Dans le monde – qui commence à grandir – des logiciels de Post-Traitement d’images, il y a les logiciels les plus connus, comme Lightroom ou DxO PhotoLab, et tous les autres. Depuis la décision d’Adobe de (largement) privilégier l’usage de l’abonnement pour pouvoir utiliser son logiciel phare, les « autres » ont senti qu’une porte s’ouvrait. Certains s’y sont engouffrés. D’autres, qui se posaient en petits challengers de « l’ogre Lightroom », ont poursuivi et poursuivent encore leur progression avec leurs propres méthodes, leurs propres modalités d’évolution. Tel est le cas d’ACDSee. Ce logiciel existe sous différentes formes depuis très longtemps, mais il propose désormais des fonctionnalités d’un niveau intéressant en matière de traitement des fichiers RAW.
Description du logiciel
[learn_more caption= »Attention : »] Contrairement à d’autres logiciels de Post-Traitement, ACDSee n’enregistre pas les modifications effectuées sur une image dans un fichier annexe. Ces informations sont stockées dans la base de données, lorsque l’utilisateur, après Post-Traitement du RAW, clique sur « enregistrer ». À la réouverture de ce fichier RAW dans ACDSee, les traitements déjà enregistrés seront immédiatement appliqués dans l’image affichée. Pour l’éviter, il faut donc privilégier soit l’option « Enregistrer sous… », soit, et c’est mieux, l’option « Exporter ».Toutefois, ACDSee offre la possibilité de supprimer les paramètres de développement de l’image. Pour ce faire, il faut :
- Sélectionner l’image dans le module « Gérer » ou « Afficher »
- Mettre en œuvre l’option « Restaurer à l’original » du menu « Outils | Traiter ».
Autre possibilité : par un clic droit sur une image développée, choisir « Traiter | Retourner à l’image d’origine », ce qui a pour effet de supprimer tous les paramètres de développement de l’image dans la base de données. [/learn_more].
ACDSee est un logiciel de la société ACD Systems INTERNATIONAL INC. dont le siège est actuellement fixé à Victoria, petite ville de Colombie-Britannique (Ouest du Canada), sur l’île de Vancouver. ACDSee, comme il est dit ci-dessus, existe sous plusieurs formes. Pour ce qui concerne les versions 2018, on trouve : (les prix indiqués sont des prix « hors promotions »)
- 1. ACDSee Photo Editor 10
- 2. ACDSee Standard 2018 : 68,99€
- 3. ACDSee Professional 2018 : 114,99€
- 4. ACDSee Ultimate 2018 (la plus complète) : 171,99€
Une version ACDSee Ultimate Pack 2018 (216€ – voir ici) comprend la totalité des logiciels indiqués ci-dessus, avec une licence pour 2 utilisateurs.
La question que l’on pourraitt légitimement se poser concerne son intérêt puisque, normalement, ACDSee Ultimate 2018 comprend déjà toutes les fonctionnalités des autres logiciels. En fait, il s’y ajoute un module consacré à la vidéo : ACDSee Video Studio 2.
Seules les versions Pro et Ultimate possèdent un éditeur de fichiers RAW, la version Ultimate étant la seule à permettre les « couches d’images » (calques, dans d’autres logiciels).
On notera, par ailleurs, que les anciennes versions étaient numérotées dans une série continue (1, 2, 3… 8, 9, 10) alors que depuis cette année, ACDSee substitue le millésime au n°, comme c’est indiqué ci-dessus.
Il existe aussi une version pour Mac, « ACDSee Photo Studio for MAC 4 ». Pour ceux qui seraient intéressés, elle était disponible, jusqu’au 7 mars, au prix de 59,99$ au lieu de 99,99$. Ce dossier ayant été écrit avant cette date, nos lecteurs sont invités à aller vérifier sur le site d’ACDSee les conditions actuelles d’achat. Nous ne savons pas si les fonctionnalités sont identiques à celles de la version Windows. Cette version n’a pas été testée dans le cadre de cet article.

