Photographier en été

Photographier en été n’est pas plus difficile qu’en toute autre saison. Chaque saison comporte simplement ses spécificités, ses contraintes, liées à bien des choses : la luminosité, le lieu, l’heure, etc.

N’oublions pas, en outre, que lorsque c’est l’été ici, c’est l’hiver ailleurs, et réciproquement. Et dans certaines contrées, la différence été/hiver en termes de luminosité, de chaleur, est si ténue qu’elle ne viendra pas contredire nos propos.

Ce qui ne change pas en été

Le matériel

Une quasi-lapalissade : pour photographier en été, il faut un appareil photo, de quelque type que ce soit.

Une certitude : il est nécessaire que cet appareil photo soit à portée de main quasi en permanence. On ne sait pas toujours à l’avance quel sujet va surgir devant l’œil du photographe ni à quel moment il se présentera. Dès lors, pouvoir se munir rapidement du matériel nécessaire peut s’avérer primordial. Sinon, on risquera de louper « la photo du siècle » : c’est juste une plaisanterie, bien sûr ! Mais le vrai risque, c’est de manquer l’occasion d’une bonne photo.

De toute évidence, il faut que ce matériel soit immédiatement prêt à être utilisé. Nous pourrions ici rappeler à nos lecteurs tout ce que nous avons déjà exposé à ce sujet : les batteries chargées, les réglages adéquats, la connaissance suffisante de son matériel. Et enfin, toutes ces choses évidentes qui n’ont rien à voir avec une saison en particulier et qui sont valables en permanence.

La technique

Comme en toute saison et en toutes circonstances, les règles de bases de la photographie ne doivent pas s’oublier en été, au prétexte fallacieux que l’on serait en vacances, période de repos. Les vacances ne sont pas une excuse pour faire n’importe quoi ! Et d’ailleurs, ce n’est pas parce qu’on est en été qu’on est aussi en vacances. Ce serait trop beau : trois mois de vacances chaque année, quel pied ! Redescendons sur Terre : la réalité est toute autre.

Dès lors, on devra faire en sorte que chaque photo soit bien cadrée et bien composée. Aussi qu’elle tente de raconter une histoire et qu’elle soit réalisée aussi parfaitement que possible. Des évidences, disions-nous, dont on ne doit jamais s’affranchir !

Précautions et contraintes

L’entourage

Donc, l’été, ce n’est pas toujours les vacances, mais cela peut aussi l’être, avec tout ce que cela suppose : la famille, les enfants, les amis, la foule parfois. Bref, pas toujours les conditions idéales pour « faire sérieusement de la photo ». Pour ce qui me concerne (et je suis loin d’être le seul), je n’ai jamais pu me concentrer sur la photo dans ces conditions. Avec une famille, un(e) conjoint(e), des enfants, des ami(e)s, on se doit de s’en occuper, mais sans pour autant s’oublier complètement. Il reste toujours possible, sinon indispensable, de se réserver des moments (à préparer) pour se consacrer à sa passion photographique. C’est vrai aussi pour toute autre passion !

Préparer ses séances photo

Si l’on veut mettre un tant soit peu de sérieux dans sa pratique photographique, il est important d’observer quelques principes essentiels. Et de savoir s’en affranchir de temps en temps.

Selon les sujets, la façon dont on entend les traiter, on n’agira pas toujours de la même manière.

Ainsi, l’amateur de photos de papillons n’attendra pas les heures de la mi-journée pour aller leur tirer le portrait. C’est en effet un moment de la journée où ils sont particulièrement actifs, où ils passent peu de temps sur leurs supports, même s’ils correspondent à leurs goûts. Il est grandement préférable d’aller à leur rencontre aux premières heures du jour, quand ils sont encore posés, ensommeillés et souvent ruisselants de rosée. Cela dit, on peut aussi parfois les photographier en journée, mais ce seront des photos plus difficiles à obtenir et bien différentes. Cela implique donc de se lever tôt. Eh oui, même en vacances, « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ! »

Pour d’autres sujets, il pourra être judicieux d’attendre l’heure bleue ou l’heure dorée. Mais, quel que soit le sujet retenu, avoir préparé avec soin son matériel reste une condition essentielle. Ce n’est pas au moment de partir qu’il faut se poser la question du choix de l’objectif, de l’emport ou non d’un trépied, etc.

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À l’heure bleue
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À l’heure dorée, avant le coucher de soleil

Savoir s’adapter

« Avoir plusieurs fers au feu » est une bonne précaution. Autrement dit, avoir réfléchi à plusieurs sujets possibles sera un atout dans le cas où tout ne se passe pas comme prévu initialement. Que cela concerne la météo (il pleut et ce n’était pas prévu !), les conditions prévues pour la sortie (on devait partir à 6h, mais une panne d’oreiller – pour quelque raison que ce soit – en a décidé autrement), ou tout autre changement inattendu, ne change rien à l’affaire : on s’adapte !

