DxO PhotoLab est un logiciel français de traitement du RAW. C’est en 2004 que la société DxO Labs, connue jusqu’alors pour son logiciel d’analyse de performances de système optique (nommé DxO Analyzer), propose un logiciel de traitement d’image nommé DxO Optics Pro. Sa principale innovation, par rapport à la concurrence, était une correction des images basée sur la prise en compte des défauts optiques du couple boîtier+objectif.
En octobre 2017, à l’orée de sa nouvelle version, un changement de nom est intervenu. DxO OpticsPro s’est effacé, remplacé par DxO PhotoLab. Ce dernier intègre désormais la technologie U-Point permettant des retouches locales personnalisées (suite au rachat de Nik Software).
Description du logiciel
DxO PhotoLab (v1.1.1 au moment du test) existe en 2 éditions, aussi bien pour le monde Windows que pour le monde Mac.
Edition Essential
La première se nomme Essential et permet évidemment le dématricage d’une image RAW basée sur la correction optique, mais aussi tous les outils de base permettant le PT RAW. La seconde version se nomme Élite. Elle reprend les fonctionnalités de la version Essential et y ajoute quelques outils supplémentaires comme le débruitage PRIME ou la gestion des profils de rendus couleurs.
L’Edition Essential est disponible au prix de 129€, sous forme de licence perpétuelle.
Edition Elite
L’Edition Elite est disponible également sous cette même forme, au tarif de 199€. DxO ne propose donc pas de formule d’abonnement. L’achat et le téléchargement s’effectuent directement sur leur site. Il est possible d’essayer DxO PhotoLab avant de se décider à l’acheter.
Comme tous les logiciels RAW, des mises à jour régulières sont disponibles, qui permettent la prise en charge des nouveaux boitiers. Et ceci, même si la photo est prise au format DNG qui est censé être universel. Parfois, il faut être très patient, DxO privilégiant les marques leaders.
Profil boîtier +objectif
DxO PhotoLab est basé sur l’exploitation d’un profil boîtier+objectif. Pour DxO, un objectif ne proposera pas le même résultat selon le boîtier sur lequel il est monté. C’est la raison pour laquelle, les mesures sont faites de manière unique, afin de détecter les aberrations optiques et de produire un fichier de paramètres correctifs dédié. Lors de l’ouverture d’un fichier, le logiciel va se baser sur les métadonnées pour reconnaître le matériel utilisé et adopter le bon profil. De manière automatique, seront corrigés le vignetage, la distorsion, l’aberration chromatique. Il va aussi optimiser le piqué de l’objectif en renforçant la netteté, tout en l’homogénéisant (en réduisant les différences de netteté entre le centre et les bords de l’image).

