Comprendre les cartes mémoires

La carte mémoire est un sujet qui peut devenir très vite un problème pour nous les photographes. Bizarrement, même du temps de PentaxKlub, on ne s’était guère intéressé à celle-ci. Certes, on avait apporté quelques explications sur les différents types de carte SD, effectué quelques tests comparatifs à une époque lointaine. Mais tout cela était resté centré autour des besoins des boitiers de la marque Pentax, avec des besoins assez simples.

En s’ouvrant aux autres marques, on se rend compte qu’il existe d’autres situations et que les besoins ne sont pas les mêmes. Et comme sur le marché, il est proposé de très nombreux modèles de cartes avec des vitesses de lecture/écriture qui posent question, c’est un casse-tête pour effectuer un choix.

S’assurer de disposer de bonnes cartes mémoires, c’est avoir une certaine garantie de photographier en paix, sans risque de souffrir d’une panne, d’une perte d’image… ou de voir son appareil photo se figer lors d’une rafale ! Ce qui arrive assez rapidement si la vitesse de la carte est insuffisante.

Attention, c’est bien l’expression « une certaine garantie » qui a été utilisée, car les cartes mémoires, cela reste du plastique et des composants électroniques. Elles sont donc susceptibles de casse ! Quelques précautions doivent donc être prises pour éviter les détériorations.

Quelle carte mémoire acheter ?

Avant de vous diriger vers votre magasin préféré, nous allons vous proposer de mieux connaître les produits.

À noter que certains appareils autorisent qu’une seule carte, d’autres deux en dual-slot (2 SD, 2 CF Express ou SD + CF Express).

Les différents modèles de cartes

En 2025, il existe principalement deux types de cartes, avec chacune des déclinaisons.

D’un côté, il y a la bonne vieille SD (SD pour Secure Digital), qui nous accompagne depuis quasiment les débuts de la photo numérique. C’est la plus connue, celle qui s’est imposée à toutes les normes de l’époque (Memory Stick, MMC, xD-Picture Card et les autres). Donc la plus répandue, avec un coût au giga assez imbattable. On trouve des cartes de qualité, d’une capacité de 64 Go pour 16 € ou 128 Go pour 20 € !

Elle a eu de multiples déclinaisons, augmentant peu à peu sa capacité et sa vitesse. Elle existe aussi en version microSD. Aujourd’hui, hormis la vitesse qui plafonne, son principal défaut tient dans son enveloppe plastique qui s’abime avec le temps.

De l’autre, on trouve la CF Express, héritière de la Compact Flash, qui existe en deux versions. La type A est assez similaire à la SD en taille. La type B est plus grosse, plus épaisse et d’un aspect plus solide, elles offrent une vitesse accrue, de 5 à 15 fois supérieure à la SD. Mais elles sont plus chères, puisqu’une bonne carte de 128 Go dépasse la barre des 100 € ! Plus encore si on désire des débits rapides. Les hautes performances, cela refroidit les ardeurs !

Je mets de côté tous les autres types de carte, y compris la carte XQD (eXtended Quality Disk) développée par la CompactFlash Association, en collaboration avec Sony, Nikon ou Lexar. Cette tentative de standardisation a échoué, et c’est la CF Express type B, plus récente et plus performante qui s’est imposée. Il existe une certaine compatibilité entre la XQD et la type B.

Les vitesses

Il convient de faire très attention aux chiffres proposés qui sont purement marketing ! Surtout qu’il existe deux vitesses, une pour la lecture et l’autre pour l’écriture. Autant la première est souvent mise en avant, autant la deuxième n’est que rarement indiquée. Devinez pourquoi ! Il convient de garder à l’esprit que ces indications de vitesse expriment une maximale théorique, et non la réalité qui est souvent moindre.