La version présentée
La version qui fait l’objet de ce dossier est la version ACDSee Ultimate 10. Ses fonctionnalités semblent moins nombreuses que celles de Lightroom, mais les résultats obtenus dans le traitement des fichiers RAW, quand on sait utiliser le logiciel, sont équivalents. La prise en main du logiciel en est cependant facilitée. Bien qu’ayant installé sur ma machine à la fois ACDSee et Lightromm (version 5.7), parmi d’autres logiciels d’usage similaire, l’utilisation quotidienne du premier nommé m’apparaît nettement plus facile et, surtout, nettement suffisante pour l’usage qui est le mien. Mais je ne méconnais pas et ne sous-estime pas les puissantes fonctionnalités du second. Pas plus que la nécessité pour certains utilisateurs d’avoir à disposition les fonctionnalités qui font défaut à ACDSee.
Il est possible que ce qui sera décrit diffère quelque peu de la version 2018 : celle-ci apporte bien entendu des fonctionnalités nouvelles.
Un « avantage » d’ACDSee par rapport à d’autres logiciels du même type : il reconnaît le format DNG (et aussi le PEF) sans qu’il soit besoin d’actualiser le logiciel. Ainsi, avec une version relativement ancienne d’ACDSee on peut tout de même ouvrir les fichiers PEF ou DNG du K-1 et les traiter. Lorsque le K-1 a été mis sur le marché (fin avril 2016), il m’a immédiatement été possible de traiter ses RAW.
De fait, les boîtiers reconnus sont très nombreux. ACDSee reconnaît les RAW des APN suivants (lien) :
Pour Pentax :
ist D – ist DL2 – ist DL – ist DS2 – ist DS – K-01 – K-30 – K-70 -K10D – K20D – K50 – K100D
K100D Super – K110D – K200D – K500 – K2000/K-m – K-1 – K-3 – K-3 II – K-5 – K-5 II/K-5 IIs – K-7 – K-r – K-x – MX-1 – Optio S4 – Optio S – Q – Q7 – Q10
Pour Ricoh :
GR – GR II – GR Digital – GR Digital IV – GX200 – GXR – GXR – A 12
Les mises à jour
Entre deux versions du logiciel, les mises à jour sont rares. ACDSee privilégie la sortie d’une nouvelle version chaque année, payante, bien entendu. Les utilisateurs déjà enregistrés bénéficient alors de « tarifs préférentiels », pendant un laps de temps variable. Ces tarifs peuvent aller jusqu’à une réduction de 63%.
Sur ce point, la politique d’ACDSee ne nous semble pas très claire : les réductions varient dans le temps, on ne sait trop pourquoi ni comment. Ce n’est guidé, semble-t-il, par aucune logique. La seule logique décelable réside sans doute dans la volonté de l’éditeur de conserver ses anciens clients et de tenter d’en capter de nouveaux. Toutefois, payer une somme allant de 75 à 100€ – voire davantage – pour obtenir une nouvelle version ne comportant que peu d’améliorations par rapport à la précédente (et même si ces améliorations peuvent être logiciellement importantes) nous semble aller à l’encontre de la fidélisation de la clientèle. C’est sans doute dommage, le produit étant par ailleurs tout à fait digne d’intérêt.
Le catalogage des photos et la gestion des métadonnées
Cataloguer
ACDSee, à l’instar de Lightroom, permet le catalogage des photos. Ce catalogage s’effectue au moment de l’importation. Dans l’onglet « Gérer », on choisit « Importer » et on choisit la source des images (disque, CD/DVD, périphérique). En pratique il s’agira quasiment toujours d’un disque (carte mémoire ou dossier d’un disque).
ACDSee affiche alors une fenêtre d’importation dans laquelle on peut choisir les photos à importer et les modalités d’importation. S’il s’agit d’un disque, il affichera une fenêtre de choix du dossier concerné dans le disque en question. C’est assez classique !

Cette importation est aussi l’occasion d’attribuer des mots-clés aux images choisies, comme on le ferait avec d’autres logiciels. Lors de la première importation dans ACDSee, on crée un dossier (ACDSEE_IMPORT) sur le disque choisi. Ensuite, si l’on a choisi l’importation par date, alors ACDSee crée dans ce dossier un sous-dossier nommé de la date des fichiers importés, au format AAAA-MM-JJ. Si la source des données comporte des fichiers de plusieurs dates, il sera créé autant de sous-dossiers que de dates de fichiers. Et c’est dans ces dossiers que seront rangées les images choisies. À ce propos, ACDSee offre différentes possibilités selon qu’il s’agira de fichiers RAW ou JPEG ou d’un autre format (groupage de fichiers ou non).
Le « manuel de l’utilisateur » indique qu’il est possible aussi d’importer – très facilement – une base de données Lightroom (option non testée).
Utiliser le catalogue
L’utilisateur d’ACDSee a tout intérêt à choisir le dossier d’importation comme dossier de démarrage de l’application. Cela se fait très facilement par les options du menu « Gérer ».

