Modes automatiques : les modes autofocus

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Dans un article précédent, nous avons évoqué les modes automatiques permis par nos boîtiers et objectifs, et notamment l’autofocus.

Le but, cette fois, est de détailler un peu plus certains modes : quand, pourquoi, comment les utiliser, éventuellement d’autres interrogations encore. Il ne sera pas ici question de normes impératives, de dogmes, de prises de vues, mais seulement de possibilités offertes pour tenter de produire de meilleures images.

Le premier volet de cette courte série concerne les modes de mise au point automatiques.

Les modes autofocus et les collimateurs

Avertissement

On ne parlera ici que des modes utilisés par les boîtiers Pentax, notamment les K-1 mark II et K-3 mark III. Non pas que les autres manquent d’intérêt, bien au contraire, mais nous parlerons surtout du matériel qui nous est le plus familier. Et seulement pour des objectifs AF qu’on utilise comme tels : les autres sont évidemment exclus du sujet.

S’agissant des caractéristiques propres à chaque boîtier, elles peuvent être consultées soit dans nos tests (ICI et ), soit sur le site japonais de Ricoh/Pentax (K-3 III, K-1 II).

En matière d’autofocus, on trouve chez Pentax :

  • sur certains boîtiers anciens, le mode AF.A
  • le mode AF.S (autofocus ponctuel : « S » pour « Single »)
  • le mode AF.C (autofocus en continu)..

Nous expliciterons ces deux derniers modes plus loin et de façon plus détaillée.

Les collimateurs

Quelques rappels peuvent s’avérer utiles.

Le collimateur central

Traditionnellement, le collimateur central, symbolisé par un carré, est le plus « sensible » de tous et convient à tous les sujets. Il n’a qu’un défaut : il est placé au centre et, a priori, ne favorise pas à lui seul une composition et un cadrage originaux, ou, tout simplement, créatifs. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas l’utiliser, mais plutôt que cela peut contraindre à recadrer en post-traitement, ce qui n’est pas idéal. On notera, sur les boîtiers Pentax étudiés, qu’il a une taille supérieure aux autres collimateurs.

C’est une situation qui cependant a évolué avec le K-1 II et le K-3 III : sur le premier, on a désormais 3 collimateurs, et 9 sur le second (voir images ci-dessous).

Les autres collimateurs

Leur répartition dépend de leur nombre et du format du capteur.

Sur les boîtiers visés, tous les autres collimateurs apparaissent carrés et ont la même taille. Avec cependant une exception : sur le boîtier K-1 II, les collimateurs situés complètement à droite et à gauche dans le viseur ont une forme de rectangle vertical (images ci-dessous). Cela facilite la mise au point sur les sujets horizontaux. On retrouve d’ailleurs ce type de collimateurs chez d’autres constructeurs. Ils sont souvent complétés par d’autres, en forme de rectangle horizontal qui, eux, facilitent la mise au point sur des sujets verticaux.

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Les collimateurs du K-1 II
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Les collimateurs du K-1 II « en situation » – © Ricoh Imaging
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Les collimateurs sur l’écran arrière du K-1 II
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Les collimateurs du K-3 III – © Ricoh Imaging

 

L’utilisation des collimateurs en mode AF

Cette utilisation est à mettre en adéquation avec le mode de prise de vue (Av, TAv, etc.) et avec le mode AF utilisés (A, C ou S : voir ci-après).

Le choix du nombre de collimateurs utilisés, leur place dans le viseur, est bien sûr étroitement fonction du sujet photographié et de la composition et du cadrage de l’image. Ainsi, on n’est absolument pas tenu d’utiliser le collimateur central pour une prise de vue donnée. Celui-ci ne s’impose (par construction) que si l’on choisit le mode « SPOT ».

Il m’arrive souvent de dire que si, en théorie, il n’y a pas de différence entre la théorie et la pratique, en pratique, il y en a. Aussi, on ne peut que recommander à chacun(e), et surtout aux débutant(e)s d’observer ce fonctionnement des collimateurs. Il suffit, pour cela, de photographier un sujet, appareil sur trépied pour éviter une variation non désirée de la mise au point. Et ensuite de déclencher en changeant, entre deux vues, le nombre et la position des collimateurs dans le viseur (ou sur l’écran arrière si l’on utilise le live-view). Ensuite, observer les clichés sur ordinateur. Bien sûr il est extrêmement important d’avoir noté les paramètres de chaque prise de vue pour apprécier avec justesse les différences constatées.