Différents type de carte mémoire avec indication de la vitesse parfois
En encadré bleu, la présence d’une vitesse. Quand il n’y en a qu’une, c’est toujours celle de la lecture (marketing oblige).
Lecture / Écriture

La vitesse de lecture est celle à laquelle les fichiers vont être lus depuis la carte vers votre support de stockage, via une tablette ou un ordinateur. Elle dépend certes des capacités de la carte, mais aussi de la performance du lecteur de carte utilisé ainsi que la vitesse du support de destination. C’est parfois une loterie ! Mais peu importe, car rien ne vous empêche d’aller prendre une douche en revenant de votre sortie, ce qui donnera le temps de copier toute votre production tranquillement.

La vitesse la plus importante est celle qui concerne l’écriture, c’est-à-dire celle que permet votre carte au moment où l’appareil photo va écrire les données. C’est la plus cruciale en mode rafale et en vidéo ! Plus elle est rapide en écriture, plus vite les photos et les vidéos vont s’écrire et moins vous aurez un risque de blocage de votre APN.

Rien de pire que de faire une rafale à 5 i/s et que le boitier s’arrête de déclencher au bout de 3 secondes afin de pouvoir décharger le contenu du buffer interne vers la carte mémoire.

Le phénomène est identique pour les vidéos de type 4K ou plus.

Comme la vitesse maximum d’écriture est rarement indiquée, les associations qui gèrent les différentes cartes ont imposé des indicateurs de vitesse minimum garantie. Il s’agit des mentions C (2/4/6/10), U (U1 et U3) ou V (30/60/90). Attention, il arrive parfois que certaines marques expriment la vitesse sous la forme d’un chiffre suivi du signe « multiplier ». Par exemple 500x, 1667x, etc. Pour connaître la vitesse théorique réelle, il suffit de multiplier le nombre par 0,15 pour obtenir la vitesse en Mo/s. 500x propose donc une vitesse max de 75 Mo/s et 1667x, 250 Mo/s. Il convient donc d’être prudent !

Spécifique vidéo

Pour la vidéo, l’enregistrement nécessite absolument une stabilité dans les débits. En cas de baisse, il y aura des pertes de données. Le fichier ne sera pas « entier », ce qui provoquera des erreurs lors de la lecture, du montage, etc. Si vous faites de la vidéo, choisissez bien la vitesse de vos cartes en fonction de la qualité (Full HD, 4K, etc.) que vous souhaitez obtenir.

Si cela coince…

La première fois, vous ne comprenez pas forcément ce qui se passe, la deuxième vous râlez et à la troisième fois que cela se répète, vous allez vouloir tout jeter ! D’où l’utilité de bien choisir sa carte mémoire au moment de l’achat. Pour cela, rien de mieux que de comprendre les hiéroglyphes présents sur les cartes… Et connaître le débit réel d’écriture. Mais les vrais chiffres, pas ceux proposés par les fabricants de cartes mémoires.

Certains constructeurs (par exemple Fujifilm, Canon ou Nikon) proposent des tableaux de cartes validées par leurs soins. Pour les cartes SD, le site CameraMemorySpeed va s’avérer utile. Certes, il n’y a pas tous les modèles de boitier et de cartes mémoires, mais les « vraies » vitesses de nombreuses cartes et on peut trouver de bonnes informations. On constatera des surprises entre les vitesses affichées et la réalité du terrain.

Les cartes SD

La technologie, portée par la SD Association, est désormais éprouvée. Ce type de carte est tellement répandue et produite, qu’elle propose le meilleur rapport capacité/prix ramené au Go. Le revers de la médaille est que la taille maximale a longtemps été limitée, de même que les vitesses de lecture/écriture.

Ses dimensions sont petites, 32 mm × 24 mm × 2.1 mm et elle intègre un taquet permettant de verrouiller l’écriture. Ce qui est parfois une source d’inquiétude, certains utilisateurs croyant que la carte est HS alors qu’elle était juste passée en mode « read only ». C’est qu’il peut se déplacer par inadvertance, lors de l’insertion ou toute autre manipulation.

Physiquement, une carte SD, c’est deux morceaux de plastique qui s’emboitent, avec à l’intérieur une puce mémoire, un circuit électronique et un bus de connexion. Parfois, petite surprise, on y trouve une carte micro SD. Malheureusement, sa solidité n’est pas toujours excellente. Il arrive avec le temps que les deux parties se désolidarisent.

