K-3 III M. M pour Monochrome
Ce reflex est bel et bien une réalité, même si peu croyaient en un tel APN. La demande d’une partie des pentaxistes japonais a eu gain de cause. On pourrait dire aussi que cette sortie s’inscrit dans une mouvance de retour en arrière, de revival (en anglais). Une tendance qui se prolonge dans une résurrection prochaine des appareils photo argentiques !
La photographie en Noir et Blanc est une pratique assez particulière, à part. Tous les amateurs de photo ne sont pas amateurs du Noir & Blanc. On l’aime ou on ne l’aime pas. Les clichés N&B, qu’ils soient le produit d’un traitement lors du développement ou « authentiques », c’est à dire issus d’une pellicule argentique ou d’un capteur monochrome, ont une saveur particulière. Il y a un parfum d’éternité, un espace hors du temps où il est difficile de poser une date. Était-ce aujourd’hui, hier, il y a un an, un siècle, une éternité ?
Les APN monochromes sont un peu la chasse gardée de Leica. En proposant ce boîtier, Pentax prend un risque qui n’est pas financier, car les exemplaires vont se vendre. Le risque est la comparaison entre ce qu’offrira comme image un Leica et ce nouveau K-3 III M. Le résultat se doit d’être à la hauteur. Une comparaison qui n’aura pas lieu ici, n’en possédant pas. Ce qui est peu important, car ce qui compte, c’est le rendu présenté par ce boîtier et les possibilités offertes.
Avant-propos
La version III du K-3 a débarqué en mai 2021. Deux ans plus tard, le marché n’a pas fondamentalement évolué. Il est largement dominé par les hybrides et le Plein Format semble être la préférence des acheteurs… mais le reflex n’a pas été éliminé comme le prédisaient certains et le format APS-C a toujours ses partisans. Pentax continue à faire évoluer positivement sa part de vente. Et si la firme ne sera sans doute plus jamais sur le devant de la scène, elle devrait être un acteur majeur du marché de niche qu’est le segment « reflex ». Surtout que la stratégie semble porter ses fruits si l’on en croit les chiffres de vente.
C’est dans ce contexte que sort une version inédite de son boîtier vedette APS-C, le K-3 III M !
La version M est un K-3 III comme les autres, mis à part que son capteur ne comprend pas la couleur, il ne sait pas ce que c’est. Il a donc subi quelques amputations, côté capteur et côté logiciel. Refaire un test complet nous a paru peu intéressant intellectuellement, les propos étant les mêmes. Nous avons préféré nous focaliser sur les 2 domaines où les différences existent : la prise de vue et le traitement des images d’un côté, le traitement ISO de l’autre. Nous avons donc repris la structure de nos tests de boîtiers en renvoyant, à chaque fois que cela est nécessaire, au texte original.
Présentation générale du K-3 mk III M
La première impression est que c’est un K-3 III normal. Seuls quelques rares détails extérieurs permettent de comprendre qu’il ne s’agit pas de la version classique. Le Logo Pentax tout d’abord qui est grisé ainsi que tous les icônes et lettrages. C’est beaucoup plus stylé. Tellement que je préfère cela aux couleurs habituellement utilisées. Néanmoins cela engendre parfois un petit problème d’ergonomie pour identifier rapidement une touche (grâce à la couleur). À l’arrière ensuite, à gauche au-dessus de l’écran, avec l’inscription « monochrome ». C’est tout.

Pour la suite de la présentation, il convient de lire la première partie du test concernant le K-3 III.
Caractéristiques techniques du K-3 mk III M
Se référer à la première partie du test concernant le K-3 III.
Une question pour commencer. Le capteur est-il le même que celui qui est dans le K-3 III ? D’après nos informations, oui, mais non. Il dispose des mêmes caractéristiques que son frère à matrice de Bayer qui permet de « voir » en couleur (avec un gros travail nécessaire d’interprétation), mais il a été produit dès le départ sans ce filtre. Il n’y a pas de downgrade, de retour arrière dans la construction a posteriori.
