Un « truc et astuce » sur les GR III et IIIx ? Une bonne idée pour ces petites bombes condensées dans un espace réduit et surtout dotées d’un capteur APS-C. Malheureusement, le mode d’emploi n’est pas toujours à la hauteur. Raison pour laquelle je vous propose un article dédié sur des trucs et astuces, connus pour certains et ignorés par d’autres, afin de mieux les maitriser. Et donc, les utiliser !
Depuis leur disponibilité, 2019 pour le GR III et 2022 pour le GR IIIx, ces APN n’ont pas connu d’évolutions, hormis des séries spéciales et quelques apports via des mises à jour de firmware. En même temps, quand un produit est déjà très abouti, difficile de fournir des améliorations. Aboutis certes, mais encore perfectibles sur quelques points, dont la rapidité de la MAP ou de la rafale. Mais à moins de revoir le concept actuel, cela n’est pas près d’arriver. Malgré tout, je ne serais pas surpris qu’un petit changement survienne un jour prochain, le capteur actuellement utilisé n’étant désormais plus fabriqué. Au point qu’un GR IV apparaisse ? Au mieux, un mark II, au pire, une mention dans un communiqué.
Préambule
Ce que je regrette quand je lis des articles ou des commentaires à propos des deux GR III, c’est la mise en avant systématique du manque d’autonomie (environ 200 prises de vue par batterie) et l’absence de viseur. Mais aussi la taille de l’écran arrière trop petit et le mode vidéo loin d’être au top en la matière.
Pour l’autonomie, c’est relativement comparable à la concurrence. Avoir une batterie dans la poche n’est pas gênant au vu de la taille, du poids et du tarif. Par contre, l’absence d’un viseur peut-être effectivement rédhibitoire pour certains. Avec de l’habitude, on s’y fait. Ce n’est qu’en plein soleil qu’on ressent quelques difficultés. En même temps, le capteur APS-C utilisé est largement supérieur aux capteurs 1″ qui équipent grandement le segment. Un capteur plus grand, qui occupe plus d’espace… au détriment d’un viseur ! Je ne dirais rien sur l’écran arrière, si les gens veulent plus, qu’ils achètent une tablette. Reste la vidéo… Effectivement, ce n’est pas la meilleure « action camera » du marché. Mais vu que je suis photographe et pas vidéaste, cela m’importe peu.
Possesseur du GR IIIx dès sa sortie ou presque, il est devenu mon compagnon du quotidien. Plus pratique que mon réflex, surtout quand je pars travailler. Je n’ai découvert aucune fonction cachée malgré mes manipulations. Mais, au fil du temps, j’ai « trouvé » des choses peu connues, des trucs et astuces, et me suis dit qu’un partage serait bienvenu !
Truc #1 : Correction automatique de l’horizon
Longtemps j’ai cru que cette astuce, tous ceux qui possédaient un Reflex Pentax ou un compact Ricoh GR l’avaient activée. Pour avoir eu accès à un grand nombre d’APN de ces marques, grande a été ma surprise de constater que ce n’était pas toujours le cas. En, fait, je ne comprends même pas pourquoi cette correction n’est pas active par défaut. Il est tellement léger que le poignet peut facilement se trouver dans une mauvaise position, légèrement inclinée.
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Dans la pratique, cette option permet de rectifier les inclinaisons mineures de l’horizon, en utilisant le système de stabilisation mécanique, que l’on nomme désormais IBIS chez de nombreuses marques. Certes, si l’APN est franchement incliné, il n’y aura aucune correction. Mais s’il manque 1 ou 2 degrés pour avoir l’horizon parfait, l’appareil prend en charge. Certes, ce n’est pas énorme, mais toutes les inclinaisons mineures sont redressées automatiquement, réduisant le travail en aval du flux de traitement.
Petit plus, on peut aussi faire apparaitre à l’écran un horizon artificiel qui permet de visualiser l’angle que prend l’APN. Et à partir de la dernière version du firmware (1.80 pour le GR III, 1.31 pour le IIIx), cette ligne d’horizon existe maintenant en 3 styles. J’ai adopté la troisième, une ligne au milieu de l’écran, fine mais bien visible.
