dans des conditions de lumière sombre, tout en préservant au mieux la vitesse ou la montée en ISO.
Les dimensions et le poids du RF 45/1.2 (ø 78 x 74 mm, 346 gr.) ne le rangent pas dans la catégorie des objectifs « pancake » comme le RF 28/2.8 (25 mm pour 120 gr) ou le RF 50/1.8 (40 mm pour 160 gr). Malgré tout, ce n’est pas non plus un mastodonte et il reste suffisamment séduisant pour être glissé dans le sac lors de voyages. Dans la rue, il ne se montrera pas aussi discret que les deux autres objectifs cités. À titre de comparaison, le Pentax FA 43/1.9, dont il est proche en termes de focale, ne mesure que 27 mm de long (pour un poids de 155 gr). Mais ce RF 45/1.2 a un avantage très important, non proposé par les autres modèles cités, son ouverture de f/1.2 !
Le Canon RF 45/1.2 n’est pas stabilisé en interne (contrairement à la série L, première différence). Par défaut, la bonne vieille règle, qui précise que la vitesse minimale est « 1 / focale”, s’applique. Soit 1/42 s, ou davantage. Si vous disposez d’un boîtier équipé du système IBIS (capteur stabilisé), vous pourrez gagner environ 4 à 5 stops (selon les modèles). Et donc descendre jusqu’à 1 s à main levée. Un défi réussi pour ma part.
Canon ne livre pas de pare-soleil avec l’objectif. Comme d’ailleurs pour tous les objectifs non-L, ce qui en fait la deuxième différence. Il n’y a pas de petites économies, la firme facturant le modèle adéquat (ES-73B) à presque 25 €. Une radinerie ? Oui, mais cela reste cohérent dans l’esprit de réduction du tarif.
Comme de nombreux objectifs modernes, un firmware est embarqué dans son électronique interne, ce qui permet la possibilité de le mettre à jour.
Prise en main
Ce design extérieur est celui en vogue chez Canon depuis l’apparition de la monture RF. Les différents types de plastiques utilisés sont les mêmes au toucher, me semble-t-il, pour toutes les gammes. À certaines nuances près ! Les bagues du RF 45/1.2 sont également en plastique, perdant ici le côté caoutchouteux bien plus agréable des bagues d’objectifs de la série L.

La mise au point est interne et un commutateur sur le fût permet de choisir entre la mise au point manuelle et l’autofocus. La bague de MAP est suffisamment large (2 cm) pour la manipuler facilement… si vous n’avez pas une grande main comme moi. Malgré sa grande ouverture, la longueur de l’objectif reste assez petite, et cette bague de MAP manuelle ne tombe pas naturellement sous mes doigts. Ce qui m’importe assez peu, puisque la majeure partie de mes clichés sont pris en AF. Mais ce n’est pas forcément le cas de tous.
Les dimensions de l’objectif sont acceptables pour un objectif de 45 mm ouvrant à f/1.2, puisque sa longueur n’est que de 7,5 cm (hors cache objectif). Je regrette vraiment l’absence d’un pare-soleil. Cet investissement est nécessaire si vous utilisez l’objectif en extérieur.
Il n’y a pas de bague de réglage du diaphragme, alors que celle-ci est présente sur le RF 50 f/1.4 L VCM (mais réservée à la vidéo !).
Dans le cadre d’une utilisation en mode « One Shot » (AF-S pour les autres marques), il est possible de retoucher manuellement la mise au point, à condition que l’option soit activée (Menu AF, page 6, option « MAP Manuelle avec objectif« ).
Prise en main et ergonomie : 9
Le Canon RF 45 f/1.2 côté technique
Sans surprise, le RF 45 f/1.2 n’appartient pas à l’élite. La problématique qui a été confiée aux ingénieurs était simple, concevoir une optique de type 50 mm, ouvrant à f/1.2 et qui soit agressif d’un point de vue prix public. Un cahier des charges peu ordinaire qui les a certainement conduits aux choix techniques utilisés. Ils ont dû ainsi, pour réussir, prendre des libertés avec les lois optiques, en comptant sur l’informatique pour compenser.
