Test du GR IV

GR IV, le test

Le GR IV est le dernier-né de la famille Ricoh GR. Ce nouvel avatar est le successeur direct du GR III, dont il partage un certain nombre de caractéristiques. Voici donc son test dans lequel nous tâcherons de déterminer, en dehors des différences d’ordre technique, ce qui change pour le photographe.

La prise en main du GR IV

Présentation

Le GR IV est un parallélépipède presque parfait, très épuré. Il est toujours aussi petit que son prédécesseur, du moins autant qu’un APN disposant d’un capteur APS-C puisse l’être ! Extérieurement, il faut s’intéresser à quelques détails précis pour comprendre que ce n’est pas le GR III. Car il partage totalement son design avec la famille précédente. Tout est identique en termes de poids ou de dimension, à un ou deux millimètres près. En même temps, Ricoh n’allait pas prendre de risque à vouloir modifier un design gagnant.

GR IV, vue de dessus
vue de dessus (© Ricoh Imaging
GR IV, vue arrière
vue arrière (© Ricoh Imaging)

 

Les boutons de commandes sont presque inchangés, les ingénieurs s’étant fortement inspirés du GR III. Ils sont heureusement toujours simples et très peu proéminents, ce qui réduit les possibilités d’accroche dans les poches. Toute la partie droite de l’appareil, avant et arrière, est recouverte d’un caoutchouc granité antidérapant, agréable et efficace. L’écran est tactile, au format de 3″ dans un ratio de 3:2. La résolution est toujours d’environ 1 Mpx, mais le photographe a perdu environ 200 000 pixels. Ce qui ne se voit pas, même en usage intensif. Le capteur, au format APS-C, est de type CMOS d’origine Sony, proposant désormais 25,56 Mpx utiles, soit un peu plus que le GR III. L’AF reste le même.

Tout est donc similaire… À quelques exceptions près. Ainsi, à l’arrière, j’ai noté trois changements ergonomiques qui ont été à la source de quelques inconvénients dans certains cas :

  • La molette ADJ a perdu le petit déport qui apportait un grip appréciable. Je me sens orphelin de ce repère manuel quand je déplace mon pouce.
  • La roue crantée autour du trèfle Macro / Rafale-Retardeur / WB / ISO a disparu. Elle a été avantageusement remplacée par un bouton + / –. Seul souci, le bouton permettant la visualisation des clichés est trop proche, ce qui fait que les grandes mains vont appuyer sur ce dernier au lieu du +/- ! J’ai raté des clichés à cause de cela.
  • La disparition de la roue crantée a eu un autre effet en termes d’utilisation. Entre deux utilisations de l’APN, soit je le garde en main, soit je le mets dans une poche alors qu’il est encore allumé. Résultat, j’ai activé à de (trop) nombreuses reprises le mode Macro ou le mode Rafale sans m’en rendre compte. Là encore, quelques pertes de temps au moment de réactiver et de prendre un cliché.

Sur le dessus, le sélecteur de mode s’est enrichi du mode Snap (Sn), le rendant plus rapide à mettre en œuvre, donc plus efficace.

Sur la tranche gauche, le bouton personnalisable Vidéo/WiFi par défaut sur les GR III & IIIx est devenu Vidéo/Choix de l’emplacement de stockage.

Quatre détails à encore à mentionner :

  • La batterie utilisée est la DB-120, plus grosse et disposant d’une plus grande autonomie.
  • Pour lui faire de la place, Ricoh a supprimé le port SD assez massif, remplacé par un slot micro SD, plus compact.
  • Ce nouveau GR ne dispose d’aucune sécurité contre les éléments agressifs extérieurs. Nous pouvons noter l’absence de toute protection anti-humidité, même élémentaire. Résultat, quand il bruine, il vaudra mieux le conserver dans sa poche, bien à l’abri. Je pense qu’il était possible de régler en partie ce problème, mais cela ne faisait pas partie du process de conception de la firme.
  • Le GR IV est désormais fabriqué en Chine, qui a remplacé le Vietnam. Ce qui confirmerait que Ricoh Imaging n’aurait plus d’usine ou de ligne d’assemblage dans ce pays, comme certains le suspectaient depuis l’arrêt de fabrication du K-3 III (et sans doute d’autres modèles).

