DxO PureRAW 3, toujours plus puissant

PureRAW 3

On ne parle logiciel que de manière irrégulière sur PentaxKlub. Pourtant, les outils informatiques sont essentiels pour de très nombreux photographes. À moins d’effectuer les prises de vue en JPEG et réaliser le tri des clichés directement sur le boitier, un ordinateur est nécessaire à la production d’images « finies ». Les logiciels de traitement comme DxO PhotoLab, Adobe Lightroom, Capture One et consorts sont donc fortement utilisés.

Il arrive aussi que des applications tierces et/ou des presets de développement soient employés en complément, dans des domaines précis. Non seulement ils sont considérables, mais la plupart sont anecdotiques et il ne sert à rien de les évoquer. D’autres sont capables de s’intégrer dans un flux de travail (le fameux workflow) et deviennent parfois indispensables. PureRAW fait partie de ceux-là.

 


 

DxO PureRAW est un logiciel français de dématriçage, de corrections optiques, mais surtout de débruitage des fichiers RAW. C’est même là son atout essentiel. Alors que la version 3 est sortie depuis quelques jours, il nous a semblé intéressant de présenter enfin ce logiciel.

Si vous utilisez DxO PhotoLab, les fonctionnalités de débruitage évoquées ici sont déjà incluses dans l’application. DxO PureRAW ne s’adresse qu’aux usagers de Lightroom et autres (Capture One, etc.). Attention, le traitement DeepPrime XD n’est disponible que depuis PhotoLab 6.

Un peu d’histoire

À l’origine, il y avait DxO Optics Pro. Un logiciel de dématriçage et de développement RAW. Son atout numéro 1 était les corrections optiques apportées à l’image. Des rectifications basées sur une analyse fine du couple boitier-capteur associé aux objectifs disponibles. L’atout numéro 2 était son moteur de débruitage, sans doute l’un des meilleurs (voire le meilleur).

PureRAW : téléchargement des modules optiques
PureRAW propose de télécharger le profil boiter/objectif afin de mieux corriger votre image

Après 11 versions d’enrichissements divers, Optics Pro s’est métamorphosé en PhotoLab. L’outil de débruitage Haute Qualité (HQ) a évolué avec l’ajout d’algorithmes informatiques de plus en plus performants. Successivement, ont été proposés Prime, DeepPrime et, en 2022, DeepPrime XD. On y reviendra ci-dessous.

Bien que DxO Optics Pro / PhotoLab soit un logiciel talentueux, il n’est pas devenu un leader international. Certes, il réalise d’excellentes ventes et a une base importante de photographes, mais il reste loin derrière le mastodonte Lightroom. Pourtant, DxO était capable de faire bien mieux dans certains domaines, grâce à ses 2 atouts.

Utilisateur de la solution DxO depuis Optics Pro 4, je n’ai jamais réussi à m’adapter à la philosophie de l’application, à la façon dont réagissaient les outils. Eh oui, il n’y avait pas de gestionnaire d’images, un lourd handicap à mon sens. Ce qui explique mon choix pour un autre programme, tout en l’employant pour des besoins spécifiques comme le débruitage. Un flux de travail assez facilité par l’éditeur français.

Et vint Pure Raw

DxO a eu l’excellente idée d’extraire les 2 atouts maitres de PhotoLab pour en faire une application indépendante, utilisable sous forme de plug-in depuis Lr et, cerise sur le gâteau, capable de produire des fichiers DNG (donc RAW) reconnus par le logiciel d’Adobe. C’est le coup de génie de DxO. On profite donc du savoir-faire de la correction optique « made by DxO » (on continue de télécharger le/les profil(s) correcteur(s) du couple boitier-capteur/objectif et du débruitage pour les photos à hauts ISO.

Quand l’ovni PureRAW, première version, a débarqué sur le marché, je l’ai rapidement essayé… et adopté. Enfin je pouvais disposer de l’outil PRIME, plus efficace que la fonctionnalité d’Adobe. Surtout que DxO a réussi à l’interfacer dans le flux de travail de Lightroom. Il est possible de sélectionner des clichés depuis Lr, les envoyer dans PureRAW et, après traitement, les DNG (ou les JPEG) sont réintégrés automatiquement dans Lr. De quoi contenter les photographes. Il est aussi utilisable en version indépendante (standalone en anglais), ce qui permet de l’utiliser avec Capture One, ON1 Photo Raw, DarkTable et tous les autres.