Truc #2 : Un filtre ND intégré
Quoi ? Comment ? Les GR III proposent un filtre ND intégré ? Parfaitement ! Il est accessible via les réglages d’exposition, à la rubrique « Filtre ND », avec deux options.
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- On peut utiliser le mode Filtre ND Automatique, mais dans ce cas, c’est l’APN qui va décider quand il doit être utilisé. Je ne suis guère fan de cette option, car on ne contrôle pas la fonction.
- Le second mode permet d’engager à la demande le filtre ND afin de gagner environ 2 stops en vitesse. Soit l’équivalent ou presque d’un ND4. Très appréciable quand la lumière est très importante et qu’on souhaite conserver une vitesse 1/125 s par exemple. Ou si l’on veut avoir un flou de mouvement dans les photos.
Le résultat est similaire à ce que l’on aurait avec un vrai filtre ND. En son absence, son double intégré au GR III/IIIx permet de récupérer certaines situations de lumière complexes. Certes, s’il avait été possible d’avoir à disposition un filtre ND avec plusieurs valeurs (de 2 à 64 ?), cela aurait été encore mieux. Mais ne boudons pas cette possibilité offerte et accessible très rapidement, à condition de connaitre.
Le filtre ND intégré est disponible aussi bien pour les JPEG que pour les RAW. Il ne s’agit pas d’un mixage entre 2 photos prises avec des expositions différentes (comme il semblerait que ce soit le cas sur l’option ND pour le K-3 III, option disponible au Japon seulement).
| RAW brut sans filtre ND | JPEG brut sans filtre ND |
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| RAW brut avec filtre ND | JPEG brut avec filtre ND |
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Truc #3 : Le Snap Focus
À vrai dire, c’est sans doute la fonctionnalité méconnue la plus mise en avant par Ricoh, mais qui apparait souvent comme la plus obscure pour nombre de photographes. Je me suis pas mal questionné sur ce qu’elle apportait, sur son intérêt.
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Le Snap Focus permet de prédéfinir une certaine distance de mise au point. Quand ce mode est enclenché, le GR va définir le plan focal à la distance choisie. Ainsi, si le snap focus est défini sur 2,5 m, cela veut dire que tout ce qui sera à cette distance de l’objectif sera net (mais pas au-delà ou avant). Question rapidité, l’autofocus est désengagé, remplacé par un focus à distance choisie. Le temps de réaction est plus rapide, l’APN n’a plus besoin d’effectuer une MAP sur un ou plusieurs points. Pour un certain nombre de photographes, principalement en street, ce mode est proche de l’idéal !

La dernière version du firmware a apporté une distance supplémentaire, plutôt destinée aux adeptes de la macrophotographie (0,30 m).
Truc #4 : Priorité à la distance de capture
Le Snap Focus était une bonne idée ? Ricoh propose une fonctionnalité presque meilleure. Similaire dans l’esprit. Ici, le photographe peut présélectionner une zone de profondeur de champ et l’appareil photo va sélectionner l’ouverture qui va correspondre. Simple et efficace. Il suffit de décider que la zone de netteté est entre 3 m et l’infini et s’intéresser ensuite qu’à la composition. Là encore, l’autofocus est désengagé.
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Pour les street-photographeurs, c’est du pain béni, puisqu’ils peuvent se concentrer sur la prise de vue en elle-même. Malgré le côté automatique, c’est bien le photographe qui effectue les choix techniques, y compris celui de la distance minimale de mise au point, tout en ayant l’esprit libéré pour le choix artistique.
Truc #5 : La réduction de bruit automatique
Une fonctionnalité qui n’est utile que pour ceux qui shootent en JPEG ou en RAW+. Ce qui est mon cas, le IIIx étant réglé pour générer des JPEG Noir & Blanc en plus des RAW.
Elle permet de définir un taux de réduction du bruit par palier d’IL. Une personnalisation pratique qui permet d’obtenir une correction plus fine que ce qui est proposé par défaut. Même s’il n’y a que 4 niveaux possibles (rien, faible, moyen, fort), le photographe a une meilleure maitrise du rendu final. À condition de l’activer.
