Utilisez-vous un mode Utilisateur, ce mode de prises de vue que vous pouvez personnaliser à votre guise ? Il m’aura fallu plus de 15 ans avant de succomber à son usage. Mais pourquoi autant de temps ?
C’est quoi un mode utilisateur ?
Commençons déjà par le début. La majeure partie des APN proposent aux utilisateurs de choisir un mode de prise de vue adapté à leurs besoins. Cela va du mode tout automatique au mode manuel, en passant par des modes semi-automatisés, où le photographe va s’occuper uniquement de l’ouverture ou de la vitesse, le logiciel interne s’occupant du reste. Par exemple, mon K-1 est le plus souvent réglé en TAV, avec les ISO en automatique, mais contraint dans une plage allant de 100 à 6400 ISO. Ce mode me laisse une grande liberté d’utilisation pour la plupart de mes besoins.
Ce n’est pas le cas de tous les APN, mais un certain nombre d’entre eux permettent aux utilisateurs de définir leurs propres préréglages. Ils vont pouvoir décider de l’exposition, l’ouverture, la vitesse, les ISO, la balance des blancs, le type d’autofocus et les collimateurs, etc. Cette configuration va alors pouvoir être enregistré.

En choisissant le mode U1 à Ux (ou C1 à Cx selon les marques) sur la molette de sélection des modes, le photographe retrouve ainsi très vite sa configuration personnalisée. Changer, en un geste, le fonctionnement du boitier devient simple, rapide et efficace. A noter que, selon la marque et le boitier, plusieurs modes Utilisateur sont disponibles (entre 1 et 6 la plupart du temps).

Les avantages sont énormes. Il n’est pas nécessaire de refaire tous les réglages à chaque fois, tout en permettant de conserver une certaine constance dans les prises de vues. Dans l’absolu, il s’agit d’une fonctionnalité très importante. De plus, se positionner dans un de ces modes n’interdit pas d’apporter des modifications. Surtout qu’un simple appui sur le bouton vert « magique », permet généralement de revenir à la configuration originelle.
Par exemple, on peut passer d’un mode dédié à la macro (mode Manuel, ISO 400, 1/125 à f/1.8 et un AF en mode Spot, collimateur central uniquement) à un mode animalier (mode Tv/S, ISO Auto, 1/500 s à f/5.6, rafale 10 i/s et AF en mode Suivi avec détection des animaux).
Nombre de photographes y recourent, mais ce n’était pas vraiment mon cas jusqu’à récemment, n’y voyant aucun avantage. Depuis que j’ai un GR IIIx, ma position a évolué et, avec le Canon R5, je m’en sers presque tout le temps. Alors, pourquoi ce changement de position ?
Au début, il y a eu Pentax
Après réflexion, l’autofocus des Pentax porte une part non négligeable de responsabilité. Mais pas que.
Depuis 2006/2007, j’ai eu tous les boitiers experts de la marque, ou presque. Du K-10D au K-1 mk II, lequel a été le dernier, ayant été définitivement converti au Plein Format. Les boîtiers Pentax ne sont pas sophistiqués en termes d’autofocus. Si l’AF-S est très correct, avec l’AF-C, le suivi peut être aléatoire dès que la composition est complexe. Et pourtant, avec une rafale maximale de 4,4 i/s sur le K-1 mk II, l’AF-C a du temps pour effectuer un suivi. Au fur et à mesure de la sortie de nouveaux appareils, la firme a apporté d’importantes améliorations, augmentant le nombre de collimateurs ou dans la gestion de certains obstacles. Mais, en 2025, force est de constater qu’il n’y a pas eu d’innovations notables. Le principe de fonctionnement est resté le même, simple avec peu d’options.
Dans mes pratiques photos, cette simplicité ne m’a pas dérangé outre mesure. Faisant essentiellement de la photographie de voyage et de la street photography, le réglage TAV combiné à l’AF-S avec sélection du collimateur, ou d’un groupe de collimateurs, était suffisant. Et si les conditions de lumière n’étaient pas idéales, il me suffisait d’utiliser le mode Manuel. Depuis que j’ai le K-1, ce réglage a constitué mon set quotidien et je n’ai jamais ressenti le besoin d’utiliser un mode utilisateur. Ce mode TAV a donc été le deuxième obstacle pour moi dans l’utilisation des modes U.
Ce n’est que pour la photo en studio que, par facilité, je me suis laissé tenter. Le but étant de toujours avoir le même réglage et y revenir instantanément en cas de mauvaise manipulation.
Puis vint le Ricoh GR IIIx
Le GR III est un APN que j’utilise, sauf rares exceptions, pour la Street Photography. Au quotidien, il est toujours avec moi, que ce soit dans ma poche de pantalon ou dans le sac. Même si Pentax appartient à Ricoh Imaging, son fonctionnement diffère des reflex. Le mode TAV est ainsi aux abonnés absents. Il dispose tout de même d’une spécificité intéressante, le snapfocus. Cette fonctionnalité permet d’indiquer une zone dans laquelle tous les éléments présents seront nets.