Cette façon de procéder reste à ce jour inégalée. DxO détient là un vrai savoir-faire, résultat d’années d’études des objectifs et de peaufinage des protocoles générant les profils personnalisés. Si la concurrence propose parfois des profils de correction d’objectif, l’expertise est loin d’être aussi poussée. Corollaire, tant qu’un couple boîtier+objectif n’a pas été mesuré et le fichier correctif mis à disposition, les photos RAW réalisées avec ce couple ne pourront être développées correctement avec le logiciel. Cela a des impacts très forts puisqu’à chaque nouveau boîtier, DxO doit entreprendre des mesures pour tous les objectifs compatibles. Une démarche qui peut s’avérer longue, comme on a pu le constater avec le K-1 qui avait dû attendre 6 mois pour être enfin pris en charge.
Néanmoins, dès qu’un boitier dans la base, il est possible de développer une image dont l’objectif est inconnu (trop ancien ou trop récent). Certes, il ne sera pas possible de bénéficier des corrections optiques automatiques, mais des outils manuels sont disponibles pour corriger les défauts optiques.
Les fonctionnalités communes aux deux éditions
- Conversion RAW
- Débruitage haute qualité (RAW et JPEG)
- Corrections optiques
- Netteté de l’optique
- DxO Smart Lighting
- Mesure Spot
- Tonalité sélective
- Outils images
- Outil réparation
- Correction des yeux rouges
- Protection des couleurs saturées
- Gestion avancée de la lumière et des couleurs
- Microcontraste automatique
- Autoréglages
- Traitement par lots
- Espace de travail personnalisable
- Mode plein écran
- Filtrage et notation des images en mode plein écran
- Fonction d’export intégrée
- Interaction avec Adobe Lightroom
- Réglages locaux
- Nombre d’activations : 2 (Essential) ou 3 (Élite)
- Corrections géométriques par ajout du Plugin DxO ViewPoint (payant)
- Rendus argentiques et créatifs par ajout du Plugin DxO FilmPack (payant)
Les fonctionnalités supplémentaires de l’Edition Élite
- Débruitage PRIME (RAW)
- DxO ClearView
- Outil anti-moiré
- Gestion des profils ICC de calibration boîtier
- Profils de rendus couleur
- Sorties multiples
- Édition d’autoréglages
- Création d’autoréglages partiels
- Création de palettes personnalisées
C’est la version Elite macOS qui a été utilisée pour cet article. Il est possible que les copies écran proposées diffèrent quelque peu avec la version Windows.
Au vu des nombreuses fonctionnalités et possibilités offertes par ce logiciel, nous ne pourrons être exhaustifs et tout passer en revue. Notre but est d’apporter une connaissance minimale de ce qu’il est possible de faire, ou pas. C’est la raison la laquelle tous les articles partageront la même trame.
Le catalogage des photos & gestion des métadonnées
Cataloguer
DxO PhotoLab ne dispose pas d’un système permettant la gestion d’un catalogue de photos. Il dispose uniquement d’un explorateur de fichiers qui reconnaît toutes les images disponibles dans un dossier. C’est le minimum auquel on est en droit de s’attendre. L’utilisateur devra organiser ses dossiers seul, sans assistance pour retrouver une image. Évidemment, toute recherche de photos (par exif, iptc, nom et autres métadonnées) ne pourra être réalisée sauf dans quelques cas (photos notées, retenues ou rejetées par exemple). Il sera peut-être bon d’envisager un outil dédié.

Il sera possible d’effectuer un tri dans le dossier physique, en notant les photos, en retenant certaines et en rejetant d’autres. Les photos marquées « rejetée » pourront donc être supprimées par la suite.
DxO PhotoLab propose aussi une gestion de projets, qui s’apparente à ce qui est appelé « collections » chez Adobe Lr. On peut créer un projet et y glisser des photos. Bien que la fonction soit rudimentaire, elle a le mérite d’exister. Toutes les photos traitées dans le logiciel sont intégrées dans une base de données qui va conserver ainsi les principales métadonnées et les marqueurs (notation, etc.).
Gestion des métadonnées
DxO PhotoLab ne gère pas réellement les métadonnées (Exif ou IPTC). On ne peut donc pas ajouter des mots clés par exemple. Néanmoins, il existe quelques filtres proposés afin de retrouver plus rapidement des photos ou des séries de photos, basés sur ces métadonnées.
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![]() |
| Exploitation des métadonnées présentes | dans les images |
On peut également ajuster 2 données IPTC, Auteur et Copyright dans la palette Editeur EXIF.

Utilisation des coordonnées GPS
Il n’y a pas de module « carte du monde » sur lequel on pourrait voir immédiatement où ont été prises les photos. Il est possible que DxO considère cette fonctionnalité comme n’étant pas nécessaire au développement. À raison.
Le Développement RAW « Standard »
Il s’agit ici des outils nécessaires pour traiter un RAW. Tous les outils dans DxO PhotoLab sont regroupés dans des palettes d’outils, sur le côté gauche. Il n’y a guère d’originalité ici et les habitués de Lr ou d’autres logiciels ne seront guère dépaysés. Néanmoins, certains outils sont rassemblés différemment, selon une logique propre à DxO (les palettes peuvent être réagencées par l’utilisateur). Certains noms diffèrent quelque peu. Vous trouverez plus bas, un tableau récapitulatif d’équivalence de noms pour les principales fonctions.
Avant de commencer le développement RAW proprement dit et passer en revue les fonctionnalités, il faut conserver à l’esprit que :
- Au moment de l’ouverture d’un fichier RAW, DxO PhotoLab applique directement le correctif boîtier+objectif.
- DxO PhotoLab propose des autoréglages, des ensembles de paramètres de développement « tout fait ». Mais là où DxO est efficace, c’est que ces préparamétrages s’adaptent à la réalité de vos photos. C’est-à-dire que la balance des blancs ou le DxO Smart Lightlng (réglage de la tonalité) vont s’appliquer avec intelligence et non par simple modification d’un curseur.

