META, IA et droits de retrait

« À partir du 26 juin 2024, le groupe Meta, maison-mère de Facebook et Instagram, va se servir des données de ses utilisateurs collectées depuis 2007, ainsi que tous les contenus qu’ils ont publiés, afin d’alimenter son intelligence artificielle. »

Si certains ne croient pas encore aux dangers de l’IA et de certaines sociétés, cette phrase devrait les rassurer. Pour les autres, ils seront potentiellement révoltés. C’est via une simple modification des conditions de la politique de confidentialité que Meta officialise son appropriation d’une partie de l’individu : « nous nous appuierons désormais sur la base légale de nos intérêts légitimes afin d’utiliser vos informations pour développer l’IA de Meta ». Cela a le mérite d’être d’une limpidité effroyable.

Que vous soyez simple individu, photographe amateur ou pro, auteur, créateur de contenus… Invoquez votre droit d’opposition au plus vite. Après le 26 juin 2024, Meta pompera sans vergogne vos contenus pour leurs propres fins. Sans aucune contrepartie financière, évidemment. MAIS, car il y a un mais, il faut en passer par un formulaire dans lequel vous devez justifier les raisons de votre opposition. Après examen de la demande par Méta (sic !), celle-ci sera soit acceptée, soit rejetée. Dans le second cas, tout ce que vous aurez publié, commentaires compris, sera utilisé par Méta sans recours.

Certes, on peut s’interroger de la légalité vis-à-vis la loi française, mais Méta étant américaine, la société compte bien s’asseoir dessus. Bienvenue dans cette société où vous n’existez plus. Accessoirement, on apprend que Méta conserve tout depuis 2007. Le droit à l’oubli, on oublie !

Maintenant que tout cela a été dit, croyez-vous réellement que depuis le temps que Meta accumule des données vous concernant (depuis les débuts de Facebook en fait, soit 2004, il me semble), ce n’est qu’en 2024 que la société va enfin les exploiter ? Non. Cela a toujours été. Cela fait des années que nous avons tous des personas avec plein de métadonnées. Même votre grand-mère qui n’a jamais mis les pieds sur Internet ! Les cubes d’informations mis en place permettent de recouper les informations dans tous les sens et relier les points, même en trait pointillé. Ceci n’est malheureusement qu’une officialisation, une énième péripétie de l’histoire « notre vie ne nous appartient plus« .

2 réponses

  1. Bonjour,
    Que se soit Meta, Google, Apple ou n’importe quelle autre, les Conditions Générales (un contrat, censé être lu avant acceptation) prévoit toujours un accès total, sans restriction, de toute publication, et son utilisation à toute fin.
    Meta ce contente de préciser qu’une des utilisations est l’entrainement d’IA.
    Et les données sont conservées depuis les origines, c’est juste que leur format (et sans aucun doute pertinence) est trop différent de l’actuel (ou juste du cold backup) pour être utile à une IA.
    Et oui, les lois Européennes / Françaises ne s’appliquent pas aux USA (et vice-versa, sinon vous pourriez vous promener en ville avec un fusil d’assaut, légal au Texas).
    Et bien sûr, un texte à rallonge, dans un langage juridique obscur au possible n’a que pour but de faire accepter sans lire un contrat inattaquable en justice : vous avez céder sans contrepartie d’aucune sorte tous les droits realtifs à toutes vos publications à Meta (ou autre).

  2. Bonjour,
    Ca ne me choque pas, ni ça ne m’étonne !
    Nous utilisons des reseaux sociaux lesquels se sont développés sur le concept « utilisateur = produit ». Si on accepte la règle du jeu, on accepte de laisser nos datas.
    On peut bien sur revenir aux vieilles méthodes de la galerie d’expo ou du magasin photo. C’est autre philosophie…
    Hervé

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