Un pari audacieux, mais qui n’est pas une première chez Canon.
| CANON RF 45 mm f/1.2 STM | Monture RF |
|---|---|
| Spécifications | |
| Focale | 45 mm |
| Équivalent 35 mm sur un APS-C | environ 72 mm (facteur de recadrage Canon 1,6x) |
| Angle de champ / de vue (horizontal, vertical, diagonal) | environ 49°, 29,5° et 51,2° |
| Plage d’ouvertures | f/1.2 – f/16 |
| Lentilles – Groupes | 9 éléments répartis en 7 groupes (dont 1 lentille asphérique PMo) |
| Diaphragme | Circulaire à 9 lamelles |
| Distance minimale de mise au point | 45 cm |
| Bague d’ouverture | Non |
| Grossissement maximum | 0,13 x |
| Stabilisation image | Non – Stabilisation possible via le boîtier et le système IBIS |
| Moteur de mise au point AF | STM |
| Spécificité(s) lentille(s) | 1 lentille asphérique PMo – Revêtement Super Spectra |
| Autres | |
| Diamètre de filtre | ø 67 mm |
| Dimensions (diamètre x longueur) | ø 78 x 75 mm |
| Poids | 346 g |
| Tropicalisation | Non |
| Accessoires | Bouchons avant et arrière uniquement
Pare-soleil ES-73B non fourni (25 €) |
La formule optique
Canon ne fournit pas de schéma technique de la formule optique. Tout juste sait-on qu’elle est composée de 9 éléments répartis en 7 groupes, et que l’une des lentilles est de type asphérique PMO… c’est-à-dire en plastique moulé. En réalité, il s’agit d’une forme de résine spécifique, une pratique présente chez Canon depuis l’apparition du RF 28 f/2.8 STM. Cet usage de lentilles PMO est donc la troisième différence avec les objectifs de la gamme L. Une méthode efficace pour réduire à la fois le poids et les coûts de production. Il reste à déterminer les impacts sur la qualité des images.
Autre donnée à connaitre pour comprendre cet objectif, c’est que Canon utilise des formules optiques imparfaites, assez peu corrigées par des lentilles. On touche ici à la quatrième différence. La firme a fait un choix technique important, celui d’utiliser l’informatique pour corriger une image. En déportant le problème de la correction vers une puce et un calcul numérique, l’optique est plus légère, puisque comportant moins de lentilles ! Le prix aussi s’en ressentira.
Si l’on observe plus attentivement l’image non corrigée, on s’aperçoit qu’il y a une forte distorsion dans les coins, ainsi qu’un contraste prononcé. Après correction, l’image est redressée, les contrastes sont équilibrés, et une petite partie de l’image a disparu, ce qui est somme toute logique.
Mais il y a un inconvénient majeur. Dans le cadre d’une prise de vue en JPEG, si le photographe omet d’activer la correction automatique de l’objectif, les résultats peuvent être terribles. Comme le montre cette comparaison :
[twenty 20 img1= « 55546″ img 2= « 55545″ offset= « 0.5″ before= « Objectif corrigé par profil » after= « Objectif non corrigé, image brute »]
À l’inverse, si la prise en compte est activée, alors l’image est impeccable. En RAW, au moins sous DxO et Adobe Lightroom, la correction s’effectue lors du post-traitement. Je suppose que les autres logiciels sont capables de faire la même chose.
Pour information, au niveau du boîtier, ce dernier va lire le profil correcteur qui est inscrit en « dur » dans le firmware de l’objectif. Si, dans un futur, le profil était amélioré, une simple maj de l’objectif suffirait.
Cette construction pose un problème pour la notation. Jusqu’à présent, nous avons toujours noté les objectifs Pentax sans profil correcteur. Parce que Pentax avait fait le choix technologique de la correction optique. Si nous appliquons la même méthode, alors cet objectif aurait une note en nette baisse. Mais il a été conçu pour fonctionner avec son profil correcteur. Comme ils sont indissociables, la notation a été effectuée en tenant compte, pour la distorsion, de ce dernier. Tous les autres points ont été jugés sans ce profil.
Qualité de construction
Canon, pour son RF 45 f/1.2, s’appuie sur des plastiques de qualité (« solides »), et d’une monture en métal. Pour avoir emporté en voyage les 24-105 et 100-400 à de nombreuses reprises, ces derniers ont résisté sans éraflure ou casse à mes « mauvais » traitements.
Comme les autres objectifs en ma possession, cet objectif n’autorise pas la retouche manuelle de la MAP en mode AF. Soit je n’ai pas trouvé comment activer la fonctionnalité, soit il s’agit de quelque chose d’inconnu chez Canon.
Toujours au rayon des absences, la tropicalisation. Celle-ci coûtant cher, il n’était pas envisageable de concevoir sa construction avec, afin de faire des économies.
Par contre, cet objectif profite d’un « gadget » qui s’avère très utile, une bague programme à laquelle on peut attribuer une fonctionnalité, comme le réglage des ISO ou le changement de type de collimateurs ! Certes, le choix va concerner tous les objectifs disposant de cette bague, mais c’est fort pratique.