Autre approche
Il existe aussi une autre approche, celle de choisir le rendu d’un film argentique si l’on possède DxO Film Pack. Une fois le film choisi, il est possible d’affiner, tous les outils étant disponibles et utilisables.

Autre point à connaître, c’est que si DxO PhotoLab propose un espace de travail par défaut, il est complètement possible de le réorganiser comme on le désire, en créant/modifiant de nouveaux agrégats (palettes) d’outils. Un habitué de Lr désirant passer à DxO PhotoLab pourra se recréer un environnement presque identique. Il y a donc une grande souplesse offerte, mais cela induit un effort plus important pour le néophyte qui pourra s’interroger quand il verra un outil à 3 ou 4 emplacements différents.
Balance des blancs
Le réglage de la balance des blancs s’effectue soit en choisissant un réglage imposé, soit en utilisant la pipette ou un réglage manuel. Rien que de très classique.

Gestion de la lumière et des couleurs
Sauf réorganisation, les outils sont principalement regroupés soit au sein de la palette Outils Essentiels, soit au sein de la palette Lumière. Mis à part le changement de certains noms, ceux qui ont déjà pratiqué le PT RAW ne seront pas dépaysés. Quant aux débutants, un certain effort d’apprentissage sera nécessaire, mais ni plus ni moins que pour tout logiciel de ce type.


À noter que deux noms sortent de l’ordinaire. Il s’agit de DxO Smart Lighting et DxO ClearView. Si sous le second on devine assez facilement qu’il s’agit de la version DxO de la suppression du voile atmosphérique, il n’en est pas de même pour le premier.
DxO Smart Lighting
Il s’agit d’un outil de tonalité automatique maison, capable d’harmoniser les hautes lumières et les zones sombres. DxO va un peu plus loin que la concurrence, en permettant d’agir soit de manière globale (classique), soit par mesure Spot, c’est-à-dire que la correction globale va être pondérée en fonction d’une zone précise que l’utilisateur choisira (cela peut être un visage).
Un petit comparatif du DxO Smart Lighting entre le mode Uniforme Léger et le mode Spot avec mesure de lumière dans le jet (au bout de la flèche) montre deux propositions d’images fort différentes. Dans le premier cas, le contraste et la tonalité du ciel ne permettent pas de voir d’éventuels nuages dans le ciel. Dans le second cas, le ciel est montre les traînées nuageuses, mais la lumière présente sur la fontaine et dans l’eau est préservée.


Gestion des couleurs
Il s’agit ici de gérer tout ce qui concerne exposition, tonalité, contraste et vibrance/saturation.

Panneaux TSL
Au lieu de disposer d’un panneau par élément (Teinte, saturation, Luminance) pour ceux qui utilisent Lr, il y a un seul panneau avec trois réglettes correspondant aux 3 éléments et la possibilité d’agir sur toutes les couleurs en même temps ou par canal couleur. Ce qui ne change pas grand-chose finalement.

Le PT amélioré
Gestion des profils du boîtier
DxO n’est pas en mesure d’interpréter tous les profils proposés par les boîtiers (Lumineux, Portrait, Eclatant, etc.). Mais, on peut trouver dans la palette « Rendu des couleurs« , catégorie « boîtier« , un rendu dédié, qui semble s’apparenter au profil « Naturel » proposé par Pentax. À moins qu’il ne s’agisse d’un profil de correction type proposé par DxO (nous ne disposons pas de l’information).

Retouches locales
Le principal outil de retouche locale est la correction des yeux rouges. Il s’agit d’un outil classique qui remplit très bien son office.

