La bonne vitesse

En dehors du fait qu’on n’était pas prêt à prendre THE cliché (parce qu’on dormait ou que l’appareil n’était pas dans le bon mode), une des raisons pour lesquelles on loupe une photo est que la vitesse n’était pas la bonne. Mais, c’est quoi une bonne vitesse ?

Cette question est loin d’être idiote, car, sauf cas particulier comme une volonté artistique, c’est tout de même mieux que le sujet ne soit pas flou sur l’image. Pour rappel, la vitesse fait partie du triangle d’exposition qui, bien équilibré, permet d’obtenir un cliché correctement exposé. Quand on parle de vitesse en photo, il faut comprendre le temps durant lequel l’obturateur reste ouvert quand on déclenche la prise de vue. Plus longtemps l’obturateur reste ouvert , plus la quantité de lumière reçue par le capteur sera importante. Plus l’obturateur se ferme rapidement, moins il y aura de lumière perçue par le capteur.

La vitesse est calculée en secondes et se présente le plus souvent sous forme de fraction. Plus la vitesse sera rapide, plus le sujet sera figé. Inversement, plus la vitesse est lente, plus le mouvement sera « visible ». Ce qui peut s’avérer utile pour photographier un bâtiment / un monument devant lequel passent les gens. Quand la pose est très lente, le mouvement des personnes n’est pas « enregistré », et comme par magie, ces derniers disparaissent.

Voici quelques-unes des principales vitesses à avoir en tête selon les situations :

Sujet statique entre 1 s (si vous êtes capable de tenir sans bouger) et 1/80 s
En mouvement lent entre 1/80 s et 1/200 s :
En mouvement rapide À partir de 1/250 s. Il n’y a pas de limite autre que celle de l’appareil (entre 1/4000 et 1/8000 le plus souvent). Ce qui va être important, c’est la vitesse de déplacement.
En déplacement très rapide 1/1000 s et au-delà. Ainsi, pour la patrouille de France, c’est au moins 1/1200 s.

Vitesse

Évidemment, c’est la théorie, des temps moyens auxquels on peut se référer. Dans la pratique, les choses sont un peu différentes et il conviendra d’adapter les réglages en fonction des situations.

Par défaut, la vitesse en dessous de laquelle on ne doit pas descendre est de 1/focale. Pour une focale de 400 mm, c’est donc 1/400 s la vitesse la plus basse (attention au facteur 1,5 pour le monde APS-C). Mais si un capteur est stabilisé et peut faire gagner 5 stops, alors on devrait pouvoir photographier jusqu’à 1/10 s environ ! Ce qui fait une différence importante. Attention malgré tout, une voiture qui roule, pour la figer, il est nécessaire d’utiliser une vitesse rapide (ou d’utiliser la technique du filé avec une vitesse de 1/125s environ et un bon suivi, mais c’est un autre type de cliché) . La stabilisation du capteur n’a alors pas d’incidence.


7 réponses

  1. Bonjour, merci pour cet article mais « Attention malgré tout, une voiture qui roule, » c’est 50 km/h… Sinon, c’est le flash !!! ☺☺☺
    ( Pentax AF-540 FGZ II ? )
    Mes amitiés, sincères, au PentaxKlub !
    ÉRicoh.

  2. Gardons toutefois en mémoire que le « flou » produit par une vitesse trop lente peut provenir aussi bien de la camera (flou de bougé) que du sujet (flou cinétique), voire… des deux ! que la vitesse du sujet joue également avec la distance.
    Quant à la vitesse d’obturation ne devant pas être inférieure à une fois la focale, j’en parlerai à Eugène Atget, Alfred Stieglitz, Weston & alii :-)))
    L.

    1. Bonjour,
      Consulter ces grands photographes est une excellente idée ! J’ai hâte, d’ailleurs, d’entendre leurs réponses … 😉
      Plaisanterie mise à part, si l’on évoque souvent la vitesse comme ne devant pas être « inférieure » à l’inverse de la focale (et non pas « une fois la focale » puisqu’il s’agit de fractions de seconde), ce n’est pas une « règle absolue » : chacun peut, bien sûr, s’en exonérer, et ce, très facilement si le capteur est stabilisé comme le précise F. Cependant, comme tout le monde n’a pas le talent des photographes cités, le conseil garde toute sa valeur, même si, comme vous le soulignez, cela ne garantit pas dans tous les cas contre le flou de mouvement (sujet qui bouge).

      1. Hahaha ! …leurs réponses se trouvent dans les musées :-)))
        Merci Micaz pour cette remarque, bien sûr : « à l’inverse de la focale » !
        Ce que pointe imperceptiblement surtout cet article, est l’utilisation à main levée de la camera, ce qui a une incidence toute directe sur le point de vue et donc, du résultat, de la nature de la vue, de sa conception. Lewis Baltz, en film rouleau ou feuille, utilisait toujours un tripode ; idem pour Bernard Faucon, essentiellement en 120 (même si Christian Caujolle le considérait comme un « grand reporter ») ; impossible d’imaginer un Guido Guidi photographiant sans pied, même lors de vues doublées, très proche l’une de l’autre alors qu’un Michael Schmidt utilisait indifféremment les deux méthodes. Et ce n’est pas une question de « format » de film : Weegee était toujours à main levée avec « Speed Graphic 5×4” » avec des vitesses élevées que lui garantissait le flash…
        Une réflexion reste à mener sur la transformation inconsciente de cette photographie-là, passant par des vitesses rapides que peuvent permettre des diaphragmes de plus en plus ouverts, des « ISO » toujours plus élevés.
        L.

        1. Je ne pensais pas qu’un simple rappel sur la vitesse et ses principes basiques allait engendrer tout cela.

        2. Je partage TOTALEMENT l’observation de F.
          Nos articles « Les dimanches de PK » ne prétendent surtout pas faire un tour complet des sujets évoqués. Ce ne sont, en effet, que des rappels des notions de base qui importent peu aux plus aguerris de nos lecteurs, mais peuvent être utiles à ceux qui sont, dirons-nous, « moins aguerris » !

          1. Il est important, souvent, de revenir sur les bases, ce qui permet d’avancer « pour les moins aguerris » et de se remettre en question « pour les plus aguerris », c’est-à-dire aller plus en avant.
            Cette réflexion m’est venue en lisant votre article et je vous en remercie. Du reste, si je l’ai lu alors que je croyais la chose acquise, c’est que, au fond de moi-même, quelque chose bouillonnait. Nos pratiques évoluent et nous entrainent – quelque fois inconsciemment – vers de nouveaux horizons ; c’est ce point que j’ai voulu partager avec votre communauté.
            L.

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