D’un point de vue général, la qualité de fabrication est bonne, en adéquation avec le prix. Mieux, c’est plus cher.
Le moteur STM
Le RF 45 f/1.2 dispose d’un moteur de type STM. La technologie STepper Motor existe chez Canon depuis 2012 et le constructeur n’a eu de cesse d’améliorer précision et rapidité. Il s’agit d’un moteur, qui, à chaque séquence d’alimentation, va provoquer une rotation d’un rotor, lequel entraine une hélice (hélicoïdale ou sans fin). Celle-ci déplace la ou les lentilles assurant la MAP. La mise au point est suffisamment véloce et précise pour satisfaire la majorité des utilisateurs qui n’ont pas besoin de la rapidité digne d’une Formule 1. Pour les vidéastes, le STM peut paraitre trop bruyant. Les moteurs USM et VCM lui sont supérieurs.
Pour l’anecdote, la bague de mise au point manuelle n’agit plus mécaniquement sur le système de mise au point, mais envoie des impulsions au microprocesseur de l’optique qui commande électriquement le moteur de map.
En autofocus, je n’ai pas rencontré d’effet de « pompage » manifeste quand les cibles sont clairement identifiées, ce qui serait synonyme d’une mise au point qui a du mal à s’effectuer. Mais, ayant constaté cet effet durant la seule vidéo réalisée, je suppose que, dans les cas où le boîtier a du mal à « accrocher » le point focus, il pourrait avoir du pompage. Pour les vidéastes, comme c’est la lentille frontale qui se déplace dans l’objectif, il pourrait y avoir un fond sonore enregistré par le microphone. Pour le photographe, cela ne portera pas à conséquence.
Construction & Finition : 6
Spécifications (techniques) : 10
Côté optique
Nos tests ne sont pas mesurés par des outils. Souhaitant apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique, nos commentaires et note technique sont le fruit d’une analyse visuelle.
Images de test
Toutes les images utilisées pour les tests ont été prises en RAW (CR3 non compressé) et, sauf mention explicite, n’ont pas été développées (brut capteur) ou retouchées.
À noter qu’aucun objectif, même le meilleur, n’est parfait. Il est toujours possible d’obtenir des imperfections visuelles (et plus particulièrement avec les AC), quelles que soient la focale et/ou l’ouverture. Dans les clichés proposés, la barre grisâtre que l’on voit sur la droite n’est pas un problème lié à l’objectif. C’est juste le bord d’un mur qui a servi de repère…
Aberrations chromatiques et flare
Tout objectif, même le meilleur, est susceptible de produire des imperfections visuelles, comme des aberrations chromatiques (AC) et du flare, quelles que soient la focale et/ou l’ouverture.
Les AC apparaissent sous forme d’une frange violette (ou verte), désagréable à l’œil. Elles se forment quand les trois couleurs de la lumière blanche (Rouge, Vert et Bleu) traversent une lentille, se séparent et ne se rejoignent pas au bon endroit pour produire une image nette. Le flare se manifeste sous forme de halo ou de tache, dans certaines conditions de lumière, comme, par exemple, quand le soleil envoie ses rayons en biais sur l’objectif.
À f/1.2, les AC sont très visibles, avec une belle frange violette, comme le montre l’image ci-dessous à 100 %. Sous LrC, la correction automatique des AC est très insuffisante. Il est nécessaire d’agir manuellement sur les curseurs pour les faire disparaitre.
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Cette frange s’amenuise franchement au fur et à mesure que l’on ferme, prenant un aspect magenta de plus en plus pâle jusqu’à f/1.8. À partir de cette ouverture et jusqu’à f/4, il faut agrandir l’image à 200 ou 400 % pour apercevoir une légère frange violette. Au-delà et jusqu’à f/16, les AC ne sont plus du tout visibles.
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Quant au flare, il est assez présent à f/1.2 pour peu que la source lumineuse soit devant l’objectif. En fermant à f/2, le risque d’en produire est grandement réduit.
Vignettage
Le vignettage est très présent à pleine ouverture avant de disparaitre progressivement jusqu’à f/2.2. Au-delà, et jusqu’à f/16, il n’y en a pas. Lors de l’application du profil, le vignettage disparait.
Distorsions
Comme la première image le montre, hors application du profil de correction, la distorsion en barillet est très importante. L’impression visuelle est accentuée par le fort vignettage. Car, quand on supprime uniquement ce dernier, l’image souffre toujours de la distorsion, mais elle semble plus « douce ». Avant d’appliquer la correction informatique, il est possible de constater que le vignettage va se réduire au fur et à mesure que l’on ferme, avant de disparaitre à f/4.