 

Caractéristiques techniques (cliquer pour voir)
Type Appareil Photo Numérique de type compact
Capteur CMOS APS-C env. 25,74 mégapixels (25,56 effectifs)
Sensibilité Plage ISO : 100 – 204800
Auto (la limite inférieure/supérieure de l’ISO Auto et la vitesse d’obturation minimale peuvent être définies), Manuel
Objectif 18.3 mm (équiv. 28 mm en longueur focale équivalente à 35 mm)
7 éléments en 5 groupes (3 éléments asphériques)
Plage d’ouverture f/2.8 à f/16
Mise au point (distance minimale) Normale : 0,1 m
Macro : approx. 0,06 m ~0,15 m (grossissement maxi : 0,2x)Crop (Rogner) : OFF, 35 mm, 50 mm
Réducteur de bougé Oui, IBIS sur 5 Axes
Autofocus AF hybride (détection de correspondance de phase du plan de l’image et détection de contraste)
Auto-zone AF, Select AF, Pinpoint AF, Tracking AF, Continuous AF, MF, Snap (0.3 m, 1 m, 1.5 m, 2 m, 2.5 m, 3.5 m, 5 m, ∞), ∞Détection des visages/yeux : Activé, Utiliser uniquement dans la zone AF automatique, Désactivé
Écran 3.0 pouces – translucide TFT couleur LCD (environ 1 037 000 points)
Obturateur 1/4000 à 30 sec. (de f/2.8 à f/4.5 : limitation à 1/2500s)

Pose B, expo minutée 10 sec – 20 mn

Mesure multizone, centrale pondérée, spot et pondérée hautes lumières
(correction possible de +5 IL à -5 IL par 1/3 de valeur)
Modes de prises de vue Manuel (M), Snap (Sn), Priorité Ouverture (Av), Priorité Vitesse (Tv), Programme (P) Mode « User » (U1, U2, U3)
Flash Externe (non inclus)
Viseur optique En option (GV-3)
Interface Prise USB-C :
– Recharge de la batterie/alimentation,
– Transfert de données (MTP),
– Sortie vidéo (DisplayPort™ via USB-C)
WiFi / Bluetooth Norme : IEEE802.11 b/g/n/ax (2,4 Ghz, 5,2 Ghz et 5,8 Ghz – disponibilité selon les pays)
Bluetooth® v5.3 (Bluetooth Low Energy)
Contrôle de l’appareil photo via l’application smartphone « GR World »
Format des fichiers PHOTO : RAW (DNG) 14 bit, JPEG (Exif 2.3), DCF2.0 – Espace sRGB et AdobeRGB
format [3:2] L (26M : 6192 × 4128), M (16M : 4944 × 3296), S (8.2M : 3504 × 2336), XS (2.5M : 1920 × 1280) [4:3] L (23M : 5504 × 4128), M (15M : 4400 × 3296), S (7.3M : 3120 × 2336), XS (2.8M : 1920 × 1440).
format [1:1] W (17M : 4128 × 4128), M (11M : 3296 × 3296), S (5.5M : 2336 × 2336), XS (1.6M : 1280 × 1280)
format [16:9] W (22M : 6192 × 3480), M (14M : 4944 × 2784), S (6.9M : 3504 × 1968), XS (2.1M : 1920 × 1080)Vidéo :VIDÉO : MPEG4 AVC/H.264 (MOV). Pixels enregistrés : Full HD (1920 × 1080, 60p/30p/24p)
Mémoire Mémoire interne de 53 Go environ
Slot carte micro SD
Alimentation Batterie rechargeable DB-120 lithium-ion
Autonomie (avec batterie rechargeable lithium-ion) Photo : env. 250 photos
Mode lecture : env. 240 min
Dimensions/poids 6,11 cm (H) x 10,94 cm (L) x 3,27 cm (P) – 228 g boitier nu, 262 g avec batterie et carte
Accessoires fournis – Batterie rechargeable DB-120 (1800 mAh)
– USB Cable I-USB198
– Dragonne 0-ST198
Accessoires optionnels (non exhaustif) GR IV, accesssoires

– déclencheur externe CA-4
– viseur externe GV-1, GV-2, GK-2
– bague adaptatrice GA-3
– wide concersion lens GW-4
– étuis souples GC-11 et GC-12
– ring cap GN-3 (2 couleurs DC, BK)
– flash AF GF2

(données Ricoh)

 

L’optique

La formule optique du GR IV est différente de celle du GR III. C’est même la grosse nouveauté mise en avant par Ricoh. On trouve 7 éléments optiques, répartis en 5 groupes. Parmi ces lentilles, trois éléments asphériques permettent de supprimer la distorsion et l’aberration chromatique. Le but étant toujours de proposer des images encore plus nettes et lumineuses dès la pleine ouverture. En pratique, il semble qu’il existe bien un petit gain, même si je n’ai pu comparer directement, ne disposant pas d’un GR III (seulement d’un GR IIIx).

GR IV, formule optique
formules optiques des GR IV et GR III (© Ricoh Imaging)

Ricoh Imaging ne communique pas d’informations concernant le diaphragme.