Il y a donc une règle d’or à respecter : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Dans le cas qui nous occupe, il convient d’éviter les cartes de grandes capacités au profit de plus petites. Mieux vaut acheter, quand on a un APN de 24 Mpx, plusieurs cartes de 32 Go, voire de 64 Go, en lieu et place d’une grosse de 256, 512 Go ou plus. En car d’incident, le nombre de clichés perdus sera moindre.

Décrypter une carte SD

C’est fou le nombre d’indications inscrites sur les cartes SD. Il y en a tellement, que c’est difficilement compréhensible sans mode d’emploi. D’autant plus que les constructeurs les empilent, brouillant parfois les messages. Alors, pour vous aider, voici un petit décryptage.

Les premières indications que l’on voit sont évidentes. Il s’agit de la marque (dans les exemples ci-dessous, il s’agit de Lexar, LinkMore et SanDisk, mais il en existe bien d’autres), le modèle (Silver, SV11 et Extreme Pro), ainsi que la capacité (120 Go, 32 Go et 64  Go). C’est ensuite que les choses se compliquent un peu. Les cartes SD existant depuis longtemps, il a fallu à l’association qui gère le standard, mettre en place des indications au fur et à mesure des avancées technologiques.

Premier niveau : les appellations

En 2025, il existe cinq appellations, de SD à SD EX. Elles permettent d’identifier rapidement le type de carte, sa capacité mémoire maximale théorique, le système de fichiers utilisé (FAT 16, FAT 32 ou extFAT) ainsi que ses usages potentiels (photo et vidéo).

Carte SD, indication sur le type de carte

 

Carte SD (Secure Digital)
  • Capacité : Jusqu’à 2 Go, en FAT16
  • Les performances sont limitées, mais elle est compatible avec presque tous les lecteurs de cartes
Carte SDHC (Secure Digital High Capacity)
  • Capacité : De 2 Go à 32 Go, en FAT32
  • Adaptée pour les usages photo et vidéo HD
  • Disponible en UHS-I
  • Compatible avec la plupart des appareils récents (pas de compatibilité avec les anciens appareils uniquement SD)
Carte SDXC (Secure Digital eXtended Capacity)
  • Capacité : De 64 Go à 2 To, en exFAT
  • Adaptée aux prises de vues en RAW et à vidéo 4K
  • Disponible en UHS-I, UHS-II et UHS-III
  • Incompatible avec les anciens lecteurs SD/SDHC, sauf mise à jour firmware de la part du constructeur
Carte SDUC (Secure Digital Ultra Capacity) Spécification récente et encore peu implémentée. Il est rare de trouver ces types de cartes pour le grand public.

  • Capacité : Jusqu’à 128 To (avec SDUC)
  • Disponible en UHS-I, UHS-II et UHS-III
  • Adaptée aux prises de vues en RAW et à vidéo 8K
  • Cartes incompatibles avec les anciens lecteurs SD/SDHC/SDXC
Carte SD EX (SD Express) Il s’agit d’une nouvelle spécification, encore en phase d’adoption par les constructeurs. Le but est de contrer la CF Express.

Pour la première fois, le terme EX (pour Express) recouvre deux notions :

  • La capacité : de 64 Go (SDHC) à 128 To (SDUC), en exFAT. Jusqu’ici, une appellation définissait uniquement les capacités, ce qui ne va pas simplifier les choses.
  • Le bus : PCIe et/ou NVME, afin d’offrir des vitesses de transfert ultrarapide, similaire (ou presque) à ceux des SSD.

 

  • Vitesse : Jusqu’à 985 Mo/s (Gen3x1), voire 4 Go/s (Gen4x2 pour SD Express 9.0)
  • Adaptée aux prises de vues en RAW et à vidéo 8K
  • Nouveau bus d’interface, identique visuellement aux précédents.
  • incompatible avec les anciens lecteurs SD/SDHC/SDXC/SDUC
Deuxième niveau : le bus d’interface, les vitesses minimales et les usages

Carte SD, indicateurs des vitesses

Classe de vitesse standard

Ancienne classification, basée sur la vitesse d’écriture minimale (en cours d’abandon)

Class 2 2 Mo/s
Class 4 4 Mo/s
Class 6 6 Mo/s
Class 10 10 Mo/s (rafale légère et vidéo Full HD)

Le chiffre est intégré au C stylisé sur la carte.