De fait, de très nombreuses options sont possibles, permettant une personnalisation très poussée. On ne peut que recommander aux utilisateurs de se reporter à l’aide intégrée du logiciel, très complète et extrêmement bien faite.
Le volet Catalogue permet de nombreuses méthodes d’organisation, de classement, de tri et de recherche de fichiers. On peut y créer autant de catégories que souhaité. Les fichiers « regroupés » en catégories ne changent pas pour autant de dossier : ils restent dans leur dossier d’origine.
Les mots-clés et les étiquettes de couleur
Ils permettent de grouper les fichiers selon les critères de l’utilisateur (encore une fois sans qu’ils changent physiquement de place : c’est seulement un groupement logique). L’arborescence ainsi créée s’affichera alors dans la section « mots-clés » du volet « Catalogue », facilitant l’affichage des fichiers en question.
Par ailleurs, les fichiers peuvent se voir attribuer des notes (de 1 à 5) et/ou des étiquettes de couleur.
Les étiquettes de couleur permettent d’identifier rapidement des images pour traitement ultérieur. Chaque couleur peut représenter une étape différente du flux de production. Lorsque l’on parcourt le dossier de photos, on peut, par exemple, affecter une étiquette à celles que l’on souhaite cataloguer, imprimer, supprimer, modifier, etc.. Il suffira ensuite de cliquer sur une étiquette de couleur dans le volet Catalogue pour afficher d’un coup tous les fichiers associés à cette étiquette.
Les catégories automatiques
ACDSee utilise les métadonnées pour créer des catégories automatiques, en recherchant toutes les images comportant la métadonnée en question (par exemple le modèle d’appareil photo). On peut ensuite affiner les recherches ou compléter les informations au moyen du volet « propriétés ».
Si l’utilisateur souhaite supprimer une catégorie auto, il suffit d’un clic droit sur le nom de la catégorie pour faire apparaître l’option « enlever des catégories fréquentes »

Les recherches enregistrées
Il arrive que l’on fasse souvent les mêmes recherches d’images. Dans ce cas, ACDSee permet d’enregistrer ces recherches (volet « Rechercher » et volet « catalogue »). Il suffira de donner un nom à la recherche pour pouvoir la rappeler ultérieurement.
Les éléments spéciaux
Ils servent à l’affichage rapide de toutes les images de la base de données ou de toutes les images qui n’appartiennent à aucune catégorie. On peut sélectionner :
- Banque d’images : affiche toutes les images cataloguées dans la base de données de ACDSee ;
- Intégration en attente : affiche tous les fichiers dont les informations de base de données ont changé, mais qui n’ont pas encore été intégrées dans les fichiers ;
- Sans catégorie : affiche toutes les images cataloguées dans la base de données, mais qui ne figurent dans aucune catégorie ;
- Aucun mot-clé : affiche toutes les images cataloguées dans la base de données auxquelles aucun mot-clé n’a été attribué ;
- Marque : affiche toutes les images de l’ordinateur qui ont été marquées.
La base de données
Bien entendu, toutes les informations renseignées sont enregistrées dans la base de données d’ACDSee. Pour ceux qui chercheraient où se trouve cette base de données, sous système Windows 7, elle est sur :
C:\users\Utilisateur\AppData\ACD Systems\Catalogs\100Ult\Default.dbin
Dans ce nom de chemin, « Utilisateur » est le nom de l’utilisateur Windows au sens du système, « 100Ult » est le n° de la version (ici, version ACDSee Ultimate 10).
Il est possible d’orienter son comportement en gérant les préférences dans le menu « Outils » « Options » « Base de données » de la barre de menu (haut de la fenêtre ACDSee).
À titre purement indicatif, avec un catalogue d’environ 10000 images son volume avoisine les 600 Mo.
Gestion des fichiers
ACDSee comporte un « Explorateur de fichiers » (volet gauche du logiciel), organisé à la manière de celui du système d’exploitation d’un ordinateur. Son fonctionnement est également similaire : on peut donc créer ou supprimer des dossiers aussi facilement qu’on le ferait par le système d’exploitation.