Notons que le positionnement des collimateurs est opéré, sur le K-3 III au moyen du « joystick ». Sur le K-1 II, on agit sur le « trèfle ». Sur ce boîtier, le choix peut être fixé par un appui sur le petit bouton situé juste au dessus du trèfle (entouré en rouge sur l’image ci-dessous).

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Le bouton pour « figer » les collimateurs

 

Mais ceci dépasse largement le cadre de cet article.

Les modes autofocus (AF)

Par hypothèse, nous excluons le mode vert – plutôt destiné aux débutants – où pratiquement rien n’est maîtrisable par le photographe. Le boîtier se charge de quasiment tout, dans ce mode, et on peut donc en attendre le meilleur comme le pire. Surtout le pire si les conditions sont défavorables (basse lumière) ! Attention ! Ce n’est pas du mépris à l’égard des débutants : nous l’avons TOUS été. C’est simplement que ce mode vert doit être abandonné aussi tôt que possible afin de maîtriser son matériel et, partant, ses prises de vues.

Le mode AF.A

Chez certains fabricants, il est aussi appelé « AI focus ».

Évacuons d’emblée ce mode que les derniers boîtiers Pentax ne proposent plus.

Il s’agit vraiment, comme son appellation l’indique, du plus Automatique des modes AF. C’est celui qui, lorsqu’il est choisi par l’utilisateur, décide tout seul de la manière dont il va assurer la mise au point sur la scène photographiée. En pratique, il va donc choisir entre mise au point AF.S et AF.C. Comment ? C’est un mystère de l’intelligence artificielle de nos boîtiers… ou une bévue naturelle. Pourquoi ? Parce que l’opérateur perd la main sur la méthode de mise au point et s’expose donc à ce que l’appareil ne choisisse pas celle qui convient le mieux pour la photo à venir.

Comment ce mode peut-il déterminer si le sujet photographié est statique ou semi-statique ou s’il est en mouvement lent ou rapide ? Mystère ! Cette distinction est pourtant primordiale si l’on veut assurer une bonne netteté du sujet sur la photo. Si le sujet ne bouge pas du tout, le mode choisi sera AF.S. S’il bouge nettement, ce sera AF.C. Et s’il bouge par à-coups ou pas assez vite pour justifier pleinement le choix d’AF.C ? Le mode AF.A risque de faire son choix trop tardivement ou de façon erronée et la photo sera floue… donc ratée.

Nos lecteurs comprendront dès lors que nous ne recommandons pas ce mode. On peut même dire que nous le déconseillons. Du reste, s’il a disparu des boîtiers les plus récents, c’est que probablement son utilité était pour le moins contestable.

Le mode AF.S

Répétons-le : « S » signifie « Single » ; en français, cela se traduit par « ponctuel » car il s’agit d’un mode de mise au point pour une seule vue. Ce qui, évidemment, n’interdit pas de shooter en rafale si l’on en a envie, mais cela ne s’impose pas forcément ! Chez certains constructeurs il est appelé « One shot ».

Quand et pourquoi utiliser AF.S

On recommande généralement ce mode pour les sujets statiques ou suffisamment lents pour ne pas nécessiter une mise au point en continu. L’exemple le plus typique est sans doute celui de la photo de paysage : par nature, un paysage est statique. S’il croit le voir bouger, alors le photographe doit s’interroger, s’il en est capable, sur son absorption éventuelle de denrées perturbantes dans les minutes ou les heures précédant la prise de vue !

Mais ce mode peut aussi s’utiliser dans bien d’autres domaines : portrait, certains genres macro (objets fixes, par exemple).

On l’utilise aussi parce que c’est le plus simple. Un photographe débutant doit d’abord se familiariser avec des prises de vues simples. Il pourra ensuite s’aventurer vers des réglages plus complexes à maîtriser. Ils ne sont cependant pas forcément à mettre en œuvre dans tous les cas de figure.

Dans ce mode, la mise au point est rapide (plus rapide qu’en mode AF.A), du moins tout autant que le permettent le boîtier et l’objectif utilisés.

Comment l’utiliser

Le préalable indispensable est de l’avoir choisi sciemment. Il existe 2 façons de choisir chez Pentax :

  • soit par le menu de l’appareil,
  • soit par la combinaison d’un appui sur le bouton situé sur le flanc gauche du boîtier (juste au-dessus du levier « AF/MF » qui DOIT être sur la position « AF ») et, en même temps, d’une rotation de la molette avant. Notons que l’appui sur ce même bouton dans les mêmes conditions combiné à une rotation de la molette arrière permet le choix du nombre de collimateurs de mise au point.