Afin de pouvoir m’adapter rapidement aux diverses situations rencontrées, j’ai créé 6 modes utilisateurs différents… Même si seulement 3 sont disponibles en même temps (sélecteur U1 à U3), réduisant grandement la maniabilité et donc l’intérêt. Je peux donc passer en très peu de secondes d’un mode où je choisis le collimateur indiquant la zone de map, à un snapfocus où toute la zone située entre 2,5 et 5 m (mon réglage) devant moi sera nette. Ce qui constitue un vrai atout pour ma pratique favorite.
Et enfin, il y a le Canon R5
C’est avec ce boitier hybride que j’ai réalisé que l’autofocus avait considérablement évolué ces dernières années. Le système est ici beaucoup plus complexe, plus poussé, offrant de nombreuses possibilités. Avec des options dans tous les sens… Il a aussi fallu s’habituer à des appellations différentes de ce que je connaissais ! Exit AF-C et bienvenue à Servo-AI (terminologie propre à cette marque) !

Les possibilités sont tellement nombreuses que je me suis trouvé dépassé par les options, dès qu’il fallait changer la configuration dans le but de m’adapter à une ou des situations différentes. Par exemple, je peux être en train de photographier du paysage et voir un oiseau méritant toute mon attention. Or, pour le paysage, le mode AF-S en mode « single shot » et collimateur unique convient parfaitement. Pour l’oiseau, ce sera plutôt le mode rafale, avec suivi du sujet « animal ». Des réglages complètement différents, nécessitant une manipulation assez longue dans les différents menus. Et ce, même en créant un menu personnalisé.
La meilleure solution pour s’en sortir est de s’appuyer sur les modes Utilisateurs. J’ai donc créé autant de personnalisations que de type de situation que je souhaite photographier. Sauf que si Pentax, Lumix ou Ricoh (dans une moindre mesure) se montrent généreux, ce n’est pas le cas de Canon. Avec seulement 3 possibilités de configuration (C1 à C3), j’ai vite ressenti les limites au vu des options offertes. Heureusement que la marque permet de sauvegarder des packages de config vers une carte mémoire, et les rappeler à la demande. C’est plus long, mais cela dépanne.
J’ai créé des sets dédiés à la street, au paysage, au sport ou animalier. Plus un set généraliste, qui est celui par défaut. Dans ce set, le mode C1 est consacré à la street, le C2 au paysage et le C3 est réservé à l’action (les sujets en déplacement).
Il y a clairement eu une évolution dans ma manière d’utiliser mes différents APN. Je me rends bien compte que les boitiers hybrides ont complexifié énormément leur utilisation. En proposant des options dans tous les sens, le photographe peut espérer mieux shooter le ou les bons moments, à condition d’avoir le bon réglage au moment décisif. Pour y parvenir, le mode utilisateur, ou quel que soit son nom, est un bon moyen. Une autre solution étant de disposer de plusieurs boitiers configurés différemment, que l’on emporterait toujours avec soi ! Ce qui n’est pas forcément simple.
À vous de voir…