Par défaut, une (ou des) photo(s) floue(s), ça part directement à la poubelle lors du premier tri. Pourquoi en effet conserver quelque chose sur lequel on ne portera pas le moindre regard ? Et je suis sûr de ne pas être le seul à avoir cette réaction. Une sorte de réflexe pavlovien ! Pourquoi ? Parce que l’un des critères affichés de réussite pour un cliché c’est qu’il doit être net de partout. Tout le monde le dit, y compris nombre de formateurs. On peut s’interroger de leur légitimité au vu de cette position !
Cette netteté absolue du premier plan jusqu’au fin fond de l’arrière-plan peut être un critère essentiel pour certains photographes. Il est légitime mais ne doit pas se transformer en un dogme, en une fin en soi. Flou ne veut pas toujours dire raté !
Le flou fait partie de notre vision. Il suffit de fixer un objet lointain pour se rendre contre que l’avant-plan est un peu flou. L’inverse aussi. Alors pourquoi en serait-il autrement pour les images ?
En réalité, on pourrait dire qu’il existe plusieurs types de flou, comme :
- Le flou lié à la profondeur de champ, qui permet de mettre en avant un objet, un personnage, un lieu. Votre sujet est net alors que les autres plans sont plus ou moins flous.
- Le flou délibéré. Il s’agit de celui qui permet principalement de représenter le mouvement et la vitesse, mais aussi apporter un côté mystérieux ou une ambiance particulière. Dans ces cas, il s’agit d’utiliser délibérément le flou pour donner la liberté au lecteur d’imaginer son histoire.
- Le flou accidentel. Le photographe, vous en l’occurrence, s’est trompé, a bougé, ou fait une quelconque manœuvre accidentelle. Non voulu, non désiré, le cliché a bien été enregistré sur la carte mémoire.
Évidemment, on est bien d’accord… n’importe quelle photo floue ne deviendra pas intéressante, voire une œuvre d’art, par le simple fait de cette caractéristique ! Un flou voulu, maitrisé, peut apporter quelque chose à vos clichés. Mais il peut aussi gâcher irrémédiablement ces mêmes images. Et c’est le cas le plus courant.
N’oubliez pas que les photos sont là aussi pour alimenter notre imagination, permettre de se raconter une histoire, fantasmée ou pas. Et que c’est cela qui doit aussi vous guider dans votre démarche.

