Que faire avec un 300 mm ?

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L’été est une saison propice à toutes sortes d’essais d’objectifs. Souvent, le manque d’imagination est la principale entrave à des utilisations peu habituelles. Aujourd’hui, sans la moindre prétention, essayons de voir ce que peut permettre de photographier un objectif de 300 mm de focale. Dans cette « étude » sommaire, nous avons fait le choix volontaire d’écarter les zooms.

Pourquoi ? Les raisons sont multiples. Celles qui m’ont conduit à cette décision sont les suivantes :

  • Avec un zoom, on est toujours très fortement tenté d’ajuster le cadrage en agissant sur la bague de changement de focale. Or, ce que l’ont veut, ici, c’est se contraindre à utiliser la focale de 300 mm, quitte à peaufiner le cadrage en changeant de position et/ou d’angle de vue. Dès lors, avec un objectif à focale fixe, le « contrat » est rempli !
  • Les zooms à ouverture fixe sur toute l’échelle de focales (le « range ») ne sont pas très nombreux et ils coûtent cher, la plupart du temps. Donc, ils ne sont pas toujours à la portée financière de tous les photographes. Pour les autres zooms, même quand ils « plafonnent » à 300 mm, l’ouverture résultante, rarement plus grande que f/5.6, n’offre pas la même qualité que l’ouverture maximale de f/4 d’un objectif fixe de 300 mm. C’est assez handicapant, surtout en basse lumière et quand la montée en ISO du boîtier n’est pas ce qui se fait de mieux.

L’objectif fixe de 300 mm

Sa longueur focale le classe dans les téléobjectifs. On s’imagine donc qu’il ne peut être utilisé que comme tel. Or, un téléobjectif de 300 mm (équivalent, selon les marques, à 450-480 mm sur un capteur APS-C) est un outil polyvalent qui permet de « rapprocher » des sujets distants tout en offrant un flou d’arrière-plan marqué. Dans cette focale, l’ouverture la plus courante est de f/4. Souvent largement suffisante en bonnes conditions de lumière, elle peut être un peu « juste » en intérieur ou lorsque le temps s’assombrit.

Je n’ignore pas que la vogue des zooms, combinée à leurs performances bien meilleures que par le passé, a conduit bien des constructeurs à « faire l’impasse » désormais sur les fixes de 300 mm de gamme normale (f/4). Mais il existe toujours d’anciens 300 mm largement utilisables, parfois même, avec adaptateur, sur boîtier hybride. Et ce sont eux que je « vise ». Et de préférence sur boîtiers à capteur FF : on sait qu’un 200 mm f/2.8 – qui existe toujours chez quelques constructeurs – est équivalent, sur certains boîtiers APS-C, à un 300 mm f/4. Or, ce que l’on recherche ici, ce ne sont pas des équivalences, mais des valeurs « natives ».

Dans les photos exemples, une exception : la photo de la Lune. L’éloignement du sujet m’a conduit à utiliser le 300 mm avec un convertisseur x1.4 sur boîtier à capteur APS-C, avec un recadrage (« crop ») non négligeable, pour que le sujet soit suffisamment lisible.

Vous avez un 300 mm fixe ? Suivez-nous pour peut-être découvrir des domaines d’utilisation inattendus. Ici, ce n’est pas le lieu de grands discours, de théories fumeuses, juste un étalage d’idées et de quelques photos d’illustration. Chacun pourra se faire son opinion, et ses choix futurs, en expérimentant.

En vrac, et sans hiérarchie d’utilisation :

Nature et animalier

  • Oiseaux : passereaux au jardin, rapaces en vol, oiseaux aquatiques (bien qu’un 500-600 mm soit préférable pour les petits oiseaux farouches)
  • Grande faune : cerfs, chevreuils, animaux en réserve (zoo) ou en safari
  • Insectes et petits animaux à distance raisonnable (avec éventuellement des bagues-allonges pour la « macro » – ou plutôt la proxiphotographie – avec ou sans convertisseur)

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Sport

  • Football, rugby : action depuis les gradins ou en bord de terrain
  • Sports équestres, athlétisme, voile (régates)
  • Sports automobiles/motos sur circuit

Portrait et personnes

  • Portraits compressés : la perspective écrasée est très flatteuse pour le visage, avec un bokeh crémeux
  • Photographie de rue à distance : capturer des scènes sans être intrusif
  • Mariages : plans discrets pendant la cérémonie (si la luminosité le permet)