| CAPTEUR | Format APS-C 26,78Mpx (25,73 réel) - Capteur CMOS Monochrome Résolution max. : 6192 x 4128 pixels Espace colorimétrique : sRVB, Adobe RVB Processeur PRIME V |
| MONTURE | Monture K : Baïonnette KAF2 (coupleur AF, contacts d’information, contacts d’alimentation) avec Motorisation Autofocus disponible par le boîtier Compatible avec les objectifs en monture KAF3, KAF2, KAF, KA et les zooms motorisés |
| VISEUR | Pentaprisme Couverture 100% - Grossissement 1,05x Visualisation des points AF, Grid Display, Niveau électronique, AF Frame, Spot Metering Frame, Crop, Smart Function, Operation Control Lock Dégagement oculaire : 20,5mm Correcteur dioptrique : de -4m à +1.0m Écran LCD tactile de 3,2" avec 1 620 000 pixels Méthode de détection capacitive |
| MISE AU POINT | TTL : Autofocus à synchronisation de phase Capteur de mise au point : SAFOX 13 101 points AF (dont 25 points de mise au point de type croisé au centre) AF Sélection de point : Auto Area, Zone Select, MultiZone, Point unique, Expanded Area(S, M, L), Select(S), Spot Plage de luminosité: -4 à 18 IL (ISO 100, à température normale) Mesure TTL : -3 à 20 IL |
| LIVEVIEW | TTL : Détection de contraste (Auto Area, Zone Select, Tracking, Select(L/M/S), Spot) Focus Peaking, Détection de visage, Touch AF Couverture : . 100%, Zoom 16x, Grid Display (4x4 Grid), Golden Section, Scale, Square(L), Square(S), Grid Color: Black/Gray/White ), Histogram, Bright area warning, Composition Adjustment |
| AUTOFOCUS | AF S (mise au point single) AF C (mise au point continue) M (mise au point manuelle) Assistance AF par LED dédiée |
| MESURE D'EXPOSITION | TTL : Capteur RGB de 307 000 pixels Multizone, pondérée centrale, spot et surveillance. Correction d'exposition ±5 IL (par incrément de 1/2 IL ou 1/3 IL) |
| MODES D'EXPOSITION | Mode vert (Analyse de scène automatique), Programme (P), Priorité Sensibilité (Sv), Priorité Vitesse (Tv), Priorité Ouverture (Av), Priorité Vitesse et Ouverture (Tav), Manuel (M), Pose B, Vitesse synchro flash, USER1 à USER5 |
| VITESSE OBTURATION | Auto : 1/8000-30 s & Manuel : 1/8000-30 s (pas de 1/3 IL ou de 1/2 IL) Pose B : 1s à 20mn |
| MOTORISATION | Rafale : Jusqu'à 12 i/s (11 i/s en AF-C) - Environ 12 i/s : JPEG ( L: ★★★ at Continuous H) / JPEG, env. 37 vues en rafales, RAW: env. 32 vues en rafale - Environ 7 i/s : JPEG ( L: ★★★ at Continuous M) / JPEG, env. 60 vues en rafales, RAW: env. 37 vues en rafale - Environ 2,5 i/s : JPEG ( L: ★★★ at Continuous L) / JPEG, env. 90 vues en rafales, RAW: env. 39 vues en rafale |
| SENSIBILITÉ ISO | ISO AUTO / 100 à 1 600 000 ISO (par incrément de 1 IL, 1/2 IL ou 1/3 IL) |
| STABILISATION | Système SR II, intégré au capteur (par déplacement du capteur sur 5 axes) - Efficacité de 5,5 Stops |
| FLASH | Pas de Flash Intégré Vitesse synchro : 1/200 s. |
| ANTIPOUSSIERE | Oui (Système DR II) |
| TROPICALISATION | Oui |
| MÉMOIRE | 2 emplacements Carte mémoire SD, SDHC ou SDXC : - 1 slot à la norme USH-2 (vitesse de transfert plus importante), - 1 slot à la norme USH-1 |
| FORMAT IMAGE | Mode JPEG : Standard, Hard, Soft Photo format APS-C (conv. : 1,5 x) RAW (14 bits) PEF ou DNG JPEG: L (26M : 6192 x 4128), M (15M : 4752 x 3168), S (9M : 3648 x 2432), XS (2M : 1920 x 1280) RAW: L (26M : 6192 x 4128) Qualité d'enregistrement JPEG : *** (Best), ** (Better), * (Good) Vidéo (limitation de durée à 25mn) 4K (3840 x 2160, 30p/24p) Full HD (1920 x 1080, 60p/30p/24p) |
| DIMENSIONS | 103,5 x 134,5 x 73,5 mm |
| POIDS | 0,735 kg boitier nu 0,820 kg avec batterie et carte mémoire |
| CONNEXION | USB 3.2 (type C) HDMI (type D) Port X-Synch Prise déclenchement externe Prise Micro stéréo Prise casque Bluetooth 4.2 WiFi 802.11b/g/n |
| ALIMENTATION | Batterie Lithium-ion D-LI90 (autonomie annoncée de 800 prises de vue) Prise alimentation externe (Kit K-AC166 en option) |