Que diable ! On est en vacances ! Ce n’est pas comme si on devrait être à l’heure au bureau !

Il pleut…

Vous n’avez pas peur de la pluie, mais il se trouve que votre matériel est protégé, « tropicalisé » comme on dit même dans nos contrées qui n’ont rien à voir avec les tropiques. Photographier par temps de pluie reste une possibilité. Et, dans ces circonstances, oser le noir et blanc, y compris en proxiphoto, peut représenter un joli défi. Alors, pourquoi pas ?

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Il pleuvait ce jour-là…

Ne pas négliger la lumière par temps orageux. Les ciels peuvent se charger de gros nuages menaçants, mais intéressants à photographier… avant qu’ils ne déversent toute l’eau qu’ils charrient. Et si l’orage éclate sur vous, protégez le matériel, mais ne vous privez pas, si c’est possible, de photographier les éclairs. Vous pouvez, le cas échéant, vous aider de matériel spécialisé (déclencheurs automatiques : un exemple).

Il fait beau…

Et même très beau, mais la matinée est déjà avancée (toujours ces pannes d’oreiller !). Qu’à cela ne tienne : c’est le moment de se frotter (photographiquement s’entend) aux ombres parfois bien dures que génère cet ensoleillement. Parfois ces ombres prennent des formes particulières, inattendues. C’est le moment d’en profiter, le cas échéant en variant les angles de prise de vue. Sans compter que des ombres judicieusement placées peuvent aussi structurer une photo. C’est aussi le moment de se rappeler les principes de l’exposition, du cadrage, pour proposer des images sortant des sentiers battus, mais agréables à regarder.

Tout est possible, alors OSEZ !

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Les ombres sont dures !

Bien choisir le matériel

En toute saison, le meilleur matériel reste celui dont on dispose au moment où on a envie de faire une photo. En été comme en hiver. Ainsi, pour autant qu’il ne soit pas trop mauvais en photo, le smartphone qui dort dans votre poche peut très bien servir à saisir un instant éphémère. On le met souvent « en service » beaucoup plus rapidement que le reflex ou l’hybride dans son sac. Et qui, lui, ne dispose peut-être pas de l’objectif qui conviendrait aux circonstances.

Donc, utiliser un smartphone n’est pas honteux. Mais ce n’est pas une raison pour lui donner l’exclusivité.

En matière de matériel, l’été, par sa luminosité parfois très forte, est l’occasion de se servir des filtres qui peuvent rendre des services inestimables. Il en est notamment ainsi du filtre polarisant, qui permet d’atténuer les reflets, voire les supprimer (mais pas sur toutes les surfaces !), et de saturer les couleurs. À condition de savoir l’orienter, bien sûr.

Pour certaines photos, un filtre ND peut aussi rendre des services. Nos articles ont déjà évoqué ces sujets : il reste possible de s’y reporter comme pour une « piqûre de rappel » : voir ICI, ou encore et (ouf !).

Utiliser des techniques parfois oubliées

Pour les paysages (notamment, mais pas seulement), selon les marques et les boîtiers, sont offertes des possibilités de photographier en sortant de l’ordinaire. Par exemple :

Vous voyez, vous avez de la lecture… avant l’été !

Midi, l’heure du « crime »

Habituellement, c’est plutôt minuit qui est ainsi qualifié. Mais en photo, et principalement en été, c’est bien la mi-journée (au sens large) qui expose aux plus grandes difficultés photographiques. Pour cause, bien sûr, de luminosité excessive ou au moins très importante. Nous avions, il y a quelques années (10 ans, déjà !), exposé les dangers du soleil en photo. Il est évident que, dans ce domaine, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et, par conséquent, si on tient à déclencher sous une très forte luminosité, les mêmes précautions doivent aussi être prises.

L’équipement

Nous n’allons pas changer notre fusil d’épaule (*) et les conseils donnés il y a 10 ans restent valables aujourd’hui. Notamment l’utilisation de filtres ND permettant d’atténuer l’intensité de la lumière. Ou encore de filtres polarisants.

De même, et c’est un peu notre leit-motiv, l’utilisation d’un pare-soleil est fortement recommandée. S’il porte ce nom, ce n’est pas un hasard ! Bien utilisé, il empêchera les rayons lumineux d’atteindre la lentille frontale de l’objectif. Et en plus, il permet un certaine protection anti-chocs de ladite lentille frontale.