UHS (Ultra High Speed)

❷ Vitesse d’écriture minimale pour les cartes UHS-I ou UHS-II

Symbole U1 10 Mo/s (rafale légère et vidéo Full HD)
Symbole U3 30 Mo/s (rafale et vidéo 4K)

Le chiffre est intégré au U stylisé sur la carte.

 Vidéo Speed Class

La lettre V signifie « Video » et indique la vitesse d’écriture minimale stable garantie

V30 30 Mo/s (vidéo 4K)
V60 60 Mo/s (vidéo 4K Pro et 6K)
V90 90 Mo/s (vidéo 8K, Slow Motion et RAW)

 

Carte SD : indicateurs interface physique (nombre de broches) et vitesse maximale théorique

 

 Bus (ou interface) UHS-I vs UHS-II vs UHS-III

Vitesse maximale théorique et interface physique (nombre de broches)

UHS-I Vitesse théorique max : 104 Mo/s Connecteur : 1 rangée
UHS-II Vitesse théorique max : 312 Mo/s Connecteur : 2 rangées
UHS-III Vitesse théorique max : 624 Mo/s Connecteur : 2 rangées
EXpress Vitesse théorique max : 982 Mo/s Connecteur : de 1 à 2 rangées

L’interface UHS-III n’a pas encore rencontré son public et il existe très peu (aucun ?) de matériels (APN, ordinateurs, cartes mémoires, lecteurs, etc.) qui l’utilisent. Je me souviens d’ailleurs de Youtubeurs qui avaient glosé sur Apple lorsqu’elle avait réintroduit, en 2021, un lecteur de carte SD sur certains MacBook. Sa compatibilité allait jusqu’à la norme SDXC UHS-II uniquement. En 2025, je ne connais pas d’APN compatibles avec UHS-III (ce qui pourrait ne jamais arriver, la nouvelle norme Express pouvant la détrôner), alors l’ordinateur…

Ultime raffinement à ce jour, suite à l’évolution des spécifications, une carte SD EX peut disposer d’un bus d’interface en UHS-I, UHS-II, UHS-III ou SD Express). Ce qui ne va pas simplifier la compréhension !

Les cartes microSD

La SD Association, qui gère aussi ce format, a validé deux formats de tailles plus réduits, la miniSD et la microSD. Si la première est considérée désormais comme obsolète, la deuxième continue son existence. Ce format de carte mémoire est le plus petit et très courant, surtout utilisé dans les smartphones, tablettes, caméras d’action, drones, consoles, etc.

Côté dimension, la microSD est très petite : 15 mm × 11 mm × 1 mm.

Comme pour sa grande sœur, elle a connu les variations SDHC, SDXC et SDUC. Pour le moment, la spécification SDEX ne semble pas pouvoir être disponible, sans doute à cause du bus d’interface difficile à faire évoluer.

Les indicateurs de vitesse (C10, U1, U3, V10, V30, V60) sont semblables à ceux de la carte SD (se référer aux tableaux précédents). Les normes UHS-I, UHS-II et UHS-III ne sont pas applicables. Des sous-catégories (A1 et A2) ont fait leur apparition. Il s’agit de microSD optimisées pour le système d’exploitation Android, sans intérêt pour la photo et la vidéo.

Les cartes CF Express

Par rapport aux cartes SD, la situation est bien plus simple. Les appellations sont moins nombreuses et donc plus compréhensibles.

Des cartes plus professionnelles

Ces cartes sont surtout réservées aux boitiers « haut de gamme », moins répandus que les boitiers grand public. Le marché de la CF Express est plus petit, les produits sont donc plus rares et plus chers. De plus, le marché est coupé en deux avec Sony qui utilise la type A, et les autres qui ont parié sur la type B.