Les vitesses d’obturation sont comprises entre 1/4000 et 30 s. Attention tout de même, car à f/2.8, la vitesse la plus rapide n’est que de 1/2500 s. À f/4.5, la vitesse maximale passe à 1/3200 et il faut atteindre l’ouverture f/5.6 pour obtenir cette vitesse de 1/4000. Ce point était partagé avec son prédécesseur. Mais je ne dispose d’aucune explication technique logique pour l’expliquer.

Stabilisation

GR IV,stabilisation IBISLe système IBIS est toujours présent, mais il est désormais sur 5 axes au lieu de 3. Cela permet d’encore mieux réduire les vibrations ou les mouvements du photographe.

Pour rappel, la stabilisation de la prise de vue peut se faire au niveau de l’optique (avec un déplacement de lentilles) ou au niveau du capteur. Ce système n’est pas récent, car il avait été mis en avant par Pentax avec le K-10D. Longtemps considéré comme la stabilisation du pauvre, il avait l’avantage de permettre une stabilisation de tous les objectifs. Depuis, les choses ont bien évolué, puisque presque tous les constructeurs l’ont adopté (certains étant même arrivés à combiner les deux systèmes).

Cette nouvelle version de l’IBIS permet de compenser désormais jusqu’à 6 vitesses d’obturation (là où le GR III n’en proposait que 4,5). Dans les faits, on peut obtenir un pourcentage de réussite à main levée de l’ordre de 30% avec un temps de pose de l’ordre de la seconde. Mais tout dépendra évidemment du photographe.

Ergonomie et fonctionnalités

Généralités… et conclusion !

L’ergonomie du GR IV est à l’image de ce que propose Ricoh depuis sa ligne GR III, c’est-à-dire presque excellent. Elle est complétée par un écran tactile permettant un choix de l’endroit de la mise au point, plutôt rapide. Malgré tout, quelques défauts persistent, liés à l’absence d’un écran orientable et à la petitesse de l’APN. Car il n’est pas possible d’avoir un ultra compact et de grands boutons. À l’utilisateur de s’adapter.

Il est donc fortement conseillé d’apprendre et de s’exercer au fonctionnement. Il ne faut pas découvrir le boîtier sur le terrain, sinon vous risquez des surprises et des clichés ratés. Rassurez-vous, l’apprentissage reste toutefois très rapide.

Les molettes de contrôle

Les principales commandes situées à l’arrière sont les suivantes :

  • La molette ADJ permet de changer la vitesse de prise de vue en mode M et Tv. En appuyant dessus, elle se transforme en bouton pour permettre d’accéder à un sous-menu de raccourcis personnalisables (changement de Focus, des modes d’images JPEG, etc.).
  • Le trèfle permet de gérer les ISO, le mode macro, les modes de déclenchement / retardateur ainsi que le défilement des images en mode lecture et la gestion de la balance des blancs (WB). L’ajustement des fonctions s’effectue en utilisant la couronne autour du trèfle.
  • La touche +/- disposée le long de la bordure droite, en hauteur. Elle remplace la roue crantée. Dans les modes M, Sn, Tv et Av, elle vous permet de gérer les ISO, même s’ils sont paramétrés en Auto.
  • La touche Disp permet les affichages de lecture,
  • La Fn est personnalisable et permet de supprimer des photos en mode lecture.

Sur le dessus, on retrouve :

  • À l’avant, la molette qui permet de sélectionner l’ouverture dans les modes M et Av, ainsi que la distance de mise au point dans le mode Sn. Une fonctionnalité très pratique indisponible sur les précédentes générations.
  • La molette des modes de prises de vue, qui est toujours verrouillée. Il faut appuyer en même temps sur un « cran de déverrouillage » pour tourner la molette. Un dispositif pratique pour empêcher tout changement intempestif.
  • Le déclencheur.
  • Le bouton ON/OFF.
Les menus

Le menu est similaire à celui proposé par GR III en termes d’ergonomie. Le défilement du menu est vertical. Il est organisé en 3 niveaux :

  • Rubrique
    • Page
      • Fonction

Comme souvent avec Ricoh Imaging, les menus sont bien pensés et il n’y a pas de multiples sous-menus comme on peut le trouver ailleurs, chez Canon par exemple, où choisir une option est parfois très complexe. La lecture du manuel n’est pas nécessaire afin de comprendre à quoi correspondent certaines fonctionnalités. En une dizaine de minutes, vous êtes opérationnel.

Zoom ou simple rognage ?

Le GR IV offre la possibilité de photographier à 28, 35 et 50 mm. C’est dans le Menu ‘Réglages d’image fixe > Rogner (page 4)’ que vous pourrez effectuer ce choix. Attention, le procédé utilisé est celui du crop, il n’y a pas de zoom optique !

