Avant de faire un choix d’objectifs pour la proxi-photographie, il est important de clarifier ou de préciser certains termes.
Parlons proxi
La proxi-photographie est, dans la plupart des cas, ce que certains appellent la macro. Or, il est important de rappeler que la macro-photographie, au sens strict, commence, d’un avis général, au rapport 1:1 (ou 1x), c’est-à-dire quand le sujet a la même taille dans la nature au sens large et sur le capteur de l’appareil. Au-delà (rapports 1:2, 1:3, jusqu’à 1:10, donc 0,5x, 0,3 x jusqu’à 0,1 x), on est dans le domaine de la proxi-photographie.
Notons que certains considèrent toutefois les choses différemment, de la façon suivante :
- 0,1x à 0,3x : photographie rapprochée, accessible avec la plupart des objectifs
- 0,3x à 0,5x : proxi-photographie avancée, avec des objectifs « étudiés pour »
- 0,5x à 1x : macrophotographie stricte, avec des objectifs dédiés
- Au-delà de 1x : microphotographie (terme d’ailleurs impropre car il faudrait en fait parler de photomicrographie. Mais c’est un autre sujet. Ce domaine exige des équipements particuliers (objectifs et/ou accessoires)
Querelles de mots et divergences d’interprétation. À tort ou à raison, nous considèrerons, ici, que l’on est dans le domaine de la proxi-photographie quand le rapport de grandissement est inférieur à 1:1 (ou 1x). Même si, dans le passé, des fabricants ont qualifié d’objectifs « macro » des objectifs dont le rapport de grandissement n’était que de 1:2 (0,5x).
Parlons focales
Focales fixes ou zooms ? Grande question quand nombre de zooms sont qualifiés de « macro » par leurs constructeurs, même avec un taux de grandissement parfois ridicule.
Comme le dit le titre de cet article, on parle ici de « MES focales préférées ». Je choisis donc d’éliminer une très grande majorité de zooms (que, de toute manière, je ne possède pas !) au profit de focales fixes dont je sais ce qu’il est possible de leur demander. Que l’on ne se méprenne pas pour autant : je ne détiens aucune vérité et il est TOUJOURS possible de penser autrement. Dans certaines marques, il existe des zooms aptes à produire d’assez bonnes images en proxi-photographie (voir in fine). Et puis, tout dépend ensuite de la manière dont ces images sont post-traitées. Cropper (rogner) dans une image trop large est une solution, mais qui a incontestablement des limites ! Si la photo de base a été prise au rapport 1:10, vouloir la ramener par rognage au rapport 1:1 relève des 12 travaux d’Hercule. Et les embûches sont nombreuses.
Rappelons, encore une fois, qu’on ne parle pas d’objectifs macro ! Et que ceux que l’on a sélectionnés pour de la proxi-photo n’ont pas vocation à les remplacer.
Choix possibles
Parmi mes (trop) nombreux objectifs, il en est deux auxquels je tiens tout particulièrement pour mes photos de proxi. Ce sont, dans l’ordre des préférences :
- le Pentax DA * 300 mm f/4, de très loin mon préféré
- le Pentax smc F 135 mm f/2,8
Oui, je sais : je suis toujours de la « vieille école », équipé de Pentax. Donc je parle de ce que j’ai.
Le Pentax DA* 300/4
Pourquoi lui ? Deux raisons essentielles : parce qu’il offre une excellente qualité d’image et parce que sa distance minimale de mise au point (IF) s’établit à 1,40 m. Cela lui confère un taux de grandissement de 0,24x (environ 1:4). Cela peut paraître insuffisant. Pour de la macro, c’est incontestable, pour de la proxi, ça se discute et, personnellement, j’ai déjà ma réponse. En plus, il est utilisable dans d’autres domaines (animalier proche, par exemple). Et, chez Pentax, bien sûr, il passe aussi bien sur les boîtiers FF (K-1, K-1 Mark II) où il est un vrai 300 mm, que sur les boîtiers APS-C où il est alors l’équivalent d’un 450 mm. Et même l’équivalent d’un 630 mm si on lui adjoint le convertisseur arrière 1,4 x. Ce n’est pas la moindre des choses !
Même pas un reproche ? Bien sûr que si ! Et même 2, car nul n’est parfait !
- La motorisation SDM : comme toutes les motorisations Pentax SDM de l’époque (objectif sorti en 2008), elle présente parfois des faiblesses et, dans quelques cas, le moteur cède (grosse réparation, chère et pas toujours définitive).
- L’AF : conséquence d’une motorisation ancienne, il est lent, quoique fiable en termes de précision dans la plupart des cas. Mais cette lenteur n’est pas très grave : en proxi, je fais très souvent la mise au point manuellement. C’est plus difficile toutefois pour les libellules en vol !
C’est avec le Pentax DA* 300 mm f/4 ED [IF] SDM qu’a été prise la photo de titre.
Le Pentax F 135/2,8
Encore plus vieux que le DA* 300/4 (sa fabrication a cessé en 1991), moche esthétiquement (les goûts de l’époque…), mais très bon optiquement et surtout avec une distance minimale de mise au point de 0,70 m, assez rare à la fin des années 80. Lui aussi est à mise au point interne (IF). Cela lui confère un taux de grandissement de 0,25x (1:4). De plus, c’est une focale que j’ai toujours adorée, et qui devient un bon équivalent 200 mm sur capteur APS-C.
Ce 135 mm présente cependant un inconvénient, selon moi : le dessin et le positionnement de la bague de mise au point, étroite et inclinée vers l’avant, ce qui ne facilite pas son utilisation en MaP manuelle ! Mais on lui pardonne cette deuxième faute de mauvais goût.