DxO PureRaw - paramètres
PureRAW v2, les paramètres disponibles (interface de traitement)

Cette première version proposait 2 niveaux de suppression du bruit numérique, le HQ et le Prime. Évidemment, si l’étage HQ était déjà prometteur, Prime se montrait supérieur, surtout sur les clichés fortement bruités. Au prix, il est vrai, d’un temps de traitement plus important.

Pure Raw 2 a profité de l’arrivée du niveau DeepPrime dans PhotoLab. Le nom est suffisamment clair, ce nouvel algorithme de réparation permet de traiter les images plus en profondeur. Selon l’éditeur, le traitement est plus équilibré et des détails peu visibles peuvent se révéler. Là encore, l’algorithme est gourmand et nécessite des processeurs rapides si l’on ne veut pas trop perdre de temps.

Avec des résultats assez impressionnants comme le montre la comparaison ci-dessous, entre la version « brute » et la version corrigée.

DxO PureRaw - sans traitement antibruitDxO PureRaw - traitement antibruit DeepPrime

cliché original pris avec un GR III à 3200 ISO – Un bruit visible dans toutes les surfaces bleutées

 

Et la v3 dans tout cela ?

À la mi-mars, DxO a dévoilé la v3 de son logiciel. Une sortie très prévisible si on s’en tient aux différents cycles de vie des applications chez DxO, où quelques mois après le lancement d’une version majeure de PhotoLab, on voit apparaitre une évolution de son cousin. DeepPrime XD débarque donc avec PureRAW 3. Il s’agit d’un nouveau moteur de débruitage, en complément du DeepPrime qu’il ne remplace pas. Il est même probable que le premier se montre plus efficace dans certaines circonstances.

Selon DxO, DeepPrime XD apporterait (beaucoup) plus de détails sur les scènes complexes, un meilleur respect des couleurs et une amélioration de la restitution des zones floues. Rien que cela. Le gain, par rapport à DeepPrime, serait de 2,5 stops d’ISO. En cas d’exactitude, même vos photos les plus bruitées, en restant raisonnable malgré tout, deviendraient de bons clichés exploitables.

Afin de vérifier, rien ne vaut les essais « sur le terrain ». Vous trouverez ci-dessous, 2 séries de clichés bruités, avec à chaque fois la version brute d’origine et les 4 traitements possibles (HQ pour Haute Qualité, Prime, DeepPrime et DeepPrime XD).

64000 ISO

Tant qu’à faire un test, autant commencer par des ISO assez extrêmes, que l’on n’utilise pas tous les jours.

ISO 64000

Cliché pris dans des conditions « lumière compliquée » à l’intérieur d’un château, où la lumière était très faible afin de protéger les bois.

Le cliché est étonnamment correct compte tenu de la haute valeur des ISO, ce qui montre bien que Pentax maitrise ce domaine particulier. Correct certes, mais exploitable ? Pas vraiment !

[K-1 mk II]
Version originelle, sans traitement Pure Raw 3 - IS0 6400 - Sans traitement
HQ Pure Raw 3 - IS0 6400 - Traitement HQ Prime Pure Raw 3 - IS0 6400 - Traitement PRIME
DeepPrime Pure Raw 3 - IS0 6400 - Traitement DeepPrime DeepPrimeXD Pure Raw 3 - IS0 6400 - Traitement DeepPrimeXD

Sur le cliché à 64000 ISO, l’image proposée au départ est fortement bruitée, il ne pouvait en être autrement. Le traitement HQ permet de réduire un peu le bruitage électronique, mais en lissant énormément les décors, notamment sur la boiserie de l’armoire. Le traitement Prime est plus intéressant, car les détails paraissent préservés sur l’armoire, tout en apportant un meilleur confort visuel.

Avec DeepPrime, le fourmillement dans les noirs disparaît, les textures sont plus harmonieuses (ce que l’on peut vérifier sur la porte au-dessus de la guide). DeepPrimeXD augmente encore la qualité en redonnant du détail dans certaines parties de l’image (exemple avec le visage de la guide où les traits sont moins lissés).

Iso 6400

Une plage d’ISO que l’on peut utiliser plus fréquemment, surtout avec un boiter Plein Format qui préserve mieux les ISOs qu’un APS-C.

ISO 6400

Cliché pris de nuit avec des conditions d’éclairages médiocres. À table, on « voyait » les assiettes, sans plus.

Images JPEG grand format, disponibles en fin d’article.

