HDF pour Highlight Diffusion Filter. Dans la famille des GR III, il y a les versions III et sa variante IIIx qui propose une focale plus grande. Et puis il y a eu les multiples éditions Limited qui ont fait le bonheur des acheteurs de tous les continents. Désormais, deux « pseudo vrais » nouveaux modèles les ont rejoints : le GR III HDF et le GR IIIx HDF. Avant d’aller plus loin et se faire taxer de Ricoh-bashing, une précision importante. Le GR IIIx est mon appareil photo de tous les jours. Si le terme « pseudo-vrai » est utilisé, c’est que les différences sont minimes !
Les 4 modèles partagent une même base technique, le capteur et les dimensions. Ce qui change :
- Le bloc optique entre le III et le IIIx. Le premier propose une focale de 18.3 mm (équivalent 28 mm). Le deuxième offre une focale de 26.1 mm (équivalent 40 mm). Suite à une MAJ du firmware il y a quelques jours, tous les modèles disposent de fonctionnalités identiques (sauf celle du filtre).
- Le filtre entre les modèles Classique et HDF. Un filtre Gris de type ND ou le filtre HDF. Les ingénieurs n’ont eu à remplacer que le premier par le second. Il n’y a pas d’autres modifications.
Cet écart est insuffisant pour justifier un test complet de ce nouvel APN. Vous pouvez vous pencher sur le test du GR III et celui du GR IIIx afin de vous faire une idée de ces fabuleux APN. Dans cet article, on se consacrera plutôt aux clichés produits par les versions HDF et les rendus.
Généralités sur les versions HDF
Présentation
Les GR III et IIIx (HDF ou non) sont des APN experts très petits, tenant au creux d’une main. Ils prennent place sans problème dans une poche, ce qui est surprenant puisque le capteur est un APS-C de 24 Mpx signé Sony. D’ordinaire, cette catégorie d’APN comme le ZV1 accueille plutôt un capteur de 1″ ! N’est-ce pas monsieur Sony ? Un exploit de la part des ingénieurs de Ricoh Imaging.
Viseur et écran orientable
Son concurrent le plus connu est le Fuji X100 VI. C’est celui qui est mis en avant par tous les blogueurs et vlogueurs bien sponsorisés. Lui aussi est un APS-C. Et il est doté d’un viseur et d’un écran orientable, ce que n’a pas le GR III. Quand ils parlent du GR III, ces gens-là mettent l’accent principalement sur ces deux absences. Au point de faire croire que c’est rédhibitoire. Certes, en plein soleil, ne pas avoir de viseur peut poser problème. Et disposer d’un écran orientable autoriserait plus facilement certaines prises de vue.
Mais ce que ces experts avisés oublient de préciser, c’est que le GR III est un tiers plus petit que le Fuji et que ce dernier est nettement plus lourd (le poids de 2 GR III est inférieur à celui de son concurrent). De plus, le mettre dans une poche de pantalon n’est pas chose aisée avec le X100 VI ! Cela démontre bien que pour conserver un petit gabarit, il n’était pas possible d’inclure ce viseur dans un GR III, comme beaucoup le réclamaient. Même combat pour l’écran qui n’est pas orientable. Comment l’être sans prendre un sévère embonpoint ?
Ricoh Imaging a fait le choix d’un expert ultra compact, ce qui le démarque et le rend très intéressant.
Ergonomie
L’ergonomie est très bien pensée avec 4 boutons personnalisables et toutes les commandes sous la main. Le déclencheur, de forme oblongue, permet de lancer la prise de vue avec le pouce posé à plat, en utilisant la phalange. Ni vu ni connu. L’écran tactile peut lui aussi permettre la prise de vue. Ce dernier offre une résolution d’environ 1 Mpx, suffisant pour valider un cliché, insuffisant pour décider si ce dernier est parfait.
Pour différencier les modèles, Ricoh Imaging a fait dans le minimaliste. Le déclencheur est de couleur argent. Et à l’arrière on trouve la mention HDF à côté du bouton Fn.

Par défaut, c’est d’ailleurs la pression de cette touche qui déclenche ou arrête ce mode particulier. Ce qui est bien pensé.
Les modifications fonctionnelles
Avec cette génération de GR III ont été introduites de nouvelles fonctionnalités pour l’utilisateur :
- Mode Zone Select AF: Un bloc de 9 collimateurs en carré (3 x 3, de taille identique au bloc du mode AF automatique) que l’utilisateur peut déplacer librement jusqu’à la zone de mise au point souhaitée. Au moment du déclenchement, la mise au point se fera sur le collimateur le plus approprié de cette zone. Ce mode AF est assez intéressant pour les sujets en mouvement, car entre le moment où l’on décide de déclencher et la prise de vue réelle, il se passe un petit temps où le sujet a bougé. Pratique si on n’est pas en AF-C… et compenser la faiblesse de l’AF prédictif. La photo du cycliste qui tourne a été prise dans ce mode (ci-dessous).
- Paramètres de la Balance des Blancs : Ajout de « Custom 1 », « Custom 2 » et « Custom 3 ». On peut désormais combiner les paramètres de base de la BdB avec un réglage fin de la BdB et enregistrer jusqu’à trois presets personnalisés.
Ces changements ne sont pas spécifiques aux GR III HDF, une mise à jour des firmwares ayant étendu ces nouveautés à tous.
LE HDF, mais ce serait quoi ?
Derrière cet acronyme se cache le procédé Highlight Diffusion Filter. En français, on pourrait traduire par filtre de diffusion des points forts. Un procédé qui a pour but de diffuser les reflets afin de profiter de lumières profondément adoucies, tout en apportant un effet de flou. Le but serait de créer des images plus expressives, gommant l’aspect clinique des clichés numériques afin de produire des images plus proches du ressenti argentique.

