Avant de s’intéresser à la cible du Sigma 17-40/1.8 Art, quelques mots sur ses caractéristiques. Successeur du 18-35, ce 17-40 propose une plage de focale légèrement plus grande, correspondant à une optique Plein Format de type 25,5-60 (ou un 27-60 chez Canon).Pesant 535 g, il est résistant aux intempéries et dispose de plusieurs commandes programmables.
Selon ceux qui ont pu le tester, cet objectif est, en termes de qualité, supérieur à son prédécesseur. Le rendu des détails est plus fin et la netteté des coins est améliorée, surtout les parties entre 25 et 40mm, y compris à l’ouverture maximale. Cela ne l’empêche pas d’avoir quelques défauts.
Tout d’abord, il n’est pas stabilisé, mais la stabilisation du capteur compense, quand elle existe. Ensuite, il y a des défauts optiques, comme une tendance à la distorsion aux extrémités de la plage, quelques aberrations chromatiques et une netteté qui diminue au delà de 38mm environ. Les trois premiers défauts cités se corrigent facilement avec les logiciels de traitement d’images. Pour le dernier, fermer un peu l’ouverture permet de compenser.
Alors, en quoi cet objectif pourrait s’avérer être un « game changer » ?
Mais c’est quoi un « game changer » ? Une traduction française possible serait « changer la donne ». L’idée ici est de savoir si ce Sigma 17-40/1.8 Art pourrait renverser les règles du jeu lors de l’achat d’un APS-C hybride, reléguant les autres objectifs potentiels en arrière-plan.
À cette question, il y a plusieurs éléments de réponse :
- Ce Sigma 17-40/1.8 de la gamme Art est disponible pour toutes les montures… ou presque. Si les montures L, E, RF et X répondent à l’appel, la Z de Nikon est toujours absente. Les relations entre Sigma et Nikon semblent toujours très compliquées.
- L’ouverture à f/1.8 pour un zoom d’une longueur focale proche du standard 24-70.
- La plage focale et l’ouverture proposées sont à même de séduire les adeptes de la photo de rue. Ou ceux qui veulent une grande qualité sans s’encombrer outre mesure.
- Le tarif. Le prix officiel de Sigma est de 999 €, ce qui est un prix assez bas pour un objectif de ce calibre.
Aujourd’hui, ce Sigma 17-40/1.8 Art coche de nombreuses cases et dispose de nombreux atouts qualitatifs pour changer l’expérience utilisateur. Il représente le dernier effort en date de Sigma pour redéfinir ce qu’il est possible de concevoir pour les hybrides APS-C. Au point de grignoter la concurrence des constructeurs officiels ? C’est largement dans le domaine du possible, car il n’existe pas, chez Canon, Fuji ou Sony, de zoom avec la même ouverture et une plage de focale similaire. Mieux, il donne l’impression de pouvoir remplacer des focales fixes comme un 15, un 24 et un 35. Un avantage supplémentaire qui se laisse entendre.
Actuellement, Sigma tente d’occuper un créneau laissé un peu en friche par les constructeurs. Ces derniers autorisent ou pas une exploitation de leur monture à des tiers. Si Sony accepte assez facilement, en contrepartie, il y a des limitations techniques rendant les objectifs moins performants. Si Fuji semble plus laxiste en la matière, c’est moins le cas chez Canon. Côté APS-C, la latitude est plus grande depuis quelques mois, mais le parc FF reste une chasse gardée. Nikon s’accroche à une position assez hostile.
Alors, faut-il acheter ce Sigma 17-40/1.8 Art ?
Dans le cadre d’un achat d’un APS-C, c’est le premier objectif à envisager s’il est disponible dans votre monture. Parce qu’il bénéficie d’un excellent rapport qualité prix. Si vous disposez déjà d’objectifs APS-C d’une qualité qui vous convient, la réponse est plus nuancée, plus proche d’un « à étudier ».
Au delà de ces considérations, je pense que cet objectif fait partie d’une stratégie plus globale mise en place par Sigma depuis quelques mois/années, afin de monter sa gamme en puissance, tout en conservant des prix bas. Ce qui semble se confirmer avec les dernières annonces de la firme.
