La généralisation des hybrides et des smartphones a modifié la façon dont nombre de personnes tiennent leurs appareils. Peu importe les lieux, pour bon nombre de pratiques, il est fréquent de rencontrer des personnes qui shootent en tenant leur appareil devant elles, en regardant l’écran arrière. Si, pour les APN ne disposant pas de visée, il n’y a pas vraiment de choix alternatif, pour les autres, cela interroge. Alors, utiliser l’écran arrière, est-ce une ineptie ou l’idée du siècle ?
Pourquoi l’écran arrière n’est pas une bonne idée
Cette façon de tenir son boîtier, à au moins 20 cm du visage, est-elle due aux youtubeurs influenceurs ? Possible, même si ce n’est pas un fait avéré. En tout cas, souvent, c’est ainsi qu’ils se montrent en train de photographier. Ces images d’illustration sont d’ailleurs issues d’une vidéo YouTube, la première trouvée en faisant une recherche !
Voici les deux raisons principales pourquoi on devrait s’abstenir d’utiliser l’écran arrière pour cadrer et composer ses clichés :
- Sous l’effet de la lumière ambiante et du soleil en particulier, il arrive souvent qu’on ne puisse pas correctement y visualiser le sujet ! Au mieux, des reflets vont perturber, au pire, l’écran ne sera pas visible. Bref, c’est catastrophique, car comment correctement cadrer vos sujets ? Et comment être certain que les réglages sont bons si on ne voit pas de manière satisfaisante ? Certes, un photographe aguerri dispose de certains repères, de certitudes ancrées par l’habitude. Mais ce n’est pas toujours parfait.
- La perception est déformée par la distance entre les yeux et cet écran arrière. Comme s’il y avait une distorsion qui s’installait, empêchant là aussi de cadrer correctement. Vous ne vous en rendez pas compte, mais votre vision est changée !
Le résultat est que, contrairement à ce qui se produit avec le viseur, quand vous utilisez l’écran arrière, vous affrontez nombre de problèmes pour gérer et créer :
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- les différentes lignes (parallèles ou de fuite) qui permettent de soutenir le cadrage,
- l’équilibre des espaces et les diverses masses,
- les divers éléments qui composent l’image.
Le phénomène est plus aigu si votre APN est doté d’un zoom au lieu d’une focale fixe. Tout simplement parce que vous aurez plus de difficultés à évaluer correctement la distance focale. Est-elle adéquate ? Le cadrage n’est-il pas trop serré ? Avec une focale fixe, dont le cadrage est toujours identique, le problème s’avère moins présent, parce qu’une forme d’habitude s’installe.
Parfois on ne peut pas faire autrement
Les écrans arrière restent très utiles quand vous n’êtes pas en situation d’utiliser le viseur. Soit parce qu’il n’y en a pas, soit parce que la situation vous empêche de l’utiliser (comme des photos déportées, en hauteur, au raz du sol ou latéralement, par exemple). Dans ces cas-là, il convient de cadrer toujours un peu plus large afin d’éventuellement pouvoir rectifier en post-traitement.
Autant que possible, arrêtez de faire comme tous ces « professionnels » des réseaux sociaux. Est-ce pour le côté spectaculaire ou sont-ils persuadés de bien faire ? Utilisez le viseur et concentrez-vous sur la scène et le sujet, en observant tout ce qui s’y trouve. Vous améliorerez, sans aucun doute, la narration de vos images.
Mais vous, qu’en pensez-vous ?


5 réponses
Merci F pour cet article.
Je shoote en utilisant l’écran arrière, quand je ne peux pas faire autrement, pour peu qu’il soit orientable, c’est un vrai plus.
Si non je préfère mille fois la visée optique.
Voilà ce que personnellement j’en pense.
Bonjour F. excellente question et très bon article ! La réponse, qui est mienne : je ne shoote qu’à travers le viseur !!! Et encore, de l’œil gauche, vu l’état du droit…☺☺☺Quant aux réseaux sociaux, moi pas fréquenter, moi pas connaître ! Étant d’un âge certain, j’ai acquis certains reflexes, c’est le cas de le dire, en utilisant, justement, les reflex du temps ou les écrans n’existaient pas, ce qui m’amène à répondre, de même, au récent l’article de Micaz, naaaaaan au « tactile » ! Ah ben, zut, pas d’écran, pas de tactile, comment y fait Papy ???
Hé bien, je prends toujours autant de plaisir à photographier (depuis 1984) avec le viseur, les molettes et le mode M de mes PENTAX, voilà ! Par contre 300 images au lieu de 36 pauses… Quel progrès et quel bonheur, là, d’accord !
Longue vie au photoKlub.
Je n’exclus pas par principe l’utilisation de l’écran arrière.
Mais il y a principalement 2 raisons qui me font utiliser très majoritairement le viseur:
– en cas de forte luminosité, l’écran arrière est peu, voire pas du tout, lisible
– il m’est difficile de tenir de façon stable un équipement lourd à bout de bras.
J’utilise l’écran arrière pour des cas particuliers pour lesquels je le trouve plus confortable: sur trépied à l’affût sur une cible fixe, au ras du sol, pour être plus discret.
Bonjour.
Je reconnais ne pas avoir nuancé mon propos. Évidemment, il existe bien des cas où l’usage de l’écran arrière est nécessaire, utile, voire quasiment obligatoire (il y a des APN qui sont sans viseur, par exemple). Il s’agissait d’une réaction face à un usage qui semble devenir courant. Je reviens de 3 semaines de vacances à l’autre bout du monde, et cela m’a frappé… quand les touristes avaient un boitier reflex ou hybride).
Main gauche sous l’objectif et coude au corps, la droite à la commande, j’ai toujours eu cette posture.
Mais si avant, je n’avais sur mon Super-A que les indications obturateur/vitesse, j’avoue que maintenant, avec toutes les infos qu’il y a dans le viseur, j’en suis moins attentif. Dernièrement, j’ai fait une dizaine de photos en plein jour en iso 6400… pour cause de photo nocturne la veille, avant de corriger le tir.