RAW et traitement des JPEG
Si vous avez lu ou relu les tests des GR III et IIIx, vous avez en mémoire que ces APN proposent des images très propres dès la pleine ouverture (f/2.8) et que la montée en ISO est excellente puisque les clichés à 12800 ISO sont exploitables (encore mieux si le RAW a été utilisé). Il dispose aussi d’une stabilisation matérielle qui fait des miracles et de la fonction Snap Focus (on reviendra dessus lors d’un prochain rendez-vous du dimanche), ce qui compense l’AF qui n’est pas fantastique.
Les JPEG issus du boîtier
Les JPEG proposés par le développement interne sont excellents. En dépit de toutes les dégradations endurées par l’image lors de la conversion. Ce qui ne va pas, ce sont certaines interprétations que je trouve moyennes, voire ratées. Comme Rétro ou Monochrome doux. Par contre il existe d’autres interprétations intéressantes comme Standard, Vif, Film positif, Film négatif ou encore Contraste élevé N&B. Il convient de les essayer afin de d’en faire une idée.
Ayant découvert les traitements « film positif » et « film négatif« , il m’arrive régulièrement de les utiliser (je shoote systématiquement en RAW + JPEG). Même si par défaut, « Monochrome dur » ou « Monochrome à contraste élevé » sont mes préférés. Faire ses propres presets est possible.
Attention, les modes d’interprétation proposés dans le boitier ne sont pas disponibles dans les logiciels de PT (comme Lr, Capture One, ACDSee, DxO et autres). Il faudra faire une croix dessus si vous shootez exclusivement en RAW. Sauf à tenter de les recréer…
Raw vs JPEG
Sans surprise, les fichiers RAW offrent de plus grandes possibilités de post-traitement. Mais les JPEG sont tellement bons qu’on peut s’interroger sur l’utilité de shooter en RAW. Mis à part quelques détails dans les tons sombres, doit-on réellement en faire plus ? Sans compter le gain de temps ! En tout cas, la question mérite d’être posée au vu des résultats.
Les ingénieurs ont très bien travaillé. À se demander même si le résultat n’est pas supérieur à un K-3 III !
Les HDF côté images
Les images HDF sont moins nettes, principalement sur les bords, mais le centre n’est pas épargné. Sur les deux images de test ci-dessous (moitié basse du cliché), c’est assez perceptible. Les réglages sont identiques (f/5.6).


L’impression que donne ce filtre, c’est qu’il diffuse les hautes lumières dans l’image. Elles ne restent pas concentrées dans leurs zones. C’est difficile à expliquer, mais cela donne l’impression qu’elles « bavent », débordant sur les autres zones, se mélangeant afin de proposer une sensation de délavage lumineux avec perte de piqué. Si on observe plus attentivement, le contraste est réduit, comme les détails. L’aspect final est plus argentique, proche de certains films. C’est visible d’ailleurs sur toutes les images de la galerie. Ce n’est pas aussi flagrant que sur certains clichés proposés par Ricoh Imaging, mais cela modifie la perception de l’image, apportant une ambiance différente.
C’est sans doute la nuit que l’effet HDF devrait être le plus intéressant. Pour des raisons de disponibilités et de météo au moment où nous avons eu ce modèle, ce test n’a pu être réalisé. Nous mettrons à jour l’article dès que possible.
Dans l’exemple comparatif proposé précédemment, côté trottoir, le gris mouillé est plus laiteux tandis que les feuilles sur la droite sont légèrement moins définies. Je ne suis pas certain que le résultat de ce filtre physique puisse être reproduit avec les logiciels de post-traitement actuels.

Il parait évident qu’en poussant dans les retranchements cette fonctionnalité (avec certaines conditions de lumières), on doit pouvoir obtenir des clichés peu agréables à la vue. Je pense surtout à des images de lampadaires, d’ampoules (non réalisés ici par manque de temps).
Conclusion
On était sous le charme du couple GR III / IIIx et ce dernier ne s’est pas envolé avec les versions HDF. Mais faut-il craquer pour ces modèles HDF ? Oui si vous aimez cette sensation de moindre précision sur vos images. Non si vous êtes adepte de la plus grande netteté possible.
Même si je ne suis pas toujours en phase avec Ricoh Imaging sur la marque Pentax, il convient de reconnaitre qu’elle mène de main de maitre la vie de ses compacts. La famille GR III est bien née malgré quelques défauts. Quelques années plus tard, cet APN semble toujours aussi moderne et cette version HDF lui offre la possibilité d’approcher les amateurs en recherche de la sensation argentique.
Certains argueront que c’est surtout au marché japonais que s’adresse ce GR III HDF. Possible, mais pas seulement, car le retour à des images photographiques avec un aspect numérique moins tranché est mondial. Sans compter que les Japonais ne sont pas les seuls à vouloir des clichés avec un rendu différent. Les clichés officiels m’avaient laissé une impression mitigée. Après quelques heures d’utilisation et de comparaison, le sentiment a changé. Au point de remplacer mon IIIx actuel par ce modèle ? Pas sûr, car je n’adhère pas entièrement à ce type de rendu, sauf de manière ponctuelle.
| Ce qui est bien | Ce qui est moins bien |
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Appréciation PENtax Klub
Galerie
Toutes les photos de la galerie ont été prises en JPEG et n’ont pas fait l’objet de post-traitement.
Crédit photos : © fyve – Les images sont la propriété des auteurs, sauf précision – Cliquez pour agrandir.