Gestion des métadonnées
ACDSee offre la possibilité d’ajouter des informations aux images : métadonnées IPTC – standardisées par l’International Press Telecommunications Council – et métadonnées ACDSee. Les premières sont automatiquement intégrées aux images par le logiciel de l’APN, les métadonnées ACDSee, enregistrées dans la base de données, peuvent être rajoutées par l’utilisateur. À cet égard, il est conseillé de les ajouter AVANT de procéder au développement des images, à condition que les images soient situées sur un support accessible en écriture.
À noter qu’il est aussi possible de copier-coller des métadonnées de fichiers vers d’autres fichiers.
ACDSee permet également de créer des préréglages de métadonnées et de leur associer un raccourci-clavier, ce qui facilite grandement la tâche de l’utilisateur qui voudrait compléter les métadonnées de ses images. L’aide d’ACDSee est, à cet égard, parfaitement claire.
Utilisation des coordonnées GPS
Si, lors de la prise de vue, la fonction GPS a été activée sur le boîtier, ACDSee affichera les données correspondantes dans le volet de droite (onglet « métadonnées »).
Les fonctionnalités de développement RAW
Une vue générale des menus avant d’y entrer plus en détail : Le panneau des commandes se situe sur la partie gauche de l’écran, le centre est occupé par l’image, la partie droite est réservée aux métadonnées.
Ces commandes sont réparties sur 4 onglets :
- « Réglage »
- « Détail »
- « Géométrie »
- « Réparer »
L’onglet « Réglage »

Il comprend les rubriques :
- Général
- Balance des blancs
- LightEQ (égaliseur de lumière)
- Égaliseur de couleurs
- Courbes de tonalité
- Flou artistique
- Effets
- Virage partiel
- Vignettage après recadrage
- Espace colorimétrique de sortie
L’onglet « Détail »

Il comprend les rubriques :
- Amélioration de la netteté
- Réduction du bruit
- Correction de la peau
- Aberration chromatique
L’onglet « Géométrie »

Il comprend :
- Correction de distorsion de lentille
- Faire pivoter et redresser
- Corriger la perspective
- Recadrer
- Corriger le vignettage
L’onglet « Réparer »

Il comprend 2 rubriques
- Réparer (Corriger / Dupliquer)
- Réduction des yeux rouges
Le Développement RAW « Standard »
Comme on le voit, ACDSee dispose d’une très vaste panoplie d’outils de développement, similaire à celle des autres logiciels du même type. Elle est largement suffisante pour parvenir à des développements de haut niveau, précis, et convenant parfaitement à l’utilisateur. Parfois, les noms des rubriques seront quelque peu différents de ceux utilisés par les concurrents, offriront plus ou moins d’options. Mais, dans tous les cas, les fonctionnalités nécessaires sont présentes et, souvent, paramétrables par l’utilisateur lui-même.
À noter aussi la présence d’une option « Dernier utilisé » qu’il est possible d’activer pour la plupart des réglages.
L’interface est, d’une manière générale, d’une grande souplesse et permet à l’utilisateur de l’ajuster selon ses besoins. Il serait fastidieux pour le lecteur de se voir « infliger » ici un mode d’emploi complet du logiciel en ce qui concerne notamment des options de développement. On se limitera donc à monter quelques options de différentes rubriques parmi les plus utilisées.
Notons, par ailleurs, que TOUTES les rubriques du développement (sauf l’espace colorimétrique de sortie) peuvent faire l’objet d’un paramétrage personnel enregistrable. Toutes peuvent aussi être activées ou désactivées. Si elles sont activées, il est à tout moment possible, d’un simple clic, de rétablir leurs paramètres par défaut.

Général

Sont à disposition les outils suivants (onglet « Couleur ») :
- Exposition
- Récupération
- Lumière d’appoint
- Contraste
- Saturation
- Vivacité
- Clarté (= contraste local)
- Dehaze (pour traiter les images entourées d’un halo)
L’onglet « Noir & Blanc » perd les rubriques « Saturation » et « Vivacité ».
Les zones grises sont graduées de 0 à 100.
« Exposition », par défaut à 0, peut être modulé très finement de -200 à + 200 par valeur entière (soit -2EV à + 2EV), ce qui permet, par exemple, une modulation de -0,17EV ou encore de +0,53EV.
Au-delà du « spectre » -2EV/+2EV, cela dénoterait une grave erreur d’exposition à la prise de vue, quasi impossible à corriger en Post-Traitement.
Bien sûr, ces outils s’utilisent par déplacement du curseur
Balance des blancs
Au chargement de l’image, ACDSee indique les données brutes choisies sur l’APN.
Le réglage de la balance des blancs en mode développement s’effectue alors soit en choisissant un réglage imposé (liste habituelle), soit en utilisant l’option « Personnaliser » qui n’est rien d’autre qu’un réglage manuel.