Il existe aussi un outil de Réparation automatique qui permet de supprimer des éléments indésirables dans une image. Quand on utilise cette fonctionnalité, DxO PhotoLab va rechercher une partie de l’image la mieux susceptible de remplacer la zone ciblée. On pense évidemment à des poussières ou des taches sur le capteur. Avec du doigté et une grande expérience, il est possible de supprimer des éléments un peu plus complexes (comme un câble électrique).
Filtre gradué, filtre radial, pinceau : la technologie U-Point
La société DxO, en achetant cette technologie née chez Nik Software il y a de nombreuses années, a fait une bonne affaire. Ces outils ont longtemps fait les beaux jours de l’ancien logiciel de développement maison de Nikon ainsi que ceux des logiciels de la Nik Collection… Jusqu’au rachat de la société par Google qui voulait s’approprier Snapseed. Nikon a alors perdu le droit d’utilisation. Quand à la Nik Collection, Google a laissé les logiciels en jachère. DxO a sans doute vu une bonne opportunité pour muscler son logiciel et en est récemment devenu propriétaire. La première action a été d’ajouter ces outils à DxO PhotoLab, avant de relancer, courant 2018, les logiciels de la Nik Collection (Silver Efex, HDR Efex et les autres).

Avec les U-Points, il est désormais possible d’apporter des retouches sur une zone bien précise, sans affecter l’ensemble de l’image. Il suffit de cliquer sur l’outil Réglages locaux (présent dans la barre supérieure vers la droite), puis de cliquer dans la partie de l’image à laquelle on souhaite apporter un traitement personnalisé. Par défaut, l’outil se matérialise par un point de contrôle, que l’on voit sous la forme d’un cercle ajustable en taille. Si vous souhaitez disposer d’un pinceau ou d’un filtre gradué ou autre, il suffit de faire un clic-droit avec votre souris. Les options sont le point de contrôle (par défaut), le masque, le masque auto, le pinceau, la gomme et le filtre gradué.

Un certain nombre de corrections sont possibles localement (exposition, contraste, micro contraste, clearview, balance des blancs, vibrante, netteté, etc.).


Calques
DxO ne gère aucun type de calque, que ce soit au sens Photoshop (calque servant à la modification de l’image) ou calque d’annotations.
Copies virtuelles
Une copie virtuelle est une copie de l’image originale, mais qui n’existe que sous forme de fichiers d’instructions. Une des forces de DxO, à l’instar des autres logiciels non destructifs, est de générer autant de copies que l’on souhaite, chacune ne pesant que quelques ko.
Il s’agit d’un changement important puisque, pendant longtemps, la seule façon de créer plusieurs versions d’une image était de la dupliquer physiquement. Si on souhaitait la photo au format carré, on dupliquait et on recadrait. Si on désirait une version sépia de l’image originale, alors il fallait un troisième fichier. Et s’il fallait une version carrée et sépia, c’était l’obligation d’une quatrième copie physique. Avec à la clé de nombreux problèmes liés au nommage et au stockage !
La copie virtuelle est donc une grande avancée pour tous ceux qui font du PT.

DxO PhotoLab permet de créer, gérer et traiter très facilement un nombre infini de copies virtuelles. Il suffit d’effectuer un clic droit sur une image > Créer une copie virtuelle.
Gestion du N&B
DxO PhotoLab permet de créer des photos en N&B, soit en appliquant un autoréglage existant (et en le modifiant par la suite), soit en appliquant le traitement d’un film argentique N&B (si on possède le Plug-in DxO Film Pack).