Ceci fait, on presse le déclencheur à mi-course en visant le sujet. Au centre du viseur, le collimateur central (si c’est celui qui a été choisi) devient gras, signe que la mise au point est réalisée. Il s’éclaire brièvement en rouge en cas de faible luminosité ambiante. Si on a activé les sons dans le menu, un « bip » retentit pour le confirmer. Et l’appareil ne fait la mise au point qu’une seule fois (« single ») ! Tant que l’on conserve le doigt sur le déclencheur pressé à mi-course, cette mise au point sur le sujet visé est conservée. On peut alors décadrer si on le souhaite. Il suffira ensuite de presser le déclencheur à fond pour prendre la photo.

On obtient cette même « illumination » si on fait la mise au point avec le bouton « AF » au dos du boîtier.

Il arrive cependant que, dans ce mode AF.S, on photographie aussi des sujets en mouvement. C’est le cas du cormoran dans l’image ci-dessous (photo prise en mode APS-C sur le K-1). Pour ce faire il faut avoir soit une bonne maîtrise, soit beaucoup de chance.

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Cormoran – K-1 – DA* 300 – f/6.3 – 1/500 s – ISO 500

Le mode AF.C

« C » signifie « continue » en anglais ou (évidemment !) « continu » en français. Cela me rappelle mes lointaines études universitaires de civilisation américaine. Au premier cours, le professeur nous annonce : (premier mot avec accent fortement américain, la suite avec accent fortement français du Sud-Ouest) : « California, la Californie ». Un grand éclat de rire général lui a fait prendre conscience que tout le monde avait compris le sens de « California » ! Il a bien été chahuté ensuite.

Chez certains constructeurs, ce mode AF.C est nommé « AI Servo »

Quand et pourquoi utiliser AF.C

Si l’on estime devoir faire une mise au point en continu, et non ponctuellement, c’est que la distance du sujet par rapport au photographe, plus exactement au capteur de l’appareil photo, varie dans des proportions non négligeables. Il importe donc d’adapter en permanence la mise au point. C’est précisément ce que fait l’AF.C. On recommande donc d’adopter ce mode quand le sujet (voire le photographe, dans certains cas !) est en mouvement. Que l’on se rassure : si on fait du paysage en AF.C, cela marchera aussi, quand bien même ni le photographe ni le paysage ne bougent ! En particulier si l’on souhaite changer de cadrage.

Comment l’utiliser

Eh bien, comme pour les autres modes, il faut l’avoir choisi, soit par les menus de l’appareil, soit par les boutons explicités plus haut. Selon le sujet, son « volume », le fond (uni ou non), on choisira le nombre de collimateurs adéquat. Si, par exemple, on photographie au téléobjectif un oiseau en vol à distance « normale » (20/30 m), un seul collimateur pourra être utilisé. Ce collimateur servira à suivre le sujet dans le viseur. Comme pour le mode AF.S, il faut, pour ce faire, presser le déclencheur à mi-course et le maintenir dans cette position en suivant le sujet jusqu’au déclenchement. Mais dans ce cas de figure, il ne sera pas facile de décadrer pour recadrer : cela reviendrait à recommencer la procédure à zéro. Dès lors, il vaudra mieux avoir recours au post-traitement si on désire modifier le cadrage.

Si le fond est uni (ciel par exemple), on peut envisager le choix d’un nombre supérieur de collimateurs pour « couvrir » plus largement le sujet. Mais il faut veiller, évidemment, à la trajectoire suivie par ce dernier pour ne pas risquer de se faire piéger par un changement non prévu du fond.

La photo (croppée) ci-contre a été prise avec un K-1 II et un DA*300 mm f/4.

Elle a été réalisée en mode de prise de vue TAv, autofocus AF.C.

ISO 160 – f/ 9 – 1/640 s.

La bernache se situait entre 80 et 100 m du photographe.

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Bernache en vol

En guise de conclusion

Il va de soi que le choix des modes de mise en œuvre de l’autofocus est une condition nécessaire pour produire une image conforme à ce que l’on a « programmé » dans son esprit. Nécessaire, mais pas obligatoirement suffisante. Comme d’ailleurs le choix des autres paramètres de la prise de vue. Bien sûr, au temps de l’argentique et avant l’invention de l’autofocus, on n’avait pas à se préoccuper de tout cela. Seuls importaient le trio vitesse-ouverture-sensibilité (cette dernière très contrainte par la pellicule utilisée) et la composition. La mise au point n’était pas facile en toutes circonstances. Avec pour seule option une rotation manuelle de la bague de mise au point Comme en toute chose, le progrès technologique s’accompagne de complications d’utilisation. Mais ce n’est, évidemment, que pour la réussite et le bonheur des photographes.

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