| AUTRES | PixelShift Astrostracer : Type 1, Type 2, Type 3 [Type 1 et Type 2 disponibles seulement avec les modules optionnels O-GPS1 / O-GPS2 ] Filtre Digital : Toy Camera, Retro, High Contrast, Shading, Invert Color, Tone Expansion, Grainy Monochrome Absence de filtre passe bas (émulation logiciel) |
Sa densité en pixels reste importante, l’équivalent d’un Plein Format de 45 Mpx. Comme on avait pu le voir, cela a un impact sur les ISO quand le capteur est de type couleur. L’absence du filtre de Bayer a des impacts a plusieurs niveaux :
- A valeur d’ISO identique, un cliché pris avec le K-3 III est plus bruité que le même cliché, pris dans des conditions identiques avec la version M. Il est même possible que l’on se rapproche un peu plus du grain argentique, avec moins de bruit numérique.
- Tous les photosites vont récupérer mécaniquement plus de lumière. En l’absence de recombinaison des photosites RVB pour former une image couleur, les clichés obtenus en N&B seront plus détaillés, plus lumineux, plus nets, avec une gamme de tons de gris plus importante. Il y aura aussi mécaniquement moins de bruit dans les zones d’ombre. Et la plage dynamique devrait être plus étendue que son frère.
Dernier détail, les ISO démarrent à 200 et non à 100. Cela devrait avoir un impact significatif lors de certaines prises de vues, surtout celles à vitesses lentes.
L’Ergonomie
L’ergonomie est strictement identique au K-3 III, il convient de lire la première partie du test concernant le K-3 III.
Un mot néanmoins sur les menus. Sans surprise, les réglages liés à la couleur sont absents. Ceux liés aux espaces couleur sRVB ou autres sont toujours présents. Logique, car les niveaux de gris font partie du spectre couleur.
L’autofocus du K-3 mk III
Il convient de lire la deuxième partie du test concernant le K-3 III.
Rafale et stabilisation
Il convient de lire la deuxième partie du test concernant le K-3 III.
Prise de vue et traitement des images
Pour compléter ce qui suit, merci de lire la deuxième partie du test concernant le K-3 III.
Traitement des JPEG
En JPEG, le boîtier propose un nombre réduit de contrôles de finition. Le K-3 III M propose uniquement 3 modes monochromes. « Standard », « Doux » (soft) et « Dur » (Hard). On peut espérer que Pentax en rajoute à l’avenir. Heureusement, il est possible de concevoir ses propres sets.
Dans le mode « Standard », l’accentuation de l’image est faible, les niveaux de gris sont comme il convient, ni peu dosés, ni trop. Ce mode par défaut produit des images JPEG équilibrées, de qualité et agréables à voir, à l’écran ou sur papier. Le contrôle de personnalisation de l’image est disponible via les menus ou la touche Info. Par contre, je n’ai pas été convaincu par le mode « Soft » que je trouve très doux, trop même. Les contrastes sont fades. Quant au mode « Hard », c’est trop noir, sans compter qu’il donne parfois l’impression d’enlever de la profondeur. Ceux proposés par le GR III sont plus intéressants. Il y a là un petit regret.
La fonctionnalité clarté, comparable à l’outil du même nom chez Lr, permet d’ajouter de la texture et de la profondeur aux objets, afin de les rendre plus réalistes. Attention tout de même à cet outil dont les effets peuvent se révéler parfois désastreux. Appliquant des transformations assez importantes à l’image, cet outil nécessite des ressources matérielles plus importantes. Un ralentissement est constaté lors de l’enregistrement des images. Le boîtier reste alors bloqué (même en mode rafale), tant que l’image n’a pas été traitée et enregistrée. Nous vous conseillons donc de tester la fonctionnalité avant un usage réel, afin de déterminer si, pour vous, les apports en valent la peine.