Qui dit matériel plus « Pro », dit aussi meilleure qualité de fabrication. La CF Express type B y souscrit pleinement (n’ayant pas eu en main la type A, je ne saurais me prononcer. Néanmoins, il semble qu’elle soit, elle aussi, plus résistante). Un label « Pro » qui se retrouve dans le respect des débits annoncés qui sont beaucoup plus proches des annonces marketing. Et ce, malgré le fait que les vitesses affichées sur les cartes restent également des maximums théoriques en lecture (rarement en écriture).

Quelques modèles de cartes CF Express type B
Aucun signe particulier sur les cartes CF Express type B, sauf nécessité marketing

Contrairement aux cartes SD, il n’y a pas de classe de vitesse, juste une certification VPG (Vidéo Performance Guarantee) qui est l’équivalent des classes Vxx, avec des débits plus importants. Si c’est indiqué VPG 400, alors la carte est garantie pour écrire à un débit soutenu garanti d’un minimum de 400 Mo/s. Il semble que ce logo n’apparaisse que sur les types A, les types B disposant d’une vitesse minimale suffisante.

Quelques caractéristiques pertinentes
Cartes mémoires CF Express type A vs type B
CF Express type A vs type B (respect visuel des tailles non garanties)

Côté dimension, la type A est plus petite et propose une bande passante deux fois inférieure à celle proposée par la type B. Il n’est pas possible d’utiliser une type A à la place d’une type B, et vice-versa. Elles ne sont pas interchangeables.

Modèle Dimensions Stockage Vitesse maximale théorique (lecture / écriture) Type de bus
Type A 20 x 28 x 2,8 mm ≈ 800 Mo/s 1 ligne PCIe Gen3
Type B 38,5 x 29,6 x 3,8 mm De 64 Go à 2 To ≈ 2 000 Mo/s 2 lignes PCIe Gen3 + NVMe

Si la type A propose des débits similaires à ce que proposeront à terme les SD EX « full », la type B propose des débits, en théorie, supérieurs. Cette dernière est considérée comme une carte mémoire hautes performances, conçue pour les photographes et vidéastes professionnels. Donc plus efficace pour enregistrer des rafales de plusieurs dizaines de clichés en RAW ou des vidéos 8K ProRes. De même taille et utilisant le même bus de connexion, elle remplace progressivement les anciennes cartes XQD, tout en étant bien plus rapide.

Malheureusement, les cartes CF Express rencontrent des problèmes de surchauffe. Et, quand cela se produit, il y a des baisses de débit non négligeables, parce que la carte se met à dysfonctionner. En photo, le risque est assez faible, à moins d’être en mode rafale rapide de manière continue. C’est principalement en vidéo que le problème se rencontre. Un souci que ne connaissent pas les cartes SD.

À noter qu’il existe une version C, plus grande (taille et capacité), mais elle n’est pas exploitée.

Acheter une carte mémoire : passage à l’acte

Vous disposez de tous les renseignements pour comprendre les cartes mémoires. Et au moment de passer à l’acte, vous avez le doute. Faites-vous le bon choix ? Pour cela, il vous faut connaître votre ou vos besoins. Donc, toujours commencer par lire le manuel vendu avec votre APN ou drone ou autre caméra vidéo. Ou s’informer sur le Net. De ce besoin découlera naturellement le type de carte nécessaire pour le couvrir.

Vous voulez faire quoi ? De la vidéo ? De la photo de type street, sportive, chasse animalière, paysage ?

Pour de la vidéo

Choisir une carte « vidéaste », est assez simple. Et pour cela, il suffit de répondre à la question : « que permet votre matériel au mieux ? ». Si c’est du Full HD, aucun besoin immédiat de se ruer sur une carte capable de filmer en 8K RAW ! Après avoir eu votre réponse grâce au manuel, il conviendra d’acheter une ou plusieurs cartes correspondant à la vitesse d’écriture minimale garantie.

Et éventuellement trouver, sur le Net, des tests qui valident ces débits annoncés !