Gestion du bruit
Le bruit numérique se manifeste sous la forme d’éléments parasites qui apparaissent de manière aléatoire sur toute ou partie d’une image. Il y a deux formes de bruit numérique :
- Le bruit de luminance dont la structure ressemble à celle du grain argentique. Ce type de bruit, bien que délicat à corriger (correction et lissage à faire sur des détails fins de l’image) est le plus « gracieux ».
- Le bruit de chrominance qui se présente sous la forme d’amas de pixels rougeâtre et verdâtre, surtout dans les zones sombres. Très désagréable à voir, ce bruit est plus facile à corriger, car il ne modifie pas les détails de l’image.
Il y a 2 façons de gérer le bruit dans DxO. Soit avec l’outil de correction standard disponible dans les 2 éditions, soit au travers de l’outil PRIME (Edition Elite uniquement). Par défaut, dans l’Edition Elite, c’est le mode HQ qui est activé. Le traitement PRIME est capable, selon DxO, d’analyse la structure d’une image RAW, afin de différencier le bruit des détails mêmes les plus fins. Après, il s’agira aussi de doigté dans le dosage de la luminance (seule variable d’ajustement du traitement), mais on a parfois la sensation que PRIME va peut-être trop loin, car on obtient souvent des surfaces lissées, un peu à l’extrême.
Un exemple
L’image ci-dessous a été prise avec un KP avec ces paramètres : 1/125s à f/5 et 12800 ISO. Un développement a été réalisé avec DxO PhotoLab et 3 images ont été exportées : sans traitement du bruit, avec le traitement HQ et avec le traitement PRIME. Une portion de l’image a été extraite pour permettre les comparaisons.
Sans traitement / Traitement HQ


Sans traitement / Traitement PRIME


Traitement HQ / Traitement PRIME


On notera que le traitement PRIME a permis de conserver un faible éclat de la boucle (sur la courroie du sac de la femme), alors que celui-ci a disparu avec le traitement HQ. Au prix d’un temps de traitement non négligeable.
Autres fonctionnalités
Il est difficile de passer en revue toutes les fonctionnalités d’un tel logiciel. Il faudrait un livre pour y arriver. En vrac, il est possible de supprimer les aberrations chromatiques, gérer le moiré, ajuster la distance focale si l’objectif a été mal reconnu, utiliser des filtres « gélatines » (bleu, vert, orange, etc.) ou encore mieux gérer la netteté de l’optique. Avec un résultat parfois assez bluffant :


Traiter une série d’images par lot avec DxO OpticsPro 10
Le traitement par lot permet d’appliquer les mêmes paramètres de traitement d’une image à un ensemble d’autres images. Il est donc utile principalement dans les deux situations suivantes :
- Traitement d’une série homogène d’images prises dans des conditions similaires
- Application d’un rendu spécifique à un ensemble de photos
Il suffit de travailler sur une image, puis grâce à un copier-coller des réglages (copier les réglages de correction), les appliquer aux autres images similaires. À noter que pour certaines fonctions comme le DxO Smart Lighting, il ne s’agira pas d’appliquer bêtement le réglage de l’image initiale, mais de mesurer l’exposition de la photo cible afin d’appliquer la meilleure correction possible. Il s’agit donc d’un collage intelligent.
Il est possible de transformer une série de réglages pour en faire un autoréglage à vocation permanente, et donc disponible à volonté.
PixelShift
Pentax propose depuis le K-3 II la fonctionnalité PixelShift qui permet une définition accrue d’une image. Malheureusement DxO PhotoLab ne prend pas en compte cette fonctionnalité. Si la société DxO reconnaît que cette prise en charge est techniquement possible, elle n’envisage pas de travailler dessus.
Échanges avec d’autres logiciel
PlugIn DxO
De manière naturelle, les plug-in de DxO View Point (qui permet de redresser les perspectives) et Film Pack (qui permet de donner un aspect pellicule argentique) s’intègrent dans les outils de PT à disposition. On les utilise donc naturellement. On peut supposer que la prochaine version de l’ancienne Nik Collection, désormais propriété de DxO, s’intègre de la même manière.

Il s’agit là d’un plus non négligeable puisque toutes les modifications apportées par ces outils restent virtuelles. Elles sont enregistrées dans le fichier XML et ne modifient pas le fichier RAW. Sauf au moment d’un export JPEG ou TIFF, évidemment.
Lightroom
Depuis la version DxO Optic Pro 9.5, il est possible de le substituer assez simplement au traitement RAW proposé par Adobe Lightroom. Il suffit d’installer un module complémentaire dans Lr. Ce module, quand il est activé, permet d’ouvrir l’image dans DxO PhotoLab. L’utilisateur peut alors traiter à sa convenance le fichier dans le logiciel. À son issue, il est possible d’exporter vers Lr le résultat obtenu.

Cet export va alors générer une image (au format TIFF – conseillé – ou JPEG) qui sera automatiquement intégrée au catalogue Lr. Parallèlement, un fichier de type XML contenant l’ensemble des corrections apportées sous DxO sera aussi généré dans le dossier du fichier RAW. Ce qui permettra de retrouver le traitement si le fichier est rouvert ultérieurement sous DxO. À noter que le fichier XML n’est pas inséré dans le container DNG, contrairement à Lr. Cela veut dire qu’il conviendra toujours de conserver ce fichier avec le fichier RAW.
Les fonctions d’Export
Export « classique »
Par export, il faut comprendre création d’un fichier au format JPEG ou TIFF, à partir d’un fichier RAW et des Post-Traitements. L’utilisateur peut définir l’endroit d’export et les différents paramètres classiques que sont la taille ou encore niveau de compression. C’est évidemment le résultat du PT qui est exporté, à partir du fichier RAW et du traitement que vous aurez fait.
Un export est réalisé soit au moyen du menu Image > Exporter, soit en cliquant sur l’icône qui se trouve en bas de la fenêtre d’interface, sur la droite. Il est possible d’exporter vers différentes cibles, sachant que chacune proposera un pré-paramétrage (par exemple, des dimensions plus réduites pour un e-mail).


Pour rappel, il est inutile d’exporter en JPEG haute qualité dans le seul but de conserver, tant que l’on conserve le RAW d’origine et le développement (fichier de type XML). À partir de ces éléments, il est possible de régénérer à volonté des fichiers au format TIFF et JPEG, selon les besoins.
Export vers des services externes
DxO PhotoLab ne dispose pas de fonctionnalités d’export vers de services externes comme FlickR, Instagram ou encore des galeries Web. Hormis celui déjà évoqué à destination de Lightroom.
Impression par des tiers
DxO PhotoLab ne propose pas de service d’impression par des tiers comme Photoweb ou Photoservice. Il n’y a pas non plus de possibilités de créer un livre au format PDF.
Impression locale
DxO PhotoLab dispose d’un module d’impression permettant de réaliser des tirages papier à partir de tous les fichiers pris en charge par le logiciel (RAW évidemment, mais aussi TIFF et JPEG). Il va sans dire que l’impression tiendra compte de toutes les opérations de Post-Traitement effectuées.
La partie impression semble moins fournie en options que la version précédente (quand le logiciel se nommait encore « OpticPro »). Il ne semble plus possible de définir des gabarits d’impression par exemple.
Tableau récapitulatif des principales fonctions du logiciel
| Catalogue | Non |
| Outils de Post Traitement avancés (U-Point, Filtre radial, Pinceau, etc.) | Oui (Technologie U-Point) |
| Gestion des calques | Non |
| Interfacage avec des éditeurs externes | Oui, Lightroom |
| Gestion du PixelShift | Non |
| Gestion des panoramiques, des HDR | Pas de création de Panoramique Peut créer des "HDR" à partir d'un seul cliché |
| Utilisation des set de dev Pentax (Lumineux, Paysage, Monochrome, Brillant, etc.) | |
| Prise en charge format DNG et PEF | Oui |
| Correction des AC | Oui |
| Correction des objectifs | Oui |
| Copier/Coller les paramètres de dev (synchronisation passive et/ou active) | Oui, Synchronisation passive et création de Preset d'Autoréglage |
Avantages / Inconvénients
Avantages
- Un moteur d’interprétation RAW très performant
- L’outil de débruitage PRIME efficace (Edition Elite uniquement)
- Une association Boitier+Objectif qui compense les dérives propres à chaque objectif
- Gestion fine des optiques
- Présence d’outils de retouche localisée non destructifs
- Fonction Smart Lighting en mode Spot très efficace dans la préservation des tonalités
Inconvénients
- Un mode de fonctionnement parfois élitiste, qui n’est pas à la portée du débutant s’il souhaite aller au-delà des autoréglages.
- Des fonctionnalités inexistantes en dehors du traitement RAW.
- Des fonctionnalités d’impression en retrait par rapport à DxO OpticPro
Et par rapport à Adobe Lr ?
Voici un petit tableau des principales fonctions de PT RAW avec leur équivalent Lr.
| DxO PhotoLab | Lightroom |
|---|---|
| Balance des blancs | Balance des blancs |
| DxO Smart Lighting | Tonalité automatique |
| Tonalité sélective | Tonalité manuelle |
| Contraste > Microcontraste et contraste fin (le contraste fin disponible uniquement si Film Pack est installé) | Clarté |
| Accentuation des couleurs | Vibrance et Saturation |
| Courbe des tons (palette Lumière) | Courbe des tonalités |
| Teinte / Saturation / Luminance (palette couleur) | TSL / Couleur / NB |
| Netteté de l'objectif (palette Détail) Masque de netteté (palette Détail) | Détail - Netteté |
| Réduction du bruit | Détail - Réduction du bruit |
| Correction module optique | Corrections de l'objectif |
| Recadrage | Recadrer |
| Horizon | Redresser |
| Poussières (palette Détail) | Suppression des défauts |
Passer de Lr à DxO PhotoLab n’est pas si aisé. Certes, on retrouve une façon de travailler similaire, mais la phase d’adaptation et d’adoption sera un peu longue avant de retrouver les mêmes facilités. Contrairement à Lr où une logique de PT est instaurée dans l’organisation des palettes, l’utilisateur est plus laissé à son libre choix avec DxO. Si les palettes d’outils sont modulables à souhait, les mêmes outils peuvent être disponibles à différents endroits, ce qui engendre de l’interférence. Il conviendra donc d’être très rigoureux, ou alors se contenter uniquement des développements standardisés (les autoréglages).
Si on se penche sur les résultats, DxO PhotoLab est supérieur sur de nombreux points comme la gestion des objectifs, la gestion du bruit ou la correction de la tonalité automatique. Sur d’autres, il est parfois inférieur, comme sur la balance des blancs qui n’est pas toujours bonne ou la partie de la gestion TSL.
Conclusion
DxO OpticPro était déjà un logiciel performant. En devenant DxO PhotoLab et en absorbant la technologie U-Point, il va encore plus loin et apporte désormais à l’utilisateur des possibilités de retouche avancées, ce qui lui manquait jusqu’à présent. Si on met de côté l’absence de gestion de catalogue photo et le manque de fonctionnalités d’export, ce logiciel ne va souffrir que d’un seul vrai défaut, l’absence de logique dans le processus de développement.
La société DxO a su mettre à profit son importante expérience de la mesure des optiques. En mettant en avant des profils correcteurs basés sur la mesure de chaque optique sur un boîtier, elle a pu concevoir des profils de corrections personnalisés et adaptés. Son puissant moteur RAW et le fabuleux outil PRIME en fond un acteur du marché à ne pas négliger face aux mastodontes.
Galerie
Quelques images traitées par DxO PhotoLab.




