Récemment, Canon a indiqué à des journalistes étrangers, en visite dans ses murs, qu’elle se voyait comme analogue à la marque Porsche. Pour ceux qui s’intéressent aux voitures, il serait assez simple de traduire par « fiable, robuste, pureté des lignes », mais aussi une absence totale d’inventivité.

Penchons-nous sur la voiture qui a fait la renommée de Porsche, la mythique 911. Qu’on prenne le modèle de 1964 (soit la version 901), le modèle de 1989 (version 964), celle de 2004 (version 997) ou celle de 2019 (version 992), il s’agit de la même voiture, la même identité qui s’est juste affinée, modernisée. La silhouette reste la même et est parfaitement reconnaissable. En voyant une Porsche 911 dans la rue, quel que soit le modèle, il est très facile de l’identifier. C’est une 911. Il n’est pas possible de le dire de toutes les voitures. En France, il est compliqué de trouver un air de ressemblance, même vague, entre la toute première Clio en 1990 et la version VI qui sortira en 2026.
Cette affirmation de Canon insiste sur la tradition, un impératif de s’appuyer sur un héritage solide. Il s’agit de proposer des produits solides, qui ne choquent pas, qui n’échouent jamais. Du moins sur l’esthétisme visuel, un design conservateur dont les caractéristiques donnent un sentiment de continuité. Rien de ressemble à un R5 que le R6 ou le R7 ou le R10 (quelle que soit la version). Les modèles diffèrent, mais le potentiel acheteur sait ce qu’il va acheter. Attention, conservatisme de l’esthétisme ne veut pas dire conservatisme technique. Il suffit pour cela de lire les spécifications des boitiers ou des objectifs.
Canon a toujours été un innovateur malgré le fait que la marque prenne son temps à se lancer sur un marché. Pour preuve, les EOS R hybrides qui sont arrivés sur le marché des années après ceux de Sony. Et parfois, ce conservatisme est agaçant, car être un peu surpris, parfois, cela a du bon ! Il suffit de voir le visuel des téléphones avant que le premier iPhone ne débarque (il aura fallu 6 mois à Samsung pour proposer un design similaire en toute urgence). Personnellement, j’aurais bien aimé un peu de changement dans ce domaine.
Ce modèle de pensée en dit long sur une marque. Les autres marques ont elles aussi une identité distincte. Fujifilm a adopté une approche nostalgique, tandis que Nikon a préféré l’esthétique vintage. Sigma se cherche dans des designs audacieux (à l’instar des BF et autre fp), que l’on peut qualifier de non conventionnels. Sony, bien que connu pour son caractère austère et anguleux, s’offre de temps en temps le risque d’étonner en termes de conception. Pour reprendre un slogan de Séguéla, Canon s’affiche comme la force tranquille. Et pour l’instant, les chiffres de vente vont dans son sens. J’aurais préféré un marché plus équilibré.
Ah oui, je n’ai pas évoqué Pentax. Elle est enfermée dans le rôle de gardien de la « vraie photographie », la seule qui vaille avec la visée reflex. Nous pouvons juste constater qu’aujourd’hui, la marque n’est plus reconnue la plupart du temps. Dans l’imaginaire, elle fait partie désormais d’un passé… lointain. Quelle tristesse pour ce constructeur qui a toujours su proposer des produits fascinants, innovants.
4 réponses
Je suis certainement un petit photographe passionné par PENTAX depuis septembre 1971. Cette marque ne m’a jamais déçu et j’estime encore aujourd’hui que le matériel proposé par PENTAX, permet de faire de la belle image dans de nombreux domaines. Animalier, sport pour les disciplines les plus exigeantes avec un PENTAX K-3III, ça marche et bien. Pour le portrait, le paysage on peut travailler au K20D ou K-5, les résultats sont là. Aujourd’hui, j’enrage de voir que des marques comme Fuji, Olympus, Panasonic sont toujours présentes, sans parler de Leica avec ses boitiers à 7000€, toujours dans l’innovation. Lorsque l’on parcours la presse, on voit des témoignages de photographes passés ailleurs, revenir chez PENTAX.
Un témoignage trouvé hier.
Bonjour, je m’appelle Nizar de Tunisie et l’une des choses à savoir me concernant c’est que je découvre le Pentax K1 et son rendu, colorimétrie et IBIS , c phénoménal
Alors que j’ai toujours été Nikoniste depuis plus de 40 ans!
Actuellement j’ai le K1 munis de son Grip, le 24 70 f2,8 et 15 30 f2,8 dfa, le 100mm f2,8 macro wr, le 50mm f1,4 fa et plein de manuels K , 28mm f3,5, 50mm f1,4, f1,7 …55mm f1,8 …135mm f2,5 et
Si c’était le premier. Si Ricoh a coulé PENTAX, il devrait se poser les bonnes questions.
Pentax a conçu des boitiers énormes en termes de rendu colorimétrique ou montée des ISO. Cette marque est bien au-dessus des autres en la matière.
Et j’ai les mêmes réactions que vous. À force de rester cantonner dans un passé étroit, le pire pourrait survenir. J’ai beau consulter les oracles, y’a des vagues bruits de couloir concernant les APN que j’entends dans le lointain, en collant mon oreille au coquillage… C’est dire la confiance que j’ai dans ces pseudo-rumeurs (dans l’ordre : K-1 mk III; K-3 IV et hybride avec nouvelle monture). Pentax n’ayant pas les reins assez solides pour tout supporter en même temps, un choix devra être fait entre ces trois choix et rien. Le problème, c’est que, contrairement au matériel sans électronique, les APN embarquent beaucoup… d’électronique. Aujourd’hui, il y a encore du SAV (enfin, sur le papier). Mais dans 2 ans ?
En faisant des offres à -15% comme ces derniers jours, Ricoh espère certainement liquider les stocks malgré leur silence et leur mépris des fidèles passionnés qui leur reste. Je pense que beaucoup ont mis les freins pour encore investir ou compléter chez PENTAX. Ces dirigeants là n’ont aucun sens de la communication, boulet qu’il traînent depuis de nombreuses années. Nous pourrions en discuter et remplir de nombreuses pages, le mal est fait.
Il est aussi possible (tentant ?) de penser qu’il s’agit d’attirer une nouvelle base afin de sortir des nouveautés cachées. J’en sais rien. Sauf que Pentax par Ricoh semble enfermé dans le dogme « la vraie photo c’est la visée reflex optique », mâtiné de la tentation de croire que le K-1 mk II et le KF sont presque parfaits, qu’il est impossible de les améliorer en restant dans des tarifs accessibles. C’est mon avis. En même temps, Leica pense que la visée télémétrique est la vérité, ce qui ne les a pas empêchés d’innover avec la monture L.