Après l’application du profil, les distorsions et le vignettage sont corrigés complètement… ou presque ! Parce que de f/1.2 jusqu’à f/4, une distorsion de type barillet très légère persiste. Toutefois, il faut une règle pour la remarquer.
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Homogénéité et netteté de l’image
Au vu de la construction optique, je ne m’attendais pas à un tel résultat. À pleine ouverture, qui est tout de même f/1.2, il y a déjà une homogénéité intéressante entre le centre et le bord droit, et ce, même si la mise au point a été effectuée au centre de l’image. Certes, comme le montre l’extrait, les noirs sont moins profonds et la voiture manque de netteté. Je pense aussi que cet objectif souffre de problème de coma en dessous de f/2.8. Ce qui permettrait d’expliquer la variation de la taille de l’image sur les bord-champ (visible sur la voiture entre l’image où elle est au centre et celle où elle est sur le bord droit).
À f/2, comme le montre l’extrait du bord-champ à droite, la voiture est nettement plus consistante, même si persiste une déperdition de netteté. Il faut fermer à f/2.8 pour obtenir une homogénéité quasi parfaite entre le centre et le bord. Celle-ci persistera jusqu’à f/11 avant de décliner progressivement jusqu’à f/16.
Quant à la netteté au centre, elle est très correcte à f/1.2, ce qui est surprenant pour une lentille moulée à cette ouverture. Elle s’améliore ensuite pour devenir bonne à f/1.6, très bonne à f/2 et excellente (sans être parfaite) à f/2.8, jusqu’à f/11. Le RF 45/1.2 est donc parfaitement utilisable à sa grande ouverture, à condition de ne pas exiger une netteté extrême qu’il ne pourra pas offrir. Peut-on demander autre chose à cet objectif ? Je ne le pense pas.
| PO centre-champ | ![]() |
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| PO bord-champ (droite) | ![]() |
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| f/2 centre-champ | ![]() |
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| f/2 bord-champ (droite) | ![]() |
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Sur le cliché « PO bord-champ (droite) », vous verrez une indication visuelle du point focus.
Nota : les tests ont été réalisés avec un boîtier R6 III. Mais ayant utilisé aussi cet objectif avec un boîtier R5, j’ai constaté par hasard que la netteté était meilleure en mode manuel qu’en mode autofocus. Cet objectif semble souffrir d’un décalage de mise au point avec les systèmes EOS R de première génération (grosso modo les R, RP, R5 et R6). Un problème qui serait donc plus lié au boîtier en lui-même et à la façon dont l’autofocus se comporte, qu’à l’objectif en lui-même. Il semble d’ailleurs que si, pour les appareils antérieurs à 2022, vous activez l’option « Pendant » du menu « Simulation expo. », le résultat s’améliore grandement (non vérifié).
Bokeh
L’image est relativement nette au centre, moins bonne sur les bords, comme constaté précédemment. Le bokeh, lui, est plutôt propre, profitant pleinement des neuf lamelles du diaphragme. À pleine ouverture, pour peu que l’arrière-plan soit difficile, j’ai peur malgré tout qu’il reste assez chargé, présent à l’image.
Quand le diaphragme est parfaitement circulaire, ce qui est le cas ici avec les neuf lamelles le composant, les taches visibles sur l’image doivent être circulaires et le bokeh progressif et velouté. Mais voilà, comme dit précédemment, cet objectif souffre d’un vignettage assez important aux grandes ouvertures, ce qui se traduit par la forme ovalisée, de type citron, que prennent les taches de lumière. C’est ce que l’on appelle l’effet « œil de chat ».
Qualité image (homogénéité, netteté et distorsion) : 30 (cette note serait en dessous de 20 si nous n’avions pas tenu compte de la particularité de cet objectif)
Qualité optique (AC, flare, vignettage) : 30
De manière générale, sans aller dans une analyse des courbes MTF auxquelles je ne comprends pas toujours grand-chose, mes conclusions en analysant visuellement les images prises sont les suivantes :
- Le contraste est élevé, dès la grande ouverture.
- Les bords sont propres dès la grande ouverture, mais pas parfaits.
- L’image proposée souffre à f/1.2, tout en restant maîtrisée malgré tout. Et si tout n’est pas parfait, je suis surpris du résultat dans les détails au centre, les bords étant moins bons.
- Les clichés pris entre f/4 et f/11 sont excellents
- Le déclin commence à f/13.