GR IV, crop inside
le rognage effectué si vous shootez en 35 ou 50 mm

L’APN va n’utiliser qu’une partie du capteur autour du centre pour prendre le cliché. Avec, à la clé, une perte de définition importante. C’est donc une méthode inélégante, mais qui a le mérite d’exister. Dans la pratique, autant prendre la photo en mode normal et recadrer lors du post-traitement. Ou alors, espérer un téléconvertisseur optique (le GW-4 étant un « Wide Conversion Lens » – appelation d’origine Ricoh contrôlée) !

Modes Auto, M, Sn, Tv, Av et Users

Les modes M, Tv, Av et Users sont habituels et commun à tous les APN, quelle que soit la marque.

On notera par contre l’apparition d’un mode Sn, celui qui permet d’activer le Snapfocus. Ce mode de mise au point dédié permettant de prendre des photos en utilisant l’une des distances de mise au point prédéfinies (1 m, 1,5 m, 2 m, 2,5 m, 5 m ou Infinity). Dans les faits, le photographe définit la distance de mise au point et le boîtier va s’occuper de tout le reste en fonction de l’ouverture choisie. Ce qui permet donc, théoriquement, de capturer aussi bien de gros plans de personnes que des prises de vue élargies, sans perdre de temps à la mise au point. Le photographe n’a qu’à s’occuper du cadrage et du bon timing pour déclencher.

Le Snap Focus est, pour les amateurs de street, un vrai plus. En utilisant une vitesse d’obturation suffisamment rapide, on gèle sans souci les mouvements des gens (entre 1/200s et 1/500s).

Les GR III activaient cette fonctionnalité au travers des menus et nombreux étaient ceux à préprogrammer au moins un des modes Users avec cette fonctionnalité. Ce n’est plus forcément nécessaire, puisqu’il existe désormais ce mode Sn.

Autofocus, rafale et stabilisation

Comme son prédécesseur, le GR IV est performant en mode vue par vue. Mais il se trouve davantage en difficultés lorsqu’on opère en mode rafale ou que l’on utilise le mode AF multipoints : il lui arrive, dans ce dernier cas, de ne pas faire le point à l’endroit souhaité. Je n’ai pas trouvé d’amélioration substantielle entre le III et le IV, ce qui est peut-être un peu dommage, mais habituel chez Ricoh, pour qui l’autofocus ne semble pas être un élément d’importance.

Lorsque la luminosité est bonne, l’appareil est très réactif. Par contre, en condition de faible lumière, elle est moins bonne, l’AF patinant un peu plus pour la mise au point. Mais j’ai eu l’impression d’une légère d’amélioration dans l’ensemble. Difficile de le confirmer par des chiffres précis.

En mode rafale, il peut produire 30 photos au format JPEG à une cadence de 4,1 images-seconde ou 10 clichés en RAW seul à la cadence de 6,8 images-seconde. On aurait pu prétendre à mieux. Mais, vu la compacité du boitier et sa philosophie, ce n’est pas si dérangeant. C’est une limite et il convient de la connaitre.

Vidéo

Par manque de temps et, surtout, d’appétence, nous n’avons pas testé la vidéo du GR IV. Nous ne ferons pas de remarques particulières sur ce point, mis à part que ce serait perfectible.

La vidéo est de type Full HD (1920×1080, en 60p / 30p / 24p) au format MPEG4 AVC/H.264 (MOV) avec une prise de son via le microphone stéréo intégré au boîtier. On ne peut pas excéder les 25 mn de film (ou la taille de 4 Go), officiellement pour permettre au capteur de refroidir, officieusement pour payer moins de taxes également (la lecture de cette note douanière est intéressante).

Certains s’interrogeront sur l’absence de la vidéo 4K. Le capteur utilisé n’est pas en mesure de proposer la 4K. Le débit du bus de sortie est insuffisant. Certes, Ricoh Imaging aurait pu utiliser un capteur APS-C capable de 4K. Mais il aurait fallu d’une part qu’il soit disponible et, d’autre part, que le prix reste compatible avec la cible. Or, les capteurs 4K sont plus chers, parfois nettement plus chers.

La visée via l’écran arrière

La visée optique est, par défaut, inexistante. Ce qui est plutôt logique pour un appareil de ce type. Il est possible d’ajouter un viseur externe (comme le GV-3) permettant d’y remédier. Ce qui influera sur la facture… et rendra plus malaisé le rangement dans la poche.