Qualité d’image
En l’absence de batterie de mesures faites en laboratoire pour nos tests (volonté délibérée, car ce n’est pas notre vocation), nous souhaitons apporter un point de vue utilisateur et essentiellement photographique.
Les JPEG issus du boîtier
Par défaut, c’est le mode de correction/développement des JPEG « Standard » qui est activé. Sans sur-accentuation, l’image proposée est propre. Ce mode par défaut produit des images JPEG de qualité et agréables à voir, à l’écran ou sur papier.

En l’absence d’information sur la couleur, il n’y a pas de transformation de l’image en Noir & Blanc. Ce que l’on obtient est le résultat du capteur, avec quelques réglages, mais sans mélange de couleur qui pourrait mettre (ou pas) une accentuation sur une teinte. Les illustrations à la fin de l’article sur les capteurs N&B montrent bien ce phénomène.
Les fonctions compensation des ombres et compensations des hautes lumières, quand elles sont activées, apportent parfois un gain, essentiellement pour les photos avec de forts contrastes en termes de lumière. De manière plus générale, si vous shootez en mode JPEG, vous disposez de quelques options qui peuvent (doivent ?) être activées. Il est donc conseillé d’effectuer des tests afin de comprendre ces possibilités et déterminer celles qui vous conviennent le mieux.
Les fichiers RAW
Un fichier RAW est celui qui offre le plus de possibilités en Post-Traitement (PT). Dans les faits, le PT au travers d’un logiciel dédié est même obligatoire puisque le fichier RAW n’est pas une image. Celle-ci doit être « fabriquée » à partir d’algorithmes de développement. La résolution sur 14 bits associé à un capteur monochrome permet un gain supplémentaire dans les nuances de gris par rapport à ce que propose le K-3 III pour chacun de ces canaux couleurs. Les valeurs tonales sont plus nombreuses, ce qui permet de récupérer plus de détails et un meilleur travail sur les textures et sur la lumière.


Paradoxalement, le travail avec un capteur monochrome est plus pointu. Contrairement à celui d’un capteur couleur, il faut plus travailler avant de prendre ses clichés. La lumière peut-être très intense si on ne fait pas attention. Et la plage dynamique a beau être importante, si c’est cramé, ça l’est encore plus qu’avec la couleur. Ce qui veut dire qu’utiliser des filtres peut s’avérer nécessaire ! Un retour en grâce du filtre orange ?

Faut-il recaler le boîtier pour les EV ?
La réponse est oui, sans contestation possible. Que ce soit en JPEG ou en RAW, il faut recaler les EV à -1, à minima. Si on ne le fait pas, les noirs, les gris et le contraste ne seront pas suffisamment définis et donc intéressants. Évidemment, cela reste assez subjectif et certains préféreront laisser à 0 par défaut.
La montée en ISO du K-3 mk III M
Depuis l’apparition d’un co-processeur, surnommé unité accélératrice, Pentax propose des sensibilités d’images assez incroyables. Voire même complètement délirantes. En pratique, qu’en est-il réellement pour le K-3 mk III ?
Pour rappel, le bruit se manifeste sous la forme d’éléments parasites qui apparaissent de manière aléatoire sur tout ou partie d’une image. Il y a deux formes de bruit numérique :
- Le bruit de luminance dont la structure ressemble à celle du grain argentique. Ce type de bruit est le plus « gracieux », mais le plus délicat à corriger. Il va nécessiter une correction entraînant une perte de microcontraste, diminuant l’impression de netteté, et/ou de micro-saturation, diminuant les colorations détaillées. Dans la plupart des cas, il y aura aussi un lissage des détails fins de l’image. L’image sera donc globalement dégradée.
- Le bruit de chrominance qui se présente sous la forme d’amas de pixels rougeâtres et verdâtres, surtout dans les zones sombres. Très désagréable à voir, ce bruit est souvent plus facile à corriger, car il ne modifie pas les détails de l’image. Un bon algorithme permet de le réduire, voire de le supprimer avec le minimum de perte dans les détails.
Avec un capteur Monochrome, le bruit de chrominance est logiquement absent. Il ne reste donc que le bruit de luminance. De facto, à haut ISO, l’image conserve une netteté dans les détails un peu supérieure à ce que propose un capteur couleur.