Gestion de la lumière
ACDSee propose 3 modes :
- général
- standard
- avancé
En mode « Général« , l’utilisateur peut manipuler trois curseurs affectant, respectivement, les ombres, les tons moyens, les rehauts. En plus d’un mode « Auto » qui donne rarement satisfaction.

Dans le mode « Standard« , sans doute le plus utilisé, l’interface donne un plus grand choix, les différents niveaux de lumière pouvant être réglés par le déplacement de curseurs. Le nombre de ces curseurs (« bandes ») peut être choisi par l’utilisateur parmi les valeurs 2, 3, 5, 7, 9. Pour une meilleure précision, on préférera, bien sûr, le plus grand nombre !
Une première rangée (partie haute de la rubrique) permet d’éclaircir les zones correspondant aux « bandes ». La deuxième rangée (partie basse de la rubrique) assombrit au contraire les mêmes zones. Deux autres curseurs (« Éclaircir » et « Assombrir ») permettent d’agir sur toutes les bandes à la fois, mais, à l’expérience, ils sont peu souvent utilisés.
Là encore, un bouton « Auto » est à la disposition de l’utilisateur, mais, une nouvelle fois, on n’en recommande pas l’utilisation dans la plupart des cas.

En mode « Avancé« , il est possible de gérer encore plus finement l’éclairage. Cependant, dans la pratique, on ne l’utilise que rarement et uniquement sur des images présentant un bon contraste, ce qui permet de mieux se rendre compte des modifications effectuées.

Gestion des couleurs
L’égaliseur de couleurs présente 2 modes :
- standard
- haute qualité
En mode standard, on agit soit par déplacement d’une courbe dans les différentes couleurs, soit par déplacement d’un curseur dans chacune des 8 principales couleurs (Rouge, Orange, Jaune, Vert, Cyan, Bleu, Violet, Magenta).
Le mode « Haute qualité » est bien plus précis, offrant, pour chacune des 8 couleurs, la possibilité de faire varier les valeurs de -100 à + 100 par valeurs entières.
Pour illustrer les actions possibles sur la lumière et les couleurs, l’image ci-dessous est présentée d’une part brute, d’autre part traitée avec ACDSee.


Les courbes de tonalité
Cette fonction (qui existe aussi dans le mode « Editer ») permet de modifier la gamme de tons d’une image.
On peut choisir soit d’ajuster toute la gamme (couche RVB) soit une couleur en particulier. C’est une des options pouvant faire l’objet d’un préréglage à enregistrer.
Le PT amélioré
Pour ACDSee, une partie des outils du Post-Traitement « amélioré » se trouvent dans le module « Editer », qui vient compléter le module « Développer ». Ces fonctionnalités « EDITION » d’ACDSee Ultimate 10 se répartissent en 6 groupes :
- Réparer
- Ajouter
- Géométrie
- Exposition/Éclairage
- Couleur
- Détails
Gestion des profils du boîtier
Comme il a été indiqué ci-dessus, ACDSee reconnaît tous les fichiers RAW « DNG ». Ajoutons, pour Pentax, que le logiciel est aussi capable, nativement, de lire et développer les fichiers RAW de type PEF.
L’onglet « Géométrie », si l’on coche l’option « Activer le profil de la lentille », permet de vérifier le profil de l’APN et des objectifs :


Un point relativement épineux : ACDSee associe automatiquement des boîtiers avec des objectifs compatibles (grand nombre de marques possibles). Mais il n’est pas possible, par exemple, d’associer un objectif Pentax DA à un boîtier plein format, a priori incompatible. De fait, la liste d’objectifs pour Pentax est relativement limitée, et l’utilisateur n’a pas la possibilité d’en ajouter.
La correction des distorsions de l’objectif s’avère assez complexe pour les débutants. Il est indispensable de se reporter à l’Aide intégrée ou on trouvera facilement la manière de procéder, dans la rubrique « Corriger les distorsions ».
Il est cependant regrettable que, les EXIF de l’image comportant, en principe, les données concernant l’appareil et l’objectif utilisés pour la produire, ACDSee ne les affiche pas par défaut dans les possibilités de correction des distorsions. Et ce, même si, bien sûr, il est possible de corriger manuellement les défauts visibles.
Flou artistique
Le nom de cette option ne laisse pas de place à l’interprétation. Il s’agit de gérer un flou global, à la manière d’un photographe célèbre.
Effets
Un nombre assez impressionnant d’effets peuvent être générés. Notre opinion ne nous pousse pas à commenter davantage cette option.
Vignettage
Comme tout bon logiciel, ACDSee permet de corriger le vignettage sur les images, ou d’en rajouter. Il suffit pour ce faire de manipuler les curseurs avec un peu de doigté.
Espace colorimétrique de sortie
Il peut prendre 4 valeurs :
- Adobe RGB (1998)
- ColorMatch RGB
- ProPhoto RGB
- sRGB IEC6 1966-2.1
Il est généralement préconisé de choisir, par défaut, Adobe RGB, sans doute le plus universel.
Le groupe « Réparer »