Il reste donc la visée en utilisant l’écran. Elle est très réactive et retranscrit très correctement le cadrage et les choix de ligne de programme. L’écran tactile introduit des façons de travailler différentes qui rendent, finalement, cette absence moins gênante. Voire pas du tout. Seul bémol, en cas de grand soleil, le moniteur est parfois peu visible. Ricoh propose quelques options pour rendre cet écran visible malgré tout. Options assez efficaces, suffisamment pour permettre le choix du cadrage et de la mise au point avant déclenchement. Ceci sans recourir à une main servant à faire de l’ombre.

L’absence de viseur est-elle regrettable ? Oui, si l’on vient du monde du reflex et qu’on n’a jamais pratiqué ainsi. Néanmoins, en étant un peu honnête, l’absence de viseur ne se fait pas réellement sentir, car il s’agit d’un boîtier qu’on va utiliser différemment. On va cadrer parfois à l’aveugle (je vous ai parlé du mode Snap Focus ?) pour obtenir des photos que l’on n’aurait pas pu prendre autrement.

L’écran arrière

Bien que légèrement moins défini, il reste lisible, même dans le cas (fréquent) où le photographe n’est pas dans l’axe. Du moins, cela dépendra de la position du soleil. Dans certaines conditions de lumière, il est possible de ne plus rien voir. La visée s’effectuant alors au jugé !

Et c’est sans doute ici mon plus grand regret, c’est le refus de Ricoh de proposer un écran orientable. Certes, le boitier serait un peu plus épais de 4 millimètres environ, mais le gain serait très appréciable. Ce choix n’a pas été retenu, c’est dommage.

La batterie

Exit la DB-110 et bienvenue à la DB-120. L’autonomie est en augmentation, puisque l’on passe de 200 à 250 clichés environ. Le gain est assez significatif et appréciable. Certes, une deuxième sera nécessaire (impérative ?) pour tenir la journée selon les utilisateurs, mais vous devriez pouvoir vous abstenir d’en avoir 3.

Côté chargeur, c’est devenu une habitude pour de nombreux constructeurs, rien n’est fourni. Tout juste trouverez-vous  un câble USB dans la boite. L’acheteur devra compléter, soit avec un chargeur de batterie externe, soit en réutilisant une alimentation externe (celle d’un téléphone, par exemple). En Europe, les constructeurs se retranchent derrière la réglementation européenne pour justifier ce qui s’avère être surtout un axe de gain financier.

SI vous choisissez la charge via l’appareil photo, ce dernier sera indisponible durant le temps nécessaire. Il sera peut-être utile d’investir un peu, quitte à alourdir d’une centaine d’euros la facture. On trouve chez de grandes enseignes les batteries et chargeurs.

L’appellation DB-120 est propre à Ricoh, mais ce modèle de batterie est utilisé par d’autres marques (Panasonic ou Fujifilm par exemple), à l’instar de la DB-110.

Le GR IV côté optique et image

Qualité Image

Le GR IV exploite un capteur APS-C de presque 26 Mpx. On peut donc s’attendre, comme pour son prédécesseur, à des images de bonne qualité.

Images de test

Nota : Les photos de test ont été réalisées en novembre 2025, lors de journées pluvieuses, ce qui a généré une montée en ISO parfois importante (prise de vue à main levée à 1/100 s). Le GR IV était en RAW + JPEG (profil standard). Aucune correction n’a été apportée afin de ne pas altérer la perception. La mise au point a été faite en mode spot (point focus au centre de l’image).

 

ouverture image complète extrait full au centre
f/2.8 GR IV netteté F2.8 GR IV F2.8 centre
f/4 GR IV netteté F4 GR IV F4 centre
f/5.6 GR IV netteté F5.6 GR IV F5.6 centre
f/8 GR IV netteté F8 GR IV F8 centre
f/11 GR IV netteté F11 GR IV F11 centre
f/16 GR IV netteté F16 GR IV F16 centre

 

Sur des plans larges, l’image à f/2.8 est déjà très bonne. On peut très certainement mettre cette amélioration au crédit de la nouvelle formule optique. Pour les plans plus proches, par contre, l’image apparait un peu plus en retrait, faisant preuve d’un peu de mollesse qui disparait complètement à f/5.6. Il convient, néanmoins, de relativiser. Beaucoup d’objectifs du marché souhaiteraient proposer le même piqué et la même netteté à f/2.8 ! Sa plage optimum, celle dans laquelle on obtiendra les meilleures images, se situe entre f/5.6 et f/8. À partir de f/11, la diffraction se fait légèrement sentir, avant de devenir plus présente jusqu’à f/16. Mais il convient de reconnaitre que, même à f/2.8 et f/16, c’est très bien.

Aberrations chromatiques, flare et vignettage

En l’absence de soleil durant la période de test, je ne me suis pas retrouvé dans une situation pouvant provoquer presque à coup sûr des AC. Même si j’ai eu pour certains objectifs de belles franges violettes dans des conditions similaires. Tous les clichés pris n’ont rien fait apparaitre de significatif, y compris sur des feuilles prises de très près. Je suppose que si des AC sont présentes en plein soleil, ce sera surtout à grande ouverture. Mais rien qui ne pourra être corrigé en post-traitement.