En dessous de 1 600 ISO, il n’y a rien à redire, les images sont propres. La montée en bruit de luminance est très progressive jusqu’à 6400 ISO. Les images sont bien définies, certes pas autant qu’à 200 ISO, mais le delta n’est pas aussi important qu’on aurait pu le croire. Naturellement, il ne s’agira pas de prendre tout le temps des photos à 6400 ISO et au-delà. Mais dans bien des conditions extrêmes, ce mode pourra être utilisé sans arrière-pensée.
Au-delà, je vous laisse juge avec des clichés pris à des valeurs allant de 10000 à 60000 ISO.
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| ISO 10000 | ![]() |
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| ISO 16000 | ![]() |
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Tarif
2499 €. Le prix du Monochrome. C’est cher. Et le bruit sur ce point va être important sur les forums et autres lieux. Est-ce qu’il les vaut ? Oui. Est-il obligatoire pour faire des photos en Noir et Blanc ? Non, sauf si on est puriste, ce qui change la donne.
Dernier point. Il est intéressant de lire sur le net que « Pentax lance un reflex noir et blanc à contre-courant » tout en glorifiant la sortie concomitante du dernier Leica M11 Monochrom, un « boîtier doté d’un charme et d’une élégance dont seul Leica a le secret ». À 9450 €… C’est amusant de lire que, sur le segment commun du capteur monochrome, Pentax est à contre-courant et Leica dans l’air du temps.
Conclusion
Mon avis particulier
J’aime le Noir & Blanc que je pratique autant que possible. Sauf que depuis presque 15 ans, prendre des clichés en couleur et les passer en N&B a posteriori m’a rendu handicapé en la matière. Sans que je le sache. Parce qu’en m’appuyant sur le mélange des couleurs pour créer les niveaux de gris, j’ai beaucoup désappris. Avec ce boîtier monochrome, il me faut réapprendre le basique. Je ne sais plus réellement voir en N&B, contrairement à ce que je pensais. Je ne sais plus et il s’agit là pour moi d’une grande leçon d’humilité. Surtout que les logiciels de Post-Traitement ne seront pas de la même utilité. Avoir les résultats que je souhaite nécessiterait un gros effort, une période d’adaptation.
Sans un sérieux retour arrière sur mes connaissances, je ne ferai pas de meilleures photos N&B avec un boîtier à capteur Monochrome. Le travail s’effectue en amont et non plus en aval, afin de faire ressortir les harmonies entre hautes lumières, ombres et contraste. Que ce soit en street, en paysage ou en photo de détail. Sans parler des portraits. Il s’agit d’une vraie école de la prise de vue, surtout pour ceux qui shootent en couleur.
Pourquoi acheter ce boîtier ?
Cette question mérite réflexion. En effet, le K-3 III M n’est pas un boîtier sans miroir alors que c’est presque une obligation aujourd’hui. Son écran arrière n’est pas orientable tandis que l’écran du dessus est riquiqui (moins que celui du K-1). Et en plus, il ne prend pas de photo en couleur ! Que des arguments rédhibitoires pour nombre de personnes.
Alors pourquoi ? Sans doute parce que la prise de vue en Noir et blanc est la prise de vue ultime, celle qui permet d’exprimer une vision créative unique. Elle oblige à se focaliser sur l’objet réel de la photo, sans se laisser distraire par la couleur. Les images produites au final sont plus brutes, plus puissantes, avec un impact émotionnel plus intense.
Lors d’un échange, le photographe Franck Mee m’a indiqué que ce boîtier l’avait fait revenir à l’époque de la diapo noir et blanc. Que le K-3 III M nous obligeait à comprendre la lumière avant la lumière, avant de la capturer. J’espère ne pas avoir trahi ses propos. Il a raison, cet APN nous renvoie sur les bancs de l’école à apprendre la lumière et comment composer avec elle. Comprendre la lumière afin de disposer de beaux clichés, tout un programme. La couleur et le numérique nous ont fait oublier cette notion essentielle. Surtout que nos outils informatiques modernes nous permettent de pallier notre manque de connaissance. Avec le K-3 III M, l’exigence est de mise.
Si on souhaite faire du « vrai » N&B, c’est le ticket d’entrée avec le meilleur rapport qualité/prix.