Full HD 4K 8K 8K RAW, ProRes,…
Carte SD V30 V30 ou V60 V90 V90, SD EX
Carte CF Express type A VPG 200 VPG 400 VPG 800 VPG 800
Carte CF Express type B

Pour la photographie

Tout va dépendre de vos pratiques. Si vous shootez en mode single-shot, n’importe quelle carte de type SDHC sera suffisante. Par contre, si vous faites de la rafale comme un fou, pour cause de sport ou de chasse animalière (par exemple), ce sera insuffisant, car la taille du buffer de votre APN va vite mettre un terme aux déclenchements.

Malheureusement, il ne suffit pas d’acheter celle avec le meilleur débit. Si votre APN ne permet pas d’écrire rapidement sur la carte, elle aura beau être la « BEST OF THE WORLD », cela ne servira à rien. Il faut donc retourner à la lecture du manuel !

Exemple 1 : Le Pentax K-1 mk II dispose d’un buffer permettant de prendre 10 images en RAW 14 bits avant d’atteindre sa limite. Au-delà, la cadence chute fortement jusqu’à ce que le buffer se vide. Le K-1 mk II dispose de deux emplacements pour des cartes mémoires de type SD, SDHC ou SDXC aux normes USH-1 (classe U3). Sachant qu’un RAW pèse environ 50 Mo, si on souhaite maintenir la cadence de 4 images/s, il faudrait une carte avec une vitesse d’écriture d’au moins 200 Mo/s. Or, la vitesse max en UHS-I étant de 104 Mo/s, même avec la meilleure carte de cette catégorie, le boitier va arrêter rapidement… Pour ce K-1 mk II, il faudra acheter une SDXC UHS-I très rapide. Sans investir au-delà.

Exemple 2 : Le Nikon Z6 II dispose d’un buffer permettant de prendre environ 45 images en RAW 12 bits et environ 30 en RAW 14 bits avant d’atteindre sa limite. Au-delà, même cause, même effet, la cadence chute jusqu’à ce que le buffer se vide. Le Z6 II dispose d’un emplacement pour CF Express type B et d’un emplacement pour SD/SDHC/SDXC en UHS-I et UHS-II. Sachant qu’un RAW pèse entre 20 (12 bits compressés) et 42 Mo (14 bits non compressés), pour maintenir une cadence comprise entre 10 et 14 i/s, une carte dont la vitesse d’écriture est d’environ 400 Mo/s s’avèrera suffisante. Même si une excellente SDXC UHS-II s’avèrera suffisante, il vaut mieux investir dans une bonne CF Express.

Conseils

Quand je pars en vacances, en reportage ou pour toute autre activité photographique, la confiance doit être présente. J’applique donc quelques règles élémentaires :

  • Éviter les cartes de trop grande capacité. En cas de perte, casse ou détérioration de la grosse carte, il ne restera rien. Il vaut mieux 4 cartes pouvant stocker 1000 photos qu’une seule qui en stocke 4000. Cette règle est particulièrement vraie pour les cartes SD, moins endurantes que les cartes CF Express.
  • Choisir une marque connue. Sans chercher à dénigrer Kootion, Linkmore, (intenso) et bien d’autres, je ne les connais pas. Au contraire de SanDisk, Prograde, Lexar, Angelbird, Kingston ou PNY. Ces dernières ont une réputation acquise au fil du temps. Les premières citées sont souvent éphémères, créées parfois pour une occasion comme du déstockage ou solder un lot de puces défaillantes ou qui ont raté des certifications.
  • Acheter la ou les cartes qui vous correspondent. Inutile de surinvestir dans des cartes mémoires trop rapides pour vos activités photo, car elles coûteront plus cher ! Il vaut mieux prendre une carte vraiment dimensionnée par rapport à vos besoins.
  • Comme dirait l’inspecteur Columbo, dernier point. N’oubliez pas de protéger vos cartes mémoires, dans un étui dédié, par exemple. Cela évitera peut-être les poussières, l’eau… ou de s’assoir dessus (et de les tordre).

 

Bon achat et bonne chasse photographique !

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