La "meilleure" journée du test, un rayon de soleil et un grossissement à 300%
La « meilleure » journée du test, un rayon de soleil et un grossissement à 300%

En prise de vue JPEG, le boîtier peut traiter les clichés, à condition d’activer l’option de correction.

Le vignettage est, quant à lui, présent presque en permanence, quelle que soit l’ouverture, mais de manière très légère. Au premier abord, quand on regarde l’image RAW non traitée, le vignettage n’est pas visible de manière flagrante. Par contre, dès que le profil correcteur est activé, il devient évident. C’est assez surprenant.

GR IV
Vignettage à f/2.8, avant et après correction

Pour les paysages, il permet, inconsciemment, au lecteur de se recentrer vers le centre de l’image, ce qui n’est pas forcément plus mal. La correction en RAW s’effectue sans problème. Pour les JPEG, il vaut mieux corriger à la prise de vue plutôt qu’en Post-Traitement.

Quelques mots sur le flare. N’en ayant pas rencontré, tout laisse à penser que le comportement est très satisfaisant.

Distorsions

Des distorsions sont présentes, de type coussinet, de la PO jusqu’à la fin, mais elles sont très légères, sans déformation visible de l’image à l’œil, sauf observation à la loupe. Circulez, il n’y a rien à voir. Très bon travail des ingénieurs optiques.

GR IV, distorsion à f/2.8 non corrigée
GR IV, distorsion à f/2.8 non corrigée
GR IV, distorsion à f/4 non corrigée
GR IV, distorsion à f/4 non corrigée
GR IV, distorsion à f/11 non corrigée
GR IV, distorsion à f/11 non corrigée
GR IV, distorsion à f/16 non corrigée
GR IV, distorsion à f/16 non corrigée

 

GR IV, distorsion à f/2.8GR IV, distorsion à f/2.8 corrigée

Pour la prise de vue en JPEG, il faut activer la correction de l’objectif sur le boîtier. En RAW, la correction peut s’effectuer via les outils Adobe Lr, DxO PhotoLab et autres.

Homogénéité et netteté de l’image
Les images Centre champ - Bord champ (cliquer pour voir)
image complète extrait centre / bord champ
f/2.8 GR IV distorsion F2.8 GR IV homogénéité F2.8 centre
GR IV homogénéité F2.8 bord droit
f/4 GR IV distorsion F4 GR IV homogénéité F4 centre
GR IV homogénéité F4 bord droit
f/8 GR IV distorsion F8 GR IV homogénéité F8 centre
GR IV homogénéité F8 bord droit
f/11 GR IV distorsion F11 GR IV homogénéité F11 centre
GR IV homogénéité F11 bord droit
f/16 GR IV homogénéité F16 centre
GR IV homogénéité F16 bord droit

À f/2.8, l’image est nette au centre et l’homogénéité est déjà très intéressante entre le centre champ et le bord champ. Certes, elle n’est pas parfaite et il manque un poil de netteté sur le bord, mais ce n’est pas flagrant. La netteté et l’homogénéité sont parfaites entre f/5.6 et f/8 avant de décliner. À f/16, le niveau est inférieur à celui obtenu à f/2.8, surtout pour la netteté.

GR IV, netteté au centre
GR IV, netteté au centre
Bokeh

Le bokeh proposé est intéressant malgré une longueur de focale qui reste encore un peu courte.

GR IV Bokeh GR IV Bokeh centre

Il ne faut pas oublier que le facteur x1.5 environ, lié aux capteurs APS-C, à un impact sur le bokeh. Dans les faits, ce 18.3 mm à f/2.8 propose une image proche de ce qu’offrirait un 28 mm à f/4.3 sur un full frame. Ce qui n’est pas exactement la même chose et explique pourquoi l’arrière-plan, ici éloigné d’une quinzaine de mètres, est si discernable et défini à f/2.8. Malgré tout, comme le montreront certaines images dans la galerie, il est possible d’obtenir des effets intéressants.

Le GR IV n’est pas l’APN idéal pour escompter réaliser des clichés où le bokeh règne en maitre. Par contre, il sera suffisant pour estomper l’arrière-plan dans les prises de vue de type street photography afin de mettre en avant un élément en particulier.

RAW et traitement des JPEG

Les fichiers RAW

Comme souvent pour Ricoh-Pentax, la qualité des RAW est excellente. La dynamique du capteur est bien exploitée et l’image brute contient les informations nécessaires à un bon développement… qui est à votre main !