[K-1]
Origine Pure Raw 3 - IS0 6400 - Sans Traitement
HQ Pure Raw 3 - IS0 6400 - Traitement HQ Prime Pure Raw 3 - IS0 6400 - Traitement Prime
DeepPrime Pure Raw 3 - IS0 6400 - Traitement DeepPrime DeepPrimeXD Pure Raw 3 - IS0 6400 - Traitement DeepPrimeXD

L’image originelle est compliquée, avec du bruit électronique (tous les petits points rouges visibles par exemple sur les vêtements). En l’état, on ne peut la conserver dans une sélection. Étonnamment, le traitement HQ propose une lisibilité inattendue avec un bruit très contenu, au prix d’un lissage à la limite du soutenable sur la haie en arrière-plan. On retiendra aussi que ce résultat peut être obtenu en utilisant les outils traditionnels de vos logiciels classiques.

Avec le traitement Prime, l’impression est mitigée. D’un côté, il y a des améliorations importantes en termes de précision, l’image étant plus nette sur de nombreux endroits. Mais le lissage est trop important sur toutes les autres parties. Tellement qu’on ne peut raisonnablement penser à exploiter le cliché. DeepPrime élimine la moitié du lissage (sur les personnes, sauf les visages ou sur la haie par exemple).

DeepPrimeXD apporte, quant à lui, un renforcement des détails dans les portions sombres. Dans le tiers inférieur gauche, il y a une table avec un couple. Le profil gauche de la femme est moins lisse, on distingue le contour du visage. Et les verres à vin sur la table sont mieux définis. En corrigeant les hautes lumières des chevaux, il est tout à fait possible d’obtenir un cliché imprimable sur papier de qualité.

Une conclusion ?

Si les traitements HQ et Prime ne méritent pas de s’y attarder outre mesure, DeepPrime et DeepPrimeXD sont au-dessus du lot, capables de supprimer le bruit électronique sans trop lisser les détails, voire en les faisant ressortir. Certes, on peut avoir parfois un sentiment d’un aspect plastique. Certes, on peut regretter que DxO PureRAW3 ne puisse les recréer. Il n’est pas impossible d’ailleurs que l’utilisation de l’IA ne soit pas une des pistes suivies pour la prochaine version. En attendant, le verdict est sans appel, PureRAW v3 améliore grandement les images bruitées, de manière plus efficace que les logiciels traditionnels !

Les autres améliorations

DxO profite de la version 3 pour modifier un peu l’interface et apporter des améliorations supplémentaires, pour certaines nécessaires.

DxO PureRaw, interface depuis Lr
L’interface de PureRAW lors du lancement du traitement
DxO PureRaw, interface depuis Lr
que ce soit depuis Lightroom ou via la version « standalone »
  • Le traitement par lot. Il est désormais possible de créer une ou plusieurs files d’attente. On peut ainsi réorganiser la liste des fichiers à considérer et définir les fichiers – ou les listes – à optimiser en priorité.
  • L’export des images au format TIFF (en 8 ou 16 bits) en plus des formats DNG et JPEG déjà présents.
  • Des traitements supplémentaires avant export des images corrigées (retouche du vignetage et des aberrations chromatiques, personnalisation du rognage induit par la correction des distorsions). À voir s’ils intéresseront les utilisateurs qui souvent disposent de ces fonctionnalités dans leur logiciel de traitement.
  • Il est désormais possible de lancer la procédure de débruitage sans effectuer les corrections optiques propres à DxO (qui implique le téléchargement d’un profil boitier/objectif). Un plus pour les cas où ce n’est pas disponible.
L’interface d’accueil de l’application « indépendante »

Utile ou pas ?

Comme pour tous les logiciels additionnels, cette question mérite d’être posée. La réponse n’est pas évidente. Tout dépendra de votre façon de photographier, de votre investissement dans le traitement des images, de l’acceptation de changer des méthodes de travail… et surtout du nombre de clichés pris à haut ISO. Si ce nombre est faible, l’achat n’est sans doute pas nécessaire. D’autant plus que le logiciel est assez cher (entre 79 et 129 € suivant le type d’achat). Mais si vous faites régulièrement des clichés au-delà de 2000 ISO, PureRAW peut vite se révéler indispensable.

Ce qui est certain, c’est qu’en produisant un fichier DNG utilisable en dehors des logiciels DxO, l’éditeur propose une application qui mérite un large détour. À noter qu’il existe une version de démonstration pour ceux qui seraient tentés. Si vous avez déjà la version 2, l’apport de la v3 n’est pas assez significatif, pour faire la mise à jour automatiquement. Par contre, si vous utilisez la v1, la situation est différente. À vous de voir.

 

 

© fyve pour les photos du test – Télécharger les images ISO 6400

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