Yeux Rouges
Comme la plupart des logiciels de développement, ACDSee Ultimate 10 propose un outil de « réduction des yeux rouges », dans l’onglet « Réparer ». Il n’appelle pas de commentaire particulier (présent dans les 2 modules, « Développer » et « Editer »).
Outil de réparation
Il permet de corriger ou de dupliquer des zones de l’image. C’est un outil classique qui de demande pas d’explication particulière.

À noter que l’on peut utiliser le dernier préréglage mémorisé par ACDSee.
Outil de correction de la peau

Cet outil, très complet, devrait donner satisfaction aux portraitistes.
Gestion des calques
La plupart des corrections locales pourront être effectuées dans ce module « Editer », notamment la gestion des couches (Calques).

Le groupe « Ajouter »

Les outils de ce groupe permettent d’ajouter :
- Un texte sur l’image : choix de la couleur, de la police, de la taille des effets, de l’opacité…)
- Un filigrane (il est préférable de l’avoir au préalable créé et enregistré dans un fichier). Là encore, l’opacité peut être réglée.
- Des bordures (cadres) avec différents paramètres de réglages
- Du vignettage (différents paramètres et effets)
- Des effets spéciaux (60 possibilités dans ACDSee Ultimate 10 !)
- Des effets de flou (bascule/décentrement)

Le groupe « Géométrie »
Autre version du module correspondant dans le mode « Développer », il comporte les possibilités suivantes :
- Faire pivoter
- Retourner
- Recadrer
- Corriger la perspective
- Corriger la distorsion d’objectif
Les possibilités d’action sont d’une grande finesse et permettent de satisfaire tous les utilisateurs, même les plus exigeants.
Le groupe « Exposition/Éclairage »

On y retrouve les possibilités déjà évoquées du mode « Développer ».
Le groupe « Couleur »

Dans ce groupe, l’utilisateur pourra agir sur la balance des blancs, l’égaliseur de couleurs, la balance des couleurs. Il sera aussi possible de convertir les images en noir et blanc :

Et agir sur les rehauts et les ombres :

Nota : Les rehauts sont les zones les plus claires de l’image (Hautes Lumières, par opposition aux ombres)
Le groupe « Détails »
C’est encore un « double » du module équivalent dans le mode « Développer ».

C’est dans ce groupe que l’on pourra agir tout à la fois sur la netteté et le bruit.
Pour la netteté : on peut l’augmenter dans la rubrique « Netteté » ou par le « Pinceau à détails » (en choisissant l’opération « Netteté »). On peut la diminuer par la rubrique « Flou » qui agit sur la totalité de l’image, ou par le « pinceau à détails » en choisissant cette fois l’opération « Flou ».
Enfin le contraste local peut être modifié par action sur « Clarté ».
La gestion du bruit
S’agissant du bruit, une action fine peut être mise en œuvre (ajout ou suppression) grâce à des outils performants. Il est notamment possible de choisir le type de bruit (luminance, couleur), la largeur et le contour du pinceau, la pression exercée, la tolérance.

L’image ci-dessous a été prise avec un KP avec ces paramètres : 1/125s à f/5 et 12800 ISO. Un développement a été réalisé avec DxO PhotoLab, un autre avec ACDSee et 4 images ont été exportées : sans traitement du bruit, avec le traitement HQ, avec le traitement PRIME, avec le traitement ACDSee. Une portion de l’image a été extraite pour permettre les comparaisons.
Sans traitement / Traitement ACDSee