La déclinaison Monochrome du K-3 III s’adresse à des personnes férues de Noir & Blanc, qui savent jouer de la lumière. Est-il en mesure de concurrencer Leica ? Une question simple, mais une réponse complexe. Leica est inimitable, comme Rolls-Royce (ou Bentley, peu importe, ce sont des limousines).
Mais ce n’est pas parce que RR existe que Ferrari, Maserati et les autres ne peuvent exister. Bien au contraire. Avec le K-3 III M, Pentax / Ricoh Imaging propose un appareil photo tout à la fois moderne et passéiste. Un compromis idéal pour les adeptes du Noir & Blanc pur et dur qui vont pouvoir enfin de débarrasser de la couleur. Un bon compromis également pour ceux qui n’en ont jamais fait, mais qui veulent pouvoir s’y adonner. De plus, associé au DFA 20-40 Limited, il offrira un excellent ensemble pour les adeptes de la street photographie.
Galerie
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© fyve pour les illustrations / Ricoh Imaging pour les images du boîtier




















15 réponses
Oh ! Juste une petite précision le M11 Monochrom est à 9450 € !!!
Bonjour
Vous avez parfaitement raison, c’est bien ce qu’indique le site de Leica.
Notre article a été corrigé. Merci.
Article intéressant, ce n’est certainement pas une mauvaise idée que se positionner sur ce segment.
Je trouve les photos ci-dessus, les noirs un peu charbonnés et des zones blanches un peu brulées.
Une bonne occasion pour PENTAX de montrer sa présence. Ça peut plaire et satisfaire une certaine clientèle.
MERCI pour cet article.
Je pense que Pentax a raison de lancer ce boîtier, et de chercher des niches.
J’espère qu’ils proposeront également un jour un boîtier conçu pour les astrophotographes (filtre IR laissant passer le Hα, écran arrière orientable, SDK…). Il semble que le K-3 III soit doté du capteur Sony IMX571, ce qui est le meilleur capteur actuellement utilisé sur les « caméras » astro.
Concernant le capteur, je ne peux préciser, n’ayant pas le renseignement.
Pour le modèle avec le filtre IR modifié, je sais que cela a été à l’étude mais n’en connait pas le résultat. Quand au SDK « libre », je n’y crois guère.
Merci Micaz pour ce test. Je l’ai dévoré 😉
C’est vrai, bravo pour ce test que tu n’as pas fait…
😉
En effet ! CYv a tellement dévoré l’article qu’il en a même mangé le nom de l’auteur. 😉
Bonjour. J’avoue que ce boîtier (malgré un coût élevé, n’est-ce pas dû à l’effet de niche ? ) est très tentant dans la mesure où je ne suis absolument pas vidéaste. Mais, n’étant pas du tout pentaxiste (anciennement Canon et Sony), quel objectif (focale fixe et zoom) mr conseilleriez-vous ? Merci par avance !
Difficile de vous apporter une réponse. Cela dépend de vos pratiques photos. Ce que vous aimez faire…
Mais ce matériel nécessite un objectif de qualité !
En relisant le numéro 300 de Réponses Photo ( mars 2017 ) ou sont exposées les 300 meilleures épreuves du concours du moment, je me suis rendu compte que le nombre de photos noir et blanc ne représentait pas moins que 36 % des images sélectionnées, ce qui me semble loin d’ être marginal.
Quel dommage que le tarif élitiste de ce boîtier en limite la vente, je m’en serais bien acheté un en complément d’un boîtier traditionnel !
Vous avez raison, la photo noir et blanc n’est pas aussi marginale que le pense la croyance populaire.
Quand au tarif élitiste que vous déplorez, je préfère en rire car je le trouve très compétitif par rapport à la concurrence.
Bonjour,
J’ai appris la photo, il y a près de 40 ans avec un PENTAX MX et de la « péloche » N&B, je pratique actuellement avec un K1 et un K5II. Nouveau propriétaire de ce K3 III M, j’avoue que je suis assez bluffé par la qualité des clichés. Il ne faut pas grand chose pour qu’il me ramène 40 ans en arrière.
Pour avoir un ami photographe Leicaïste, qui (bien sûr) s’est acheté le monochrome; pour avoir été bluffé par la qualité des N&B fournis par ce boitier, je peux vous dire que le K3 III M tient sacrément bien la route. 🙂