Le RAW existe depuis plus de 20 ans désormais. Ce format brut a été adopté par tous les constructeurs, comme Pentax, Canon, Nikon, Sony, Leica, Fuji… Il y a 20 ans, Lightroom n’existait pas (même si le premier embryon du futur logiciel date de 2002) , Camera Raw faisait timidement ses premiers pas et Capture One tentait de s’ouvrir aux grandes marques. Les écrans LCD ou OLED coûtaient très cher, les photographes devant se contenter d’écrans cathodiques, des 17 ou 19″ la plupart du temps. Avec une colorimétrie parfois défaillante et dérivante. En 20 ans, le paysage logiciel a changé. Des applications sont nées, se sont développées et parfois sont mortes (feu Aperture !).
Au fil des ans, surtout aux premiers temps, les moteurs de dématricage et de développement ont fortement progressé jusqu’à devenir matures. Au vu des progrès algorithmiques réalisés, il est tentant de retravailler d’anciens (sic) clichés à l’aune des outils actuels. Sur le papier, c’est une idée intéressante. Qui va très vite se confronter à une réalité : toutes les applications ne reconnaissent pas forcément les RAW produits par d’anciens boîtiers. Car il n’existe pas qu’un seul RAW, mais une multitude. Presque autant de spécifications de fichiers qu’il y a d’APN. Sauf à utiliser le format DNG, assez universel. À ce jeu, Lightroom sort grand vainqueur, loin devant ses petits camarades. Il conviendra donc de tester vos antiques RAW à l’aune de vos logiciels actuels. Pas sûr qu’ils soient utilisables, ce qui mettra un coup à la pérennité de vos clichés numériques… Et envisager une conversion au format DNG.
20 ans après, un coup de jouvence ?
Mon plus vieux fichier RAW date du 9 avril 2008. A priori c’est le seul que j’ai fait ce jour-là. Une photo de concert pas franchement réussie, que j’ai conservée uniquement pour un souvenir. Elle a été prise avec un K-20D et le 18-250. J’attendrai la fin mai de la même année pour basculer définitivement. Je vais utiliser ce cliché « historique » afin de tester si bain de jouvence il y a. Les seuls traitements appliqués seront « balance des blancs : Auto » et « Tonalité : Auto ».


Même si pour les 2 versions, on peut apporter des corrections manuellement, la conclusion est que la V6 du processus de Lr produit plus de détails. On peut le constater dans les lumières au-dessus du batteur par exemple.
En utilisant une photo plus intéressante qualitativement, celle d’une des premières églises de La Havane (mêmes traitements basiques que précédemment), le résultat est similaire.


Les processus récents permettent de retrouver plus de détails dans de vieux clichés, pris par des capteurs obsolètes. Suffisamment pour envisager de revoir certaines photos ? Il faut essayer pour trancher. Mais si vous avez du temps libre durant ces vacances, pourquoi ne pas vous y atteler ?