Traitement ACDSee / Traitement PRIME


On notera que le traitement PRIME, au prix d’un temps de traitement non négligeable, se révèle très efficace tout en gardant des détails. Le traitement ACDSee a été modulé pour garder des détails tout en minimisant autant que possible les effets du bruit.
Copies virtuelles
Cette fonctionnalité n’existe pas dans ACDSee.
Autres fonctionnalités
De très nombreuses fonctionnalités sont disponibles dans le logiciel ACDSee. Les lister et les commenter toutes demanderait de nombreux articles détaillés. C’est pourquoi on s’est limité à indiquer leur existence.
Toutefois, il faut noter qu’ACDSee dispose de fonctionnalités de retouches, d’annotations : une barre d’outils « dessin » est disponible en mode Editer :

Ce ne sont sans doute pas les outils les plus utilisés en traitement de photos stricto sensu, mais il peut être agréable et utile de les avoir à disposition quand c’est nécessaire : cela évite de passer par un logiciel extérieur.
Traiter une série d’images par lot avec ACDSee Ultimate 10
Le traitement par lot permet d’appliquer les mêmes paramètres de traitement à un ensemble d’images. Il est donc utile principalement dans les deux situations suivantes :
- Traitement d’une série homogène d’images prises dans des conditions similaires
- Application d’un rendu spécifique à un ensemble de photos
Pour ce faire, il est recommandé d’utiliser les « Actions ACDSee ». Les paramètres d’édition peuvent être enregistrés sous la forme de préréglages réutilisables à volonté.
PixelShift
Pentax propose depuis le K-3 II la fonctionnalité PixelShift qui permet une définition accrue d’une image. Malheureusement, tout comme de nombreux autres logiciels, ACDSee ne prend pas en charge cette fonctionnalité.
Échanges avec d’autres logiciels
Il existe dans ACDSee la possibilité d’utiliser des éditeurs externes. Il suffit de les lui indiquer par l’option « Outils » « Éditeurs Externes ».

Nous n’avons pas testé cette fonctionnalité, pas plus que l’utilisation possible d’un plug-in Photoshop disponible dans le mode « Editer » (Menu « Outils » « Plug-in Photoshop »)
Les fonctions d’Export
Export « classique »
Comme dans tout autre logiciel, il est possible d’exporter les images post-traitées. Deux choix sont proposés :
- par l’option « enregistrer sous… »
- par l’option « Exporter » (image ci-dessous)

L’export entraîne la création d’un fichier du format souhaité (JPEG, TIFF…) à l’endroit choisi par l’utilisateur. Chaque format de fichier peut être paramétré à volonté parmi les nombreux choix possibles pour chacun.
De même, il est possible de choisir l’espace colorimétrique de sortie, les dimensions de l’image, la conservation ou non des métadonnées.
Il est également possible, lors de l’export, d’appliquer les préréglages de développement enregistrés ou les « actions ACDSee ».
En revanche, il n’existe aucune option d’exportation vers des services externes (Flickr, Instagram…). Il n’existe pas non plus de possibilité d’envoi automatisé vers des services d’impression ni la possibilité de créer des livres-photo.
Impression locale
Le mode « Gérer » dispose d’une fonctionnalité d’impression des photos. L’imprimante locale peut y être configurée et diverses possibilités sont offertes à l’utilisateur, par exemple l’insertion d’un texte avant impression.