Les JPEG issus du boîtier

Les JPEG proposés par le développement interne vont, en termes de traitement proposé, du correct au très bon. Cela dépendra de vos goûts et attentes. De base, Ricoh propose des modes intéressants, comme Standard, Vif, Film positif ou encore Contraste élevé N&B et Monochrome saturé. Il convient de les essayer.

GR IV, exemple de pfole
Exemple de profile en N&B
Exemple de profile
Exemple de profile « positif »
Exemple de profile
Exemple de profile couleur

Attention, ces modes n’existant pas en tant que profil couleur chez les éditeurs, il faudra faire une croix dessus si vous shootez exclusivement en RAW. Sauf à les recréer…

La montée en ISO

Plus les capteurs sont petits, plus la densité pixel (à nombre identique) est importante. Avec comme conséquence que le bruit électronique se forme plus facilement dès qu’on monte un peu les ISO. Si on ajoute le phénomène du crop factor qui affecte non seulement la focale, mais également l’ouverture et les ISO, on peut s’attendre à des pertes de qualité dès qu’on s’aventure au-delà des bas ISO.

Sur le papier, l’ISO 100 en APS-C équivaut à un ISO 230 en FF [la formule étant ISO x (facteur de crop)²]. Donc, un ISO 1000 APS-C équivaut à un ISO 2300 en FF. Ce qui explique pourquoi les clichés APS-C apparaissent souvent plus bruités que les clichés FF (même si le nombre de pixels va aussi intervenir dans la création du bruit numérique).

Le capteur est d’origine Sony. Les équipes de Ricoh Imaging / Pentax ont toujours su bien exploiter les capteurs, souvent mieux que la concurrence. C’est encore une fois le cas, le traitement interne amélioré (gestion de la balance des blancs, de la sensibilité et des hautes lumières) proposant des images d’une grande précision.

3200 ISO - Agrandissement à 100%
3200 ISO – Agrandissement à 100%
3200 ISO - Agrandissement à 300%
3200 ISO – Agrandissement à 300%

Sans surprise, en JPEG, le lissage proposé et imposé quand on augmente les ISO est perceptible dès 400 ISO. Il devient parfois pénible à partir de 1600 ISO. En RAW, avec les logiciels de développement RAW tel Capture One, DxO, Adobe Lr, ce GR IV permet d’obtenir de très bons résultats jusqu’à 1600 ISO et corrects jusqu’à 5000 ISO. Au-delà, cela sera selon les sujets et les situations, comme le montre le cliché ci-dessus… Certains logiciels se montrant très performants, on peut être parfois surpris par des clichés à 12800 ISO ! Encore une bonne raison pour préférer le RAW.

Comparaison entre GR IV et GR III

Cette comparaison entre ces modèles a été plus complexe. Ne disposant pas d’un GR III et n’ayant pas fait le test à l’époque, difficile de comparer sur des prises de vues similaires.

De ce que j’ai pu constater, c’est que le traitement optique était de meilleure qualité sur le GR IV par rapport au GR III. Globalement, les AC et les distorsions sont bien mieux contrôlées. Les images semblent aussi un peu plus nettes. Mais les différences ne sont pas flagrantes en usage normal.

En termes d’expérience utilisateur, les quelques changements apportés par Ricoh ne modifient en rien la façon d’utiliser le GR IV par rapport à son prédécesseur. Quant aux résultats, s’ils sont globalement en légère hausse, l’apport n’est pas flagrant.

Avis personnel

Si vous avez déjà un GR III, mon avis est de conserver votre modèle actuel. Il est très bien. Certes, globalement, le GR IV est meilleur que le GR III, mais rien ne justifie un changement. Il n’y a pas d’effet « waouuu » qui permettrait ce mouvement. Par contre, si vous avez un GR de génération antérieur (GR II, etc.) ou que vous désirez compléter votre GR IIIx avec une optique de plus grand angle, il ne faut pas hésiter à foncer sur le GR IV.

Pour les autres acheteurs, à la recherche d’un appareil compact, que l’on peut emmener avec soi en permanence, plus que bien d’autres concurrents, le GR IV est l’APN à envisager en premier, malgré les quelques petits défauts restants. Il est impossible de faire plus compact pour un capteur APS-C. Le fait d’ajouter un viseur ou un écran orientable modifierait sensiblement les dimensions et le poids.

Côté tarif

L’acquisition d’un GR IV vous allègera de 1350 €, une facture qui vous semblera salée ! Pour ceux qui s’en souviennent, le GR III a été proposé à environ 1000 € lors de son lancement. Soit une inflation de l’ordre de 40% ! Certes, le GR IV est meilleur sur certains points en comparaison avec son prédécesseur, mais pas au point de justifier ce delta. D’ailleurs, comment l’expliquer ? Il existe au moins deux explications complémentaires qui permettent de comprendre pourquoi les appareils photo ont grandement augmenté.