Crédit photo : ©fyve – Développement DxOLab dans le cadre de l’article : F.


5 réponses
Bonsoir, un logiciel que j’utilise depuis longtemps et qui évolue bien je trouve. C’est vrai que certains modes « auto », comme celui de la balance des blancs, ou le « adoucir la peau » chez LR sont plus efficaces (même s’ils sont parfois exagérés, ils permettent de trouver rapidement une valeur intermédiaire adaptée).
Que conseilleriez-vous comme logiciel de catalogage si on ne veut pas passer par la case LR? Merci.
Nous sommes en plein de tests de solutions diverses et variées. Nous consacrerons, au cours du premier trimestre, un article dédié à ces logiciels si particulier.
Coté catalogue, le problème est que Lr a placé la barre assez haute. Mais Capture1, ON1 et Luminar à terme reviennent bien dans la course.
Alors si on cherche un logiciel pour cataloguer et gérer ses images, à vrai dire, de solutions sérieuses qui tiennent la route, il y en a pas des masses. Pour l’instant, je vois IMedia, ACDSee et surtout Media Pro (désormais appartenant à Phase One).
Au plaisir.
Daminion est un super catalogueur !
Bonjour,
Difficile de connaitre toutes les solutions du marché. Et cela là m’était inconnue. J’espère de le mettre dans le futur article consacré aux catalogueurs.
En tout cas vu le prix, il a intérêt à être « super » !
Moi je me sers de la version gratuite depuis des années et j’en suis très content !