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Paysage et architecture

  • Compression de plans : rapprocher des éléments éloignés (montagnes, lune, bâtiments) pour créer des compositions graphiques
  • Détails architecturaux inaccessibles (sommets d’immeubles, clochers, gargouilles)
  • Paysages minimalistes : isoler un élément dans la brume ou le contre-jour

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Astronomie et phénomènes célestes

  • La Lune (surtout avec un doubleur/convertisseur ou en crop) : cratères visibles
  • Éclipses solaires (avec filtre adapté !)
  • Certains alignements planétaires visuellement rapprochés
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La Lune prise avec 300 mm + convertisseur x1.4 sur boîtier APS-C (équivalent 640 mm environ). Photo recadrée

Événementiel et spectacle

  • Concerts, théâtre, spectacles depuis le public
  • Cérémonies, remises de prix

Autres utilisations

  • Photographie de surveillance/nature discrète : oiseaux au nid sans déranger
  • Compétitions aériennes : meetings, voltige
  • Photo de train/avion.

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Précautions

Tout cela, ce sont des utilisations possibles … quand les conditions le permettent ! Il en existe probablement bien d’autres. Si l’on ne donne aucun conseil particulier pour la manière d’opérer, il faut cependant se souvenir qu’il existe des limites à connaître. Ainsi, à 300 mm, il faut une bonne vitesse d’obturation (règle de l’inverse de la focale, donc 1/300s minimum, ou stabilisation activée) et de la lumière. Sinon, à grande ouverture, la profondeur de champ très réduite et le moindre bougé deviennent visibles.

En basse lumière, un 300 mm f/4 peut souffrir de la concurrence des zooms (et, a fortiori, des fixes) plus lumineux. Mais qui n’ose pas essayer ne saura jamais. C’est l’été : lâchez-vous, au moins photographiquement parlant !

 


 

Toutes les photos ci-dessus (© Micaz) ont été réalisées avec un téléobjectif Pentax DA* 300 mm f/4 ED [IF] SDM, monté sur boîtiers Pentax (FF pour l’essentiel et APS-C pour la photo de la Lune).

2 réponses

  1. Bonjour Micaz, bon article mais je m’autorise une remarque à propos de la rubrique : Événementiel et spectacle !
    Comment fait-on (tu) pour faire rentrer un 300 m/m et un appareil-photo, un peu balaise, en salle, lors d’un concert ???
    s’il y a un secret, je veux bien l’apprendre, de suite !!! La plupart du temps, ne passent aux contrôles d’entrée, des-dites salles, que les « compacts » et encore, vraiment compact !! Un Sony (hybride) RX 10 c’est vu refuser l’entrée d’une salle, bien connue, toute proche du métro Jacques Bonsergent… (en consigne, directement) Alors avec un Pentax K1-II avec un 70 / 200… J’ai peine à y croire. Même en étant muni d’une acréditation, il est, vraiment, très, très rare que « l’organisation » du spectacle te laisse divaguer en salle, après les trois chansons autorisées. Avec un peu de culot et une bonne dose de chance, j’ai réussis quelques shoots à la Philharmonie ainsi qu’à la cité de la musique, mais ces photos furent refusées, immédiatement, par le commanditaire… Avec interdiction de diffusion. Même au SdF, faire rentrer un reflex, en tant que spectateur, avec un gros zoom est Mission : Impossible ☺☺☺Micaz, Votre mission…Si toutefois vous l’acceptez… Consiste à faire un maximum de photos avec un PENTAX K3-III et son 300 m/m, lors d’un prochain concert de Céline Dion à la Plenitude Arena de Nanterre… Si vous, ou votre PENTAX, étaient capturés et refoulés, le département Rungis nierait avoir eu connaissance de vos agissements… ☺☺☺ Amitiés aux 2 du PhotoKlub.

    1. Bonjour Eric
      Je comprends bien tous ces arguments; Toutefois, nos articles présentent surtout la théorie, mais pas la pratique. Alors rappelons un principe simple : « En théorie, il n’y a pas de différence entre théorie et pratique. Mais, en pratique, il y en a ! ». La partie « administrative » des concerts, n’a rien à voir avec les possibilités techniques des objectifs photo. Celles-ci existent et demeurent. Si on les empêche de s’exprimer, c’est autre chose. Et puis, peut-être existe-t-il des pays ou des structures où il n’y a pas d’interdictions ?
      Personnellement, comme je ne pratique pas ce type de photo, je ne cours aucun risque !

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