Le COVID et le changement de modèle

De manière générale, nous pouvons considérer que le COVID a bouleversé le marché de la photo. Les prix post-COVID sont plus élevés. Cela s’explique principalement par un changement de l’environnement de l’industrie des appareils photo. Avant le COVID, la production manufacturée était massive. Les usines produisaient sans fin. Le COVID a provoqué un stop énorme des échanges mondiaux, et, par voie de conséquence, l’arrêt brutal de la production de tous les semi-conducteurs. Ce qui a abouti à une pénurie mondiale de puces, dont le monde industriel ne s’est toujours pas remis en 2025.

Afin d’éviter de se retrouver avec des stocks considérables, les industries se sont adaptées. Cette crise a forcé les nombreux fabricants, toutes catégories d’électronique confondues, à repenser le risque d’invendu. Résultat, la production est désormais réduite avec un stock tampon qui flirte avec le zéro… Nous sommes passés à une production minimale, à flux très tendu. En conséquence, les expéditions vers les revendeurs s’effectuent au compte-gouttes.

Par conséquent, cela a entrainé une pénurie récurrente, donc une augmentation sérieuse des prix !

Pour contrer la pénurie, les constructeurs auraient pu augmenter les productions suivantes, au vu du succès de certains produits. Mais ils ne l’ont pas fait. Parce qu’ils sont confrontés à des contraintes structurelles qui limitent la rapidité avec laquelle ils peuvent évoluer. Non seulement leur capacité de production a été réduite, mais celle de leurs fournisseurs (des capteurs au viseur en passant par tous les semi-conducteurs nécessaires) également. Et puis, l’IA est passée par là, cannibalisant une partie importante de la production des semi-conducteurs. Mais c’est une autre histoire.

Une pénurie subie, mais qui arrange

Effet pervers, le sentiment de pénurie augmente l’attente des acheteurs, tout en suggérant une stratégie de positionnement premium. Ce qui favorise une marge plus importante sur chaque produit vendu. Cette pénurie s’observe pour tous les constructeurs. J’ai plusieurs exemples en tête, mais je ne vais en citer que trois :

  • Le Fuji X100 VI, dont le GR IV est concurrent, est en pénurie constante depuis son lancement, faisant même l’objet de loteries chez les revendeurs !
  • Le Canon R6 III, lancé fin novembre 2025, est encore en réapprovisionnement constant depuis sa sortie (au moment de la parution du test).
  • Presque tous les objectifs de milieu et haut de gamme sont en rupture de stock à un moment donné de l’année. Comme les 24-105/4 ou 24-120/4, par exemple.

Ricoh-Pentax n’y échappe pas, surtout que leur stratégie de vente de niche a été clairement affichée. Les tarifs sont en nette hausse, au grand déplaisir de l’acheteur final qui doit débourser plus !

Conclusion

On était sous le charme du GR III, la version IV ne modifie pas ce sentiment. On se prend à rêver d’une version à objectif interchangeable afin de ne pas être limité, mais c’est une voie que Ricoh Imaging semble avoir rejetée. Pour le moment ?

 

Ce qui est bien Ce qui est moins bien
  • Un autofocus Eye-AF
  • La fonction Snap Focus
  • Capteur 26 Mpx APS-C dans un petit boîtier
  • La sensibilité en basse lumière et la gestion du bruit électronique, bonne jusqu’à 6400 ISO
  • La discrétion du déclenchement
  • Les dimensions et le poids
  • Une amélioration de l’autonomie de la batterie
  • Le mode rafale, acceptable sans plus
  • L’absence de viseur interne rédhibitoire pour certains
  • L’absence d’un écran orientable, ce qui est regrettable
  • La vidéo non 4K (restriction due au capteur et non à Ricoh)
  • Le prix, mais cela vaut pour toutes les marques
Appréciation PhotoKlub

Note_5-0

 

 

Galerie

Test GR IV
1/200s à f/4 – ISO 160
Test GR IV
1/200s à f/4 – ISO 160
Test GR IV
1/125s à f/4 – ISO 160
Test GR IV
1/125s à f/2.8 – ISO 800
Test GR IV
1/100s à f/6.3 – ISO 160
Test GR IV
1/60s à f/3.2 – ISO 4000 
Test GR IV
1/50s à f/3.2 – ISO 4000
Test GR IV
1/30s à f/3.2 – ISO 3200

 

Crédit photos de test & illustration : © fyve – Les images sont la propriété des auteurs, sauf précision – Cliquez pour agrandir.

 

Une réponse

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »