Transformer votre boîtier reflex argentique en une version numérique « dernier cri » n’est pas un concept nouveau. En fait, cela a toujours fait partie des produits fantasmés. Certes, il y a bien eu quelques créations qui ont abouti, mais la majorité est restée dans les cartons des différents professeurs Nimbus qui se sont succédé dans ce domaine. Pourtant, alors que Ricoh souhaite relancer des appareils photo argentiques sous la marque Pentax, cela peut s’avérer tendance. Cela permettrait de recycler quelque chose qui traine sur une étagère. Avec un parfum écologique, proche des concepts de durabilité…
Et puis surtout, se dire qu’on réutilise un boîtier fétiche, cela a de la gueule. I’m back film est une nouvelle réponse, proposée en 2023 et dont l’atterrissage est prévu pour le milieu 2024.

Des réserves
Mais pourquoi ? Il s’agit surtout de rappeler quelques points essentiels sur l’investissement participatif (ou crowdfunding en anglais). Comme son nom l’indique, il permet à des individus/sociétés de proposer un ou des produits, par le biais d’une plateforme en ligne dédiée, à de potentiels investisseurs. VOUS en l’occurrence. Il s’agit de collecter des capitaux sur internet, afin de financer un projet. C’est donc une levée de fonds classique, afin de se passer des banques. Néanmoins, il y a des détails à avoir en tête :
- Si vous êtes bien des investisseurs, vous n’auriez aucun droit si le projet ne voyait pas son aboutissement. La plateforme ne fait que la mise en relation, sans autres responsabilités sur ce qui se passe ensuite. Le contrat entre les parties est direct et de type privé. Une attention plus particulière est nécessaire pour les sociétés situées dans des contrées exotiques.
- À la fin de la campagne, les fonds sont prélevés par la plateforme avant de les transférer aux promoteurs. Il y a parfois des escrocs qui, une fois les fonds versés, disparaissent. Il y a aussi des projets qui capotent pour de vraies raisons. J’ai investi sur des produits et certains n’ont jamais vu le jour. Il convient d’en être conscient.
- Certaines sociétés connues utilisent ce procédé pour financer certaines nouvelles productions. Elles ont le concept, mais s’interrogent sur le marché. Une prévente permet d’amortir les coûts, avant de commercialiser les marchandises finies dans les enseignes un peu après. Souvent plus chers.
- Plus on achète tôt, plus on a droit à des avantages. Le plus souvent, un tarif inférieur.
I’m back film
Ce qui est proposé est, sur le papier, quelque chose de simple. Il s’agit de remplacer la pellicule par un capteur associé à une « semelle » à visser sous le boîtier. Cette extension contiendra une partie de l’électronique et l’alimentation. Vous pouvez avoir une idée en regardant les images ci-dessous.
Le montage semble très simple. Du visuel proposé, j’ai quelques points d’interrogation. En voici trois :
- La nappe électronique qui sort du boîtier et qui doit s’enclencher dans la semelle au-dessous. N’y a-t-il pas là d’un risque de fuite de lumière impactant le ou les clichés ? C’est à suivre.
- La prise en main de l’ensemble semble assez peu pratique, peu ergonomique.
- Le bouton déclencheur. Heureusement qu’on peut le positionner autrement, car l’emplacement préconisé à l’arrière ne paraît pas naturel !

Quelques caractéristiques techniques
Le capteur est un micro 4/3 de 20 Mpx, d’origine Sony :
- Format images : RAW et JPEG avec presets Color, B&W, Kodachrome® et Fujifilm®, (afin d’avoir un rendu argentique, applicable aux JPEG uniquement)
- Enregistrement vidéo
- 1 emplacement SD Class 1 (jusqu’à 256 Go)
- 1 Batterie (7,4 v lithium)
- Prise USB Type C & WiFi
Des concepts techniques qui peuvent sembler bizarres
Un capteur micro 4/3
Cela peut paraitre surprenant pour des boîtiers argentiques 24×36 ! Ce choix n’est pas technique, mais financier. Les capteurs plein format coutent cher, surtout pour des achats en petites quantités. Les concepteurs se sont donc orientés vers un capteur micro 4/3 de 20 Mpx, nettement moins cher, et un dispositif optique à placer devant l’objectif permettant une anamorphose de l’image avant sa capture en « plein format ». Sans recadrage certes, mais si ce dispositif optique n’est pas performant, les résultats pourront être affligeants.

De plus, un objectif 35 mm n’a pas le même diamètre qu’un 50 ou un 135 ! Faudra-t-il donc différents dispositifs, un par diamètre, ou bien l’utilisation de bagues adaptatrices, avec le risque de déprécier qualitativement les photos, s’imposera-t-elle ? Pour le moment, c’est cette deuxième approche qui est privilégiée.
Un ajustement manuel
Un dernier sujet qui me chagrine est le positionnement du capteur. Tous les boîtiers ne se ressemblent pas exactement à l’intérieur. Il est donc nécessaire d’ajuster le capteur à la bonne position ! Et c’est à vous d’effectuer la manipulation, en glissant le capteur vers la gauche ou la droite. Même si cela semble facile en théorie, il est possible que le centrage ne soit pas parfait ou qu’il bouge au fil du temps. Avec le risque de clichés tronqués.
Sur le papier, le concept est très intéressant. Et peut fasciner, intéresser de nombreuses personnes. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la campagne de crowdfunding a été un succès, l’objectif de financement ayant été atteint en 17 mn. Au moment de la rédaction de l’article, près de 450 contributeurs s’étaient inscrits. Il reste un peu plus de 35 jours (fin de campagne le 3 décembre 2023) pour vous laisser tenter.
Pour en savoir plus, le lien vers la présentation plus détaillée du produit et la partie achat : https://www.kickstarter.com/projects/samellos/im-back-film