Ce 135 mm, comme d’ailleurs la plupart des 50 mm ou des 35 mm, entre autres, ont des formules optiques simples et éprouvées qui donnent de très bons résultats pour peu que l’on sache en tirer parti.
Un dernier pour la route ?
Pour ne froisser personne, je vais aussi retenir un zoom, mais c’est bien pour appliquer le bon vieux principe du « Jamais 2 sans 3″ !
Parmi les zooms que je possède, un seul trouve grâce à mes yeux en matière de proxi. Le Tamron SP 28-75 mm F2.8 XR Di LD IF AF.
Moins utilisé désormais que dans le passé – pour cause de « mieux » par ailleurs -, il faut lui reconnaître bien des qualités. Parmi ces qualités,
- Une distance minimale de mise au point (0,33 m à toutes les focales) qui lui autorise un rapport de grandissement de 0,256 x (donc un peu plus de 1:4), très comparable aux deux choix précédents.
- Une qualité optique d’excellent niveau.
Étant assez adepte de la macro et de la proxi-photographie, j’ai tenté des expériences avec d’autres objectifs. S’ils ne sont pas retenus ici, c’est que les résultats ne m’ont pas convaincu.
Il va sans dire que, pour obtenir les photos présentées, il a fallu couper dans les photos d’origine (« cropper »). Car les distances minimales de mise au point des objectifs retenus ne permettraient pas des plans aussi rapprochés.
On peut aussi pratiquer la proxi-photographie avec d’autres focales (50 mm, notamment) pourvu que la distance minimale de mise au point soit aussi courte que possible et le rapport de grandissement suffisant. Et aussi avec des objectifs dédiés macro (pour moi, Pentax DA 35 mm f/2.8, Pentax D FA 50 mm f/2.8, Tamron 90 mm f/2.8). Mais, comme on ne peut pas préférer tout à tout, il faut bien prendre des options et décider ! Et, pour vous, lecteurs et lectrices de PhotoKlub ? Mes choix et les vôtres ne sont sans doute pas les mêmes, mais est-ce si important ? Assurément, non !










7 réponses
pour ma part le 300 f4 Pentax et le 90 Tamron et parfois le 17/70 Sigma
merci pour vos articles .
Bonjour
Donc, pour vous aussi, 2 focales fixes et un zoom. Je déduis de l’utilisation du Sigma 17-70 que vous utilisez un boîtier APS-C, ce qui, en proxiphotographie, peut être un avantage.
Bonjour
En ce qui me concerne mon favori reste le 100/2,8 macro Pentax (sur K-1 II). Je me sers de temps en temps du 200 mm Pentax et plus rarement du 150×350. A la place d’un Sigma 17×50 (sur K-3 III), je privilégie maintenant en complément le GR3 et le 50/2,8 macro Pentax.
Ça fait plus de manipulations, facilitées tout de même par le crop du K-1, mais moins de poids.
Bonjour
En écrivant l’article, mon propos était initialement d’évoquer les objectifs que j’utilise pour la proxiphotographie. Pour la macro « vraie » il est nécessaire d’utiliser des objectifs macro « vrais » eux aussi. Ce qui est le cas de votre 100/2,8 macro Pentax et de votre 50/2,8 macro Pentax (et pour moi les objectifs cités in fine dans l’article).
Juste une petite rectification : vous évoquez très probablement le 150-450 (et non 350)
Dont acte, il s’agit effectivement de l’unique 150×450. Une preuve que ça fait un petit moment que je ne l’ai pas utilisé, n’étant pas encore un adepte de la photo à poste en tenue de camouflage.
Mais comme il y a des cabanes d’observation près de chez moi….
Merci Micaz pour cet article,
Très bon ce rappel sur ce que l’on nomme souvent de manière impropre la photo-macrographie, plus courament macrographie.
Personnellement j’ai fait très peu de macro-photographie, par contre beaucoup de proxi-photographie
Mes focales préférées pour la proxi-photographie
TAMRON SP AF 90 mm F2,8 Di MACRO ou PENTAX D FA 100 mm macro
SIGMA 180 mm APO DG f3.5 macro (avec ou sans multiplicateur de focale PENTAX 1.4)
Pentax DA * 300 mm f/4 (avec ou sans multiplicateur de focale PENTAX 1.4)
PENTAX DA 10-17mm fish-eye (et oui cela semble incongru, mais il a une map mini de 14 cm).
En zoom
TAMRON SP AF 70-200mm F 2,8 Di Pentax
En dehors de ça je ne me fixe aucune limite dans le choix de mes objectifs pour faire de la proxi.
J’utilise des bagues allonges et des objectifs les plus improbables.
TAIR 11A 135mm
TAMRON Adaptall-2 SP 350mm f5.6 mirror
Pour ne citer que cela.
Mon seul critère, c’est que cela doit donner des photos qui me plaisent.
Bonsoir, CYv
Le but de l’article était d’indiquer des objectifs NON MACRO utilisés pour de la proxiphotographie. Il est évident qu’on peut aussi utiliser de véritables objectifs macro, qui ne sont limités (sans accessoire) qu’au grandissement 1:1. Mais ils peuvent évidemment assurer les grandissements de 1:2 à 1:10. Et rien n’est incongru si on obtient le résultat que l’on souhaite avec le matériel qu’on utilise. Restent les impossibilités techniques… Par exemple, vouloir faire de la macro vraie (rapport 1:1) avec un DA*300/4 nécessite des accessoires … qui n’existent pas. Là, même si on cumule les bagues allonges, je ne vois pas trop comment, en pratique, arriver à ce rapport 1:1.