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Évidemment, rien ne vous empêche de corriger a posteriori, dans un de vos logiciels. Mais le fait d’effectuer une correction au plus tôt permet souvent de gagner un cycle d’enregistrement de votre fichier JPEG, synonyme de dégradation de l’image.
Truc #6 : La mémoire interne
Vous ne le savez peut-être pas, mais votre GR III/IIIx possède un peu de mémoire pour la prise de vue. Ce n’est pas Byzance, mais cela peut sauver la vie si votre carte mémoire est pleine et que vous n’en avez pas une de secours avec vous. IL arrive aussi que votre carte soit corrompue, nécessitant un reformatage. Quand cela arrive, vous n’avez pas l’air idiot. Surtout si, comme moi, vous êtes perdu en pleine cambrousse.
On peut prendre 140 images JPEG, 40 RAW et 31 RAW + JPEG. De quoi pallier la défaillance de votre carte. C’est peu ? Oui, sans doute. Mais en même temps, c’est autant qu’une pellicule de 36 vues. Et pour finir une séance, c’est parfois suffisant. Et puis, n’hésitez pas à mettre une carte SD de 16 Go dans votre portefeuille, un jour cela peut servir !
Truc #7 : Les apports du firmware 1.80 pour le GR III et 1.31 pour le GR IIIx
Ces deux firmwares sont identiques en termes de fonctionnalités. Mais chacun a le sien. Cette dernière version a apporté de petites nouveautés, certaines très pratiques :
- L’amélioration la plus importante est qu’on peut enfin attribuer une fonction différente à la touche vidéo/wifi qui se trouve sur le côté gauche. Comme je ne m’en servais jamais, elle était à « off », afin de ne pas déclencher inopinément l’une de ces 2 fonctions. Maintenant, elle me permet d’activer le mode Snap Focus quand je le désire. La touche FN étant dorénavant dédiée à l’activation du filtre ND.
- Le photographe peut décider lequel des 22 points de réglages il souhaite conserver ou pas en mémoire quand il éteint son GR. Ce qui permet de ne pas préserver certains réglages.
- Jusqu’à présent, si on souhaitait traiter une photo RAW afin d’obtenir un JPEG, il fallait le faire image par image. Le traitement par lot est désormais disponible. Aucun intérêt pour ceux qui utilisent un logiciel externe.
- Une bonne nouvelle qui concerne le visionnage des images. Avant, il fallait utiliser les doigts sur l’écran pour zoomer/dézoomer. Maintenant, la molette à l’avant fait de même. C’est bien le tactile, mais pas toujours.
Il existe d’autres fonctionnalités, d’autres trucs et astuces, qui sont intéressants et pas abordés ici. Comme la compensation automatique des EV qui opère à la fois avec les modes de priorité à l’obturation et de priorité à l’ouverture. Ou encore les sous-modes du mode P.
Tout cela pour dire que les GR III et IIIx sont des APN très riches. À vous de vous les approprier. Vous ne le regretterez pas.















2 réponses
Vu que vous abordez la question du filtre ND j’en profite : j’avoue ne pas bien comprendre la subtile différence qu’il y aurait avec une correction d’exposition ? Vu que ce n’est pas un filtre physique (enfin rien ne me fait penser que ce soit un filtre physique en tout cas) alors c’est forcément un effet électronique qui consiste à diminuer l’expo de 2 stops, non ?
Merci pour les #Truc4 et #Truc5 que je n’avais encore jamais regardé 🙂
Je n’ai pas de vraie réponse à apporter parce qu’il est compliqué de rencontrer les concepteurs. Et l’information n’est pas simple à trouver.
Alors ce que j’ai pu glaner, c’est que la correction d’exposition serait purement un artifice électronique tandis que le filtre ND serait une couche sur le capteur (excité électriquement ou pas). Sauf que je n’ai aucune preuve de la véracité de cela. Si c’était vrai, la différence serait que la correction d’expo serait une correction logicielle qui affecterait le RAW et le JPEG (quid de la notion de RAW pour le coup) tandis que le filtre ND ne ferait pas l’objet de l’artifice logicielle.
En tout cas, l’outil est efficace.