Tableau récapitulatif des principales fonctions du logiciel
| Catalogue | Oui |
| Gestion des calques | Oui |
| Interfacage avec des éditeurs externes | Oui, à configurer logiciel par logiciel |
| Gestion du PixelShift | Non |
| Gestion des panoramiques, des HDR | non |
| Utilisation des set de dev Pentax (Lumineux, Paysage, Monochrome, Brillant, etc.) | - Présence d'une option "Actions ACDSee" |
| Prise en charge format DNG et PEF | Oui |
| Correction des AC | Oui |
| Correction des objectifs | Oui |
| Copier/Coller les paramètres de dev (synchronisation passive et/ou active) | Oui, Synchronisation passive et création de Preset d'Autoréglage |
Avantages / Inconvénients
Avantages
- De très nombreux outils très performants pour le développement et l’édition
- Une souplesse d’utilisation remarquable
- Une grande facilité de prise en main
- Une aide incorporée complète et d’une remarquable clarté.
- L’automatisation possible de nombreuses tâches
- La possibilité de mettre en œuvre d’un simple clic les derniers réglages effectués.
Inconvénients
- Une gestion étrange des paramètres de développement (dans la base de données)
- Des fonctionnalités parfois un peu en retrait – ou moins pratiques – par rapport aux ténors que sont Lightroom ou DxO Photolab
- Les limitations de correction d’objectifs (liste gérée très incomplète)
- Des mises à jour annuelles payantes pour actualiser le logiciel vers la nouvelle version.
- Un coût trop élevé de ces mises à jour pour obtenir des fonctionnalités nouvelles pas toujours déterminantes.
Et par rapport à Adobe Lr ?
Voici un petit tableau des principales fonctions d’ACDSee Ultimate 10 avec leur équivalent Lr.
| Lightroom | ACDSee Ultimate 10 (terminologie ACDSee) |
|---|---|
| Balance des blancs | Balance des blancs |
| Tonalité automatique | Niveaux automatiques (couleur/contraste) |
| Tonalité manuelle | Egaliseur de couleurs |
| Clarté | Clarté |
| Vibrance et Saturation | Vivacité et Saturation |
| Courbe des tonalités | Courbes de tonalités |
| Teinte/Saturation/Luminance Couleur / NB | Teinte/saturation/Luminosité Couleur / NB En mode standard et en mode "Haute qualité" |
| Détail - Netteté | Détail - Amélioration de la netteté |
| Détail - Réduction du bruit | Détail - Réduction du bruit |
| Corrections de l'objectif | Corrections de distorsion de la lentille |
| Recadrer | Recadrer |
| Redresser | Redresser |
| - | Corriger la perspective |
| Suppression des défauts | - |
| - | Flou artistique |
| - | Effets |
Passer d’ACDSee à Lr ou à tout autre logiciel demandera quelques efforts. L’inverse est vrai aussi.
Si les fonctionnalités sont globalement équivalentes en termes de résultats, elles ne sont pas toujours accessibles de la même manière, ce qui peut dérouter l’utilisateur qui change de logiciel.
Conclusion
Au fil des versions, ACDSee est devenu un logiciel de haut niveau pour le développement et l’édition des fichiers RAW. Il offre, parfois différemment ou avec moins de facilité, les mêmes possibilités que ses concurrents plus répandus. Certes, certaines de ses fonctions peuvent apparaître en retrait par rapport aux « ténors » du marché (la fonction de débruitage Prime de DxO n’a pas encore été égalée !). Mais il n’en reste pas moins très complet et il ne démérite jamais. On finit par l’apprécier d’autant plus à mesure qu’on le connaît mieux.
De notre point de vue, le seul point véritablement « noir » (ou gris foncé !) est cette « politique » qui consiste à demander à l’utilisateur une somme non négligeable pour passer chaque année d’une version à la suivante, avec des fonctionnalités nouvelles, certes, mais parfois d’un faible intérêt.
Galerie
Les images ci-après ont toutes été traitées avec ACDSee Ultimate 10.




Crédit photo : © fyve – Développement et PT ACDSee dans le cadre de l’article : Micaz

2 réponses
Merci pour ce descriptif assez poussé. Je m’étonne lorsque vous dites avoir pu lire les PEF du K1 avec une version « assez ancienne » d’Acdsee. En ce qui me concerne le passage du K20 au K3 m’a obligé à passer de la V6 à la V8. Ce serait une agréable surprise si ma V9 ultimate actuelle lisait les PEF du K1-II, si d’aventure je franchissais le pas…
Autre reproche à cette V9 ultimate: elle ne lit pas les exifs des « notes du fabricant Pentax » du K3, alors qu’elle lit (partiellement) celles du K20. Qu’en est-il du couple V10/K1?
Bonjour
Merci pour votre message.
Quand je dis « une version assez ancienne » d’ACDSee pour lire les RAW/PEF du K-1, c’était, me semble-t-il avec la version Ultimate 9 (désinstallée depuis) et au tout début du K-1. Mais ne vous faites pas d’illusions : cette version ne lira pas les RAW/PEF du K-1 II : même la version 10 que j’ai encore ne les lit pas. Mais elle lit et traite les DNG.Il est donc souhaitable d’adopter le standard d’Adobe, plutôt que de conserver les PEF.
La V10 ne lit pas non plus, à ma connaissance, les notes du fabricant. Pentax n’est sans doute pas dans les préoccupations de la plupart des éditeurs de logiciels.
Toutefois (et notre étude sera bientôt publiée), RawTherapee 5.4 lit et traite les PEF et DNG du K-1 II et traite le pixelshift aussi (pas encore essayé, le K-1 II étant dans mes mains depuis trop peu de temps). Au prix cependant de manques importants par ailleurs. Nul n’est parfait !