- À f/16, l’image semble molle, sans netteté
Ce RF 45 f/1.2 fait partie de ces objectifs modernes apparus avec les hybrides, conçus pour être nets, propres et constants dès leur pleine ouverture… ou presque. Parce qu’à f/1.2, c’est assez compliqué. Le résultat proposé par Canon est une prouesse en soi, surtout au vu du cahier des charges. J’aurais aimé pouvoir le comparer avec deux 50 mm, les f/1.8 STM et f/1.2 L USM afin de déterminer où il se situe. Sans doute entre les deux. Mais plus près du bas de gamme ou plus près du modèle L ?
Sur un APS-C
Canon permet l’utilisation de tout objectif RF sur un boîtier APS-C disposant de la même monture, bien qu’il existe une gamme dédiée à ce type d’APN, les RF-S, adaptés à ce format de capteur. Dans le cadre de l’utilisation d’un APS-C, il va juste couvrir plus que la surface réelle du capteur. N’en disposant pas, difficile de se prononcer sur la qualité des images, même si on peut extrapoler en recadrant en post-traitement à ce format.
Il faut aussi tenir compte du facteur d’agrandissement qui est de 1,6 x pour cette marque, alors que pour les autres marques, la norme est 1,5 x. Ce RF 45/1.2 se comportera plutôt comme un 72/1.8 !
Tarif et Concurrence
Canon n’a pas (encore ?) ouvert sa monture RF aux objectifs AF, sauf à quelques rares exceptions à destination des APS-C. Certaines rumeurs prédisent une évolution pour 2026, mais j’attends de voir pour y croire. La concurrence est donc purement interne. Qu’il faut chercher avec les trois RF 50 mm que propose la marque.
Conclusion
| Ce qui est bien | Ce qui est moins bien |
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Note
| Prise en main et ergonomie | 9 | Objectif suffisamment compact pour être ajouté dans un sac sans remords Commode à l’usage |
| Construction et finition | 6 | La construction moderne de Canon, dans des matières communes, mais agréables à utiliser |
| Spécifications (technique) | 10 | Une nouvelle conception de l’optique reposant en partie sur l’informatique, produisant de bons résultats |
| Qualité image (homogénéité, netteté et distorsion) | 30 | Une qualité globale d’image très surprenante, l’informatique faisant des miracles sur la géométrie Bons résultats à partir de PO +1 IL |
| Qualité optique (AC, flare, vignettage) | 25 |
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| Note globale | 80/100 | |
Le RF 45/1.2 souffre de problèmes optiques assez importants à pleine ouverture (vignettage, distorsion, manque de piqué et d’homogénéité, coma). Il y a beaucoup de compromis effectué par Canon. Trop pour certains. Autant d’arguments pouvant rendre rédhibitoire son achat, d’autant plus qu’il n’est pas tropicalisé. Mais en même temps, cet objectif n’est pas labellisé L, la fameuse étiquette professionnelle. Il n’est pas possible de demander à un objectif dont le tarif est au-dessous de la barre des 500 € et qui ouvre à f/1.2 d’être professionnel.
Ce Canon RF 45 f/1.2 s’adresse plutôt à tous ceux qui accepteront d’avoir une image moins parfaite à pleine ouverture. En contrepartie, ils disposeront d’un objectif de bonne qualité, avec une luminosité enviable et qui produit de superbes images. Avec un atout important, son prix !
Mais la véritable question, celle qui compte, n’est pas de savoir si les optiques de la série L sont supérieures au RF 45/1.2, car elles le sont. Dans tous les domaines, de l’aspect extérieur aux lentilles en passant par une meilleure réactivité AF, une meilleure homogénéité et les micro-contrastes. Non, la question essentielle est de savoir si les objectifs de la série L valent, pour vous, les 1100 à 2200 € de surcoût à payer pour les obtenir.
Pour plus de 80 % des photographes, amateurs et même professionnels, la réponse est un non. Le RF 45/1.2 n’est pas seulement « assez bon », il est juste excellent pour un tel tarif. Difficile de croire qu’il ne coûte « que » 499 € ! C’est tout son paradoxe, être un objectif globalement moyen tout en étant presque exceptionnel. Accessoirement, l’argent ainsi économisé pourra servir à des choses qui amélioreront réellement votre photographie, comme les voyages, l’éducation… où la tranquillité d’esprit de savoir qu’on ne transporte pas un caillou à plus de 2000 € autour du cou !
Et pour lever quelques doutes sur la qualité des images produites en conditions réelles, jetez un œil à la galerie.
Galerie
Les photos de la galerie ont été prises avec les boîtiers Canon R5 et R6 III et ont fait l’objet d’un développement.
Crédit photo : © fyve – Les images sont la propriété de l’auteur (sauf précision) – Cliquez pour agrandir.




















