Faire les bons choix

Mais si l’on tient malgré tout à opérer aux heures les plus lumineuses, il peut être particulièrement judicieux de choisir les sujets qui conviennent. Il n’y a pas de mauvais sujet par principe, mais seulement des sujets mal traités. Il n’existe pas non plus de mauvaise heure de prise de vue par principe, mais des conditions de prise de vue inadaptées. Tout – ou presque – peut être photographié, à n’importe quelle heure, pour peu que l’on sache mettre en oeuvre les conditions propres à obtenir un bon résultat. Si l’on n’y parvient pas, c’est, la plupart du temps, qu’on n’a pas su s’y prendre ou que l’on ne disposait pas de tous les moyens nécessaires.

Ici, sur une plage, une mante religieuse semblait intriguée par la présence d’humains :

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La mante curieuse

Pour éviter les surexpositions dues au plein soleil, rechercher les conséquences d’une forte lumière est intéressant : les ombres, surtout si elles sont esthétiques, constituent une possibilité. Une bonne composition est alors essentielle pour les mettre en valeur. On n’a que l’embarras du choix entre les ombres des bâtiments, celles de la végétation (arbres en particulier) ou, pourquoi pas, des personnes. Il faut juste rester aux aguets et savoir saisir rapidement le sujet et le bon moment.

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Jouer sur la lumière et les ombres

Autre possibilité : en forêt, jouer avec les rayons lumineux qui transpercent la végétation.

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Sous les branches…

En fait, la photographie n’est réellement limitée que par l’imagination du photographe… ou, parfois, son équipement au moment « T ».

(*) en forme de plaisanterie : il est bien connu que si l’on change son fusil d’épaule, il ne faut surtout pas partir de la droite, sinon on passe l’arme à gauche !

Quelques sujets possibles

Les choses

  • En été, on n’a que l’embarras du choix. Presque tout est possible, parfois même, selon le lieu et la météo, des photos que l’on ne fait généralement qu’en hiver. C’est pourquoi il importe de faire preuve d’originalité. Ne pas se limiter au paysage – sauf si l’on n’aime que ça !
  • Penser aux photos d’architecture : les lignes des bâtiments se distinguent et ressortent mieux. Jouer avec ces lignes peut être un exercice grisant.
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Lignes et ombres
  • L’été est une saison très favorable en matière de végétaux. Les fleurs abondent. Les fruits et les légumes aussi, parés de couleurs bien tranchées : c’est le moment de s’y intéresser. Même quand on est comme une personne que je connais bien et qui devait faire un sujet sur la photo culinaire, sujet qui reste aujourd’hui encore repoussé aux « calendes grecques ». Un plat multicolore, s’il est bien agencé, peut constituer un sujet de choix.
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Les fruits et légumes d’été… ou pas !
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D’autres sujets bien colorés !

ou encore des fleurs :

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  • En forêt ou dans un parc, vous choisissez de vous reposer à l’ombre d’un arbre. Prenez-donc une position couchée et shootez en contre-plongée totale les branches de cet arbre. Vous les aurez choisies, bien sûr, pour l’esthétique qu’elles présentent. Pour peu qu’un rayon de soleil vienne transpercer les feuilles, cela pourra vous donner une « étoile » à plusieurs branches. L’effet obtenu dépend de l’objectif utilisé et de l’ouverture du diaphragme. Il faut alors privilégier les très petites ouvertures (f/16, f/22,…) et tant pis pour les effets éventuels de la diffraction !
  • Et les sempiternels levers et couchers de soleil, ou encore l’intégration du soleil dans la photo, mais bien sûr avec parcimonie et sans qu’il vienne la « cramer » ! En pareille situation, prendre garde au flare que cela pourra générer, selon l’objectif utilisé. Sans oublier qu’avec un peu de chance (et/ou d’expérience !) ce flare pourra apporter un « plus » à la photo.
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Un coucher de soleil

 

 

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et un autre coucher de soleil

Les gens

  • Les terrasses de café avec leurs consommateurs, les boissons, les glaces offrent des couleurs variées, et des situations intéressantes parfois. Ayez l’œil, l’APN prêt et d’heureuses surprises se présenteront sans doute. Ne les ratez pas !
  • De même, les sports d’été peuvent apporter des sujets qu’on rencontre peu le reste de l’année : surf, voile et même… pétanque ! Pourquoi pas, après tout ?
  • N’oubliez pas les nombreuses fêtes populaires, les défilés de chars, etc.
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Dans la rue, une fête
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et toujours des couleurs vives

Quelle que soit la saison, il n’existe pas de mauvais sujets, mais seulement des sujets mal traités. Bien les traiter n’est pas une option inatteignable. Alors, préparez-vous, le temps de mitrailler pacifiquement approche !


L’été, et notamment si l’on est en vacances, est une chance rare (et parfois une occasion unique) dans l’année de rencontrer des conditions particulièrement favorables à la pratique photographique. Et ce, dans un grand nombre de domaines. Pour peu que l’on soit correctement équipé – et qu’on ait appris à se servir convenablement de son matériel -, de nombreuses possibilités existent de produire des images de qualité. Alors, n’hésitez pas, le moment est venu !

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